Surveiller l'activité du charançon postiche de la luzerneAu risque de se répéter, on peut affirmer qu'avec l'hiver doux et la température presque estivale de ce printemps, les insectes ont été très actifs, notamment le charançon postiche de la luzerne, qui devrait s'attaquer bientôt aux champs de luzerne, si ce n'est pas déjà commencé. Ce ravageur passe l'hiver sous la forme adulte à la surface du sol, près du collet des plants de luzerne. À mesure que le temps se réchauffe au printemps, l'adulte commence à creuser dans la tige des plants pour y pondre environ 40 ufs par cavité. Les adultes s'y nourrissent à l'occasion, mais ce sont surtout les larves qui émergent de ces ufs qui font le plus de dégâts. Malheureusement, après un hiver doux, elles commencent à se nourrir beaucoup plus tôt qu'à l'habitude. Certains adultes pondent des ufs l'automne, mais après un hiver " normal ", ceux-ci ne survivent habituellement pas. Si l'hiver est doux, le potentiel de survie des ufs est plus grand, donc le charançon est peut-être à un stade de croissance plus avancé. Si les ufs survivent à l'hiver, des larves commencent à se nourrir beaucoup plus tôt que prévu. Plus les jours se réchauffent, plus leur croissance est rapide. Figure 1. Larves de charançon de la luzerne. Gracieuseté de Marlin Rice, Iowa State University
Il importe donc que le producteur aille dans les champs et commence le dépistage pour être au fait. Le charançon postiche de la luzerne menace d'abord les champs de luzerne qui ont été ensemencés l'année précédente, les peuplements de luzerne pure et les champs avec une la pente face au sud, mais il faut inspecter tous les champs pour repérer le niveau d'activité du charançon. L'activité maximale coïncide d'ordinaire avec le stade bouton dans la culture la plus avancée. Si des champs s'approchent de ce stade déjà, ce sont ceux à inspecter en priorité. Commencer à dépister deux fois par semaine pendant une durée d'au moins quatre à six semaines. Pour dénombrer les larves, recueillir 30 tiges selon une configuration en forme de M dans le champ. Les déposer dans un seau blanc et les battre contre la paroi pour faire tomber les larves. Elles (figure 1) sont d'une couleur vert pâle à vert vif, elles ont la tête noire et une bande blanche au centre du dos. Les premier et deuxième stades sont plus petits (3 mm et moins), de couleur jaune pâle à vert pâle, la bande blanche n'est pas encore reconnaissable, et ces stades plus jeunes ne sont pas à inclure dans le décompte. Seules les larves du 3e et du 4e stade sont dénombrées. Il faut dépister dans au moins cinq endroits différents pour calculer la hauteur moyenne de la culture. Les seuils d'intervention sont comme suit : Recourir aux insecticides seulement si c'est difficile de faucher, quand la luzerne est au stade pré bouton par exemple ou que les conditions climatiques ne le permettent pas. Avec la fauche, on peut éliminer un grand nombre de larves du champ. D'ordinaire celles qui restent se dessèchent, meurent de faim et sont exposées à des ennemis naturels. Malheureusement les pulvérisations d'insecticides éradiquent aussi les insectes bénéfiques C'est pourquoi le producteur y aura recours seulement quand les seuils d'intervention sont atteints. Si les populations d'insectes sont élevées lors de la première fauche, parfois les larves qui survivent mangent la repousse. En s'en nourrissant, le ravageur peut éliminer la repousse de luzerne, causant une perte de peuplement. Quand l'infestation est grave, il faut s'assurer d'inspecter la repousse des chaumes. Pour plus de détails, ou plus d'information sur les insecticides, voir la publication du MAAARO no 812F, Guide de protection des grandes cultures au http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/pub812/p812order.htm Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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