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Implanter un verger de pommiers haute densité avec tuteurage

Auteur : John Gardner - spécialiste en pomiculture/MAAARO
Date de création : 15 janvier 1998
Dernière révision : 15 novembre 2005

Quatrième partie : planter un verger haute densité

Table des matières

  1. Date de plantation
  2. Orientation des rangs du verger
  3. Plantation des arbres
  4. Émondage au moment de la plantation : FÉ et AV

Date de plantation

Au printemps, il faut planter au plus tôt. Cet élément primordial est souvent négligé, pourtant il permet l'établissement rapide de l'arbre et sa croissance maximale la première année. Le pomiculteur doit au plut tôt marquer les rangs au printemps et avoir les arbres sur place pour les planter dès que les conditions le permettent. La recherche a démontré qu'avec la qualité des arbres, le fait de planter au plus tôt aura beaucoup d'incidence sur la croissance précoce, plus encore que l'irrigation et l'apport d'engrais. Il faut surveiller les températures du sol à la profondeur de plantation. Les nouvelles racines se forment quand ces températures atteignent 7 °C et les racines existantes commencent à croître à des températures inférieures.

Il est avantageux de procéder en automne dans des plantations bien préparées dans le sud de l'Ontario. Les arbres doivent être en pleine dormance et la manoeuvre être terminée au plus tôt pour que les racines puissent bien s'établir.

Orientation des rangs du verger

Quand c'est possible, orienter les rangs dans le sens nord-sud. Cette orientation permet un usage optimal de la lumière, ce qui est primordial dans les plantations haute densité. On ne se résoudra à une autre orientation que si elle permet de faciliter le déplacement de l'air qui est bloqué ou dont la circulation est réduite, ou pour accommoder le passage de la machinerie en toute sécurité sur un terrain en pente. Dans d'autres régions, les vents dominants pourraient nuire à la formation d'un verger que l'on vient de planter et qui est orienté nord-sud. Dans ce dernier cas, il vaut mieux réduire la densité et modifier l'orientation des rangs pour amoindrir les effets du déplacement de l'air dans le verger.

Plantation des arbres

Parmi les méthodes de plantation, notons :
1. à la pelle
2. à la tarière
3. avec une planteuse d'arbres.

La planteuse d'arbres reste le meilleur appareil quand on s'en sert en respectant toutes les exigences d'usage. Elle permet de travailler très rapidement, ce qui est primordial dans les plantations haute densité afin de profiter du délai idéal souvent court pour la plantation.

Elle comporte l'inconvénient suivant : il faut bien préparer le sol avant la plantation, pour assurer un bon contact entre le sol et les racines, surtout en terrain humide. Il faut aussi régler la hauteur de l'arbre à la main immédiatement après sa plantation, au risque d'endommager certaines racines.

La tarière ne présente pas ces inconvénients et donne de bons résultats dans des sols de texture légère et moyenne. Dans des sols lourds cependant, les parois du trou peuvent durcir, ce qui nuit à la croissance future des racines à moins que l'on ne modifie la tarière pour fracturer les côtés du trou. Avec une tarière, il faut creuser un trou d'au moins 50 cm (20 po) de diamètre pour éviter de replier les racines. On peut utiliser une tarière double, qui creuse à la fois un trou pour l'arbre et un autre pour installer en même temps le tuteur.

On peut planter à la pelle, ce qui donne aussi de bons résultats mais comporte quelques inconvénients et prend plus de temps. Peu importe la méthode utilisée, éviter de creuser un trou trop petit ou trop profond. Il faut remblayer les trous trop profonds avant que l'arbre n'ait tendance à s'affaisser, laissant le point de greffe trop près du sol. Éviter de remblayer avec de la végétation.

S'assurer de ne jamais laisser les racines s'assécher. Protéger les arbres du vent et du soleil, les recouvrir entièrement d'une feuille de plastique ou d'une bâche pendant tout déplacement. Si l'on doit planter immédiatement, faire tremper les racines dans un baril d'eau propre, pas plus de 6 à 12 heures avant de procéder.

Si l'on doit attendre avant de planter, conserver les racines humides et ne pas laisser le sommet des arbres s'assécher. On peut entreposer les arbres au frais, mais dans un lieu qui ne comporte aucun éthylène provenant des pommes qui y étaient entreposées précédemment, ce qui les endommagerait. Il est préférable de mettre les arbres en jauge d'attente plutôt que les entreposer dans la grange. Enfin, il importe que les jeunes arbres n'aient pas interrompu leur dormance avant d'être plantés.

Avant la plantation, couper toutes les racines trop longues ou dont l'extrémité est brisée, endommagée ou morte. Disposer l'arbre en protégeant le côté de la greffe des vents dominants, mais en présentant ce côté loin du tuteur. Notons qu'il faut équilibrer les ratios racines - rameaux. Un arbre bien pourvu de branches latérales ou bien ramifié ne sera pas si avantageux s'il perd trop de racines entre le moment où il est déterré et où il est replanté.

