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Biologie et lutte contre la brûlure en plaques

Auteur : Pam Charbonneau - Spécialiste des pelouses/MAAARO, Docteur Tom Hsiang - Pathologiste des gazons/Université de Guelph
Date de création : Non disponible
Dernière révision : 31 juillet 2003
Série sur les pelouses - MAAARO (1999)

Table des matières

  1. Introduction
  2. Agent pathogène
  3. Conditions favorables à la maladie
  4. Symptômes
  5. Cycle de vie
  6. Lutte culturale
  7. Cultivars résistants
  8. Lutte chimique
  9. Lutte biologique
  10. Résistance aux fongicides
  11. Travaux cités

Introduction

La brûlure en plaques est la maladie du gazon la plus répandue en Amérique eu Nord, particulièrement sur les verts de golf très bien entretenus et sur les allées soigneusement tondues. Au Canada, la brûlure en plaques est présente dans les provinces Maritimes, les Prairies et sur la côte Ouest, mais est plus virulente dans la région des Grands Lacs. Heureusement pour les exploitants des terrains de golf, elle est identifiée et maîtrisée sans trop de difficultés. Le secret de la lutte réside dans une bonne compréhension de la biologie de la brûlure en plaques.

Agent pathogène

L'agent pathogène de la brûlure en plaques est classé sous le nom du champignon Sclerotinia homoeocarpa. Des experts en classification des champignons croient qu'il appartient à un autre genre, mais ignorent exactement lequel. Des ouvrages sur le gazon et des articles désignent encore la maladie par son nom latin : Sclerotinia homoeocarpa. La brûlure en plaques s'attaque à toutes les espèces de gazon résistantes au froid. Sur les terrains de golf, la brûlure en plaques menace principalement le pâturin annuel et l'agrostide stolonifère. Elle apparaît durant l'été et au début de l'automne.

Conditions favorables à la maladie

Comme pour toute maladie du gazon, les conditions ambiantes influencent l'apparition et le développement de la maladie. Le champignon de la brûlure en plaques commence à se développer à une température de 15 ºC et atteint ses conditions optimales de croissance entre 21 ºC et 27 ºC, lorsque cette température s'accompagne d'une humidité relative supérieure à 85 % et de rosée nocturne abondante. La brûlure en plaques est plus répandue sur les pelouses dont la croissance a été stimulée par des applications d'engrais faible en azote.

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Symptômes

La brûlure en plaques se manifeste sur le pâturin annuel et l'agrostide stolonifère par l'apparition de taches brunes sur des feuilles contiguës. Après quelques jours, les zones atteintes blanchissent, et atteignent des superficies d'environ 3 cm de diamètre. Les taches ne s'étendent que rarement, mais peuvent fusionner pour former des zones nécrosées plus larges (voir figure 1).

Des lésions isolées peuvent apparaître sur les feuilles plus longues. En forme de sablier, ces lésions comportent des bordures foncées encadrant une zone jaune paille traversant le limbe de la feuille (voir figure 2). Ces symptômes entraînent l'apparition de zones de gazon flétri ponctuant la pelouse saine.

Durant les périodes de chaleur et de forte humidité, du mycélium dense et aérien peut être observé sur les limbes malades, au petit matin (voir figure 3). Lorsque ce phénomène survient, il arrive que la maladie soit confondue avec la brûlure à pythium.

Figure 1 : La brûlure en plaques visible dans une pelouse d'agrostide stolonifère. Les zones décolorées ont une taille inférieure à 3 cm de large, mais peuvent fusionner pour former des zones nécrosées plus larges.

La brûlure en plaques visible dans une pelouse d'agrostide stolonifère. Les zones décolorées ont une taille inférieure à 3 cm de large, mais peuvent fusionner pour former des zones nécrosées plus larges.

Figure 2 : Les feuilles plus longues peuvent porter des lésions isolées en forme de sablier, avec des bordures foncées encadrant une zone jaune paille qui traverse le limbe de la feuille.

Les feuilles plus longues peuvent porter des lésions isolées en forme de sablier, avec des bordures foncées encadrant une zone jaune paille qui traverse le limbe de la feuille.

Figure 3 : Durant les périodes de chaleur et de forte humidité, du mycélium dense et aérien peut être observé sur les limbes malades, au petit matin.

Durant les périodes de chaleur et de forte humidité, du mycélium dense et aérien peut être observé sur les limbes malades, au petit matin.

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Cycle de vie

On pense que le champignon de la brûlure en plaques hiverne sous forme de plaques scléreuses dans le chaume avoisinant les lésions provoquées par la maladie. Il est très difficile de vérifier cette assertion, les champignons étant presque impossibles à distinguer du sol. Les champignons survivent également probablement sous forme de mycélium dormant dans les tissus du gazon infecté. En Amérique du Nord, cette sorte de champignon n'est pas connue pour produire des spores. Cependant, de récentes recherches ont démontré que les spores produites dans un but de reproduction peuvent aussi contribuer à la dispersion du champignon (Hsiang et Mahuku, 1999).

Lorsque la température diurne dépasse 15 ºC au printemps, les fibres du champignon (mycélium) grandissent et sortent du chaume pour s'installer sur les surfaces humides des feuilles, causant ainsi leur infection. Le champignon peut également se propager des feuilles infectées vers les feuilles saines, et les tissus malades peuvent être transportés vers des zones saines en collant aux chaussures de golf, aux voiturettes et au matériel d'entretien. Cette maladie s'attaque au feuillage et à la couronne du végétal, épargnant les racines et les rhizomes. C'est pourquoi, dans la plupart des cas, les plants de gazon ne seront pas détruits par la maladie et pourront se rétablir à l'aide de soins appropriés.

