La strie céphalosporienne du blé

On continue de rapporter la présence de strie céphalosporienne dans plusieurs champs de blé d'hiver du sud-ouest ontarien. La maladie se manifeste par la présence de rayures jaunes très caractéristiques sur le limbe et la gaine des feuilles ainsi que sur les tiges.

Avec le temps, à mesure que le tissu meurt, les bandes jaunes virent au brun, ce qui donne des bandes foncées le long des régions atteintes. Dans les cas graves, il y a deux lignes qui apparaissent (voir les illustrations). Souvent, lorsque des producteurs apportent des plants, ils les décrivent comme étant " échaudés ". Le terme décrit bien la lésion puisque les plants ont réellement l'air échaudés surtout par temps sec. Le champignon provoque un flétrissement vasculaire du plant et, par conséquent, si on coupe les nœuds sur le plant atteint, le tissu intérieur d'un nœud apparaît brun. Observer la présence de grain ratatiné sur l'épi en formation et vérifier les creux dans les champs ainsi que les sections particulièrement argileuses (qui ont tendance à rester détrempées plus longtemps) ainsi que les endroits où les plants ont été soumis à des stress quelconques.

Comme pour bon nombre de champignons pathogènes, celui de la strie céphalosporienne peut survivre dans des résidus de paille pendant trois à cinq ans. Le champignon survit dans les trois pouces supérieurs des résidus de blé; par conséquent, toute intervention qui favorise le déplacement des résidus de paille infectés vers les trois pouces de la surface augmente les risques de maladie. Le champignon a besoin d'aide pour se faufiler jusque dans la plante (dommages aux racines). Ainsi, le soulèvement du sol par le gel et le dégel peut endommager les racines tout comme les insectes qui s'attaquent à ces dernières, puisque cela facilite l'introduction du champignon dans le système racinaire. Le rôle du soulèvement du sol dans le développement de la maladie a été utilisé pour expliquer pourquoi les semences de céréales mises en terre au printemps souffrent peu de strie céphalosporienne (elles échappent à la maladie).

Outre les dommages aux racines, d'autres facteurs ont favorisé la présence de la maladie :

  1. Les conditions humides à la fin de l'automne dernier et au début de l'hiver ont favorisé la présence d'une grande quantité d'eau de surface et de sols saturés. Ces conditions sont propices à la survie du champignon et c'est l'une des raisons qui expliquent pourquoi la maladie est souvent pire en sols argileux (lesquels ont une plus grande capacité de rétention d'eau). Le temps frais et humide, qu'on a connu au printemps et au début de l'été, était idéal pour la propagation du champignon et la diffusion des spores aux racines endommagées. Le temps sec qui a suivi a augmenté le stress pour les plants, ce qui a favorisé le développement de la maladie.
  2. Un sol de faible pH et pauvre en matière organique peut également faciliter la survie du champignon. Ce n'est pas nécessairement le cas partout, mais il vaut la peine de vérifier le pH dans les sections où l'on a observé la maladie et de corriger le pH si celui-ci se situe entre 4,0 et 6,0.
  3. Des rotations insuffisantes, surtout dans le cas du soya avec le blé, peuvent augmenter l'incidence de la maladie. Laisser passer deux ou trois ans entre les céréales d'hiver.
  4. Bien que les variétés réagissent quelque peu différemment à la maladie, on croit que toutes les variétés de blé recommandées en Ontario sont vulnérables à la strie céphalosporienne. Communiquer avec le fournisseur de semences ou un conseiller pour avoir plus d'information sur la variété utilisée.

Figure 1. Symptômes de la strie céphalosporienne

Symptômes de la strie céphalosporienne

Figure 2. Strie céphalosporienne sur du blé

Strie céphalosporienne sur du blé

Figure 3. Plants infectés par la strie céphalosporienne

Plants infectés par la strie céphalosporienne


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