Maladies de fin de saison affectant le soya

Ces dernières semaines certaines maladies de fin de saison ont affecté le soya, comme la maladie de la mort subite, le chancre de la tige, la pourriture brune de la tige et la flétrissure fusarienne (on pourrait y ajouter le nématode à kyste du soya - NKS) sont devenus plus présentes. Même si elles se produisent aussi à d'autres moments de la saison, elles sont le plus visibles quand le soya entre dans les stades reproductifs de croissance. Pendant ce temps le plant commencent à affecter ses ressources non plus au stade végétatif (feuilles, tiges, racines, etc.) mais la production et au remplissage des gousses. À cause de ce changement, les mécanismes de défense naturelle sont réduits (surtout dans des conditions de stress), donnant l'occasion à nombre d'organismes responsables de ces maladies d'infecter la culture.

Même si les conditions environnementales (surtout les cycles secs puis humides) de cet été ont favorisé nombre de ces maladies, notons que le jaunissement ou la sénescence précoce qui se produit dans de nombreuses régions peut avoir une autre cause, le stress provoqué par une faible humidité ou une température élevée, la date des semis ou une humidité excessive du sol due au temps pluvieux d'il y a quelques semaines.

Un autre facteur contributif est que nombre de variétés de soya n'offrent presque aucune résistance significative à plusieurs de ces maladies. Les sélectionneurs de soya progressent mais il faut encore du temps. Continuer d'inspecter la culture pour dépister ces maladies et les autres et consigner les résultats en dossier. Le producteur doit tenir compte de ces détails en choisissant ses prochaines variétés de soya. Il voudra obtenir de son fournisseur de semences des variétés plus résistantes ou tolérantes.

Voici certaines des maladies qui se sont déclarées dans le soya ces dernières semaines.

Syndrome de la mort subite (SMS), pourriture brune de la tige et chancre de la tige :

Le syndrome de la mort subite montre comment le changement qui se produit dans les stades de croissance du soya augmente la susceptibilité ou permet l'expression des symptômes. Il s'agit d'une pourriture qui s'attaque aux racines et qui est causée par une souche plus agressive ou virulente du champignon pathogène terricole Fusarium solani. Même si l'infection se produit souvent dans les premières 6 semaines après la levée, les symptômes se développent ou deviennent apparents au milieu du stade reproductif du soya. Souvent la maladie se déclare dans des champs infestés par le NKS. Le SMS peut se produire sans que le NKS soit présent. En pénétrant la racine, le nématode crée des ouvertures qui fournissent un accès au champignon responsable du syndrome de la mort subite pour s'attaquer au tissu racinaire interne, multipliant la maladie.

À l'heure actuelle, la méthode de lutte la plus efficace contre le syndrome reste l'emploi de variétés tolérantes. Le producteur devrait vérifier auprès de son fournisseur de semences quelles sont les variétés les plus tolérantes.

Figure 1 - Champ de soya dans le sud-ouest de l'Ontario démontrant
des blessures typiques du SMS, dont le brunissement ou la brûlure des feuilles.

Champ de soya dans le sud-ouest de l'Ontario démontrant des blessures typiques du SMS, dont le brunissement ou la brûlure des feuilles.



Figure 2 - Au début du SMS, des taches sur les feuilles (entre les nervures).

Au début du SMS, des taches sur les feuilles (entre les nervures).


Symptômes : outre les symptômes types de pourriture des racines, les plants atteints du SMS montrent d'abord des piqûres et des taches jaunes sur les feuilles entre les nervures (chlorose internervale). À mesure que la maladie progresse, ces zones s'agrandissent et dans de nombreux cas tous les tissus entre les nervures brunissent (nécrose) et sèchent.
Le rebord extérieur des feuilles s'enroule. Les tissus bruns se désintègrent éventuellement (ils tombent), ne laissant que les nervures sur la feuille. Tout au long du procédé les nervures restent vertes. Le prochain symptôme est souvent une défoliation prématurée suivie de la mort du plant. Dans la plupart des cas, les pétioles (fanes) restent attachés à la tige.

