Production de plants de légumes en plateaux alvéolés

La présente fiche d'information remplace la Fiche technique 96-024 initialement rédigée par Jody Bodnar, anciennement de la Direction de la phytotechnie du MAAARO, à Simcoe, et par Ron Garton, anciennement d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Harrow.

Table des matières

Introduction

Naguère, on produisait les plants de légumes sous serre dans des caissettes ou sur des planches au sol, ou encore, comme dans le Sud des États-Unis, sur des planches en plein champ. De nos jours, la plupart des producteurs se sont tournés vers de nouvelles techniques de production sous serre qui font appel à diverses sortes de contenants, parmi lesquels les plateaux alvéolés (figure 1) sont les plus en vogue. Ceux-ci présentent en effet l'avantage de laisser chaque plant croître dans sa propre motte, de diminuer la concurrence entre les plants et de rendre le développement plus uniforme. Cette technique implique en outre moins de travail pendant les opérations de mélange et de stérilisation du substrat, de remplissage des plateaux et d'arrachage des plants. Les plants ainsi obtenus, arrachés avec leur motte, affichent une meilleure reprise au champ puisque leurs racines sont moins endommagées par l'arrachage.

Plant de melon robuste prêt à être repiqué en plein champ. À noter le développement vigoureux des racines et l'épaisseur de la tige.

Figure 1. Plant de melon robuste prêt à être repiqué en plein champ. À noter le développement vigoureux des racines et l'épaisseur de la tige.

Choix des plateaux

La grosseur des alvéoles influe sur le comportement du plant au champ, en particulier sur la précocité. Quand on utilise des plateaux à grosses alvéoles, les plants ont beaucoup de place et peuvent se développer jusqu'à un stade plus avancé sans risque d'étiolement ou de feutrage racinaire. En général, ces plants donnent des légumes qui se récoltent plus tôt que les autres. En revanche, ces plateaux occupent plus d'espace dans la serre et sont donc plus coûteux à produire (figure 2).

Plateaux de diverses tailles pour la production de plants de légumes.

Figure 2. Plateaux de diverses tailles pour la production de plants de légumes.

Tableau 1. Caractéristiques techniques des plateaux couramment utilisés par les producteurs de plants de légumes.

Plateau
(nbre d'alvéoles)
Densité des plants
(alvéoles/pi2)
Volume de l'alvéole 1 (cm3) Légumes
24
14
171
Tomates, cucurbitacées hâtives
38
23
106
Tomates, cucurbitacées hâtives
50
31
66
Tomates, cucurbitacées hâtives
72
47
43
Poivrons, choux, cucurbitacées hâtifs
128
78
23
Tomates, poivrons, choux de moyenne saison
200
122
11
Poivrons, choux d'arrière saison
288
175
7
Tomates de conserverie, oignons espagnols

1 Le volume de l'alvéole varie selon la profondeur et la forme de l'alvéole (cm3 = centimètre cube).

Effet du plateau sur la croissance des plants

Comparativement aux plateaux en plastique, les plateaux en styromousse sont plus coûteux. En outre, ils isolent thermiquement le substrat, retardent la croissance des plantules, favorisent le développement des algues et peuvent héberger des agents pathogènes. C'est pourquoi les plateaux en plastique sont d'usage plus répandu. Par ailleurs, les plateaux de couleur sombre absorbent mieux la chaleur, et les plants y poussent souvent plus vite que dans les plateaux de couleur claire (par ex. les plateaux en plastique noir comparés aux plateaux en plastique blanc) (figure 3).

Ensemencés au même moment, les plateaux en plastique de couleur sombre permettent une croissance plus hâtive des plants par rapport aux plateaux en styromousse blanc.

Figure 3. Ensemencés au même moment, les plateaux en plastique de couleur sombre permettent une croissance plus hâtive des plants par rapport aux plateaux en styromousse blanc.

Dans un plateau à alvéoles relativement profondes, les plantules disposent chacune d'un plus grand volume de substrat, d'eau et d'éléments fertilisants. Les alvéoles profondes tendent à favoriser une croissance plus rapide. Cependant, malgré une fréquence d'arrosages moins élevée comparativement aux alvéoles peu profondes, les besoins globaux en eau sont plus grands puisque la quantité de substrat à maintenir humide est plus importante. Dans le cas des plateaux à alvéoles profondes, il est indispensable d'arroser copieusement et d'humidifier en totalité le substrat pour favoriser la croissance des racines sur toute la profondeur de la motte.

Quand on recherche une plus grande uniformité des plants à l'intérieur d'un même lot, on évite d'utiliser des plateaux qui diffèrent par la profondeur des alvéoles ou par la couleur du plastique.

