Insectes à surveiller dans les quelques
semaines qui viennent
Chrysomèle du haricot
Les chrysomèles du haricot (CH) sont encore actives dans de
nombreux champs. Des appels nous parviennent d'interlocuteurs préoccupés
des trous dans les feuilles. Dans certains cas, la défoliation
est surestimée, surtout parce que les insectes se nourrissent
principalement dans le tiers supérieur des plants, qui est
plus facilement visible lors du dépistage. On recommande de
couper quelques plants au niveau du sol et de les amener au niveau
des yeux. Bien les examiner. Dans de nombreuses régions, la
culture est très luxuriante cette année et de nombreuses
variétés ont beaucoup de feuilles et de gousses. Nombre
de feuilles sur les deux tiers inférieurs du plant sont beaucoup
moins endommagées par les insectes qui se nourrissent et ces
feuilles sont encore capables de photosynthèse. Une fois le
soya au stade R5, il faut 25 % de défoliation sur tout le plant
(pas seulement les feuilles du haut) pour justifier une pulvérisation,
à moins que les insectes ne s'attaquent aussi aux gousses.
Il faut s'inquiéter si les insectes commencent à se
nourrir des gousses ou même à les couper, surtout dans
le soya IP et le soya de qualité alimentaire. Les chrysomèles
laissent des cicatrices à la surface des gousses, ce qui contribue
à introduire des maladies des gousses. Quand les populations
sont plus nombreuses, les insectes vont jusqu'à couper les
gousses. Les seuils d'intervention pour le stade R6 sont basés
sur le nombre d'insectes recueillis par coup de filet. Se référer
à l'article du numéro précédent du bulletin
sur les seuils d'intervention contre la chrysomèle dans le
soya au stade R6. Il faut vraiment beaucoup plus de chrysomèles
par coup de filet pour qu'il vaille la peine d'intervenir si la récolte
ne vaut que 5 $ le boisseau et la pulvérisation coûte
plus de 12 $ l'acre. Sans filet fauchoir, il faut faire du dépistage
et rechercher des blessures sur les gousses et des indices de la présence
des chrysomèles même si elles ont l'habitude de se laisser
tomber du plant quand on approche. Si on détecte 10 % d'insectes
qui se nourrissent et qu'ils sont encore actifs dans le champ, il
faut intervenir et pulvériser, surtout dans le soya IP, le
soya de semence ou le soya de qualité alimentaire.
Autre chose sur la chrysomèle de la feuille du soya
Certains ont demandé si ces insectes changent de couleur en
vieillissant. Non, ce n'est pas le cas. Certains insectes sont rouges
avec des taches, d'autres rouges mais sans taches, de couleur havane
avec des taches, de couleur havane sans taches, mais s'ils commencent
leur vie d'une couleur, ils restent de la même couleur. Si un
lot de chrysomèles de couleur havane se retrouvent dans le
champ, cela ne veut pas dire que ce sont des rouges qui ont vieillis.
C'est qu'il y a eu un nombre plus grand de chrysomèles de couleur
havane qui ont éclos dans le champ. Peu importe leur couleur,
les ravageurs se nourrissent autant les unes que les autres.
Tétranyques
Malgré la plupart des régions qui ont eu assez de pluies,
certains champs ont été au sec et quelques rapports
signalent la présence de tétranyques. Ces derniers sont
présents dans de nombreux champs mais il leur faut une période
sèche pour que leur impact soit marquant sur la culture et
justifie une pulvérisation. Effectuer du dépistage dans
les champs, surtout sur le pourtour; les jours venteux peuvent avoir
propagé les ravageurs plus loin dans le champ. Rechercher de
très petits points jaunes sur le dessus des feuilles, où
les cellules individuelles des plants se sont affaissées quand
les ravageurs se sont nourris. Les feuilles des plants plus gravement
infestés se recourbent et tombent. Examiner sous les feuilles
s'il y a des toiles sur leur envers et des tétranyques. En
secouant des feuilles atteintes au-dessus d'une feuille de papier
blanc on peut voir les petits points noirs (tétranyques) se
déplacer. Les tétranyques doivent être présents
(non au stade d'ufs) pour que le traitement d'insecticide soit
efficace. Une moyenne de 4 tétranyques par petite feuille ou
plus suffit pour que le plant soit gravement infesté et justifie
une pulvérisation. Des traitements localisés sur le
pourtour du champ peuvent être efficaces du moment que la population
de tétranyques ne s'est pas étendue plus loin dans le
champ. Les produits au diméthoate (Cygon ou Lagon) sont les
seuls insecticides recommandés pour maîtriser les tétranyques.
