Le sol vivant : mieux comprendre son rôle pour optimiser vos pratiques agricoles
Partie 2 - Insecte utile ou nuisible?

Publié originalement dans Country Guide, printemps 2001


| Partie 1 - Introduction | Partie 2 - Insecte utile ou nuisible? | Partie 3 - Le bon, la brute et le truand |
| Partie 4 - Les vers de terre : des véritables petites merveilles |


Table des matières

Introduction
Le ver fil-de-fer
Les mille-pattes
Les centipèdes
Les scutigérelles
Liens annexes

Introduction

Insecte utile ou nuisible? Il est parfois difficile de se prononcer au premier coup d'œil.

Le deuxième article de la série sur le sol vivant porte sur quatre créatures qui habitent dans le sol et qui sont souvent confondues entre elles. Il est toutefois important de bien les identifier, afin de savoir s'il faut encourager leur présence ou les combattre.

Le ver fil-de-fer

Le mauvais garçon des spécimens présentés dans cet article est sans nul doute le ver fil-de-fer. Ennemi des cultures, il se nourrit de semences, de jeunes pousses et de racines de maïs, de soya, de blé et de haricots de grande culture.

Souvent confondus avec les centipèdes et les mille-pattes, les vers fil-de-fer sont les larves du taupin que l'on retrouve parfois autour des endroits éclairés à proximité de la maison à la fin juillet. La forme adulte n'est pas nuisible aux cultures.

Le corps de ces larves est allongé, rigide et cylindrique, d'un brun cuivré. Ce sont de véritables insectes et ils n'ont donc que trois paires de pattes. Le cycle vital des taupins est long. Certains demeurent sous la forme larvaire susceptible de causer des dommages pendant trois à cinq ans. Alors si elles étaient présentes dans le champ la saison précédente, elles le seront probablement encore cette année. Elles préfèrent les champs qui sont peu labourés ou carrément non travaillés, les sols sablonneux ou encore les champs où l'herbe, les petites céréales ou la luzerne ont été enfouies.

Larves de taupin. Les traitements de semences contre les larves de taupin, qui contiennent du lindane, protègent la jeune pousse contre ce ravageur. Si les populations sont élevées, il pourrait être nécessaire d'appliquer un insecticide dans la raie des semis ou en bandes afin de protéger la plantule. Il n'existe pas de traitement d'urgence.

Les mille-pattes

Les mille-pattes, par contre, sont des organismes utiles. Ils broient la matière organique et la mélangent au sol. Ils permettent ainsi aux plus petits organismes, comme les champignons et les bactéries, d'avoir accès à une plus grande surface, ce qui accélère la décomposition des résidus.

Le tronc des mille-pattes est cylindrique et rigide, généralement brun foncé, gris ou noir. Ils ont entre 30 et 400 paires de courtes pattes. Lorsqu'on les dérange, ils se replient généralement sur eux-mêmes. On les confond facilement avec les vers fil-de-fer et les centipèdes. Mais ils sont reconnaissables par le nombre de leurs pattes et la forme de leur tronc.

Ces organismes sont absolument sans danger pour les humains et les bâtiments. Ils se nourrissent occasionnellement de plantes du potager si ce dernier est trop gorgé d'eau ou si la surface du sol est jonchée de résidus de végétaux ou de matière en décomposition. Il est plus prudent toutefois de parcourir le terrain à la noirceur pour vérifier si les dommages ne seraient pas causés par les perce-oreilles.

Les mille-pattes ont besoin d'un sol humide et frais riche de résidus en voie de décomposition; on les trouve donc plus facilement dans des conditions de travail minimal du sol.

Les centipèdes

Les centipèdes sont généralement utiles (bien que repoussants). Ces prédateurs se nourrissent de ravageurs tels que les limaces, les scutigérelles, les araignées, les mouches et les coquerelles. Ils sont généralement jaunes à brun rouge, leur tronc est plat et ils ont une paire de longues pattes par segment de corps. Puisqu'ils ont environ 15 paires de pattes, les centipèdes ne sont pas de véritables insectes. Ils sont plutôt discrets et s'enfuient très rapidement lorsqu'on les repère.

Ils privilégient les lieux sombres, humides et protégés, sous les feuilles, par exemple, les billots ou les résidus de culture. Comme dans le cas des mille-pattes, les méthodes culturales qui laissent des résidus de culture à la surface du sol et favorisent des rotations variées encouragent les populations de centipèdes.

Souvent confondus avec les mille-pattes, les centipèdes sont reconnaissables par la forme aplatie de leur tronc et la disposition de leurs pattes. Ils ne causent pas de tort aux humains ni aux bâtiments. En fait, ils sont utiles dans la maison, car ils chassent les intrus comme les coquerelles et les araignées.

Les scutigérelles

Les scutigérelles arrivent en quatrième place de notre liste. Ces bestioles sont à la fois utiles et nuisibles. Elles sont des ravageurs occasionnels du maïs, se nourrissent des jeunes pousses et grugent les grains. Elles peuvent aussi se nourrir des racines et des poils absorbants de ces dernières dans le maïs, la luzerne, les carottes et les pommes de terre.

Par ailleurs, elles survivent surtout en absorbant les éléments nutritifs des débris végétaux. En broyant les résidus qui se décomposent ainsi plus rapidement, les scutigérelles contribuent au recyclage des éléments nutritifs dans le sol.

On retrouve des scutigérelles dans les sols sablonneux et humides, riches en matière organique généralement lorsque la levée se fait lentement en raison d'un printemps frais et humide. Ces organismes sont de petite taille (généralement moins de 1,5 cm de long), de couleur blanche à bronze. Ils n'ont que 12 paires de pattes (une paire par segment comme les centipèdes). Leurs antennes caractéristiques se joignent en forme de Y. On les confond souvent avec les vers fil-de-fer et les centipèdes.

On ne sait pas si on peut lutter contre les scutigérelles en traitant les semences ou le sol, mais les populations de ces organismes atteignent rarement le seuil critique en Ontario. Un approvisionnement constant de résidus de cultures et un travail réduit du sol (semis direct) encouragent ces organismes à " bien se comporter ".

Puisque bon nombre d'organismes utiles dans le sol ressemblent à des ravageurs, et réciproquement aussi, il est important de savoir les distinguer.

Liens annexes

Publication 811F : Guide agronomique des grandes cultures : chapitre 2
Gestion des sols


Auteur : Anne Verhallen, spécialiste de la gestion des sols au MAAARO, Horticulture, Ridgetown; Tracey Baute - chef du programme d'entomogie au MAAARO, Ridgetown
Date de création : 14 decembre 2005
Dernière révision : 14 decembre 2005

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