S'assurer que les arbres, une fois plantés, ont le point de greffe à 8 ou 10 cm (3 à 4 po) de hauteur par rapport au sol, après que l'on ait affermi la terre autour.

À une hauteur inférieure, on perd l'effet nanifiant du porte-greffe. Au moment de planter, contrôler la hauteur de façon précise. Éviter de tirer sur les arbres pour les installer à la hauteur adéquate. Les racines du M.9 sont très cassantes et se brisent aisément.

Les arbres doivent être bien droits dans les plantations en mode AV et avec treillage, ou inclinés légèrement (à un faible angle) du côté du tuteur en mode FÉ. Peu importe la méthode, bien affermir le sol du pied après avoir planté les arbres. On obtient ainsi un bon contact entre le sol et les racines, et on élimine les poches d'air.

Après la plantation, bien saturer deux fois le sol d'eau assez tôt, par des arrosages ou sous l'effet de la pluie, ce qui devrait éliminer les poches d'air. Il faut un apport d'engrais liquide de transplantation, par exemple du 20-20-20, immédiatement après la plantation dès le premier arrosage. Mélanger l'engrais selon les indications de l'étiquette du produit et appliquer sur la zone racinaire de l'arbre. Dans un sol sablonneux, la solution se répand souvent dans une zone élargie et ne pénètre pas jusqu'aux racines.

Certains pomiculteurs injectent avec succès la solution de fertilisant dans la zone racinaire des arbres au moyen de dispositifs domestiques. Prendre une sonde (une canalisation de cuivre de 5,08 cm [2 po] sur 1 m de long) raccordée à un pulvérisateur, l'enfoncer dans le sol sous l'arbre pour bien immerger les racines. Lorsqu'on retire la sonde, bien refermer le trou du pied.

Si l'on n'a pas appliqué d'engrais en granules la première année, effectuer un apport de 60 à 100 g de 34-0-0 deux semaines après la plantation. Épandre une bande autour de chaque arbre en formant un cercle d'au moins 30 cm de rayon. Ces épandages doivent être effectués avant le binage ou l'arrosage afin d'incorporer les éléments nutritifs pour qu'ils soient captés et utilisés immédiatement.

Émondage au moment de la plantation : modes FÉ et AV

Immédiatement après la plantation et pendant que l'arbre est encore en dormance, il faut l'émonder.

S'il s'agit d'un « fouet », l'étêter à 80 cm du sol. Ensacher ensuite la flèche pour optimiser le développement optimal de branches.

Ensachage : Immédiatement après l'étêtage de l'arbre au moment de la plantation, recouvrir la tige terminale d'un sac de plastique de 50 cm de longueur maintenu par deux ou trois liens torsadés. On optimise ainsi le développement des branches. On enlève le sac à un demi pouce de vert ou avant la brûlure des nouvelles pousses (7-14 jours).

Les pommiers de type spur et les fouets plus faibles doivent être étêtés légèrement plus bas (70 cm) et les variétés plus vigoureuses un peu plus haut (90 cm).

Le pomiculteur qui a planté un arbre pourvu de branches latérales (du même âge que la tige dont ils originent), doit éliminer toutes celles de moins de 60 cm, celles qui semblent trop vigoureuses ou dont l'angle n'est pas adéquat. Toute branche latérale de plus de 40 cm doit être rabattue du quart ou du tiers de sa longueur. Celles qui restent doivent toutes être d'un diamètre égal ou presque. S'il reste quatre branches latérales utiles ou plus, écimer la flèche à 20 ou 25 cm au-dessus de la branche utile la plus élevée. S'il reste moins de quatre branches latérales bien espacées, les éliminer en coupant en biseau (dutch cut - voir figure 5) et traiter comme si c'était un fouet. Si les branches latérales sont mal réparties (p. ex., toutes du même côté de la tige), les enlever toutes de la même façon.

On parle de coupe en biseau (en anglais dutch cut ou bench cut) quand on donne une inclinaison à la coupe, en commençant plus près du tronc du côté supérieur et en s'éloignant vers le bas, ce qui laisse comme une assise, qui permettra peut-être à un bourgeon latent de produire une branche fruitière pour remplacer celle qui n'était pas productive et que l'on vient d'éliminer.

Figure 5. On parle de coupe en biseau (en anglais dutch cut ou bench cut) quand on donne une inclinaison à la coupe, en commençant plus près du tronc du côté supérieur et en s'éloignant vers le bas, ce qui laisse comme une assise, qui permettra peut-être à un bourgeon latent de produire une branche fruitière pour remplacer celle qui n'était pas productive et que l'on vient d'éliminer.

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