En coupant la racine et la tige on trouve une légère décoloration brune ou grise des tissus du cortex. Cette décoloration s'étend des racines à la tige. Même si les symptômes foliaires peuvent ressembler à ceux de la pourriture brune, dans les plants atteints du SMS la moelle (le centre) de la tige reste blanche alors que dans ceux atteints de la pourriture brune la moelle brunit et s'affaisse.


Figure 3 - Jaunissement et brunissement dus au SMS. À noter que les nervures restent vertes.

Jaunissement et brunissement dus au SMS. À noter que les nervures restent vertes.

Le chancre de la tige peut causer la fonte et la flétrissure des semis mais il s'attaque plus souvent aux plants de soya après la floraison. Ses symptômes sont souvent un jaunissement général des feuilles supérieures du plant avec des chancres brun rougeâtre foncés déprimés se forment aux nœuds inférieurs.


Figure 4 - Les lésions du chancre de la tige se forment aux nœuds.

Les lésions du chancre de la tige se forment aux nœuds.


La lésion peut être de quelques centimètres, souvent d'un seul côté, mais ne s'étend pas jusqu'au sol. Dans les cas plus graves elle couvre toute la longueur de la tige. Une coupe transversale de la tige révèle un léger brunissement aux noeuds d'abord, suivi de l'affaissement complet de la tige des plants très atteints. Ils se flétrissent soudainement et le chancre de la tige est parfois confondu avec le pourridié phytophtoréen.

Le champignon peut aussi causer le dépérissement de la tige ou du haut du plant plus tard en saison. Dans ce cas, les quatre ou six branches ou nœuds supérieurs du plant deviennent brun foncé et le haut en meurt. Les plants de soya peuvent devenir plus sensibles au moment des changements physiologiques, comme la floraison.

Les champignons à l'origine du syndrome de la mort subite, de la pourriture brune de la tige et du chancre de la tige peuvent survivre longtemps dans les débris (résidus) de culture dans le sol. L'infection de la pourriture brune de la tige commence tôt en saison mais ne paraît pas avant le mois qui précède la récolte. Le chancre de la tige prolifère quand le temps est humide et modérément chaud, et il se manifeste de la mi-juillet jusqu'à la maturité de la culture. Les plants infectés du syndrome de la mort subite commencent à montrer des symptômes de la floraison à la maturité et la maladie prolifère quand le sol est frais et humide. Les champs qui démontrent une croissance vigoureuse ou qui sont bien fertilisés auront le plus de symptômes du SMS.

Comme son nom l'indique, la flétrissure fusarienne provoque la flétrissure du plant de soya. Elle est souvent confondue avec le pourridié phytophtoréen ou la flétrissure phytophtoréenne. De loin les plants affectés semblent atteints de pourridié phytophtoréen. Les plants touchés sont atteints de flétrissure des tiges du haut et les feuilles supérieures sont brûlées. Les feuilles du milieu et du bas peuvent jaunir ou avoir des taches jaune pâle (terne). Dans les cas graves les feuilles s'assèchent et s'affaissent prématurément, laissant le pétiole attaché au plant. Les feuilles restent aussi attachées aux plants qui sont morts du pourridié. Il n'y a pas non plus d'indice de lésion de la tige ou de pourriture externe atteignant les parties aériennes du plant comme avec Phytophthora.

Une coupe dans le sens de la longueur des racines et de la tige révèle de la moelle et des tissus vasculaires brunis. On peut confondre avec la brunissure de la tige de début de saison. Les racines infestées au fusarium montrent souvent des mycéliums rouges, orange ou blancs.

La flétrissure fusarienne, le pourridié fusarien et la rhizoctonie de la fève soya sont les plus graves quand les racines ou le soya subissent un stress hydrique. Le stress peut interférer avec l'activité normale du système racinaire du plant et par conséquent affecter la croissance et augmenter le potentiel de maladies des racines.


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