Dans cette section

Prédateurs des tétranyques à deux points dans les légumes de serre

Auteur : Gillian Ferguson - spécialiste de la lutte intégrée - Légumes de serre/MAAO
Date de création : Non disponible
Dernière révision : Juillet 31, 3002

Table des matières

  1. Raisons du succès mitigé de Phytoseiulus persimilis
  2. Stethorus punctillum
  3. Feltiella acarisuga
  4. Amblyseius ou Noseiulus californicus
  5. Conclusion

Introduction

La lutte contre les tétranyques à deux points au moyen de l'acarien prédateur Phytoseiulus persimilis (figure 1) peut constituer un défi, surtout dans les cultures de tomates et de concombres. Le présent article rappelle l'existence dans le commerce d'autres agents biologiques pour lutter contre les tétranyques, notamment Stethorus punctillum, Feltiella acarisuga et Amblyseius ou Noseiulus californicus.

Phytoseiulus persimilis se nourrissant d'oeufs de tétranyques

Figure 1. Phytoseiulus persimilis se nourrissant d'oeufs de tétranyques

| Haut de la page |

Raisons du succès mitigé de Phytoseiulus persimilis

L'usage de P. persimilis a connu un succès mitigé dans les cultures de tomates et de concombres et on attribue en partie ce fait aux caractéristiques foliaires de ces cultures, dans les deux cas les feuilles sont assez velues. En outre, les poils des feuilles de la tomate produisent un exsudat collant susceptible de piéger les prédateurs. Contrairement à la tomate et au concombre, le poivron possède des feuilles à surface lisse permettant aux prédateurs de se déplacer plus librement. Le microclimat constitue aussi un facteur qui limite l'usage de P. persimilis, surtout pour le concombre. En effet, il règne dans le haut du feuillage du concombre une chaleur extrême (souvent plus de 30°C), et le taux d'humidité y est souvent en deçà de 60% à la fin du printemps et en été - des conditions climatiques nuisibles à P. persimilis. Ce dernier migre alors vers le bas, où règnent des conditions climatiques plus modérées, laissant les tétranyques proliférer dans la partie supérieure, le long des fils de soutien.

| Haut de la page |

Stethorus punctillum

Stethorus punctillum est une petite coccinelle noire très vorace (figure 2) qui a été mise au point au Canada à titre d'agent de lutte biologique (grâce entre autres aux travaux de Dave Raworth, Agriculture & Agroalimentaire Canada, Agassiz, C.-B. et de Jay Whistlecraft, Agriculture et Agroalimentaire Canada, London, Ontario). Ce prédateur se nourrit uniquement de tétranyques; il se propage bien et il est capable de repérer même les petites colonies de tétranyques. Il lui faut de deux à trois semaines pour passer de l'oeuf au stade adulte en serre, et ce prédateur peut dévorer jusqu'à 1 000 oeufs de tétranyques durant sa croissance. M. Raworth a également constaté que, lorsqu'elle est libérée dans les serres de légumes dès février, cette coccinelle s'établit dans le poivron et le concombre, mais non sur la tomate. Au Royaume-Uni, des études en laboratoire sur les effets environnementaux de S. punctillum ont indiqué qu'il restait actif et se déplaçait aussi bien à 33% d'humidité qu'à 90%, et que la quantité de proies ingérées était similaire à 20, 25 et 30°C. En raison de son appétit vorace, il vaut mieux libérer le prédateur dans les zones infectées pour faciliter son établissement.

Stethorus punctillum au stade adulte

Figure 2. Stethorus punctillum au stade adulte

| Haut de la page |

Feltiella acarisuga

Le prédateur Feltiella acarisuga se nourrit spécifiquement de tétranyques, et les recherches de Dave Gillespie (Agriculture et Agroalimentaire Canada, Agassiz, C.-B.) ont abouti à sa mise au point comme agent de lutte biologique au Canada. Au stade adulte, F. acarisuga ressemble à un petit maringouin et c'est à ce stade qu'il trouve les colonies de tétranyques dans lesquelles les femelles pondent leurs oeufs. C'est au stade larvaire qu'il fait sa prédation. Il se nourrit alors de tétranyques à tous les stades, même en diapause, ce que ne fait pas P. persimilis. La présence de F. acarisuga dans une culture se manifeste souvent par de petits cocons blancs ou des pupes au revers des feuilles, le long des nervures (figure 3). Des recherches au Royaume-Uni et en Colombie-Britannique indiquent que ce prédateur peut lutter efficacement contre les tétranyques dans les cultures de tomates et de concombres. Il faut, pour assurer son succès, des taux élevés d'humidité et une source de sucre ou de miellat et d'eau pour les adultes. Ce prédateur peut également être utilisé toute l'année car il n'entre pas en diapause importante dans les périodes de l'année où les journées sont plus courtes.

Cocon ou coque de nymphose de Feltiella acarisuga

Figure 3. Cocon ou coque de nymphose de Feltiella acarisuga

| Haut de la page |

Amblyseius ou Noseiulus californicus

Des recherches menées au Royaume-Uni indiquent que l'acarien A. californicus se révèle aussi un prédateur efficace des tétranyques par temps chaud et peu humide. Des études en laboratoire ont démontré que des températures aussi élevées que 30°C n'influencent pas son activité ni son comportement prédateur, et que le nombre de tétranyques dévorés et le degré d'activité étaient à leur meilleur à de faibles taux d'humidité (30%). Si l'on compare l'efficacité des plants hôtes, le poivron s'est révélé le meilleur, suivi de la tomate et du concombre. L'aubergine constitue l'hôte le moins favorable, comme pour de nombreux autres agents de lutte biologique. A. californicus et A. fallacis, espèces apparentées, semblent se nourrir plus lentement mais ce sont des espèces qui tolèrent mieux les résidus de certains pesticides, et elles survivent à l'absence de tétranyques en se nourrissant d'autres acariens et de pollen.

| Haut de la page |

Conclusion

Des recherches démontrent que la libération de plusieurs espèces d'agents de lutte biologique est plus efficace pour combattre les tétranyques que le recours à une seule espèce. Les différents agents se font concurrence, mais on a constaté que cette concurrence survient après une chute soudaine de la population de tétranyques, ce qui de toute façon était le but poursuivi par le producteur.

| Haut de la page |

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca