Risques liés aux conditions climatiques : Stratégies pour atténuer les risques d'humidité insuffisante

Table des matières

  1. Introduction
  2. De quoi s'agit-il?
  3. Quand cela se produit-il?
  4. Où cela se produit-il?
  5. Stratégies possibles d'atténuation des risques
  6. Résumé
  7. Pour plus des reseignements

Introduction

Voici le 2e article d'une série dont l'objectif est d'aider les producteurs de pommes et de fruits tendres de l'Ontario à affronter les nombreux risques climatiques qui peuvent être une source de dommages pour leurs arbres et leurs cultures. Il est important que les producteurs reconnaissent les risques climatiques propres à chaque situation géographique et de mettre en place des stratégies pour réduire ou éliminer les effets de ces derniers sur l'exploitation.

Le manque d'humidité est l'un des principaux risques liés aux conditions climatiques aux quelles sont confrontés les producteurs d'arbres fruitiers. L'accès à l'eaudurant les stades physiologiques importants de la croissance de l'arbre et des fruits est nécessaire pour obtenir un rendement optimal. La pénurie d'eau durant des périodes critiques de la croissance de la culture et du développement du fruit a un effet à la fois sur les rendements et la taille des fruits, affectant ainsi le volume de production et le prix moyen des fruits. La tendance à planter des vergers à haute densité a intensifié ce phénomène. Avec les conditions climatiques de plus en plus instables, l'approvisionnement en eau devient de plus en plus essentiel à l'obtention de fruits de qualité.

De quoi s'agit-il?

Les arbres fruitiers ont besoin d'eau pour se développer, se garder en santé, et produire des fruits de qualité. Le manque d'eau a plusieurs conséquences : réduction de la croissance, dépérissement des tiges, diminution de la taille des fruits, réduction du taux d'établissement des arbres (les jeunes arbres), répercussions négatives sur la qualité des fruits, réduction de la production de boutons à fruit (et des rendements des cultures subséquentes), carences nutritionnelles, augmentation des dommages hivernaux, augmentation de la production en alternance, et accroissement des troubles physiologiques (taches amères). Le fait d'avoir accès à l'eau peut aider les arbres à continuer à se développer au cours des périodes de sécheresse et à accroître leur résistance aux facteurs de stress.

Quand cela se produit-il?

Le manque d'eau peut survenir en tout temps au cours de la saison de croissance lorsque les arbre sont besoin d'humidité. Les périodes critiques à cet égard sont la floraison, la formation des pépins, la taille des fruits, la formation du bourgeon à fruit, le mûrissement du fruit et l'aoûtement de l'arbre. Pour plus d'information sur la façon d'évaluer les besoins d'irrigation pour les cultures fruitières en Ontario, voir Surveiller l'humidité du sol pour améliorer les décisions d'irrigation. Pour plus d'information sur l'utilisation de l'irrigation en agriculture, voir l'information d'irrigation.

Où cela se produit-il?

Les vergers ontariens peuvent connaître des conditions sèches, mais les effets de la sécheresse sont pires en sols sableux, lesquels présentent une faible capacité de rétention d'eau (ex. : les sols pauvres en matière organique). Les températures chaudes vont exacerber le problème en raison de l'augmentation des pertes due à l'évapotranspiration des arbres. Les pêchers et les nectariniers sont plus vulnérables au manque d'humidité, tout comme les arbres sur porte-greffes nanifiants dont la zone racinaire est limitée (ex. :les pommes sur le porte-greffes de taille M9, les cerises douces sur Gisela). La compétition entre les arbres dans les systèmes de verger intensif en haute densité est importante et les arbres ont besoin d'eau supplémentaire.

Stratégies possibles d'atténuation des risques

Certaines des stratégies présentées ci-dessous peuvent contribuer à réduire ou à éliminer les dommages associés au manque d'humidité.

