Pour accroître la densité de population des parcelles de soya

. Bon nombre de champs semés il y a trois ou quatre semaines commencent à peine à lever. Plus les semences de soya sont longtemps dans le sol, plus les insectes et les maladies ont du temps pour s'attaquer aux jeunes pousses.

Il est important toutefois de bien évaluer la densité des populations de parcelles de soya avant de décider de resemer. On s'attend à ce que la levée soit suffisante pour obtenir des rendements optimaux dans la plupart des champs. Il ne faut pas se prononcer trop rapidement sur la densité d'une parcelle. S'assurer d'abord que tous les semis sont levés avant de prendre une décision. Il n'est pas nécessaire de resemer les champs qui présentent une réduction allant jusqu'à 50 % si les pertes sont uniformes et que le reste de la parcelle est sain. De nombreuses études et essai au champ ont démontré qu'il est souvent beaucoup plus profitable de garder une parcelle existante que de resemer. Lorsqu'on sème à nouveau, il n'est pas garanti non plus qu'on obtienne une parcelle parfaite.

Accroître la densité de population des parcelles

S'il faut resemer, il n'est généralement pas nécessaire de détruire les parcelles existantes. Semer la même variété dans la parcelle précédemment ensemencée. Cette pratique est uniquement recommandée dans les parcelles très peu denses ou dans les parties du champ où la levée a été très mauvaise. Des recherches réalisées en Indiana ont démontré que l'accroissement de la densité de population d'une parcelle ayant plus de 130 000 semis/acre ne faisait pas augmenter les rendements. En passant un semoir dans des rangs de 30 pouces dans une parcelle existante, on a perdu plus de 2 boisseaux/acre en raison des dommages causés par le semoir (voir le graphique no.1, 133 000 au départ + 0 ensuite). L'accroissement de la densité de population d'une parcelle en ajoutant 67 000 semis (133 000 au départ + 67 000 ensuite) n'a pas augmenté les rendements de façon significative par rapport à la parcelle où l'on avait uniquement conservé les semis initiaux.

Avec un taux de semis initial de 67 000 semences /acre et des semis additionnels de 133 000, on a observé une légère hausse de rendement. Cette intervention s'est révélée plus efficace que de resemer entièrement la parcelle initiale, cette dernière méthode ayant donné le plus faible rendement. Les deuxièmes semis sont faits généralement si tard que les chances d'augmenter les rendements sont simplement annulées en raison de la date tardive des seconds semis. Les champs de soya resemés dans le cadre de ces essais ont donné des rendements de 37,6 boisseaux/acre comparativement au semis initial de 67 000 semences qui a donné 50,6 boisseaux/acre. Le message est clair : l'accroissement de la densité des parcelles augmente les rendements uniquement si le peuplement de la parcelle initiale est très faible (moins de 67 000 semences/acre).

Parcelle initiale semée avec un semoir Great Plains. La parcelle additionnelle a été semée avec un semoir International de 30 pouces au stade V2 de la parcelle initiale. Les semis subséquents ont été réalisés au stade V2 de la culture initiale. Les taux de semis sont en semences/acre. Dr Ellsworth Christmas, Université Purdue University, 2000-2001.

* 0 semis additionnel = semoir passé dans la parcelle initiale sans ensemencer, afin d'établir les pertes de rendement attribuables au passage du semoir.

La décision de resemer

Les champs de fèves soja possèdent une extraordinaire capacité à se remettre des pertes de plants manquants. Les plants existants forment de nouvelles tiges et produisent plus de gousses, ce qui compense les pertes. L'uniformité de la culture en place est plus importante que d'avoir une population élevée. Les plants de soya peuvent avoir jusqu'à 30 cm (12 pouces) entre eux ou entre les rangs sans que récolte ne présente de pertes importantes de rendement. Des recherches menées en Ontario ont démontré que 60 à 70 % des parcelles donnent des rendements de 95 à 100 % lorsque les conditions de croissance sont bonnes.
Les résultats dépendent toutefois de la santé et de l'uniformité dans la répartition des plants restants. Il est également important que les champs soient désherbés, à défaut de quoi les rendements seront moindres. Dans les sols plus légers, les champs qui contiennent plus de 100 000 plants/acre ne devraient pas être resemés. Les sols argileux plus lourds, par contre, requièrent plus de plants à l'acre, soit un minimum de 100 000 à 120 000. Le Tableau no 1 illustre le potentiel de parcelles à population réduite sous de bonnes conditions de croissance pour les fèves soya semées à une date normale (entre le 5 et le 25 mai).

Tableau 1 - Rendement prévu de soya dans des parcelles de densité optimale et de densité réduite 1
% d'une parcelle optimale Rend. final prévu - % d'une parcelle optimale Plants à l'hectare
18 cm entre les rangs
(7 po)
36 cm entre les rangs
(14 po)
53 cm entre les rangs
(21 po)
76 cm entre les rangs
(30 po)
100 100 553300 402600 392700 405100
80 100 442100 323600 313700 323600
60 100 331000 242100 237100 244500
40 87 222300 160600 158100 163000
20 62 111200 81500 79000 81500

1Résultats d'essais réalisés à la station de recherche de Huron et Kemptville,
Université de Guelph
1 hectare = 2,47 acres

Potentiel de rendement de semis tardifs

Il n'est pas recommandé de resemer à moins que la densité de population de la parcelle initiale soit très faible surtout parce que les chances d'accroître les rendements sont amoindries en raison de la date tardive des semis. Voir le tableau 1 ci-dessous.

Tableau 2: Effet de la date de semis sur le rendement, la hauteur des plants et la maturité
Date de semis Rendement (boiss./acre) Hauteur des plants (cm) Jours pour arriver à maturité
10 mai
54 109 137
24 mai
48 112 125
3 juin
47 112 119
1er juin
44 93 112

Ablett, Collège Ridgetown, Université de Guelph

L'effet des semis tardifs (en juin) ne peut être inversé, mais il peut être réduit. Le fait de semer des populations élevées (10 à 15 %) dans des rangs faiblement espacés peut aider à contrer les désavantages des semis faits en juin. En augmentant les peuplements, on accroît le nombre de gousses à l'acre ainsi que la hauteur de la gousse la plus basse sur le plant. Les rangs étroits réduisent le nombre de jours requis pour obtenir une pleine couverture végétale, ce qui maximise la quantité de lumière qui peut être absorbée. Les rangs étroits ne favorisent pas non plus la formation de tiges additionnelles et les plants n'ont pas tendance à former de gousses près du sol.


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