Âge des plants au repiquage et calendrier de production

L'âge optimal des plants de légumes est fonction tant de l'espèce cultivée que de la grosseur d'alvéole utilisée. En général, les grosses alvéoles permettent de produire des plants plus gros et plus âgés. On a observé que les plants cultivés dans de grosses alvéoles donnent des rendements plus élevés plus tôt que les plants produits dans des alvéoles plus petites; en revanche, le rendement global est pratiquement le même.

Les producteurs doivent adapter leurs méthodes et leurs calendriers de culture selon l'espèce cultivée et la grosseur des alvéoles. Le tableau 2 énumère certaines lignes directrices pour la production de plants à repiquer, en fonction de la grosseur des alévoles.

Tableau 2. Calendrier de production des plants, selon la grosseur des alvéoles employées, pour plusieurs légumes.

Culture Taille de plateau Âge au repiquage et détails de production
Tomates hâtives 24, 38, 50

En général, semis dans des plateaux à 288 ou à 406 alvéoles, puis repiquage dans des plateaux à alvéoles plus grosses, dès l'apparition de la première vraie feuille. Les plants devraient avoir environ 8 semaines au moment de la plantation définitive.

Tomates de moyenne saison ou de fin de saison 128 to 288

Semis direct dans les plateaux.

Pour les repiquages de la deuxième quinzaine de mai, utiliser des plants âgés de 6 à 7semaines; pour les repiquages de juin, utiliser des plants de 5 semaines.

Poivrons hâtifs 50 or 72

Repiquage de plantules ou semis direct dans les plateaux.

Compter de 8 à 9 semaines avant le repiquage au champ.

Poivrons de moyenne saison ou de fin de saison 128 to 200

Semis direct dans les plateaux.

Compter de 7 à 8 semaines avant le repiquage au champ.

Choux hâtifs 72 or 98

Semis direct dans les plateaux.

Compter de 5 à 6 semaines avant le repiquage au champ.

Choux de moyenne saison ou de fin de saison 128 to 200

Semis direct dans les plateaux.

Compter de 4 à 5 semaines avant le repiquage au champ.

Concombres, melons, courges 24 to 128

Semis direct dans les plateaux.

Compter de 3 à 4 semaines si on utilise des plateaux à 24 ou à 38 alvéoles, et de 2 à 3semaines si on utilise des plateaux à 128 alvéoles.

Ne pas laisser les plants pousser trop en hauteur dans la serre.

Oignons espagnols 200 to 288

Semis direct dans les plateaux.

Rabattre plusieurs fois les plantules pour les renforcer.

Compter de 8 à 10 semaines avant le repiquage au champ.

Substrat

Le substrat, ou milieu de culture hors sol, est généralement un mélange de tourbe, de vermiculite et de perlite horticole. Les substrats à base de tourbe de texture grossière (à longs brins) assurent aux plantes un meilleur drainage et une meilleure aération, ce qui favorise le développement des racines.

Certains substrats contiennent de l'engrais (teneur fertilisante); il faut tenir compte de cet engrais quand on établit le programme de fertilisation des plants (tableau 3). L'emploi de substrats dont la teneur fertilisante est peu élevée permet de mieux contrôler la croissance. Il est en effet plus facile d'ajouter au substrat les engrais voulus que d'essayer de corriger ce qui a été fait par le fabricant.

Tableau 3. Composition chimique de certains substrats. Les programmes de fertilisation et d'arrosage doivent être ajustés en fonction de la teneur en éléments fertilisants qui est propre à chaque substrat.

Substrat pH Nitrate(ppm) P(ppm) K(ppm) Ca(ppm) Mg(ppm) Conductivité (CE) mmho/cm
Promix BX 5.6
115
35
117
145
44
1.47
ASB 5.5
67
30
91
32
42
1.17
Metro Mix 200 6.5
50
5
99
144
84
1.63
Metro Mix 240 6.2
39
6
68
99
77
1.27
Speedel 6.3
89
4
62
145
62
1.43

Semences et ensemencement

Achat des semences

Il vaut mieux se procurer les meilleures semences qui existent! On ne gagne rien à rogner sur le coût des semences puisque celui-ci ne représente qu'un faible pourcentage des coûts totaux de production des plants. Pour certaines variétés très demandées, il est conseillé de passer commande jusqu'à une année à l'avance pour être assuré de les avoir. Si l'on doit garder les semences pendant longtemps, il faut les placer dans les conditions dont elles ont besoin pour préserver leur pouvoir de germination.

Il n'est pas recommandé de récolter vos propres semences sur vos cultivars. Elles risquent en effet d'être contaminées par des agents pathogènes et elles donnent naissance à des plants qui peuvent différer génétiquement de leurs parents.

Taux de germination et vigueur germinative

Le taux de germination désigne le pourcentage des semences qui, dans un lot, germent lorsque les conditions idéales sont réunies, tandis que la vigueur germinative désigne la rapidité et l'uniformité de la levée, en particulier dans des conditions moins qu'idéales. Les établissements semenciers ont mis au point des procédés qui améliorent le taux de germination, la vigueur germinative et l'uniformité des lots de semences. L'emploi de ce genre de semences améliorées aide les producteurs de plants à maximiser le rendement par unité de surface de leurs serres.

Matériel de semis

Le choix d'un semoir est fondé sur les trois facteurs suivants : a) la facilité de conversion de l'appareil pour ensemencer des plateaux de taille différente; b) la possibilité de semer aussi bien des semences nues que des semences enrobées; c) le nombre de plateaux à ensemencer en une journée.

Semoirs pneumatiques à plateau

  • Exemple : le semoir de marque E-Z
  • Vitesse de semis : 20 000 semences à l'heure.
  • Semoirs manuels convenant aux petites exploitations; conçu pour les semences enrobées.

Semoirs à aiguilles ou à buses

  • Exemples : les semoirs à aiguilles de marque Hamilton, Niagara, Bouldin et Lawson
  • Vitesse de semis : de 50 000 à 80 000 semences à l'heure.
  • Semoirs de grand débit convenant à des exploitations moyennes ou grandes; recommandés pour ceux qui utilisent des semences de type différent (nues et enrobées).

Semoirs à tambour

  • Exemples : les semoirs de marque Hamilton, Bouldin et Lawson
  • Vitesse de semis : 250 000 semences à l'heure et plus
  • Semoirs de très grand débit destinés aux grandes exploitations, et conçus pour les semences enrobées.

Ensemencement des plateaux et recouvrement des semences

On remplit les plateaux de substrat préalablement humidifié, on le tasse ou on y pratique des poquets en surface en vue d'y déposer les semences. On doit laisser une marge (par rapport au bord du plateau) d'un 1/2 à 2 centimètres (1/4 à 3/8 de pouce). Lorsqu'elles sont semées trop profond, certaines espèces (en particulier les oignons et les choux) sont portées à se déchausser.

Après l'ensemencement, on épand à la surface des plateaux de la vermiculite de grosseur moyenne. Cette précaution s'impose pour les semences de toutes les espèces légumières. La vermiculite est le matériau préféré à cet effet pour plusieurs raisons : elle est facile à étendre uniformément, elle améliore l'aération des racines, les empêche de s'étendre dans les alvéoles voisines et contrecarre la croissance des algues.

Une fois recouverts de vermiculite, les plateaux sont arrosés puis placés dans la chambre de germination ou « étuve ». Pour que le processus de germination démarre le plus vite possible, on élève la température du substrat en l'arrosant avec de l'eau à température ambiante.

Chambre de germination

La plupart des espèces légumières lèvent mieux et plus vite dans une chambre de germination, qui consiste habituellement en une pièce calorifugée, de petites dimensions, où l'on peut maintenir la température et l'humidité relative à un niveau précis. L'avantage d'une chambre de germination est de faciliter la phase de germination sans pour autant faire régner la température de germination dans toute la serre.

Il est important que l'air circule dans la chambre de germination afin d'assurer l'uniformité de la température et de l'humidité. Le maintien de la température ne peut se faire sans thermostat. Si la température vient à s'élever, la chaleur excessive aurait pour effet d'accentuer la variabilité entre les semences et de causer l'inégalité de germination et de développement des plants.

L'optimum en ce qui concerne la température et le temps de germination varie selon les espèces légumières. Le tableau 4 indique les conditions de germination des principaux légumes. Comme la germination prend plus ou moins de temps d'un lot de semences à l'autre, les producteurs doivent inspecter régulièrement les plateaux pendant qu'ils sont dans la chambre de germination. Ils devront transférer les plateaux dans la serre dès que le tégument séminal s'entrouvre, laissant pointer la tigelle. Ils évitent ainsi l'allongement excessif de la tige. Le séjour dans la chambre de germination peut n'être que de deux ou trois jours.

Eau d'arrosage tiédie : Si possible, il est préférable d'arroser les plants avec de l'eau tiède au cours des tout premiers jours de croissance. L'eau devrait être portée à environ 21 oC. Cependant, il n'est pas toujours possible, dans la pratique, de réchauffer la quantité d'eau requise pour l'arrosage de tous les plants occupant une grande serre.

Manutention des plateaux : supports grillagés et banquettes

Les producteurs de plants de légumes ont intérêt à utiliser des supports grillagés pour ranger leurs plateaux sur les banquettes de la serre et pour les transporter au champ. Les plateaux alvéolés sont généralement manutentionnés sur des cadres en fer ou en bois sur lesquels est tendu un grillage métallique.

Il est important de placer correctement les supports dans la serre. Les plateaux ne doivent pas être posés à même le sol pour ne pas inciter les racines à passer par le fond des alvéoles. Ils doivent être rigoureusement horizontaux afin que l'eau ne s'écoule pas vers la partie basse.