  1. Assurance-production. On peut adhérer à l'assurance-production avant la saison. L'exploitant est ainsi assuré qu'au moins une partie du coût de ses intrants sera couvert si le rendement de sa culture est réduit en raison d'un manque d'humidité. La prime à payer va dépendre de la protection ou couverture choisie, des antécédents de réclamation de l'exploitation, et du potentiel de rendement des vergers. Avec le temps, les primes peuvent être réduites si l'exploitant n'a pas présenté de réclamations. Certains producteurs ont de la difficulté à verser la prime (surtout les premières années d'établissement et lorsqu'ils ont des réclamations), et aussi parce que l'assurance-production n'est pas conçue pour couvrir entièrement les pertes, de rendement ou de prix. D'autre part, les niveaux de protection diminuent au cours des années suivant une réduction de rendement, en raison des répercussions de la perte sur les rendements moyens à long terme. De plus, les pertes locales attribuables au gel ne sont pas couvertes. Les producteurs qui possèdent de nombreux vergers risquent donc d'être pénalisés lorsqu'ils obtiennent de bons rendements dans les sites non touchés par le manque d'humidité.
  2. Irrigation supplémentaire. Des systèmes efficaces d'irrigation goutte à goutte et par aspersion vont réduire le stress auquel sont soumis les arbres, donner des fruits plus gros, et accroître la qualité des fruits et les rendements. L'irrigation goutte à goutte est plus coûteuse à l'installation, et il est préférable de mettre le système en place au moment de la plantation; ce système est toutefois plus facile à utiliser. Ce type de système peut également être utilisé pour la fertigation. Les systèmes sur frondaison exigent plus de main-d'œuvre pour déplacer le matériel et sont plus efficaces si on installe des collecteurs permanents pour avoir facilement accès à l'eau. L'irrigation goutte à goutte est également plus efficace en matière de consommation d'eau que les systèmes d'irrigation sur frondaison où les pertes d'eau sont plus importantes par évaporation. Un permis de prélèvement d'eau est requis pour les utilisations supérieures à 50 000 litres par jour ainsi que pour une source d'eau fiable dont la qualité doit être surveillée. Des coûts d'entretien et les coûts de l'eau pour ce système doivent être pris en compte.
  3. Paillis sous les arbres. Ces paillis peuvent donner le même résultat que l'irrigation, parce qu'ils permettent de conserver l'humidité du sol, de rafraîchir la zone racinaire ainsi que d'améliorer la taille des fruits, leur qualité et le rendement de la récolte. Les paillis peuvent également contribuer à fournir des éléments nutritifs et peuvent loger des insectes utiles, mais ils attirent également les rongeurs. Les matières utilisées comme paillis peuvent être coûteuses, difficiles à se procurer, et devront probablement être renouvelées avec le temps. Dans certains cas, les paillis peuvent favoriser une croissance tardive des arbres et des dommages hivernaux.
  4. Ajout de matière organique au sol avant la plantation. L'apport de fumier, de compost, des cultures de couverture, de paille, de paillis ou de toute matière organique avant la plantation augmentera la capacité de rétention d'eau du sol. Cet apport de matière organique est évidemment associé à des coûts, pour soit l'achat de matière ou les cultures de couverture. La matière organique peut cependant améliorer la croissance des arbres, apporter les éléments nutritifs nécessaires et améliorer la tolérance des arbres à la sécheresse.
  5. Construction de structures additionnelles pour stocker l'eau. Il est possible que les structures servant à emmagasiner l'eau en dehors de la saison de croissance soient coûteuses, mais elles valent vraiment la peine lorsque les étés sont très secs. Il est important d'avoir une structure bien conçue et l'accès à ces structures pour les animaux et le public doit être restreint afin d'en assurer la salubrité. S'assurer que la compagnie d'assurance connaît l'existence de cette structure d'entreposage.

Résumé

Faire pousser des fruits de qualité dans les vergers à haute densité actuels est de plus en plus difficile en raison des changements climatiques, de l'accroissement de l'évapotranspiration durant les journées chaudes de l'été et de la diminution des précipitations. Les producteurs doivent s'assurer d'avoir accès à de l'eau durant les périodes critiques de la croissance de l'arbre et du développement des fruits. L'approvisionnement d'eau est devenu plus important de nos jours pour la production de volumes élevés de fruits de qualité supérieure qui répondent aux besoins des marchés actuels.

Pour plus des reseignements


Auteur :

Leslie Huffman - spécialiste de la pomiculture/MAAARO
Kathryn Carter - spécialiste de la culture des fruits tendres et du raisin/MAAARO

Date de création : 05 février 2013
Dernière révision : 05 février 2013

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