Le " bon " stress ou le " mauvais " stress

Avec la persistance du temps sec dans certains régions de la province, on s'inquiète de plus en plus des effets du stress sur les cultures.

Au cours des années, de nombreux agronomes ont remarqué qu'un " certain " stress en juin pouvait avoir des effets bénéfiques parce que l'assèchement du sol en surface favorise le développement des racines plus en profondeur. L'absence d'humidité est également liée aux températures élevées et à un fort ensoleillement, qui sont propices à la croissance du maïs.

Bien qu'il ne soit pas facile de mesurer ce phénomène, il est vrai que la croissance du maïs a été bonne dans certaines régions où la surface du sol est presque toujours sèche depuis au moins un mois, ce qui montre bien que les racines se développent dans un sol plus humide que celui qu'on peut voir à quelques pouces de la surface. À la plupart des endroits, la teinte des cultures est excellente, ce qui indique un bon ensoleillement et une bonne minéralisation de l'azote présent dans la matière organique du sol. Le faible taux d'humidité réduit aussi le développement des maladies fongiques. De façon générale, cette saison, le " stress " engendré par la faible pluviosité dans certaines régions a eu des effets plus favorables que néfastes.

Bien entendu, l'absence de pluie peut finir par entraîner un assèchement du sol près des racines, empêchant celles ci de poursuivre leur croissance vers les couches plus profondes et plus humides. Le moment où cela arrivera dépendra du stade de développement des cultures et de l'état du sol. Cette semaine, sur la rive nord du lac Érié où la pluie a été peu abondante à certains endroits depuis un mois, les feuilles commençaient à s'enrouler au début de l'après midi, ce qui montre que l'ensoleillement de l'après midi n'a pas d'effet bénéfique sur les cultures. Dans cette région, il est facile de voir que les opérations telles que le travail du sol et les conditions de mise en terre peu favorables ont réduit le développement des racines dans certains champs ou certaines parties de ceux ci. Les plants touchés ne sont pas nécessairement beaucoup plus petits que ceux des zones où le stress est moindre, parce qu'ils ont eu assez d'eau pour se développer jusqu'à présent. Mais leurs feuilles s'enroulent plus tôt dans la journée et de façon plus prononcée, et leur croissance est maintenant limitée par le manque d'humidité du sol.

Au fur et à mesure que les plants grandissent, ils consomment de plus en plus d'eau. On mesure ces quantités à l'aide du taux d'évaporation, calculé à partir de données météorologiques (humidité relative, vitesse du vent, température) et du coefficient cultural, qui est une évaluation du pourcentage d'évaporation consommé par la culture chaque jour. Le coefficient cultural passe de zéro au moment de la levée du maïs à près de un (le maximum) à l'apparition des soies. Actuellement, le coefficient cultural est voisin de 0,9 dans les cultures de maïs les plus avancées et de 0,4 à 0,5 dans celles qui sont à la hauteur des genoux. Lors des journées chaudes et venteuses, l'évaporation peut atteindre 0,28 pouce, et elle descend à 0,2 pouce par temps chaud avec un vent modéré. Actuellement, les cultures consomment donc peut être de 0,75 à 1,5 pouce d'eau par semaine, selon la taille des plants. Là où les feuilles s'enroulent au début de l'après midi, les pertes d'eau diminuent considérablement, mais la photosynthèse et la vitesse de croissance diminuent également.

Le stress qui provoque l'enroulement des feuilles de maïs ralentit la croissance des plants pendant la période où les feuilles sont enroulées, mais l'effet global de ce stress sur le potentiel de rendement dépend de sa durée et du stade de la culture au moment où il survient. Dans les champs où les plants ont subi un stress prononcé pendant tout leur développement au point où cela entrave leur croissance, le comportement des cultures ressemble beaucoup à celui du maïs semé à une date tardive, et leur rendement ne pourra être acceptable que s'il pleut bientôt. Il y a aussi des chances que ces mêmes champs auront également besoin de pluies plus régulières pour éviter le stress pendant le reste de la saison; en effet, bien que les plants se développent rapidement en présence d'eau, il est peu probable que les racines rattraperont le temps perdu. Si la culture a atteint le stade V7 ou V8 et qu'elle continue de bien se développer, l'enroulement des feuilles au cours de l'après midi a pour effet de ralentir la vitesse globale de croissance, mais jusqu'ici cela n'a pas eu beaucoup d'effet sur les perspectives de rendement.

Globalement, donc, jusqu'à présent, l'absence de pluie et l'assèchement des sols n'ont pas beaucoup réduit le potentiel de production des cultures. La remarquable capacité du maïs à extraire l'eau des couches profondes du sol et le pouvoir de rétention d'eau de ces derniers font que des sécheresses de courte durée ont peu d'effet sur les rendements.

Le soja, quant à lui, tolère le manque d'eau en début de saison au moins aussi bien que le maïs, mais l'enroulement des feuilles l'après midi indique un ralentissement de la photosynthèse et de la croissance cette journée là. À condition que les cultures reçoivent de la pluie avant le début juillet, et tant qu'elles gardent leurs feuilles et montrent d'autres signes de croissance, nous ne pensons pas que leur potentiel de rendement aura beaucoup diminué. Il n'y a pas si longtemps, en 2005, le soja avait subi un stress prononcé pendant la plus grande partie de la saison, c'est à dire jusqu'au début août, mais les rendements sont restés assez bons. Mais si le stress se prolonge pour le soja, les pucerons, les tétranyques et d'autres ravageurs risquent de se reproduire plus rapidement sur les plants, contrairement à ce qui se produit pour le maïs.

 


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca