Lutte contre les vertébrés

Extrait du Publication 310F, Lutte intégrée contre les ennemis du pommier.
Pour commander la publication

Table des matières

  1. Introduction
  2. Description, cycle biologique, dommages
  3. Lutte

Introduction

Plusieurs vertébrés sont nuisibles dans les vergers de pommiers, au point d'occasionner des pertes économiques. Ceux-ci comprennent un certain nombre d'espèces de mammifères, dont les campagnols (souvent confondus avec les mulots), les marmottes (siffleux), les lapins et les lièvres, les cervidés et plusieurs espèces d'oiseaux (corneilles, étourneaux sansonnets, quiscales bronzés).

Aucune méthode de lutte prise isolément n'est entièrement efficace contre les vertébrés. Une stratégie qui s'échelonne sur toute la saison de croissance et qui repose sur des méthodes et des mesures dissuasives relevant de la lutte culturale, mécanique et biologique est souvent le moyen le plus efficace de minimiser les pertes occasionnées par ces animaux.

Description, cycle biologique, dommages


Tableau 4-18. Principaux vertébrés nuisibles aux vergers de pommiers.

Espèce

Description

Cycle biologique

Habitat

Distribution

Dommages
Campagnol des champs
Microtus pennsylvanicus
Corps long de 90-130 mm, marron foncé, à ventre grisâtre. Oreilles plus petites et queue plus courte (35-65 mm) que celles du mulot. Se nourrit de graminées, de carex, de graines, de céréales et de l'écorce des arbres. Crée des couloirs de circulation sur l'herbe. Actif jour et nuit. A des portées de 3-7 petits tout au long de l'année. Connaît de grandes fluctuations de populations, suivant un cycle de 3-4 ans. Lieux (prairies, prés, rangées d'arbres bordant des champs) où la végétation est abondante, et surface enherbée des vergers. Vit essentiellement hors du sol dans l'herbe ou la végétation dense. Commun partout en Ontario. Écorce grignotée et anneaux dégarnis d'écorce autour du tronc des pommiers; ces dommages sont surtout causés durant l'hiver, en présence de végétation. Soumettent les pommiers à un stress et peuvent même les faire mourir.
Campagnol sylvestre
Pitymys pinetorum
Corps long de 70-110 mm, couvert d'une fourrure brun-rouge, douce et très épaisse. Queue de 17-25 mm, plus courte que celle du campagnol des champs. Se nourrit de tubercules, de bulbes, de graines et de l'écorce des racines. Se creuse des galeries dans la couche de feuilles en décomposition au sol et dans les horizons meubles près de la surface du sol. Se fait un nid sous des rondins, des souches et d'autres abris. On le trouve surtout dans les forêts de feuillus de l'Est et parfois dans des vergers. Vit essentiellement sous terre et endommage le système racinaire des arbres. Présent au sud d'un tracé allant de Goderich à Ottawa. Peut creuser des galeries autour des pommiers et se nourrir de l'écorce des racines et des poils absorbants. Provoque le dépérissement de l'arbre et parfois même sa mort si les dommages sont étendus. Les dommages aux vergers de pommiers sont plutôt rares dans le sud-ouest de l'Ontario.
Marmotte Marmota monax Corps long de 40-45 cm, trapu, de brun jaunâtre à brun, ventre brun clair. Pied brun foncé ou noirs, queue de 10-18 cm. Poids variant de 2,2 à 4,5 kg. Généralement diurne, se nourrit d'un vaste éventail de jeunes plantes succulentes. S'abrite dans des terriers possédant au moins deux ouvertures. S'accouple une fois par année et a des portées de 2 à 6 petits qui naissent en avril ou en mai. Hiberne durant l'hiver. Forêts clairsemées, ravins, zones de régénération forestière, vergers. Commune partout en Ontario. Écorce grignotée et dommages aux racines résultant du creusage des terriers. Ces terriers peuvent causer des bris d'équipement et représentent un danger pour les personnes qui risquent d'y mettre les pieds.
Lapin à queue blanche Sylvilagus floridanus Corps long de 35-45 cm, oreilles plutôt courtes (65-75 mm) pour un lapin. Pelage brun grisâtre et dessous de la queue blanc. Pieds blanchâtres. Poids variant de 1,0 à 1,8 kg. Se nourrit de la végétation verte durant l'été et d'écorce et de petits rameaux durant l'hiver. Animal nocturne actif du début de la soirée jusque tard le matin. S'abrite dans des broussailles, des herbes hautes ou des terriers peu profonds. Donne naissance à 3-4 portées par année de 4-7 petits chacune. Populations cycliques. Forêts clairsemées, taillis dense, zones de régénération forestière. Commun dans tout le sud de l'Ontario, sous un tracé allant de Parry Sound à Ottawa. L'hiver, se nourrit au ras du sol, des pousses terminales tendres et des boutons (bourgeons à fruits), ce qui donne aux organes atteints l'aspect de " balais de sorcières ". Il dénude des anneaux d'écorce, ce qui mine la vigueur de l'arbre et peut le faire mourir.
Lièvre d'Europe Lepus europaeus Corps long de 63-70 cm, longues oreilles de 11-13 cm. Pelage gris brunâtre, extrémité de la queue noire. Pèse jusqu'à 4 kg. Se nourrit de végétation verte l'été et de petits rameaux et d'écorce durant l'hiver. Actif du début de la soirée jusqu'au matin. Donne plusieurs portées par année. Terrains légèrement vallonnés et champs. Confiné au sud de l'Ontario, au sud du parc Algonquin. Surtout commun dans le sud-ouest et le centre-sud de l'Ontario. Dommages semblables à ceux que cause le lapin à queue blanche, à cette différence que les branches maîtresses plus hautes (qui se trouvent à moins de 1 m du sol) sont plus lourdement endommagées, étant donné que le lièvre peut se tenir sur ses pattes arrière pour les atteindre.
Cerf de Virginie Odocoileus virginanus Haut de 90-110 cm, est le plus gros cerf d'Amérique du Nord, les femelles atteignant jusqu'à 110 kg et les mâles, jusqu'à 180 kg. Fourrure allant du gris-bleu au brun. Les mâles possèdent des bois. La longue queue blanche est un trait caractéristique. Broute les rameaux, les arbustes, les plantes herbacées, les glands et les graminées. Surtout actif à la tombée de la nuit, jusqu'à l'aube. Donne 1 ou 2 petits par année. Durant l'hiver, les cerfs de Virginie se rassemblent dans des ravages qui se trouvent parfois dans des vergers. Forêts de feuillus, sous-bois, zones de régénération des forêts, forêts de seconde venue. Commun partout en Ontario, au sud de Timmins. L'hiver et au début du printemps, il broute les jeunes pousses terminales des arbres, ce qui provoque la perte des boutons et, pire encore, modifie la forme de l'arbre. Il arrive que de petits arbres soient endommagés lorsque les mâles cherchent à détacher le velours desséché de leurs bois en les frottant contre l'écorce. Ces blessures sont occasionnées à l'automne (en septembre jusqu'à la mi-novembre).
Corneilles, étourneaux sansonnets, quiscales bronzés et autres oiseaux noirs Variable Les étourneaux sansonnets, quiscales bronzés et autres oiseaux noirs sont des oiseaux grégaires qui peuvent traverser les vergers en grand nombre vers le moment de la cueillette. Plus solitaires, les corneilles se déplacent en plus petits groupes. Adaptés à un vaste éventail d'habitats. Les corneilles nichent souvent dans des conifères, notamment dans des pinèdes. Communs partout en Ontario. Il arrive que les oiseaux picorent les pommes. Souvent, les dommages qu'ils causent sont plus apparents sur les fruits exposés au sommet des arbres. Les vignes, les fruits tendres et les petits fruits sont plus sensibles aux attaques des oiseaux.

