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Chancre bactérien : Symptômes et facteurs influençant son incidence

Auteur : Gillian Ferguson, spécialiste de la lutte intégrée, Légumes de serre, MAAARO
Date de création : Non disponible
Dernière révision : Juillet 2003

Table des matières

  1. Comment reconnaître le chancre bactérien
    1. Marbrure du fruit
    2. Flétrissement et brûlure des feuilles
  2. Délai entre l'infection et l'apparition des symptômes
  3. Sources d'inoculum
  4. Survie du chancre bactérien dans le champ
  5. Conclusion

Introduction

Le chancre bactérien, maladie très contagieuse de la tomate, est causé par la bactérie Clavibacter michiganense, sous-espèce michiganense. Malgré tous les efforts des producteurs de tomates de serre qui investissent souvent dans des structures d'assainissement entre les cultures et le maintien de mesures d'hygiène, certains retrouvent encore la maladie dans leur culture. L'article qui suit renferme des renseignements qui sont le résultat d'années de recherches effectuées au Canada et aux États-Unis. Il décrit certains des symptômes et quelques facteurs liés à la survie et à la propagation du chancre bactérien.

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Comment reconnaître le chancre bactérien

Les symptômes varient selon l'âge, les conditions environnementales et la vigueur du plant. Quand l'infection est transmise par la semence ou des plaies du système vasculaire, les symptômes systémiques apparaissent. Il s'agit généralement de flétrissement. Si l'infection se propage par des poils brisés ou les ouvertures naturelles du plant, des symptômes localisés apparaîtront d'abord, comme la nécrose sur le pourtour des feuilles et des taches sur les folioles. Cependant, ces infections peuvent devenir systémiques si les bactéries atteignent le système vasculaire. Voici les symptômes du chancre bactérien dans les cultures de serre.

Marbrure du fruit

Les premiers symptômes dans les tomates de serre diffèrent de ceux rapportés pour les tomates de plein champ. En 1966, des études au Centre de recherche de Harrow (Layne et Rainforth) ont démontré que l'un des premiers symptômes du chancre bactérien peut être constaté sur les fruits. Les fruits atteints semblent marbrés, et le degré de marbrure dépend de la taille du fruit au moment de son infection. Les fruits modérément atteints montrent des îlots de tissus verts entourés de zones blanchâtres. Ceux plus gravement atteints sont rugueux et montrent des " côtes " blanches longitudinales (voir la figure 1). Les fruits infectés mûrissent plus tard en général et présentent une couleur moins uniforme. À mesure que les fruits modérément touchés mûrissent, leur marbrure est moins évidente et leur apparence est très similaire à celle de fruits sains. Pendant l'été, ces symptômes sont moins visibles.

Marbrure de fruits d'un plant infecté par le chancre bactérien

Figure 1. Marbrure de fruits d'un plant infecté par le chancre bactérien.

Flétrissement et brûlure des feuilles

Dans des conditions hivernales, lorsque l'intensité lumineuse est faible et les journées plus courtes, les plants atteints d'une infection systémique commencent à se flétrir d'un seul côté puis meurent. Pendant les mois d'été, les plants se flétrissent peu. On remarque plus souvent des zones qui semblent brûlées, de couleur havane ou brunâtre sur les feuilles (voir figure 2). On peut facilement attribuer à tort ces dommages à de l'eau chaude ou à une brûlure chimique.

Taches de couleur havane semblables à celles laissées par des brûlures sur les feuilles provoquées par le chancre bactérien

Figure 2. Taches de couleur havane semblables à celles laissées par des brûlures sur les feuilles provoquées par le chancre bactérien.

 

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Délai entre l'infection et l'apparition des symptômes

Entre l'infection initiale et l'apparition des symptômes, le délai peut varier. On a constaté par le passé des délais de 4 à 6 semaines, ou même jusqu'à 3 mois entre les premières attaques et la propagation secondaire aux plants adjacents. D'autres observations ont démontré que le délai entre l'infection et l'apparition des symptômes peut varier de 10 à 34 jours. Du temps frais, des plants plus vieux et des populations bactériennes moins nombreuses augmentent ce délai et diminuent la gravité des symptômes. Il faut souligner que les bactéries connaissent une croissance maximale entre 24 et 27 °C.

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Sources d'inoculant

On croit que les infections dans les cultures de serre peuvent provenir de la terre et des débris soufflés par le vent dans les serres. Selon des observations formulées en 1966 et en 1970 par McKeen, au centre de recherche de Harrow, les épidémies d'automne dans les cultures de serre avaient été précédées d'importantes chutes de pluie accompagnées de grands vents. Le sable et les débris soufflés dans les serres ont probablement propagé l'inoculant depuis des champs infectés. À part les tomates de plein champ, on trouve d'autres sources d'infection dans les populations de bactéries qui survivent et se multiplient sur les feuilles de mauvaises herbes et autres cultures de la famille des solanacées (p. ex., poivron, tabac, pomme de terre, stramoine et morelle noire), et de certaines mauvaises herbes n'appartenant pas à la famille des solanacées (p. ex., chénopode et lampourde).

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Survie du chancre bactérien dans le champ

En l'absence d'un hôte convenable dans un sol non stérilisé, la bactérie ne survit pas plus de 3 à 4 semaines. Sa survie, dans les débris végétaux, est cependant beaucoup plus longue. Une étude menée par l'université de l'État de l'Iowa signalait, en 1991, que les bactéries survivent pendant au moins 24 mois dans les débris infestés à la surface du sol, mais seulement 7 mois dans les débris enfouis. Les débris enfouis ont connu une décomposition physique plus rapide qu'en surface du sol, exposant ainsi les bactéries à l'attaque d'autres micro-organismes du sol. Habituellement, la survie des bactéries à l'extérieur est favorisée par le temps frais et la présence de tissu végétal. Des recherches ont démontré que les populations de bactéries responsables du chancre bactérien diminuent plutôt lentement dans un sol gelé, par comparaison à un sol tiède.

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Conclusion

Voici quelques conseils pour réduire les infections attribuables au chancre bactérien :

  • Éviter de faire pénétrer de la terre de l'extérieur dans les serres par les chaussures, les vêtements, le matériel, les mains, etc.
  • Enfouir profondément dans le sol tous les débris infectés, en les mélangeant préférablement avec beaucoup de terre pour en accélérer la décomposition.
  • Ne tolérer aucune mauvaise herbe ni autre culture de la famille des solanacées autour de la serre.
  • Bien fermer les orifices de ventilation pendant les jours venteux.

 

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