Puceron rose du pommierExtrait du Publication 310F, Lutte intégrée
contre les ennemis du pommier. Table des matièresIntroductionLe puceron rose du pommier, Dysaphis plantaginea (Passerini), qu'on trouve dans la plupart des régions pomicoles d'Amérique du Nord, est une menace pour tous les cultivars de pommiers. Le pommier constitue l'hôte de prédilection du puceron rose, qui s'attaque aussi aux poiriers et aux aubépines. Les cultivars Cortland, Idared et Golden Delicious sont les plus vulnérables à l'insecte. Le puceron rose se nourrit principalement des feuilles de l'arbre, notamment de celles des lambourdes. Il provoque l'enroulement et la chlorose du feuillage, ce qui empêche les fruits d'atteindre leur plein développement, en plus de les déformer. Le puceron rose est l'espèce de puceron la plus néfaste sur le plan économique dans les vergers de l'Ontario. DescriptionLes ufs destinés à hiverner sont déposés
sur l'écorce des arbres et à la surface des rameaux;
ils ont 0,4 mm de longueur et sont de forme ovale. À la
ponte, ces ufs sont de couleur jaune brillant, mais évoluent
lentement vers le jaune-vert et finalement le noir. La nymphe
connaît cinq stades nymphaux, au cours desquels sa taille
progresse de 0,4 à 2,0 mm. Les jeunes nymphes sont jaune
pâle ou roses, puis passent au brun-rose ou au mauve à
mesure qu'elle se nourrissent et grandissent. Elles ont de longues
cornicules à la base de l'abdomen et de longues antennes
qui font presque la moitié du corps (figure 4-17). Les
adultes, qui ont 3 mm de longueur, peuvent avoir ou ne pas avoir
d'ailes. Au début du printemps, les pucerons roses se déplacent
vers les bouquets de fruits en voie de développement et
deviennent des adultes aptes à se reproduire au moment
de la floraison, la mutation vers l'âge adulte s'effectuant
sur une période de deux à trois semaines. Les nymphes
qui sortent des ufs sont des femelles dépourvues
d'ailes, qu'on appellera des fondatrices (ou primogynes) lorsqu'elles
parviendront à maturité. Les adultes sont de couleur
rose-mauve foncé et se regroupent en colonies sur les pousses
de croissance et les pousses terminales. Figure 4-17. Nymphe du puceron rose du pommier. Cycle biologiqueÀ l'automne, les femelles déposent leurs ufs sur l'écorce, notamment à la base des bourgeons. Les ufs commencent à éclore au moment où les bourgeons s'ouvrent et continuent à éclore pendant deux semaines. Les nymphes se nourrissent en mangeant le pourtour des feuilles et les boutons (bourgeons fructifères) jusqu'à ce que les feuilles se déploient, puis elles descendent à l'intérieur des bouquets de fleurs et commencent à prélever la sève dans les pédoncules et les fruits nouvellement formés. Une seule nymphe qui s'abreuve de sève pendant vingt-quatre heures peut provoquer l'enroulement d'une feuille lorsque celle-ci se déploie. Les femelles matures donnent naissance à des jeunes vivants pendant ou peu après la floraison. La deuxième génération vient à maturité et produit des jeunes vivants deux ou trois semaines après le stade calice. Les populations de pucerons se concentrent généralement à l'intérieur et dans le haut de la frondaison. La deuxième génération met de quatre à quarante jours pour atteindre la maturité et donner naissance à des jeunes. Les femelles non fécondées donnent naissance (par parthénogenèse) à des jeunes vivants; seules des femelles voient le jour en été. La plupart des pucerons roses de deuxième génération sont des femelles dépourvues d'ailes. Chaque femelle produit de 120 à 185 petits. En règle générale, trois générations de pucerons roses du pommier se succèdent sur les fruits, la deuxième génération survenant deux ou trois semaines après le stade calice des fruits et la troisième voyant le jour entre le milieu et la fin de juin. Dès le début ou le milieu de juillet, la plupart des pucerons sont pourvus d'ailes et migrent vers leurs plantes hôtes d'été, soit le plantain majeur et le plantain lancéolé ou l'oseille. Certains étés, les femelles non ailées de la troisième génération donnent naissance à une quatrième génération sur les fruits. On a constaté récemment dans certaines régions que des populations de pucerons roses demeuraient en place dans les vergers entre le milieu et la fin de l'été et y continuaient leurs déprédations. On ne peut dire pour l'instant si ce changement de comportement résulte d'une modification du milieu ou d'autres facteurs qui éliminent le besoin de se trouver un nouvel hôte. De nombreuses générations nouvelles se développent sur les hôtes d'été jusqu'à l'automne. À ce moment, les femelles ailées retournent sur les pommiers et donnent naissance à de jeunes femelles vivantes, qui se développeront sur les pommes, s'accoupleront avec des mâles et déposeront des ufs qui hiverneront jusqu'au printemps suivant. DommagesLes jeunes pucerons éclosent au printemps, endommageant
l'extérieur des bourgeons à feuille et à
fruit en prélevant la sève des tissus des bourgeons.
