Les sol vivant : mieux comprendre son rôle pour optimiser vos pratiques agricoles
Partie 3 - Le bon, la brute et le truand

Publié originalement dans Country Guide, printemps 2001


| Partie 1 - Introduction | Partie 2 - Insecte utile ou nuisible? | Partie 3 - Le bon, la brute et le truand |
| Partie 4 - Les vers de terre : des véritables petites merveilles |


Table des matières

Introduction
Les cloportes (cloportes communs et cloportes vulgaires)
Les limaces
Staphylins
Encouragez les insectes utiles!
Liens annexes

Introduction

Ne vous fiez pas à leur apparence. Ces bestioles repoussantes pourraient bien être vos alliées.

Prenez le temps d'observer attentivement et vous verrez que beaucoup d'insectes et d'organismes habitent à la surface du sol ou sous cette dernière. La plupart des agriculteurs connaissent peu de choses sur ce milieu grouillant de vie. Peut-être qu'ils s'imaginent qu'il y a trop d'organismes différents et qu'il est impossible de les distinguer tous.

Bien sûr, les formes de vie que l'on retrouve dans le sol sont innombrables. Certaines d'entre elles toutefois sont plus répandues et facilement reconnaissables et méritent qu'on s'y attarde. Cet article de la série sur le sol vivant porte sur d'autres habitants du sol, qui sont peut-être disgracieux mais n'en demeurent pas moins intéressants : les cloportes, les limaces et les staphyllns. Ce sont des créatures timides qui aiment l'humidité. Une seule d'entre elles cependant est un insecte véritable.

Les cloportes (cloportes communs et cloportes vulgaires)

Les cloportes se répartissent en deux catégories : les cloportes vulgaires et les cloportes communs. Les deux jouent un rôle bénéfique dans la décomposition du sol. Ils se nourrissent de produits végétaux morts et en décomposition. Les cloportes broient la matière organique, ce qui en accélère la décomposition. Ils s'alimentent des ressources disponibles et se nourrissent de charogne, d'œufs d'insectes et d'autres cloportes en mue.

On croit souvent qu'ils sont des insectes, mais les cloportes sont en fait des crustacés, comme les crabes et les homards. Ils ont besoin de rester humides et se tiennent donc dans les lieux humides, ainsi que sous les résidus de végétaux, les tas de bois et les roches. On retrouve ces créatures semblables aux armadillos dans la couche arable du sol, surtout dans les champs sans travail du sol dont les macropores sont bien développées, ou dans les sols meubles qui se fragmentent aisément.

Les cloportes communs ont deux appendices au bout de l'abdomen, appelés uropodes, qu'ils peuvent utiliser pour absorber de l'eau. Les cloportes vulgaires ont des uropodes plus petits qui ne servent pas à l'absorption d'eau, mais qui leur permettent de se replier en boule lorsqu'ils sont menacés.

Les cloportes ont un rôle important à jouer dans bon nombre d'écosystèmes. Ils servent de nourriture aux grenouilles, aux crapauds et à plusieurs petits mammifères. Ils ont une certaine affinité pour les métaux lourds (le cuivre remplace le fer dans le pigment qui transporte l'oxygène dans leur sang), et ils ont donc été utilisés comme indicateurs environnementaux en Europe.

Les limaces

Les limaces, par contre, sont carrément des ravageurs. Ceux qui font du semis direct le savent fort bien. On se rappellera que la saison 2000 fut très propice aux limaces. Ces dernières se nourrissent de végétaux morts ou vivants et causent d'importants dommages aux plants de maïs et de soya au moment de la germination et durant les premiers stades de croissance, particulièrement dans les champs en semis directs lorsque la saison est humide.

On ne peut pas vraiment confondre les limaces avec d'autres ravageurs des cultures. Leurs traces visqueuses bien typiques n'annoncent que des problèmes. Les dommages qu'elles causent en s'alimentant sont également caractéristiques. Les limaces se nourrissent en râpant la surface de la plante avec leur langue porteuse d'une sorte de dent appelée radula. Les plantes ainsi attaquées sont trouées ou déchiquetées comme si elles avaient été atteintes par la grêle. Lorsque les populations de limaces sont élevées, ces dernières peuvent se nourrir des semis qui sont en train de germer. Le maïs se remet généralement de ces dommages, puisque le point de croissance n'est pas touché.