 

Lutte

La lutte contre les vertébrés nuisibles n'est pratiquée que si ceux-ci ont causé ou risquent de causer des pertes économiques.

Campagnols

Les campagnols ont plusieurs prédateurs naturels : rapaces diurnes et nocturnes, corneilles, corbeaux, belettes, renards, coyotes, ratons laveurs, mouffettes, chats, serpents et couleuvres. Il arrive que la prédation ne suffise pas à contenir de fortes populations de campagnols, mais, les années normales, elle contribue à les maîtriser et à limiter les dommages.

Grâce à certaines pratiques culturales, les appâts empoisonnés sont peu nécessaires, voire inutiles. Les campagnols ont besoin de verdure et de végétation en croissance pour survivre (se protéger des prédateurs et se nourrir) et se reproduire. La réduction ou l'élimination du couvert et des herbes hautes par la tonte et des traitements herbicides fait diminuer les populations de rongeurs. Tondre le gazon à 8-15 cm. Éviter de retarder les coupes ou d'effectuer la tonte à l'aide d'une faucheuse à barre de coupe, car celle-ci risque de laisser une couche de chaume qui procure un couvert suffisant aux campagnols. Éviter de laisser du paillis, des émondes, des fruits tombés au sol ou de la végétation en décomposition à la base des arbres ou dans les rangées d'arbres. Ces pratiques sont excellentes pour maîtriser le campagnol des champs, mais inefficaces contre le campagnol sylvestre.

Les appâts empoisonnés sont efficaces dans les vergers où les campagnols abondent. Éviter d'utiliser des appâts de maïs enrobés de poison ou d'épandre à la volée des appâts empoisonnés sur le sol du verger, car ceux-ci sont toxiques pour les animaux de compagnie, dindons sauvages, faisans, ratons laveurs, mouffettes et autres animaux non visés. Les pièges-appâts restent efficaces longtemps et sont moins dangereux pour les organismes non ciblés. Ils peuvent être faits de morceaux de bois, de planches ou de boîtes de conserve dont un bout a été enlevé. Placer l'appât sous la planche ou dans la boîte de conserve couchée sur le côté. Le dispositif le plus efficace est probablement le piège-appât en T inversé fabriqué à partir d'un tuyau d'ABS de 1 ½ po. On verse plusieurs cuillerées à table d'appât dans le tuyau vertical, que l'on bouche ensuite pour protéger l'appât des intempéries. Placer 25 pièges-appâts par hectare (10 par acre). Les pièges-appâts ne sont pleinement efficaces que si les pommes tombées sont ramassées et retirées du verger avant la première neige. Les rodenticides couramment utilisés sont les appâts imprégnés de phosphure de zinc, la diphacinone (Ramik Brown) et la chlorophacinone (Rozol, Groundforce).

Entourer les troncs d'un protecteur à l'épreuve des rongeurs afin d'empêcher les campagnols d'endommager leur écorce. Protéger ainsi les jeunes arbres qui risquent d'être gravement endommagés ou même tués par des dommages même légers causés par les campagnols. Veiller à ce que les protecteurs aient environ 45 cm de haut et qu'ils soient enfouis à 5 cm dans le sol. Vérifier les protecteurs chaque année pour s'assurer qu'ils jouent bien leur rôle et vérifier qu'ils ne gênent pas le développement du tronc. Éviter les types de protecteurs qui empêchent l'air de circuler. Toujours choisir des protecteurs de couleur claire parce que pendant les journées douces de l'hiver, les matériaux foncés peuvent provoquer un réchauffement de l'écorce, qui peut ensuite être endommagée par le froid de la nuit.