Tandis qu'ils prélèvent la sève, les pucerons
injectent une toxine qui déforme les feuilles (figure 4-18)
et les fruits (figure 4-19). L'activité alimentaire des
pucerons a pour effet de provoquer l'enroulement et le plissement
des feuilles, dissimulant ainsi la colonie. Le miellat produit
par les pucerons souille les feuilles et les fruits sous-jacents
où ne tardent pas à s'implanter des champignons
fuligineux qui tachent les fruits. Les dépôts de
miellat attirent aussi les fourmis, de sorte que les infestations
de pucerons sont souvent associées à des invasions
de fourmis. Les dommages les plus sérieux surviennent lorsque
la salive des pucerons est transférée des feuilles
aux fruits, ce qui donnera des fruits de petite taille (pommes
naines) et déformés, impossibles à commercialiser.
La salive toxique des pucerons ralentit la croissance des racines
et d'autres tissus ligneux de l'arbre. Des recherches révèlent
que ce phénomène a des répercussions sur
les jeunes arbres à l'étape où ils développent
leur structure portante. En outre, les toxines injectées
par les pucerons agissent comme un produit anti-chute, c'est-à-dire
qu'ils entravent le processus normal d'abscission, soit la séparation
naturelle du fruit à maturité. Le puceron rose s'attaque
rarement aux jeunes pousses terminales en croissance rapide; il
préfère les feuilles, les pédoncules et les
jeunes fruits. Figure 4-18. Dégradation d'une pousse
terminale par le puceron rose du pommier. Figure 4-19. Fruit rabougri par l'action du puceron rose du pommier. Surveillance et seuil d'interventionProcéder à un examen hebdomadaire des arbres pour
y relever la présence de pucerons roses du pommier, à
partir du stade prébouton rose jusqu'à la fin juin.
Les cultivars Cortland, Ida Red et Golden Delicious sont particulièrement
vulnérables et doivent faire l'objet d'un suivi particulier.
Dans des plantations de pommiers nains et semi-nains, pour chaque
parcelle de verger de 10 à 15 ha, examiner 5 bouquets de
fruits sur 20 arbres différents. Dans le cas de pommiers
de haute tige, examiner 10 bouquets de fruits sur chaque arbre
d'un total de 10 arbres. On considère qu'un bouquet de
fruits est infesté si l'on y dénombre plus de 20
pucerons. Il faut apporter une attention particulière à
l'intérieur des arbres; c'est l'endroit où les pucerons
roses se fixeront d'abord. LutteLes pucerons ont de nombreux ennemis naturels, notamment les
larves de syrphes (Syrphidae), les larves de chrysopes (Chrysoperlidae
et Hemerobiidae), les larves et les adultes de coccinelles (Coccinellidae),
la punaise de la molène (Miridae), la minuscule punaise
anthocoride (Anthocoridae), les perce-oreille et certaines guêpes
parasites (Braconidae). On trouvera des photographies et des descriptions
de ces prédateurs et parasites sous Insectes utiles, p.
187XX. Les ennemis naturels peuvent être anéantis
par l'application d'insecticides visant d'autres insectes. On
utilisera donc, autant que possible, des produits qui ne risquent
pas de nuire aux prédateurs naturels.
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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