La culture du stévia, l'édulcorant naturel

Introduction

Le stévia (Stevia rebaudiana Bertoni) fait partie des Compositae (famille du tournesol). Depuis des siècles, les autochtones du Paraguay utilisaient les feuilles de ce petit arbuste herbacé vivace semi buissonnant pour sucrer leurs boissons amères. Originaire de l'Amérique du Sud, il pousse dans les habitats semi-arides, les pâturages, les scrubs forestiers et les terrains montagneux. Le végétal s'est répandu dans les pays du littoral du Pacifique où depuis une vingtaine d'années on a commencé à le cultiver et à l'utiliser comme agent sucrant d'abord sous la forme de feuilles brutes, puis à le transformer commercialement en édulcorant.

Des conditions climatiques et du sol similaires à celles d'où le stévia origine existent dans le sud de l'Ontario. Comme plant annuel à repiquer, le stévia tend à présenter une bonne croissance dans divers types de sol allant de sols sablonneux à texture grossière à des loams bien drainés, mais pas dans les terrains argileux ou mal drainés. Pendant la saison de culture, cette plante semble prospérer dans un intervalle de température entre 15 °C et 30 °C à la condition d'incorporer de bonnes pratiques agricoles et de fournir les ressources et les intrants nécessaires. Le stévia exige des pratiques agricoles similaires à celles des autres cultures horticoles à repiquer.

Le stévia a depuis longtemps servi traditionnellement d'édulcorants, car il contient des glycosides cristallins appelés stéviosides, avec un pouvoir sucrant de 200 à 300 fois celui du saccharose. Les stéviosides ne contiennent pas de calories et ils sont non fermentescibles, ils ne se décolorent pas et ils sont thermostables à 95 °C, d'où leur bonne durée de conservation. Ce produit peut être incorporé aux pâtisseries et aux aliments cuisinés, ou aux aliments et aux boissons transformés. Dans les pays du littoral du Pacifique, en Chine, en Corée et au Japon le stévia est régulièrement utilisé dans la préparation des produits alimentaires et pharmaceutiques.

Pratiques agronomiques

Intervalle climatique

Le stévia est une plante originaire des climats semi humides, subtropicaux avec des températures entre -6 ?C et 43 ?C. Bien qu'il tolère un gel bénin, de forts gels peuvent tuer les racines de la plante. Ce manque de résistance au froid signifie que le stévia doit être cultivé comme plante annuelle en Ontario.

Sol

Le stévia pousse bien dans les sols infertiles, acides mais peut aussi être produit dans des sols plus neutres (dont le pH se situe entre 6,5-7,5). Le stévia ne peut croître dans des sols salins.

Préparation du sol

Les champs doivent être labourés et il faut deux passages des disques ou du cultivateur afin d'assurer une surface de plantation assez lisse et ferme.

Plants à repiquer

Le repiquage de boutures serait idéal, mais non avantageux quant aux coûts. La multiplication du stévia s'effectue à partir de semences dans des plateaux multicellules, dans la serre pour une période de 7 à 8 semaines.

Repiquage

Du début au milieu mai les plants de stévia en mottes sont repiqués dans le champ en rangs espacés de 53 cm ou de 61 cm, avec une densité globale de plantation de l'ordre de 100 000 plants/ha.

Fertilisation

La plante semble présenter de faibles exigences en éléments nutritifs, toutefois il faut faire effectuer une analyse du sol. Pour l'année 1995, des parcelles d'essai ont été fertilisées avec 100 kg/ha de 6-24-24 avant le repiquage et une application fractionnée d'urée de 140 kg/ha.

Irrigation

Normalement, le plant de stévia a besoin d'une irrigation fréquente peu profonde. D'ordinaire, il faut irriguer quand les pointes des tiges sont tombantes.

Lutte contre les mauvaises herbes

Des passages répétés de cultivateurs sur rangs peuvent servir à la lutte contre les mauvaises herbes. La culture peut aussi exiger du désherbage ou du sarclage à la main. Communiquer avec le spécialiste du MAAARO de votre région pour connaître les options de lutte chimique disponibles.

Ravageurs

Les pressions exercées par les insectes ravageurs autre que les vers gris sont négligeables. Les maladies causées par Septoria ont causé des dommages considérables à la culture surmature de 1995. Communiquer avec le spécialiste du MAAARO de votre région pour connaître les options de lutte chimique disponibles. Le broutage par des cerfs de Virginie attirés par le goût sucré du stévia peut aussi causer problème.

Récolte

Le moment de la récolte dépend du cultivar et de la saison de culture. Généralement, la récolte a lieu du milieu à la fin septembre quand les plants atteignent une hauteur de 40 à 60 cm. Les journées plus courtes stimulent la floraison. Un rendement optimisé (biomasse), aussi la qualité et la quantité de stéviosides à leur meilleur sont possibles juste avant la floraison. Le plant peut tolérer des températures jusqu'à -6 °C. Il faudra peut-être fabriquer des moissonneuses spéciales pour mécaniser la récolte.

Séchage

Le séchage des tiges ligneuses et des feuilles vertes s'effectue immédiatement après la récolte au moyen d'un chariot pour le séchage de la récolte ou d'un séchoir. Selon les conditions climatiques et la densité du chargement, il faut généralement de 24 à 48 heures pour sécher le stévia de 40 °C à 50 °C. Un poids vert estimatif de 21 500 kg/ha sera réduit à un poids sec de 6 000 kg/ha.

Battage

Immédiatement après le séchage, il faut un séparateur ou une batteuse spécialement adapté pour séparer les feuilles de stévia séchées de la tige. Le rendement en tiges et en feuilles est similaire à environ 3 000 kg/ha chacun.

Emballage

Les feuilles séchées sont emballées dans des boîtes de carton doublées de plastique, scellées, attachées et étiquetées pour transformation ultérieure.

Données économiques sur la production

Des données sur les coûts de production récentes pour le sud de l'Ontario ne sont pas disponibles, mais une recherche datant de 1995 signale des rendements d'échantillons de feuilles pris à la période optimale de récolte avec un potentiel de rendement de 2 850 kg/ha.

La production commerciale du stévia est concentrée dans des régions tempérées du globe où c'est une culture vivace. Pour que les futurs producteurs ontariens puissent être compétitifs par rapport à ces régions de production, il faut mettre au point des variétés résistantes au froid. Parmi les autres éléments nécessaires pour réduire les coûts de production mentionnons des améliorations aux pratiques agronomiques, à la sélection des végétaux pour de meilleurs rendements et une qualité supérieure, la mécanisation des processus pour le repiquage, la récolte, le séchage et le battage ou la séparation, et l'homologation de produits antiparasitaires.


Auteur : Jim Todd, Transition cultures spécialiste /MAAARO
Date de création : mai 1997
Dernière révision : 15 décembre 2010

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