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Implanter un verger de pommiers haute densité avec tuteurage
Première partie : choisir et préparer l'emplacementTable des matières
Avant-proposIl existe plusieurs approches et modes de conduite différents
pouvant être utilisés avec succès pour établir
un nouveau verger de pommiers. Le présent rapport résume
les divers procédés nécessaires pour établir
un verger de pommiers haute densité avec tuteurage. Ce document
sera mis à jour à mesure qu'en Ontario on bénéficiera
de plus de connaissances et d'expérience dans le domaine. Consulter
toujours le plus récent numéro. Introduction au verger de pommiers haute densitéLa décision de planter un verger de pommiers haute densité avec tuteurage suppose que l'on s'engage entièrement à respecter cette approche. Le pomiculteur doit acquérir de nouvelles compétences et faire exactement ce qu'il faut au moment opportun. Dans une plantation haute densité, l'impact d'une erreur est potentiellement beaucoup plus grand que dans une plantation à plus faible densité. Si on considère le coût de l'établissement, on ne se trompe pas en affirmant que les risques sont élevés. Les récompenses le seront aussi, en terme de rendement et de qualité des pommes. Conduite avec dextérité, la plantation à maturité devrait générer un rendement dont la valeur marchande oscillerait entre 2 000 et 2 500 boisseaux l'hectare (800 et 1 000 boisseaux l'acre) et plus, suivant le cultivar. En deçà de ces niveaux de rendement, le système haute densité avec support recèle peu d'avantages comparé à un système à plus faible densité bien géré en mode plein vent. Il existe plusieurs variantes du type de supports que l'on peut utiliser. Des études récentes indiquent que la densité de plantation (arbres/acre), le choix du cultivar, et le mode de gestion adopté par le pomiculteur sont les facteurs les plus importants pour le succès d'une nouvelle plantation, et non le type de support utilisé. Il en coûte plus cher d'établir des vergers de pommiers haute densité que des plantations de plus faible densité. On estime les coûts à plus de 12 000 $ l'acre pour établir un verger tuteuré de 600 arbres/acre. Ces coûts plus élevés pour un nouveau verger haute densité ne sont justifiés que si des revenus sont générés assez rapidement pour les compenser. Pour amortir rapidement des coûts initiaux plus élevés, le nouveau verger devra commencer à produire très vite. Le cultivar choisi doit donner des fruits d'une valeur marchande élevée qui permette de récupérer rapidement le coût de l'établissement. Planter un cultivar suivant un mode haute densité avec support qui ne produirait que des fruits d'une valeur moyenne pourrait être coûteux. Pour réussir dans la pomiculture à l'avenir il faut une
bonne planification à long terme. La conversion à des modes
de conduite haute densité avec support doit se faire lentement,
assez lentement que le pomiculteur et le pépiniériste soient
bien au fait de l'évolution et des technologies de pointe, et aussi
pour que les coûts de la conversion ne dépassent pas la capacité
du pomiculteur de les financer avec succès. Emplacement du vergerLa question de l'emplacement est très importante, ainsi que le temps passé à le préparer adéquatement. Il faut choisir un emplacement où des porte-greffes nains avec des systèmes racinaires limités offriront un bon rendement. Pour un verger de pommiers, l'emplacement devrait être à proximité d'un vaste plan d'eau, pour son effet modérateur sur le climat. En Ontario, toutes les régions où la culture de la pomme est florissante sont situées près de l'un des Grands Lacs et bénéficient de leur effet modérateur sur les conditions climatiques. Comme les vastes plans d'eau mettent plus de temps à changer de température, les régions à proximité connaissent moins de températures extrêmes l'été comme l'hiver. Leur effet rafraîchissant au printemps retarde le début de la floraison, minimisant les risques de dégâts dus aux gelées de printemps. L'automne ils ont pour effet de retarder l'arrivée du temps froid et les dommages de celui-ci sur les pommes non récoltées et sur les arbres, avant leur acclimatation complète à l'hiver. L'élévation d'un verger est importante pour lutter contre les gelées de printemps. Une élévation un peu plus grande par rapport à la zone environnante est bénéfique car l'air froid plus lourd, au printemps, se concentre dans les zones plus basses, ce qui rend ces dernières plus vulnérables au gel et nuit au rendement des arbres, causant des pertes de rendement ou endommageant les fruits. Il faut éliminer tout ce qui nuit au déplacement de l'air vers le bas comme un boisé, une haie ou des immeubles ou même une route achalandée. Les boisés ou