Première phase de développement des plants

La première phase de développement des plants est celle qui s'étend de la levée jusqu'au moment où commence l'endurcissement en vue du repiquage au champ. Durant cette phase, toutes les conditions d'environnement (température, ventilation, lumière), l'arrosage et la fertilité influent sur la croissance et la qualité des plants.

Besoins des cultures

S'appliquer à élever avec succès différentes cultures dans des conditions d'environnement identiques peut s'apparenter à un tour de force. En effet, les conditions qui conviennent à une espèce peuvent ne pas convenir à une autre. Par exemple, les plants de choux demandent des températures relativement fraîches et un apport assez faible d'éléments fertilisants, tandis que les poivrons nécessitent des températures plus chaudes et une plus haute teneur en éléments fertilisants. Chaque fois que possible, il est recommandé de cultiver dans des sections distinctes de la serre les espèces qui ont des besoins incompatibles, afin de pouvoir donner à chacune les soins requis.

Température

Les différentes espèces légumières réagissent différemment à la température. La température optimale de jour et de nuit, pour plusieurs espèces, est indiquée dans le tableau 4.

Les légumes de saison chaude (tomates, poivrons, aubergines et cucurbitacées) peuvent subir un « coup de froid » lorsqu'ils sont exposés pendant une période assez longue à des températures situées entre le point de congélation et 10 oC. Ce stress thermique entraîne un ralentissement de la croissance qui peut se poursuivre longtemps après le repiquage au champ. Pour les légumes sensibles, il faut maintenir la température au-dessus de 10 oC dans la serre.

Il existe une méthode appelée DIF (pour « différence ») qui consiste à régler les températures diurne et nocturne de façon à agir sur la hauteur de croissance du plant. La DIF désigne la différence entre la température nocturne et la température diurne. Une température élevée pendant le jour donne une DIF positive qui hâte la croissance, alors qu'une température basse donne une DIF négative qui la retarde.

Des températures élevées au cours des trois ou quatre premières heures suivant le lever du soleil entraînent un allongement excessif des plants. Il est possible de freiner ce phénomène en faisant en sorte que la serre soit plus fraîche durant les premières heures du jour que durant la nuit (DIF négative). Quand on refroidit la serre pour obtenir une DIF négative, il faut cependant faire attention de ne pas infliger un coup de froid aux plants. Habituellement, une DIF négative de 4 à 5 oC suffit à empêcher les plants de croître excessivement en hauteur.

Tableau 4. Plages optimales de température pour la germination et le développement de divers plants de légumes).

Culture Température de germination (°C) Nbre de jours approx. jusqu'à la levée Température de développement (diurne) (°C) Température de développement (nocturne) (°C)
Tomates
21-24
3-4
18-21
10-18
Poivrons
26-28
4-6
18-21
12-18
Choux
18-24
2-3
12-18
8-15
Cucurbitacées
24-30
2-3
21-24
12-18
Oignons
18-24
3-4
16-18
8-15

Limitation de la hauteur des plants

Il est important de limiter la hauteur des plants parce que des plants longs et grêles résistent moins bien aux stress une fois repiqués en plein champ. L'allongement excessif de la tige est causé par les facteurs suivants : chaleur excessive, surfertilisation, arrosage excessif et éclairement insuffisant.

Un développement inégal des plants, en dôme ou en coussin, se produit lorsque les mottes d'un même plateau ne bénéficient pas toutes des mêmes conditions en ce qui concerne la circulation d'air et l'arrosage. En général, ce sont les mottes de la périphérie qui sont plus sèches et dont les plants sont chétifs par rapport à celles du centre, ce qui donne au plateau le profil bombé d'un coussin. Le problème peut s'aggraver quand les plants plus gros commencent à ombrager le substrat alors que les plants plus petits laissent encore rentrer plus de soleil et permettent une plus grande évaporation.

Ce problème tend à se manifester dans deux cas : quand les plateaux ne sont pas serrés les uns contre les autres, et que la circulation d'air accrue assèche davantage le pourtour des plateaux; quand un côté du plateau reçoit plus de soleil qu'un autre côté, par exemple celui qui borde l'allée.

Arrosage

Qualité de l'eau

Avant la période de végétation, il est conseillé de faire faire une analyse poussée de l'eau. En fonction du pH, du taux de bicarbonates (taux de calcaire) et de la charge nutritive de l'eau, on sera peut-être amené à prendre des mesures correctives. Si l'eau dont on dispose n'est pas de très bonne qualité, on aurait certainement avantage à faire venir de l'eau d'ailleurs.

Il est conseillé de demander une analyse complète de l'eau tous les ans puisque l'eau est susceptible de varier considérablement dans le temps. C'est d'autant plus vrai dans le cas où l'eau provient d'un puits de surface ou d'une nappe phréatique située à peu de profondeur.

