Les pâturages de réserve n° 5 l'incidence de la mise au pâturage en automne sur la production des fourrages la saison suivanteTable des matièresIntroductionLa mise en réserve consiste à laisser une partie du foin ou des cultures de pâture sur pied pour les faire brouter en automne et en hiver une fois que la croissance des fourrages s'est arrêtée à cause du froid. Les pâturages de réserve sont aussi appelés pâturages différés, fall-saved pasture en anglais. La mise en réserve des pâturages vise avant tout à réduire les coûts des aliments pour animaux. Beaucoup de producteurs sont préoccupés du fait que le broutage automnal pourrait endommager le pâturage, ce qui aurait pour résultat de réduire la production fourragère les années suivantes. Dans cette mise à jour, nous examinons la productivité des fourrages après un an et plus de fauche automnale ou de broutage. MéthodesAu printemps suivant la fauche automnale ou le broutage, les rendements ont été mesurés à l'occasion de trois essais séparés. Voici la description de chaque essai.
RésultatsSection premièreAprès trois années de fauche le 1er septembre, le 1er octobre ou le 1er novembre, les rendements en fourrages du printemps suivant se chiffraient à 6 500 kg/ha jusqu'à plus de 8 000 kg/ha (figure 1).
Figure 1. Rendement des herbages pendant les trois années précédentes à trois dates automnales différentes. Il n'y a pas de différence dans le rendement des fourrages printaniers entre les parcelles récoltées l'automne précédent le 1er septembre ou le 1er octobre, mais chacun de ces traitements a offert un rendement moindre que celles récoltées précédemment le 1er novembre. Ces résultats suggèrent que les parcelles récoltées en septembre et en octobre n'étaient peut-être pas complètement dormantes (hypothèse raisonnable) et qu'une certaine repousse se produisait, ce qui avait affaibli les réserves disponibles pour la croissance du printemps suivant. Malgré cette observation, les rendements absolus du printemps suivant ont été plutôt acceptables si l'on considère que les peuplements étaient composés de graminées pures et âgés de quatre ans. On ne signale pas de différence dans le rendement printanier entre le régime de fauche ou le système de gestion des pâtures (données non illustrées). Le rendement des diverses espèces de graminées n'a pas été touché par la date de récolte de l'automne précédent (données non illustrées). Section deuxLes rendements printaniers après le pâturage des moutons sont illustrés à la figure 2.
Figure 2. Rendement d'ensilage de printemps (1997) ou rendement du pâturage (1998) après le broutage des moutons à quatre dates différentes l'automne précédent. Au printemps les rendements ont été recueillis à partir de zones broutées par des moutons au début octobre, au milieu octobre, au début novembre et au milieu novembre. En 1997, la date de pâturage de l'automne précédent n'a pas influé sur le rendement de l'ensilage printanier (fauche du milieu juin). En 1998, la date de pâturage de l'automne précédent n'a pas influé sur les rendements des pâturages printaniers (fauche de la mi mai). Le système de gestion de la mise en réserve utilisé l'automne précédent n'a pas modifié les rendements des fourrages au printemps suivant (données non illustrées). Section troisLe rendement des fourrages le printemps qui suit le broutage par des vaches de boucherie est illustré à la figure 3.
Figure 3. Rendement du pâturage printanier après le broutage par des vaches de boucherie à trois dates différentes l'automne précédent. Mentionnons une tendance à la hausse des rendements des pâturages printaniers à mesure que la date de mise en pâture automnale avance de la mi octobre au milieu décembre, même si elle n'est pas statistiquement significative. Les zones non pâturées l'automne précédent montraient des rendements absolus plus élevés que celles qui l'ont été, mais encore ici la différence n'était pas notable. Résumé et interprétationLe pâturage automnal s'est déroulé avec la fauche, le broutage des moutons et celui des vaches de boucherie. On n'a pas noté de dommages graves en utilisant l'un ou l'autre système à ce jour. Avec la fauche, les rendements fourragers le printemps suivant étaient plus élevés quand la coupe avait été effectuée en novembre. Lors du broutage par les moutons, les dates de pâture entre le début octobre et la mi novembre n'ont pas influé sur les rendements de l'ensilage de première coupe ou ceux des pâturages l'année suivante. Pour la paissance des vaches de boucherie, les rendements printaniers tendent à être plus élevés pour le broutage tardif (milieu décembre) ou aucune paissance, mais les différences entre les rendements printaniers n'étaient pas notables. L'expérience du broutage par les moutons en automne (octobre et novembre) laisse supposer qu'une période relativement courte (7 jours ou moins) avec les animaux dans un enclos individuel n'a pas d'effet défavorable sur la vigueur et le rendement au printemps. Le fumier et l'urine laissés par les moutons pendant qu'ils broutent devraient représenter une valeur positive pour le maintien de la production des pâturages. Des sols humides ne semblent pas trop préoccupants quand les moutons broutent l'automne parce que la pression exercée par leurs sabots est relativement faible. Avec le pâturage de masse (à très haute densité) pendant de courtes périodes de temps, la récupération semble aller bon train. Étant donné la capacité des moutons de brouter assez près du sol, il faut une clôture pour éviter qu'ils ne provoquent la défoliation des fourrages résiduels. La condition du pâturage est beaucoup plus préoccupante
quand le sol est humide et que ce sont des bovins qui broutent. On n'a
pas noté de dommages lors de l'essai de pâture des bovins.
Sans clôture arrière, les bovins pouvaient circuler plus
librement ce qui a permis d'éviter les dommages dus à un
piétinement excessif. Quoi qu'il en soit, à certaines occasions
il ne peut y avoir de broutage sur des sols lourds qui sont gorgés
d'eau. Il est alors parfois possible de laisser brouter les bovins en
sacrifiant une zone jusqu'à ce que le sol soit gelé, puis
de permettre aux animaux de continuer.
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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