Lapins et lièvres

Les chats, chiens, renards, hiboux et faucons sont d'excellents prédateurs des lapins et des lièvres. L'aménagement des vergers à distance des prairies naturelles ou des taillis permet de réduire la pression exercée par les léporidés. Éliminer les tas de broussailles, les zones envahies de mauvaises herbes, les amoncellements de détritus et les tas de pierres du verger ou de ses abords, car ils offrent habitat et abri aux léporidés. Enduire les troncs et les branches charpentières basses d'un mélange de thirame et de peinture au latex blanche d'extérieur, afin de repousser les lapins et les lièvres. La chasse constitue une autre méthode de lutte efficace. Les pièges permettant de capturer les animaux vivants peuvent venir à bout de petites populations de léporidés, mais ils sont moins efficaces quand les populations sont importantes, car leur entretien nécessite alors trop de main-d'œuvre et de temps. Acheter les pièges auprès de quincailleries ou de magasins de fournitures agricoles, d'aliments pour animaux ou d'articles de sport. L'automne et l'hiver, appâter les pièges avec du maïs, de l'avoine ou des pommes. Dans les vingt-quatre heures qui suivent la capture d'un animal vivant :

  • relâcher l'animal à proximité de l'endroit où il a été capturé (dans un rayon de moins de 1 km), conformément aux consignes du ministère des Richesses naturelles (MRN);
  • s'il est malade, blessé ou orphelin, le confier à un vétérinaire ou à un gardien d'espèces fauniques autorisé, ou
  • l'euthanasier sans cruauté.

Marmottes

Les prédateurs des marmottes comprennent les rapaces diurnes ou nocturnes, les renards, les coyotes, les belettes, les chiens et les humains. Beaucoup de marmottes sont tuées par des automobiles. Il existe plusieurs méthodes couramment utilisées pour lutter contre la marmotte.

Phostoxin - Ce produit est un fumigant renfermant du phosphure d'aluminium qui, en présence de l'humidité qui se trouve dans le terrier, dégage du phosphure d'hydrogène gazeux (la phosphine) qui est efficace contre les marmottes. L'humidité du sol et un terrier hermétiquement scellé sont importants dans l'utilisation de ce produit. Pour manipuler le Phostoxin, il faut porter un respirateur à cartouche pour gaz acide couvrant tout le visage. Le port de gants de coton est recommandé. Durant la fumigation, s'adjoindre l'aide d'une autre personne, elle-même protégée par un équipement semblable. Toujours consulter l'étiquette. Pour éviter tout empoisonnement accidentel d'espèces rares, menacées ou en voie de disparition, s'assurer que le terrier, la tanière ou la galerie est bien occupé par l'espèce combattue avant d'y appliquer ce produit. Celui-ci doit être utilisé uniquement par des personnes formées dans l'application de phosphure d'aluminium, qui détiennent ou sont supervisées par des personnes qui détiennent un certificat d'exterminateur ou un permis reconnu par l'agence de la lutte antiparasitaire de la province ou du territoire où l'application a lieu.

Cartouches à gaz (monoxyde de carbone) - l'une des méthodes les plus couramment employées pour se débarrasser des marmottes. Les cartouches à gaz sont des cylindres de carton renfermant une substance à combustion lente qui asphyxie la marmotte. Allumer une cartouche et la placer dans le terrier après en avoir bouché tous les accès. Au fur et à mesure que les cartouches brûlent, elles dégagent du monoxyde de carbone et d'autres gaz délétères pour les marmottes. Cette méthode est surtout efficace au printemps avant que les petits ne naissent, mais elle peut s'utiliser dans les terriers en tout temps. Suivre les directives du fabricant pour la préparation et l'utilisation des cartouches.