L'eau servant à arroser les plants dans les plateaux alvéolés devrait avoir un pH situé entre 5,5 et 6,5. À ces valeurs de pH, les oligo-éléments sont mieux assimilés par les plants. L'eau des étangs et des puits est souvent alcaline (de pH supérieur à 7,0), ce qui demande à être corrigé par l'adjonction d'un acide.

Le taux de bicarbonates est une mesure de la « dureté » de l'eau qui sert à déterminer la quantité d'acide à ajouter. Un échantillon qui contient 90 ppm de bicarbonates est considéré comme « doux »(peu calcaire) tandis qu'un autre échantillon qui en contient 350 ppm est qualifié de très dur (très calcaire). Les deux échantillons peuvent avoir le même pH, par exemple, mais l' « adoucissement » du deuxième demandera plus d'acide. À noter que l'acide nitrique est plus dangereux que l'acide phosphorique.

Idéalement, on doit avoir une eau d'arrosage dont le taux de bicarbonates est compris entre 60 et 100 ppm de façon à éviter les variations trop brusques de pH après adjonction de certains types d'engrais (ammoniaque). La plupart du temps, l'analyse poussée de l'eau d'arrosage brute révèle un taux de bicarbonates qui se situe entre 200 et 350 ppm : il est donc nécessaire de l'abaisser.

Pour neutraliser 60 ppm de bicarbonates, il est nécessaire d'ajouter 7 litres d'acide phosphorique (à 85 %) par 100 000 litres d'eau ou 7 litres d'acide nitrique (à 67 %). La quantité maximale d'acide phosphorique à ajouter dans l'eau ne doit pas dépasser 7 litres par 100 000 litres d'eau, car, au-delà de cette dose, l'excès de phosphore dans l'eau nuira à la qualité des plants (allongement excessif). C'est en général l'acide nitrique que l'on choisit quand il s'agit de neutraliser plus de 60 ppm de bicarbonates. À chaque fois que l'on ajoute 7 litres d'acide nitrique dans 100 000 litres d'eau d'arrosage, celle-ci s'enrichit de 14 ppm d'azote nitrique.

Exemple de calcul : Quand on utilise un injecteur 1:100 pour réduire le taux de bicarbonates de 180 ppm, il faut au total 21 litres d'acide nitrique par 100 000 litres d'eau (ou 21 mL par 100 L). On doit par conséquent ajouter 21 mL d'acide nitrique par litre d'eau dans le baril de concentré. Cette adjonction d'acide ne réduit pas seulement le taux de bicarbonates de 180 ppm, mais apporte aussi 42 ppm (3 x 14) d'azote nitrique.

Cas particulier

Il arrive que des producteurs arrosent leurs plants avec de l'eau de pluie qu'ils recueillent et dont le taux de bicarbonates est très bas (d'ordinaire inférieur à 10 ppm).

Dans ce cas, les producteurs doivent ajouter des bicarbonates pour éviter les variations de pH provoquées par l'adjonction d'engrais. Ils doivent aussi ajouter du bicarbonate de potassium, à raison de 1 kg par 100 000 litres d'eau, pour obtenir environ 60 ppm de bicarbonates.

La conductivité électrique (CE), ou salinité totale de l'eau, constitue une mesure de la charge nutritive totale de l'eau (somme de tous les cations et anions). On considère comme idéale une valeur de CE située entre 1,0 et 2,0. Si la valeur est inférieure à cette fourchette, les plants sont incapables d'assurer leur nutrition, tandis que si elle est supérieure, les racines risquent d'être brûlées par la forte salinité. Il est préférable que l'eau « brute » ait une valeur de CE inférieure à 0,6 mmho/cm pour que, après adjonction d'engrais, elle avoisine 1,5 mmho/cm.

Les taux de nitrates peuvent atteindre 50 ppm ou plus lorsqu'il y a contamination de l'eau souterraine. À ces taux, les apports d'azote doivent être faits prudemment. Dans tous les cas, il est important de connaître le taux de nitrates de l'eau brute avant d'ajouter de l'azote. En principe, l'eau de bonne qualité contient moins de 20 ppm d'azote nitrique.

À noter : Il est déconseillé de boire une eau riche en nitrates. Santé Canada fixe à 20 ppm la teneur maximale en nitrates de l'eau potable!

La teneur en sulfates de l'eau fluctue généralement entre 150 et 250 ppm. Une eau titrant 1 300 ppm, par exemple, dégage généralement une forte odeur de soufre. La teneur en chlorures varie quant à elle d'ordinaire entre 20 et 400 ppm.

Arrosage des plants

La quantité et la fréquence de l'arrosage varient selon le type d'alvéoles, le substrat utilisé, la ventilation de la serre et les conditions atmosphériques. Il est important d'arroser à fond et d'humidifier entièrement la motte, afin que les racines se développent jusqu'au fond du plateau. Si la motte n'est pas arrosée à fond, les racines cantonneront leur développement dans la partie supérieure. On doit laisser la motte s'assécher entre deux arrosages, mais ne pas laisser le plant se flétrir trop sévèrement, sous peine de dégâts aux racines.