Les produits aux pyréthroïdes comme Matador peuvent provoquer
des flambées des populations de tétranyques. Il faut
se rappeler que le diméthoate est doté d'un délai
d'attente de 30 jours avant la récolte.
Pentanomes
On commence à signaler la présence des pentanomes,
de couleur brune ou verte, à la fois dans le soya et les haricots
secs comestibles. Plusieurs des dépisteurs ont remarqué
des masses d'ufs, indiquant un potentiel de prolifération
des populations. Les pentanomes peuvent percer les gousses et piquer
les semences, laissant une criblure qui cause le déclassement
des haricots touchés. On a observé le même phénomène
dans certains champs en Ontario en 2001 (voir figure 1). Les seuils
d'intervention sont une moyenne de 2 pentanomes par coup de filet
fauchoir, surtout dans le soya IP, le soya de qualité alimentaire
ou les haricots secs comestibles. Le producteur qui n'a pas de filet,
comme dans certaines juridictions, peut s'en tenir à des seuils
de 1 pentanome par 30,5 cm (1 pied) dans le rang et à 1 pentanome
par 91,4 cm (3 pieds) dans le rang.
Figure 1. Cicatrice laissée sur
la fève soya dans les champs en Ontario en 2001

Pucerons du soya
Les populations de pucerons du soya restent bien inférieures
aux seuils d'intervention dans la plupart des régions de l'Ontario
et de nombreux champs ne montrent que des traces de leur présence.
Il y a l'exception du comté de Prince Edward où les
populations ont proliféré dans certains champs. La sécheresse
a stressé la culture et augmenté le potentiel d'impact
des pucerons. Dans quelques champs on signale des populations de 400-500
pucerons par plant. CEPENDANT, il n'y a pas lieu de pulvériser
si la croissance du soya s'approche du stade R6 ou l'a atteint. Il
faut un plus grand nombre de pucerons par plant (>800 pucerons
par plant) une fois le stade R6 atteint pour justifier la pulvérisation.
Les champs de cette région qui ont été ensemencés
plus tard, et n'en sont qu'aux stades précédents comme
R3 et R4, doivent encore être inspectés régulièrement
pour s'assurer que les populations n'atteignent pas les seuils d'intervention.
Les champs où la culture en est aux stades R5-R6 doivent connaître
une rapide augmentation de croissance du soya, à un niveau
bien supérieur à 250 fèves par plant, pour justifier
une pulvérisation par temps si " agréable ",
autour de 25-27 degrés, quand les populations de pucerons peuvent
proliférer rapidement.
Dans le reste de la province, étant donné que la plus
grande partie de la culture de soya est déjà aux stades
R5-R6, le risque diminue de jour en jour. À moins que d'importantes
populations de pucerons adultes ailés arrivent des États-Unis
cette semaine, la menace s'est estompée dans la plus grande
partie des champs. Pour la plupart, les populations de pucerons oscillent
de 0 à 30 par plant, et dans la plupart de ces champs il n'y
a des pucerons que sur moins de 50 % des plants du champ. Les seules
exceptions sont les champs qui ont des pucerons sur 80 % des plants
et plus, ET qui démontrent une augmentation rapide des populations
ET où la culture est à mi-croissance, soit aux stades
R3-R5. Les températures douces favorisent l'accroissement des
populations de pucerons jusqu'aux seuils d'intervention, mais la culture
croît aussi très rapidement, si bien que c'est la course
entre les deux. Dans certains champs la récolte sera effectuée
dans 40 jours. Étant donné un délai avant récolte
des deux produits qui va de 30 jours (diméthoate) à
21 jours (Matador), on est presque à la ligne d'arrivée.
Une fois que le soya a atteint les stades plus avancés (R6),
le nombre de pucerons par plant doit être plus élevé
(>800) pour que l'on ait besoin de pulvériser des insecticides,
surtout quand le couvert de la culture est haut et luxuriant et qu'il
y a des chutes de pluie adéquates. Il faut continuer le dépistage
la semaine suivante ou un peu après jusqu'à ce que la
culture soit protégée parce qu'elle a atteint le stade
R6 du soya, et que son rendement ne soit plus menacé cette
année par le puceron du soya.
Figure 2. Soybean Aphid Distribution
in Ontario as of August 21, 2006