Piégeage - Le piégeage peut aussi se révéler une méthode efficace, mais il exige qu'on y consacre beaucoup de temps. Placer une cage permettant de capturer l'animal vivant à l'entrée de son terrier, au milieu du principal sentier emprunté par l'animal ou près du lieu où les dommages se sont produits. Placer des rondins de part et d'autre de l'entrée de la cage de manière à guider l'animal vers celle-ci. Recouvrir la cage d'une bâche sombre ou de graminées afin de la cacher. Utiliser comme appâts des tranches de pommes, des carottes, des morceaux de cantaloup, de la laitue, du chou ou des petits pois frais. Mettre des appâts frais tous les jours en prenant soin d'enlever les appâts gâtés. Inspecter les cages au moins deux fois par jour et les nettoyer après chaque capture. En moins de vingt-quatre heures suivant la capture d'un animal, libérer ce dernier à proximité (au plus 1 km) de l'endroit où il a été capturé, en choisissant un habitat convenable, conformément aux consignes du MRN. Si l'animal est malade, blessé ou orphelin, l'apporter à un vétérinaire ou à un gardien d'espèces fauniques autorisé, ou l'euthanasier sans cruauté. Éviter de capturer des marmottes et de les relâcher ailleurs à l'automne juste avant leur hibernation ou au printemps lorsque des petits se trouvent dans les terriers. Il arrive que les animaux capturés et relâchés avant l'hibernation ne parviennent pas à se trouver un terrier avant l'hiver. La relocalisation des marmottes femelles au printemps peut entraîner la mort de leurs petits.

Chasse - La chasse est un autre moyen de contenir les populations de marmottes. On peut les tuer en tout temps de l'année si elles causent des dommages aux biens. Si elle est bien faite, la chasse réduit des populations de marmottes ou empêche le gonflement de leurs populations.

Cervidés

Il existe plusieurs types de clôtures différentes, dont celles en treillis de fils métalliques, qui se révèlent très utiles dans les régions où les cervidés abondent et où ils risquent fort de causer des dommages. La clôture permanente en treillis de fils métalliques nécessite peu d'entretien, mais son installation peut être coûteuse. À cause de leur prix, ces clôtures sont peu utilisées autour des vergers, sauf s'il s'agit de pépinières. Cette clôture verticale d'une hauteur de 2,44 m est constituée de 2 parties de 1,22 m formées d'un grillage métallique de 15 cm x 30 cm et reliées par des anneaux ouverts. Au moins deux fils de fer barbelé espacés de 25 cm sont ajoutés au sommet de la structure, ce qui porte la hauteur totale à 3 m ou plus. Des recherches effectuées dans l'État de New York montrent que là où la pression est forte, les blocs de plus de 20 ha doivent absolument être protégés par ce type de clôture si l'on veut empêcher efficacement les cerfs d'y pénétrer.

Un autre type de clôture intéressant est la clôture à mailles. Elle est considérée comme solide, durable, pratiquement invisible et facile à installer. Elle est formée d'une série de mailles carrées de 10 cm2 en polyéthylène résistant aux ultraviolets. Chaque fil a une force de résistance à la rupture de 79 kg. Cette clôture peut être tendue entre des piquets espacés de 6 m. Pour qu'elle soit efficace, elle doit entourer l'ensemble de la superficie à protéger. L'efficacité de ce type de clôture vient de ce que chez les cerfs, la vue et la perception de la profondeur sont relativement mauvaises. La barrière et les accessoires sont noirs, de sorte que ces animaux ont du mal à voir où la clôture commence et où elle finit. Ils en ont peur et en longent le périmètre, généralement sans tenter de sauter par-dessus. C'est donc une barrière discrète et sans cruauté qui permet d'exclure les cerfs des zones sensibles sans produits chimiques ni électricité.

Les clôtures électriques (figure 4-207) sont faciles à installer, à réparer et à entretenir. Les clôtures électriques temporaires sont simples, abordables et efficaces. On peut en accroître l'efficacité en les appâtant avec du beurre d'arachide, des pommes, etc. Les cerfs sont attirés par l'apparence ou l'odeur et finissent par toucher à la clôture avec le museau. Le choc qu'ils s'infligent les conditionne à éviter la zone clôturée. Les clôtures électriques haute résistance permanentes offrent une protection pendant toute l'année et sont celles qui conviennent le mieux aux vergers. Ce type de clôture donne un maximum de résultats lorsque la pression exercée par les cerfs est faible et que le verger couvre une petite superficie. Les clôtures à profil bas fournissent rarement une protection suffisante en hiver, notamment si la neige empêche les cerfs de trouver d'autres sources de nourriture. Vérifier les règlements locaux pour voir s'ils permettent d'installer des clôtures électriques sur un terrain.
igure 4-207. Clôture à cervidés

Figure 4-207. Clôture à cervidés (Association pour l'amélioration des sols et des récoltes de l'Ontario).