les haies peuvent être aérés pour faire circuler l'air avec une ouverture de 25 m chaque 100 m. On voudra privilégier un terrain légèrement en pente. Les pentes très inclinées rendent le travail plus difficile dans le verger et sont sensibles à l'érosion. Les pentes exposées au nord sont plus enviables parce qu'elles ont tendance au printemps à retarder la croissance des bourgeons; d'autres facteurs peuvent aussi influer, comme réduire l'exposition au vent dominant. Attention au vent. Éviter les emplacements venteux. Des vents forts peuvent ralentir la croissance des arbres, augmenter les meurtrissures des fruits et leur chute lors de la récolte, réduire l'activité des abeilles pendant la pollinisation et nuire à l'efficacité des pulvérisations. Des brise-vent sont utiles mais peuvent favoriser une accumulation excessive de neige, créer plus d'ombre et prolonger le délai d'assèchement du verger, causant une recrudescence des maladies des fruits ou des feuilles. Autre question importante en choisissant un emplacement, la disponibilité de l'eau d'irrigation. Les porte-greffes nanifiants ont un volume de racines limité. La plus grande partie des racines qui les alimentent se situe dans les 30 centimètres supérieurs de sol. Le porte-greffe M9 tolère beaucoup moins bien les sols chauds et secs que le porte-greffe standard ou le MM106. Il faut pour l'irrigation un approvisionnement fiable en eau de bonne qualité. Le captage de cette eau ne doit avoir aucun effet à long terme sur l'environnement immédiat et ne pas interférer à court terme avec les autres usagers. Il faut évaluer combien d'eau peut être nécessaire. Le point d'origine de l'eau (distance à l'horizontale et poussée verticale) a un impact sur le coût et la conception du système d'irrigation. Un équivalent en humidité de 2,5 cm d'eau par semaine provenant de la pluie ou de l'irrigation, ou des deux, peut suffire pour éviter le stress causée par la sécheresse. Il faut peut-être aussi une source d'eau à proximité, qui serait adéquate pour favoriser la croissance des porte-greffes nanifiants pendant la saison. Pour plus de détails sur l'irrigation et les besoins en eau, on peut se procurer la publication du MAAARO intitulée Les meilleures pratiques de gestion - Gestion de l'irrigation, auprès du bureau régional du ministère. Moins de types de sols et de conditions climatiques conviennent aux vergers
haute densité qu'à ceux de densités plus faibles.
Même si une plantation à faible densité réagit
bien dans un emplacement donné, ce dernier ne convient peut-être
pas au mode haute densité. Une connaissance approfondie de tous
les problèmes ayant affecté les cultures et les vergers
précédents est une première étape essentielle
dans l'évaluation d'un emplacement. Étant donné l'investissement
élevé que nécessite le verger haute densité,
le pomiculteur doit être en mesure d'adapter l'emplacement pour
qu'il réponde exactement aux exigences du mode haute densité,
sinon il vaut mieux trouver un autre site. Drainage du solL'élimination de l'excès d'eau du sol est une forme de drainage souvent oubliée par le pomiculteur. Sous aucun prétexte les pommiers ne devraient passer plus de une ou deux journées à la fois dans l'eau. Dans un tel cas les racines suffoquent et l'arbre est endommagé et peut même en mourir. Pour que les arbres produisent bien sur les porte-greffes nanifiants utilisés dans les plantations haute densité, il faut un drainage presque parfait. Les drains à tuyaux constituent la façon la plus efficace pour améliorer le drainage. On peut aussi drainer les poches de zones humides avec des buttes que l'on formera après l'installation des drains à tuyaux. Ce sont d'ordinaire les sols argileux plus lourds qui exigent un meilleur drainage, mais on a aussi constaté des problèmes dans les vergers au sol sablonneux quand la surface libre de la nappe est haute. On peut aussi drainer de façon efficace les zones humides au moyen d'un arrangement irrégulier. D'ordinaire, un arrangement systématique de drainage est souvent nécessaire et en certaines zones la distance entre les rangées de drains devrait être la même qu'entre les rangs d'arbres. Faire installer le réseau de drainage enterré par un entrepreneur qualifié. Un mauvais drainage au travers de la coupe sériée pourrait
être causé par une croûte ou du sol compacté
dans le sous-sol. On peut détecter ce phénomène en
observant avec soin au moyen de trous d'inspection creusés à
la main, à 1 m de profondeur dans différentes zones de la
plantation prévue. Une croûte à moins de 50 ou 60
cm de la surface peut nuire à la pénétration des
racines et à la circulation de l'eau. Il faudra dans ce cas briser
ce sol compacté au cultivateur ou à la trancheuse sous-soleuse.