Il faut arroser copieusement le matin et éviter d'arroser en fin d'après-midi. Les risques de développement de maladies s'élèvent quand le feuillage des plants reste mouillé pendant la nuit.

Si on utilise une rampe d'arrosage, il est conseillé de dévisser les buses de temps à autre et de les disposer différemment pour éviter l'effet de « stries » causé par les variations de débit qui peuvent exister d'une buse à l'autre.

Fertilisation

Le programme de fertilisation appliqué pour la culture des plants de légumes agit sur la qualité du plant fini et son aptitude à la reprise au champ. Un plant bien développé aura accumulé suffisamment de réserves nutritives pour assurer sa reprise rapide dans une large gamme de conditions de plein champ.

On fertilise d'ordinaire les plants de légumes avec un engrais soluble qu'on mélange à l'eau d'irrigation. Le tableau 5 donne la composition de plusieurs engrais recommandés pour la production de plants. Ces engrais varient par le pourcentage d'azote (N), de phosphate (P2O5) et de potasse (K2O) et par la teneur en oligo-éléments. Les producteurs devraient utiliser des engrais dont la fraction azotée est principalement sous forme de nitrates et éviter les engrais à forte proportion d'urée.

Une forte concentration de phosphate (P2O5) peut provoquer un allongement excessif de la plantule dans certaines conditions. Il est préférable d'utiliser un engrais ayant une concentration de phosphate faible ou moyenne. Une autre façon de procéder est d'ajouter un engrais sans phosphate (tel que le 14-0-14) à la plupart des arrosages, et d'ajouter un engrais riche en phosphate périodiquement (une fois tous les quatre ou cinq arrosages) pour promouvoir la croissance. Toutefois, il ne faut pas oublier que la suppression complète du phosphate aurait pour effet de retarder la reprise au champ.

Table 5. Tableau 5. Concentrations de N, P, K et valeurs de CE pour des solutions à 100 ppm préparées avec différents engrais solubles recommandés pour la production de plants de légumes.

Composition de l'engrais Dose d'engrais pour une solution à 100 ppm de N (g/100 L d'eau) Parties par million Conductivité (CE) (mmho/cm)1
N P K
20-20-20
50
100
43
83
0,40
20-10-20
50
100
21
83
0,60
20-8-20
50
100
17
83
0,75
17-5-19
59
100
12
92
1,0
15-5-15
67
100
14
83
0,70
14-0-14
71
100
0
83
0,85

1Conductivité électrique d'une solution à 100 ppm, exprimée en micromhos (millionièmes de mho). Les valeurs de CE ont été mesurées avec un appareil utilisant de l'eau distillée. Les valeurs de CE obtenues varient suivant la CE originelle de l'eau.

Il faut arroser les plants autant que nécessaire (voir « Arrosage des plants ») et modifier la concentration de la solution nutritive et la fréquence des apports pour obtenir le degré voulu de croissance. Les besoins en engrais varient selon la taille des mottes (les grosses mottes ont moins besoin d'engrais) et la teneur fertilisante du substrat (on ajoute moins d'engrais à un substrat dont la teneur fertilisante est élevée). =

Besoins de fertilisation des cultures légumières

Les cultures légumières ne réagissent pas toutes de la même manière aux engrais; il est donc nécessaire d'adapter le programme de fertilisation aux besoins de chacune.

Les tomates réagissent très fortement à un apport d'engrais et tout excès aura pour effet de diminuer la qualité des plants. Si l'on ajoute de l'engrais à chaque arrosage, il faut opter pour une concentration d'azote de 50 à 100 ppm, selon le stade de développement des plants. Il peut être avantageux de fertiliser moins souvent, mais d'utiliser une concentration plus élevée. Dans le cas d'une fertilisation hebdomadaire, la concentration d'azote doit être de 250 à 350 ppm.

Les poivrons ont des besoins d'engrais plus élevés que les tomates. Dans le cas où l'on fertilise à chaque arrosage, la concentration d'azote doit être de 100 ppm environ. On l'augmente si la fertilisation est moins fréquente.

Les choux ont moins besoin d'engrais que les autres légumes. Une fertilisation par semaine à raison de 100 à 150 ppm de N suffit en principe dans la plupart des conditions.

Les cucurbitacées ont un cycle de croissance relativement court comparativement aux autres cultures. De deux à quatre fertilisations espacées d'une semaine, à une concentration de 100 à 150 ppm de N, doivent suffire pour produire des plants de bonne qualité.