Certains dispositifs d'effarouchement peuvent être efficaces et économiques dans certains cas, en particulier lorsque les cerfs commencent à causer des dommages dans un verger. Cependant, une fois qu'ils ont acquis des habitudes de déplacement, il est difficile de les en faire changer. Les méthodes temporaires d'effarouchement en question peuvent être des canons à propane, des explosifs, des lampes stroboscopiques, des sirènes, des feux d'artifice ou des coups de feu. Cependant les cerfs finissent souvent par s'y habituer au bout d'une semaine ou deux, même lorsqu'on déplace ces dispositifs de temps en temps. L'effarouchement est généralement une solution à court terme. Certains producteurs font aussi appel à des chiens : ceux-ci sont maintenus derrière une " clôture invisible ", d'où ils peuvent chasser les cerfs hors de leur territoire. Ce sont souvent les gros chiens agressifs qui donnent les meilleurs résultats. Un gentil toutou risque de ne pas être très efficace.

Il existe deux types de répulsifs qu'on peut employer contre les cerfs, soit les répulsifs de contact et les répulsifs à distance. Les répulsifs de contact sont placés sur les plantes et exercent leur effet par leur goût. Les répulsifs à distance sont les plus souvent employés dans les vergers; ils sont placés près des plantes à protéger et éloignent les cerfs par leur odeur. Il peut s'agir de barres de savon à mains ou de sacs de cheveux humains qu'on suspend aux arbres. Certains producteurs signalent que le Surround Crop Protectant, qui contient du kaolin, éloigne les cerfs pendant l'établissement des arbres. Malheureusement, ces répulsifs pourraient n'avoir qu'un effet temporaire.

Pendant la saison de la chasse, les cerfs qui fréquentent les vergers peuvent être tués par les titulaires de permis. On peut aussi faire une demande d'autorisation d'abattre des cerfs à des fins agricoles. Pour chasser hors de la saison de la chasse, on doit demander un permis auprès du ministère des Richesses naturelles. Les permis autorisent le harcèlement et (ou) l'abattage les cerfs qui causent des dommages importants aux cultures, là où toutes les autres méthodes raisonnables se sont révélées infructueuses. Seuls les animaux qui s'attaquent aux cultures peuvent être ainsi tués. Les pomiculteurs peuvent demander un permis d'abattre des cerfs pour protéger leurs cultures en s'adressant à un bureau régional du ministère des Richesses naturelles. Les demandeurs doivent normalement documenter et décrire toutes les méthodes autres que la chasse qui ont été tentées pour prévenir les dégâts causés par une population de cerfs. Ils doivent répondre à certains critères, et une visite du site a généralement lieu. Les autorisations font l'objet d'un contrôle strict et elles complètent les objectifs de gestion des populations locales de cerfs. Les autorisations d'abattre des cerfs ne doivent pas servir à des fins de chasse récréative hors-saison ou de bénéfices personnels.

Oiseaux (corneilles, étourneaux sansonnets et quiscales bronzés)

Éviter de planter des pommiers à proximité de pinèdes, qui constituent un habitat de choix pour les corneilles. Il y a différents moyens de limiter les dommages causés par les oiseaux, notamment les effaroucheurs acoustiques, les effaroucheurs visuels et l'exclusion physique. Pour plus d'information, voir la fiche technique no 98-036 du MAAARO, Lutte contre les oiseaux dans les vignes et les plantations de fruits tendres.

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 21 juillet 2011
Dernière révision : 21 juillet 2011

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca