Évaluer les niveaux de population : comment utiliser adéquatement les pièges à phéromones
Entreposage et manipulationLes capuchons à phéromones (appâts) doivent être
conservés dans leur emballage fermé. " Les mélanges
de phéromones sont spécifiques à chaque espèce
et les insectes sont sensibles à d'infimes quantités de
phéromones. Quand on manipule des appâts aux phéromones
(ou tout autre produit aux phéromones), il faut porter des gants
jetables pour éviter la contamination croisée avec d'autres
produits " (adaptation libre). C'est ce que l'on pouvait lire dans
la publication 360F, Recommandations pour les cultures fruitières,
2002-2003, au chapitre sur la lutte contre les ravageurs. On y trouve
des renseignements sur ce sujet et bien d'autres touchant les ennemis
des cultures. Disposition dans le champLes pièges collants doivent être suspendus avant que les appâts y soient installés. Ils doivent être au moins à 40 m des autres si le producteur fait du dépistage pour plus d'une espèce d'insectes. Il faut utiliser des pièges séparés pour chaque type d'appâts et les installer à au moins 40 m de tout autre piège servant à évaluer la population d'autres espèces. Cinq pièges disposés en ligne dans le verger ou le vignoble devraient suffire pour chaque type d'insecte qui est visé. Indiquer les emplacements des pièges avec du ruban voyant et prendre garde que le ruban ne colle pas aux pièges. Installer chacun au moyen des grandes attaches qui sont fournies, et le fixer de façon qu'il ne tourne pas dans le vent. Il faut étiqueter les pièges surtout s'il y en a pour différents insectes au même endroit. Toujours utiliser des pièges différents pour chaque espèce d'insectes qui est visée, ne pas utiliser plus d'un type d'appât par piège. Il est préférable de trouver une façon sûre de suspendre l'appât à l'intérieur du piège sans qu'il ne touche la surface collante. Cependant, cette manoeuvre peut s'avérer longue et fastidieuse. Si le piège est fermement fixé à un arbre, une vigne ou un fil, l'appât peut être disposé au fond du piège où il ne devrait pas trop se déplacer.
*Dans le cas de la TBO, on veut dénombrer les premières captures, il faut moins de pièges. Les protocoles établis indiquent deux pièges, mais on en suggère d'ordinaire trois. RemplacementSi les pièges sont remplis de débris, d'autres insectes ou de morceaux de feuilles, s'ils s'affaissent parce qu'ils sont mouillés depuis longtemps, il faut les changer. L'émergence de moucherons en masse près des grands lacs remplit souvent toute la surface interne et si on tente de les nettoyer on peut éliminer toute la substance collante. Les appâts ont une durée différente; si le délai de remplacement n'est pas indiqué sur le paquet, il faut présumer qu'il s'agit d'environ six semaines. Chose certaine, ce n'est pas toute la saison! Il faut essayer de remplacer les appâts entre les générations du ravageur dont on tente d'évaluer la population. Il vaut mieux sortir les appâts de leur emballage un jour ou deux avant de les installer car ils ont tendance à produire d'intenses " bouffées " de phéromones au moment où le paquet est ouvert pour la première fois. Il en résulterait des nombres anormalement élevés d'insectes capturés, ce qui rendrait plus difficile l'interprétation des résultats. Surveillance des piègesIl faut vérifier les pièges à phéromones deux fois par semaine, les mêmes jours chaque fois. Vérifier les pièges une fois par semaine ne suffit souvent pas parce que l'on n'aura pas une bonne idée des envols les plus populeux. Gratter les noctuelles et les autres insectes avec un petit grattoir ou une spatule. Le producteur doit être en mesure d'identifier le ravageur qu'il cible et de consigner les résultats chaque fois. Éviter de se fier à sa mémoire! Le producteur qui se demande EXACTEMENT quel insecte il devrait cibler doit se renseigner. Les spécialistes du MAAARO, les entomologistes de la région et les consultants en agriculture peuvent l'aider à identifier ses captures ou lui conseiller de bons manuels d'identification des insectes. Même si les phéromones visent une espèce en particulier, les pièges capturent à l'occasion d'autres insectes, passivement (ils volaient en passant), ou activement, s'il y a une très grande similarité entre les phéromones de certaines espèces. Comme ce sont des mélanges de produits chimiques, leurs principaux constituants peuvent attirer un insecte non ciblé. Ce qui importe, c'est de dénombrer seulement les ravageurs qui sont visés. En notant les captures chaque fois et en inscrivant si c'est possible les résultats sur un graphique, le producteur peut mieux visualiser ce qu'ils signifient. Interprétation des résultatsLes chiffres qui sont consignés à partir des captures dans les pièges donnent quelques indications sur les ravageurs, mais ce n'est pas suffisant. Ils ne révèlent pas quand un certain ravageur est présent sous la forme adulte dans la région. C'est important pour certains ennemis des cultures, comme peuvent l'être pour d'autres le repère biologique (biofix), le moment du premier envol. En notant sur un graphique le total d'insectes capturés chaque jour dans les pièges, le producteur peut aussi constater si le nombre d'adultes augmente ou diminue. Ces données permettent de déterminer le meilleur moment pour intervenir. Le nombre d'insectes capturés dans les pièges ne révèle pas tout sur la pression globale exercée par les ennemis des cultures et sur ce qui devrait être considérée comme un seuil d'intervention. Le bon moment pour la pulvérisation est déterminé de façon plus exacte quand l'information est colligée à partir de plusieurs endroits, les programmes de surveillance régionale sont très utiles à cet égard. Avec les trois ennemis du tableau précédent, voici comment
l'information provenant des captures effectuées dans les pièges
peut servir à déterminer le bon moment pour effectuer les
pulvérisations. (À noter que cette information ne s'applique
pas au producteur qui utilise des produits de confusion sexuelle pour
lutter contre un ravageur). Les pulvérisations d'insecticides visent
les larves nouvellement écloses, non les adultes. Pour la TV et
aussi la TBO, à un certain moment les décisions ne sont
pas basées sur les données provenant des pièges à
phéromones. L'évaluation des populations effectuées
par d'autres moyens est aussi primordiale pour les mesures de lutte antiparasitaire.
Il ne faut pas s'inquiéter si des insectes sont encore capturés dans les pièges après une pulvérisation. La pulvérisation pour la plupart des noctuelles vise les nouvelles larves à leur sortie de l'uf. Des adultes arriveront encore d'autres endroits et les pièges continueront de capturer des mâles. Cette situation ne veut pas dire que la pulvérisation aurait été moins efficace. Au moment de la pulvérisation, il faut afficher l'information pour que les dépisteurs puissent respecter le délai d'attente avant de revenir inspecter les rangées de pièges. Le producteur qui n'est pas certain de bien comprendre la signification de ces données devrait consulter des experts et des spécialistes en agriculture et en lutte intégrée. En résumé :
Note spéciale à l'intention des producteurs qui ont recours
à des produits de confusion sexuelle Pour en savoir plus:
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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