Calcul de la concentration de la solution fertilisante

La concentration des solutions fertilisantes est généralement exprimée en parties par million (ppm) d'azote. Pour déterminer la quantité d'engrais qui est nécessaire pour obtenir une solution ayant la concentration voulue, on utilise la formule suivante :

Poids d'engrais (grammes) = [ concentration de la solution (ppm) * volume de la solution (litres) ] / [10 * (% d azote contenu dams l'engrais)]

Par exemple, pour préparer une solution titrant 100 ppm avec un engrais 20-10-20, dans une cuve de 500 litres, la quantité d'engrais requise est de :

Poids d'engrais = (100 * 500) / (10 * 20)

Poids d'engrais nécessaire = 250 grammes

Si on applique l'engrais à l'aide d'un injecteur, voici la marche à suivre pour déterminer la quantité d'engrais à ajouter dans la solution mère :

  1. calculer le poids de l'engrais nécessaire pour obtenir une solution fertilisante ayant la concentration voulue, à l'aide de la formule ci-dessus;
  2. multiplier ce poids par le coefficient d'injection de l'appareil;
  3. faire attention d'utiliser suffisamment d'eau dans la solution mère afin que tout l'engrais soit dissous.

On peut vérifier la concentration de la solution fertilisante finale à partir de sa conductivité électrique (CE). Des conductimètres, appareils mesurant la conductivité, sont disponibles chez la plupart des fournisseurs de matériel de serriculture. Le tableau 5 indique la CE approximative de plusieurs engrais différents. On soustrait la CE de l'eau brute de la CE de la solution fertilisante et on compare cette valeur avec celles du tableau 5.

Toxicité ou carence

On observe plus souvent des signes de carence chez les plantes que des signes d'intoxication par les engrais. En effet, la plupart des producteurs font très attention de ne pas surfertiliser pour ne pas risquer de « brûler » les racines ou les tiges. En définitive, dans bien des cas, ils appliquent l'engrais avec un peu de retard, quand les plants ont déjà commencé à en avoir besoin.

Les plants qui manquent de phosphore prennent une coloration violette très nette le long de la tige et sous les feuilles. Chez les plants carencés en azote, les feuilles sont vert pâle. En revanche, un excès d'azote entraîne un blanchissement marqué des tiges et une coloration vert foncé des feuilles.

Prévention des maladies

Les mesures fondamentales de lutte contre les maladies chez les plants de serre sont l'hygiène et le maintien de conditions d'ambiance qui s'opposent au développement des maladies.

Hygiène

  • Éliminer toutes les mauvaises herbes à l'intérieur et l'extérieur de la serre, car elles sont susceptibles d'héberger des organismes pathogènes.
  • Si les plateaux sont réutilisés d'une culture à l'autre, il convient de les laver pour enlever toute terre ou tout substrat resté collé au plastique, puis de les plonger dans un bain contenant une solution d'eau de Javel ou d'un désinfectant homologué.
  • Il se peut que les plateaux doivent être entièrement rincés après la désinfection, car l'eau de Javel ou d'autres résidus peuvent être toxiques pour les jeunes pousses.

Lutte contre la fonte des semis

  • La ventilation, qui favorise le brassage de l'air autour des plants, est la meilleure méthode pour prévenir la plupart des maladies fongiques provoquant la fonte des semis et les taches foliaires.
  • Si l'on remarque des signes de fonte des semis dans la serre, on peut traiter les plants avec des fongicides (se référer à la publication 838F ou 835F du MAAARO pour connaître les doses et les méthodes d'application).

Arrosage

On doit arroser à fond toutes les mottes le matin; l'après-midi on n'arrose que les plateaux qui en ont besoin. Ne pas arroser en fin de journée. Le feuillage doit être sec durant la nuit pour réduire le développement de maladies fongiques des feuilles.

Mesures de lutte culturales

Faire en sorte que les plants croissent lentement et régulièrement. Ceux qui accusent un grave retard sont plus sensibles à de nombreux types de maladies.

Mesures de lutte chimiques

  • Se référer à la publication 838F ou 835F du MAAARO pour de l'information sur les produits homologués, les dosages et les méthodes d'application en matière de lutte contre les ennemis des plants de légumes cultivés sous serre. Mise en garde : Ne pas appliquer de pesticides foliaires lorsqu'il fait très chaud dans la serre car une telle pratique pourrait causer des dégâts au feuillage. À moins que cela soit précisé sur l'étiquette du pesticide, utiliser juste la quantité d'eau nécessaire pour humecter le feuillage ainsi que pour maintenir le produit sur le feuillage et éviter que la solution dégoutte dans le substrat où elle pourrait endommager les racines.

Autres problèmes rencontrés dans les serres

Lésions dues aux herbicides

On conseille aux producteurs d'utiliser deux pulvérisateurs, l'un réservé aux herbicides, l'autre aux fongicides et aux insecticides. Faute de respecter cette discipline, il y a risque de contamination et de graves dommages aux plantes de serre.

On doit s'abstenir de désherber chimiquement les alentours de la serre pendant la période de végétation; le brouillard ou les vapeurs d'herbicides peuvent dériver vers la serre ou être aspirés à l'intérieur de la serre. Les plateaux qui sont empilés dans les tournières des champs peuvent s'imprégner d'herbicide si une pulvérisation est faite pendant la période de végétation. Les plateaux qui sont entreposés à proximité de substances herbicides peuvent également absorber les vapeurs. Il est alors impossible de les décontaminer totalement.

Chauffage : Combustion incomplète

Il n'est pas rare de voir des serres construites à grands frais mais dont l'appareil de chauffage, acheté d'occasion, est très défectueux. Le gaz naturel, le propane ou le pétrole - quand ils ne sont pas complètement brûlés ou que la ventilation est insuffisante - dégagent des gaz qui sont toxiques pour les plants.

Les jeunes plants sont particulièrement tendres et sensibles aux gaz produits par une combustion incomplète. Habituellement, ils se mettent à jaunir et leur croissance est ralentie. Les plants, souvent, deviennent couleur jaune très pâle; le bord et la pointe des feuilles se dessèchent et noircissent. Les plants de tomates, qui manifestent très vite ces signes, sont de bons indicateurs d'une atmosphère toxique.

Les appareils de chauffage à haut rendement doivent pouvoir puiser l'air de l'extérieur. Sinon, quand la serre est étanche, l'oxygène peut se raréfier, en particulier dans la partie chaude de la serre. Il faut admettre de l'air frais en quantité correspondant à la taille de l'appareil et le faire arriver à la prise du brûleur.

Sciarides et mouches brunes (Ephydre)

Ces insectes passaient généralement, il n'y a pas si longtemps encore, pour des ravageurs d'importance mineure. Mais on sait aujourd'hui que leurs larves occasionnent de graves dommages aux racines et qu'elles propagent les maladies à Pythium et à Rhyzoctonia dans le sol.

Ces ravageurs affectionnent souvent les parties humides de la serre, les endroits où on laisse pousser les algues et la mousse, et ils passent une partie de leur cycle vital dans le sol au-dessous des banquettes. Les sciarides sont plus redoutables que les mouches brunes, mais les larves des uns comme des autres causent des dégâts aux racines. Les jeunes plantules ont une très faible masse racinaire et le moindre dégât causé par les larves peut compromettre leur survie.

Algues

Les algues peuvent poser un problème sur la surface des substrats hors sol parce qu'elles tendent à former une croûte qui gêne la bonne humectation des mottes. La croûte peut apparaître à tout moment, quand les plants ont déjà levé et se développent, ou quand les semences doivent encore germer ou percer la surface du substrat. On contribue à empêcher la formation des algues en recouvrant la surface des plateaux, dès l'ensemencement, de vermiculite de grosseur moyenne.

Les algues sont à redouter plus particulièrement par temps frais, humide et nuageux. En plaçant les semences dans les conditions qui hâtent la germination, on les soustrait en partie à l'effet des algues et on élimine le risque que le sol se croûte avant que les plantules aient eu le temps de lever. L'emploi d'une chambre de germination est donc tout indiqué pour hâter la germination et favoriser un départ plus rapide des plants.

L'épandage de chaux éteinte sur le sol situé sous les banquettes empêche l'apparition des algues et rend cet endroit moins accueillant pour les sciarides et les mouches brunes.

Se référer à la publication 835F du MAAARO pour des recommandations sur les méthodes de lutte contre les algues dans les serres.

Finition et endurcissement des plants

L'endurcissement des plants est une étape importante, en particulier si les plants vont avoir à supporter des conditions difficiles tôt au printemps. On endurcit les plants en les soumettant aux conditions suivantes :

  1. Réduction de la température de la serre par la ventilation. Ne pas abaisser la température au-dessous de 10 oC s'il s'agit de légumes sensibles au froid. Le brassage de l'air contribue aussi à endurcir les plants.
  2. Réduction de l'arrosage pour provoquer un léger flétrissement des plants. Ne pas laisser les plants se flétrir exagérément. Ne pas endurcir en cessant de fertiliser car il peut en résulter des carences et retarder le repiquage au champ.
  3. Exposition des plants aux conditions extérieures pendant quelques jours. Cette méthode permet aux plants de s'acclimater aux conditions de plein air tandis qu'ils sont encore dans les plateaux. Les plants doivent être placés en plein soleil, mais à l'abri des vents desséchants. Les plants doivent être vérifiés régulièrement et arrosés au besoin. Si une gelée est à craindre, il faut rentrer les plants dans la serre.


Auteur : Janice LeBoeuf, Vegetable Specialist
Date de création : 11 janvier 2013
Dernière révision : 15 janvier 2013

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