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Gestion des fourrages les années sèches
Les producteurs de bétail ne perdent jamais de vue la nécessité de produire suffisamment de fourrages, ce qui constitue un défi les années extrêmement sèches. Le temps sec engendre des problèmes encore plus immédiats pendant les « périodes creuses de l'été », lorsque les pâturages se font rares. Au cours des années sèches, la rotation des pâturages et l'ensilage de maïs permettent de compléter les stocks d'aliments pour animaux. Qualité et rendement du fourrageCertains producteurs laitiers se plaisent à citer un vieux diction selon lequel " si une année sèche fait peur, une année pluvieuse provoque la détresse ". Les années extrêmement pluvieuses donnent souvent du fourrage de piètre qualité qui entraîne chez la vache de la difficulté à donner du lait. Au cours des années de sécheresse, on remarque le rendement réduit des deuxième et troisième coupes (mais leur qualité est d'ordinaire bonne), l'absence de dégât attribuable à la pluie, un bon rapport feuilles et tiges et un faible taux de fibres. Les rendements de première coupe sont étroitement liés à la température, et ceux des deuxième et troisième coupes dépendent surtout de l'humidité. Les deux tiers du rendement total proviennent généralement de la première coupe. La luzerne qui a gravement souffert de la sécheresse peut parfois donner des composés semblables à des alcaloïdes qui réduisent la sapidité et la quantité des aliments ingérés. Espèces fourragères pluriannuellesLa luzerne possède des racines profondes et une tolérance considérable à la sécheresse, surtout pendant les périodes plus courtes de temps sec. Le lotier est lui aussi assez résistant à la sécheresse. Ce n'est pas le cas du trèfle rouge, dont les peuplements peuvent être réduits pendant de longues périodes sèches. La phléole des prés, graminée communément cultivée, possède un piètre potentiel de repousse et tolère mal la sécheresse. L'alpiste roseau présente une meilleure tolérance et une meilleure repousse, mais la première coupe doit se faire plus tôt. Cultures annuelles d'urgence : céréales, sorgo, millet à chandelle, et maïs à ensilageAvant que le producteur ne constate la gravité de la sécheresse, il est souvent trop tard pour réagir ou pour semer des espèces différentes. On aura alors recours au maïs à ensilage comme culture annuelle. Généralement moins cher, il est disponible et facile à récolter, à stocker et à donner en nourriture aux animaux. Les céréales ensemencées au printemps doivent être récoltées avant la première semaine de juillet, entre la fin de la montaison et le début de l'épiaison. Les graminées annuelles de saison chaude comme le sorgo et le millet à chandelle fourragers peuvent être récoltées avec l'équipement habituel du temps des foins. Pour ce qui est des sorgos et des herbes du Soudan, attention aux risques d'acide prussique. | Haut de la page | Récolter ou pas?Un stress modéré provoqué par un temps sec peut réduire le nombre de plants et l'élongation des tiges de la luzerne. Les glucides produits sont emmagasinés dans le système racinaire et se transforment en énergie pour la repousse après la coupe, au retour de l'humidité. Si la luzerne a une croissance adéquate qui justifie la coupe du point de vue économique et assure le maintien d'un intervalle de 30 à 35 jours entre les récoltes, le producteur peut effectuer une coupe. La coupe de la luzerne après le retour de la pluie stimule la repousse, surtout au stade de la floraison, en favorisant la croissance de nouveaux bourgeons à partir du collet.
Lutte contre la cicadelle de la pomme de terreOn sous-estime grandement l'ampleur des dégâts de la cicadelle de la pomme de terre (CPT) sur la luzerne. Ces dommages sont souvent imputés au temps sec et chaud qui l'accompagne. En se nourrissant, la CPT perturbe le transport des fluides et des éléments nutritifs dans le plant et peut aggraver de beaucoup les effets du temps sec. Les nouveaux plants y sont très sensibles. Une fois constatés les symptômes de la cicadelle, les dommages sont déjà faits. On peut lutter contre la CPT par le dépistage et la pulvérisation selon les seuils d'intervention établis, et en utilisant des variétés qui lui résistent. Ensemencement d'été à plus haut risqueLes semis du début du printemps sont en général les plus réussis. Les semis de fin de printemps peuvent être gravement touchés par le temps sec, et ceux de l'été sont souvent ratés si les semences germent puis meurent par manque d'humidité pendant les périodes de sécheresse prolongées. Le retard de la germination peut provoquer une croissance insuffisante avant qu'une gelée meurtrière d'automne ne menace la survie en hiver. Le manque d'humidité met la culture à risque; si le sol est extrêmement sec et qu'il n'y a aucune pluie à l'horizon, il faut envisager d'abandonner les semis d'été. | Haut de la page | Éviter la période critique de la récolte d'automneLa coupe de la luzerne pendant les six semaines critiques de la récolte d'automne (voir la publication no 811F du MAAARO, Guide agronomique des grandes cultures) n'est pas recommandée, mais on y procède à l'occasion en raison des faibles stocks de fourrage. Les plants puisent dans les réserves des racines pour la repousse et, ce faisant, augmentent les risques de destruction de la luzerne par l'hiver. Le risque est à son plus haut trois semaines après le début de la période critique de la récolte d'automne, aussi vaut-il mieux éviter cette période le plus possible. Il faut laisser des chaumes plus longs pour retenir la neige et assurer une bonne fertilité au sol grâce à un apport en potassium.
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