Les limaces sont en fait des escargots sans carapace. Leur corps souple se dessèche facilement. La fraîcheur et l'humidité, les températures situées entre 18 et 20 0C et une humidité relative de 100 % sont des conditions idéales pour les limaces. On comprend donc que les lieux où l'on trouve des résidus en abondance sont privilégiés par ce ravageur.

Les limaces sont actives la nuit, ou le jour par temps couvert et humide. Elles se nourrissent tous les deux jours et leur pic d'activité est au printemps, au début de l'été et au début de l'automne. Lorsqu'il fait chaud et sec à la mi-été, les limaces sont dans un état de dormance.

Pour les combattre, il peut être utile certaines années de retirer des rangs les résidus de culture en décomposition. Les pièges à limaces sont coûteux et ne sont pratiques que dans les petits potagers. Certains producteurs réussissent à réduire les quantités de limaces dans les champs en semis directs en appliquant à plusieurs reprises une solution diluée à 10 % contenant 28 % d'azote, soit tôt le matin ou à la tombée du jour lorsqu'elles sont visibles et actives.

L'efficacité de la solution contenant 28 % d'azote est variable, cependant, puisque la solution a un effet déshydratant et doit entrer en contact avec la limace pour agir. Le produit doit donc être appliqué lorsque les limaces sont visibles. Malheureusement, les limaces se cachent dans les résidus et ne se nourrissent qu'aux deux jours et peuvent donc facilement éviter le contact avec le produit.

Staphylins

Le staphylin est un autre organisme utile du sol. Cet insecte, que l'on retrouve dans les résidus végétaux ou animaux en décomposition ou à proximité de ceux-ci, se nourrit d'autres insectes, particulièrement sous forme de larves, comme la mouche de la carotte. Certaines espèces de staphylins se nourrissent d'ennemis des cultures comme les acariens et les pucerons qui s'attaquent à des plantes basses comme les fraisiers. Ces insectes minces et allongés sont très répandus, mais passent souvent inaperçus. Ils sont généralement noirs ou bruns ; ils peuvent être très petits ou mesurer jusqu'à un pouce de long. Les larves ressemblent beaucoup aux adultes, mais sans les ailes.

Il s'agit d'un insecte très actif. Les staphylins s'enfuient habituellement lorsqu'on les dérange, en soulevant l'extrémité postérieure de leur abdomen un peu comme les scorpions. Ils volent également très bien, surtout lorsqu'il fait chaud. Ils se cachent dans le sol et sous les débris végétaux durant le jour et sont plus actifs la nuit.

Encouragez les insectes utiles!

Les agriculteurs devraient encourager la présence de cloportes et de staphylins dans leur sol. Ces organismes contribuent au recyclage de la matière organique et de ses éléments nutritifs et réduisent les populations de ravageurs. Comme tous les organismes vivants, ils ont besoin d'un habitat et de nourriture. Les systèmes culturaux qui favorisent les sols frais et humides et fournissent d'importantes quantités de résidus (comme le travail minimum du sol) encouragent les populations de ces organismes.

Pour plus de renseignements sur l'identification et la gestion des organismes du sol, consulter les publications du MAAARO, notamment : le Guide agronomique des grandes cultures, publication 811F, et le Guide de protection des cultures, publication 812F.

Liens annexes

le Guide agronomique des grandes cultures, publication 811F
le Guide de protection des cultures, publication 812F
Gestion des sols

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca

Auteur : Anne Verhallen, spécialiste de la gestion des sols au MAAARO, Horticulture, Ridgetown; Tracey Baute - chef du programme d'entomogie au MAAARO, Ridgetown
Date de création : 14 decembre 2005
Dernière révision : 14 decembre 2005

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