Cette manuvre sera d'autant efficace qu'elle est effectuée
quand le sol est sec et qu'il s'effrite bien, d'ordinaire en août.
Le pomiculteur devrait procéder l'année qui précède
la plantation, si possible dans les deux directions Types de sol et profondeurIl n'y a pas de types de sol convenant parfaitement à la production
des meilleures pommes possible. Disons qu'il faut un sol d'au moins 1
m de profondeur, avec peu de roches affleurant à la surface ou
de rochers enfouis. On peut réussir un verger dans des sols allant
de sablonneux à argileux. Il existe pour chaque type des avantages
et des inconvénients. On voudra éviter les sols séchards
et érodés ne présentant aucun horizon géologique
entre la couche arable et le sous-sol. Matière organiqueLa matière organique est ce qui reste après que les résidus
de culture se soient décomposés sous l'action chimique ou
microbienne. Elle est importante car : elle améliore la structure
du sol, sa maniabilité, elle abrite des microorganismes bénéfiques,
augmente la capacité de rétention de l'eau ainsi que la
teneur en éléments nutritifs du sol. On peut faire déterminer
la teneur en matière organique du sol sur demande lors de l'analyse
du sol. Quand cette teneur est faible (inférieure à 2 %),
il faut l'améliorer en intégrant au sol du fumier ou en
plantant une culture d'engrais vert. Choisir une culture qui n'abrite
pas de nématodes, comme celles qui suivent.
Teneur en éléments nutritifs et pH du solBien avant la plantation il faut prendre un échantillon de sol afin de pouvoir effectuer les amendements nécessaires au pH et à la teneur en éléments nutritifs, et les incorporer. Les taux de traitement de préplantation recommandés ne doivent être déterminés qu'après une analyse minutieuse et complète. On obtiendra auprès des bureaux régionaux du MAAARO une liste des laboratoires accrédités qui effectuent des analyses de sol. Pour plus de détails sur les éléments nutritifs dans le sol, voir la publication du MAAARO intitulée Les pratiques de gestion optimales, fascicule Planification de la gestion des éléments nutritifs. Pour prélever un échantillon de sol, gratter 2 cm de la surface du sol. Au moyen d'une sonde ou d'une pelle, prélever un échantillon à une profondeur de 2,5 à 30 cm (1 à 12 pouces). Dans un verger de 4 hectares, il faut au moins 15 sous-échantillons mélangés ensemble et une poignée de terre arable et les acheminer au laboratoire pour analyse. Restreindre la zone échantillonnée à un type ou à un état uniforme de sol au sein du verger. Échantillonner séparément les différents types de sol, de textures de sol, de conditions de drainage ou d'antécédents de cultures qui cohabitent dans le verger. Pour éviter la contamination des échantillons par des microorganismes, ne pas utiliser d'outils ou de contenants galvanisés pour l'échantillonnage. Le pH d'un sol représente une mesure de son acidité. Avant l'établissement d'un nouveau verger de pommiers le pH cible est de 6,5 pour un sol sablonneux et de 6,0 pour un sol argileux. Si le pH est inférieur, il faut de la chaux. Le type et la quantité de chaux nécessaires seront déterminés par le rapport d'analyse du sol. C'est le seul moment, avant la plantation, où l'on peut incorporer au sol de façon efficace des éléments tels le phosphore, le bore et la chaux pour rajuster le pH. Voici les niveaux d'éléments nutritifs considérés comme adéquats pour l'établissement d'un verger :
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