Puceron lanigère

Extrait du Publication 310F, Lutte intégrée contre les ennemis du pommier,
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Table des matières

  1. Introduction
  2. Description
  3. Cycle biologique
  4. Dommages
  5. Surveillance et seuil d'intervention
  6. Lutte

Introduction

Le puceron lanigère, Erisoma lanigerum (Hausmann), natif d'Amérique du Nord, est présent partout dans les zones pomicoles du Canada et des États-Unis. L'insecte, qu'on voyait rarement dans les vergers de l'Ontario, y est maintenant beaucoup plus répandu. Plusieurs générations se succèdent chaque année. Le puceron lanigère s'attaque aux pommiers et aux ormes, de même qu'aux poiriers, aux sorbiers d'Amérique et aux aubépines.

Description

Les colonies de pucerons lanigères apparaissent d'abord en juin sur les cicatrices d'émondage, autour des blessures sur les branches et le tronc et à la base des nouvelles pousses. L'infestation progresse ensuite et gagne les rameaux en formation et les points d'attache des pousses adventives.
Les œufs sont de couleur cannelle et de forme ovale et mesurent 0,3 mm de longueur. Les nymphes mesurent de 0,6 à 1,3 mm de longueur, elles sont de couleur brun rougeâtre ou mauves et sont souvent recouvertes d'une sécrétion cireuse blanche (figure 4-20). Les nymphes passent par quatre stades nymphaux. Parvenus à l'âge adulte, les pucerons mesurent environ 3 mm de longueur. Les colonies aériennes sont généralement situées sur les coupes d'émondage ou à la base des pousses adventives (figure 4-21).

Figure 4-20. Nymphe du puceron lanigère.

Figure 4-21. Pousse terminale infestée par le puceron lanigère.

Cycle biologique

Beaucoup de questions restent sans réponse concernant le cycle de vie du puceron lanigère. On croyait que l'insecte hivernait uniquement dans les ormes, à l'état de nymphe immature ou d'œuf, et que les adultes matures dotés d'ailes migraient dans les vergers au printemps et en été. Récemment, on a constaté qu'il pouvait accomplir tout son cycle biologique sur un pommier et hiverner sur les branches ou les racines. On considère maintenant que les pucerons qui séjournent dans les ormes appartiennent à une espèce distincte appelée E. Herioti (Börner), qui peut aussi se développer sur un pommier. L'hôte de prédilection du puceron lanigère reste inconnu.
Les larves mobiles peuvent gagner les racines en tout temps lorsqu'elles sont actives, principalement en juin et en juillet, ainsi qu'à l'automne Il existe des pucerons ailés et des larves mobiles et les uns et les autres se déplacent d'arbre en arbre. La proximité des arbres les uns des autres et un sol propre et uni favorisent la migration des larves mobiles. Un sol chaud, la présence de mauvaises herbes et l'éloignement des arbres freinent les déplacements des pucerons d'un arbre à l'autre.
Des recherches ont révélé un lien entre la fréquence des infestations dans un verger et l'âge du verger. Ainsi, dans les vergers de 25 ans et plus, de 70 à 100 % des pommiers peuvent être infestés, la surface infestée sur chaque pommier pouvant aller de 24 à 50 %. Les porte-greffes Malling Merton (MM) ont été croisés de façon à acquérir une résistance au puceron lanigère, mais cette résistance serait en train de s'affaiblir.

Dommages

L'alimentation du puceron lanigère provoque la formation de nœuds ou de galles sur les rameaux et les racines. Ces galles sont plus faciles à repérer sur les pousses adventives que sur les blessures de l'arbre. Les zones attaquées par les pucerons sont plus sensibles au gel et aux blessures causées par l'hiver. Les colonies souterraines sont à l'origine de la formation de galles sur les racines. Les pucerons se nourrissent des tissus de cicatrisation des blessures des branches et du tronc. Sur un arbre souffrant de chancre, le puceron peut, par ses déplacements, propager l'agent pathogène.
Les pucerons secrètent une substance collante, le miellat, qui dégoutte sur les fruits et les feuilles, provoque l'apparition de taches de rousseurs sur les fruits et favorise l'implantation de champignons fuligineux qui réduiront la valeur marchande des fruits. Le miellat présente en outre un problème d'ordre pratique pour les ouvriers qui travaillent à la cueillette; il rend les mains collantes et tache les vêtements.

Surveillance et seuil d'intervention

Surveiller l'apparition de couches ou de toiles cotonneuses et cireuses sur les coupes d'émondage et les pousses adventives au printemps, puis du milieu à la fin de l'été. Aucun seuil d'intervention n'a été établi pour le puceron lanigère du pommier. Il faut réagir dès qu'on voit se gonfler les rameaux colonisés par le puceron ou se former des galles aux endroits où il se nourrit. Il faudra également intervenir si les colonies envahissent le voisinage des bouquets de fruits ou s'attaquent à de jeunes arbres ou à du matériel de pépinière. Les dommages seront de peu d'importance si les colonies restent sur les pousses adventives et les branches, loin des bouquets de fruits.

Lutte

Dans les vergers de culture biologique et les vergers utilisant un minimum d'insecticides à large spectre, la lutte contre les infestations par le puceron lanigère peut être assurée par ses ennemis naturels. Les plus importants sont Aphelinus mali (Haldemann), les larves de chrysopes, les coccinelles et les larves de syrphes. Des plantes à fleurs installées dans les vergers ou à proximité de ceux-ci fourniront le nectar et le pollen nécessaires pour attirer et retenir les ennemis naturels des pucerons.
La conduite du verger aura aussi une influence sur l'évolution des populations de pucerons. Voici quelques règles à mettre en pratique pour éviter la pullulation des pucerons lanigères et en réduire les populations sans avoir à recourir aux pesticides.

  • Enlever les drageons qui poussent à la base des troncs. On découragera ainsi l'établissement, en début de saison, de pucerons qui chercheront plus tard à envahir le haut des arbres.
  • Enlever les gourmands et les pousses adventives sur les principales branches charpentières; ce sont les sites préférés des pucerons. L'égourmandage à la main en début de saison (juin) améliore l'efficacité de la pulvérisation de l'arbre.
  • Couvrir les cicatrices d'émondage les plus importantes d'enduit cicatrisant, de manière à décourager la formation de colonies.
  • Procéder à un émondage d'été (en août) pour éradiquer les plus grosses colonies de pucerons.
  • Pour le renouvellement du verger, choisir des porte-greffes mis au point pour résister au puceron lanigère, comme les MM.106 et MM.111.

Le recours aux insecticides, lorsqu'il est nécessaire, doit se faire au début de la saison plutôt qu'à la fin. La pulvérisation est en effet plus efficace lorsque les nymphes sont jeunes et que les colonies commencent à se former, les produits chimiques traversant plus facilement la couche de cire mince qui recouvre alors les insectes. Pour que les pesticides donnent un maximum de résultats, s'assurer d'un bon recouvrement lors des pulvérisations, en utilisant de grands volumes d'eau.


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 21 juillet 2011
Dernière révision : 21 juillet 2011

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