Lutte culturale

La lutte culturale constitue un moyen efficace de combattre cette maladie. Comme c'est le cas avec la plupart des champignons, la réduction du taux et de la durée d'humidité de la feuille contribue à limiter considérablement l'apparition de la maladie. Arrosez au tuyau ou au système automatique au petit matin pour réduire la durée pendant laquelle l'eau stagne sur les feuilles. Voici d'autres méthodes pour assécher la rosée : favorisez la circulation d'air en élaguant les branches basses des arbres ou en limitant leur population aux alentours des verts et le long des allées; diminuez l'ombre afin que les verts puissent recevoir l'ensoleillement matinal; tondez la pelouse au petit matin pour déplacer la rosée; évitez l'arrosage en soirée pendant les périodes favorables à la propagation de la maladie.

On peut habituellement limiter la brûlure en plaques en fertilisant la pelouse avec un produit azoté adéquat. La carence en azote a tendance à favoriser l'infection par le champignon de la brûlure en plaques et ralentit la guérison des lésions provoquées par cette maladie. Il est cependant important de conserver un équilibre du taux d'azote dans les plants de gazon. Une fertilisation excessive à l'azote favorise l'apparition d'autres maladies.

Cultivars résistants

La réceptivité à la brûlure en plaques varie selon les cultivars d'agrostide stolonifère. Les cultivars L-93, A-1, Providence et Pennlinks démontrent une haute tolérance à la maladie (Hurley, 1999). Les plus réceptifs à la brûlure en plaques sont les cultivars Crenshaw, 18th Green et Century (Hurley, 1999). Une étude menée à l'Université de Guelf indique que les cultivars Putter, Emerald, Forbes 89-12 et SR1020 sont également les plus réceptifs (Hsiang et Charbonneau, 1994). Le choix de nouveaux cultivars moins réceptifs, en particulier pour les allées, contribuera à réduire les traitements fongicides.

Lutte chimique

Les fongicides contenant au moins un des principes actifs suivants sont homologués pour la lutte contre la brûlure en plaques : chlorthalonil, iprodione, bénomyl, anilazine, propiconazole, thiophanate-méthyl et thirame. Veuillez consulter les publications provinciales et les étiquettes apposées sur les produits pour connaître les instructions d'utilisation et les quantités recommandées.

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Lutte biologique

Bien que le mécanisme d'éradication de la brûlure en plaques ne soit pas clairement compris, plusieurs engrais biologiques en vente sur le marché entraînent la suppression de la maladie (Liu et al., 1995; Nelson and Craft, 1991). Des recherches ont également été effectuées sur l'utilisation de souches du champignon de la brûlure en plaques qui n'induisent pas la maladie, mais peuvent inhiber la croissance de souches pathogènes (Zhou et Boland, 1998).

Résistance aux fongicides

La brûlure en plaques est tellement répandue géographiquement et se propage tant durant sa période de croissance qu'il est nécessaire d'appliquer plusieurs fois les fongicides pour la combattre. Ces applications répétitives ont fini par créer une résistance aux fongicides (Barton, 1999). Après avoir répandu un fongicide inhibiteur de la déméthylation (DMI) sur leurs pelouses pendant plus de 10 ans, des Américains se sont aperçus que ce produit ne parvenait plus à éradiquer la brûlure en plaques (Golembiewski et al., 1995). Le propiconazole a été le premier fongicide DMI pour gazon homologué au Canada. Une étude préliminaire de réceptivité effectuée avant l'utilisation du fongicide en 1994 a montré que la population résidant près de la frontière américaine avait déjà été exposée au fongicide DMI. Néanmoins, la réceptivité de cette population au fongicide DMI a décliné depuis 1994 (Barton 1999). Afin d'éviter que la brûlure en plaques ne développe une résistance à ces nouvelles classes de fongicides, il est d'important de procéder à un mélange en réservoir des fongicides DMI avec un fongicide à large spectre, ou encore d'alterner l'utilisation de fongicides DMI et de fongicides provenant d'autres familles.

Travaux cités

  • BARTON, W. R. Sensitivity of Sclerotinia homoeocarpa to the DMI fungicide propiconazole, Thèse de M.Sc., Biologie environnementale, Université de Guelph, Guelph, Ontario, 1999.
  • HURLEY R. Fungicide needs vary among top new bentgrass cultivars, Golf course Management, 1999, 67(2), p. 54 à 57.
  • HSIANG, T. et CHARBONNEAU P. Managing Dollar spot disease, GreenMaster, 1994, 28(5), p. 10 et 11
  • HSIANG, T. et MAHIKU G. S. Genetic variation within and between local populations of Sclerotinia homoeocarpa. Plant Pathology , 1999, vol. 48, p. 83 à 94.
  • HSIANG, T., YANG L. et BARTON W. Baseline sensitivity and cross-resistance to demethylation inhibiting fungicides in Ontario isolates of Sclerotinia homoeocarpa, Eur. J. Plant Pathol, 1997, vol. 103, p. 409 à 416.
  • LIU, L.X., T. HSIANG, CAREY K. et EGGENS J.L. Microbial populations and suppression of Dollar spot disease in agrostide stolonifère with inorganic and organic amendments, PLant Dis.,1995 vol. 79, p.144 à 147.
  • NELSON, E.B. et CRAFT C.M. Suppression of Dollar spot with top-dresssings amended with composts and organic fertilizers, Biol. Cult. Tests, 1991, p. 6 à 93.
  • ZHOU, T. et BOLAND, G.J. Suppression of Dollar spot by hypovirulent isolates of Sclerotinia homoeocarpa, Phytopathology, 1998, vol. 88, p.788 à 794.

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