Les coquerets vivaces (coqueret glabre et coqueret hétérophylle)

Table des matières

  1. Distribution
  2. Caractérisques de croissance
  3. Moyens de lutte


Distribution

Le coqueret glabre, Physalis virginiana Mill. var. subglabrata (Mackenz. et Bush) U.T. Waterfall (figure 1), et le coqueret hétérophylle, Physalis heterophylla (Nees) (figure 2), sont des plantes nuisibles vivaces, indigènes au Canada et aux États-Unis. Dans le sud de l'Ontario, le coqueret hétérophylle est présent dans les champs cultivés et les pâturages, le long des fossés, des talus de chemin de fer et en bordure des routes. Il pousse généralement dans les sols légers et sablonneux. Le coqueret glabre pousse dans des habitats semblables, mais plus souvent dans les champs cultivés et les sols plus lourds. Dans les sols intermédiaires, les deux espèces se retrouvent côte à côte. En Ontario, cesplantes ne représentent pas encore un problème grave, mais leur importance comme plantes nuisibles n'a cessé de croître au cours des cinq dernières années. Dans certains cas, de grosses touffes de coqueret glabre nuisent à la croissance des récoltes et entravent le passage de la machinerie agricole.

Figure 1. Un photo d'un plant de coqueret glabre

Figure 1. Plant de coqueret glabre portant des fleurs et des fruits (u 0,15).
Figure 2. Un photo d'un plant de coqueret hétérophylle.
Figure 2. Jeune plant de coqueret hétérophylle. Tiges et pétioles sont densément recouverts de poils (u 0,15).

Caractérisques de croissance

Le coqueret glabre et le coqueret hétérophylle sont des herbes vivaces dont la propagation est assurée par les bourgeons des rhizomes, et la reproduction, par les graines. Les tiges sont très ramifiées, généralement de teinte grisâtre, dressées, anguleuses, et atteignent 90 cm de hauteur chez le coqueret glabre; elles sont étalées ou dressées, et atteignent 60 cm de hauteur chez le coqueret hétérophylle. Les feuilles sont alternes, ovales ou lancéolées, à marges dentées ou entières chez le coqueret glabre; elles sont à marges dentées chez le coqueret hétérophylle. Les feuilles et les tiges du coqueret hétérophylle sont abondamment couvertes de poils et moites au toucher (figure 3). Le coqueret glabre a des poils dispersés ou n'a pas de poils du tout (figure 4).

Figure 3.  Un dessin d'un plant de coqueret hétérophylle.

Figure 3. Feuilles, tige et bourgeons floraux du coqueret hétérophylle (u 0,3); dessin de Marguerite Kane.
Figure 4. Un dessin d'un plant de coqueret glabre
Figure 4. Feuilles, tige et bourgeons floraux du coqueret glabre (u 0,6); dessin de Marguerite Kane.

Les fleurs des deux espèces sont en forme d'entonnoir, pendantes, solitaires, fixées à la jonction de trois tiges ou pétioles; elles sont jaunes à centre étoilé violet (plus pâle chez le coqueret hétérophylle) et ont 2,7 cm de large. Les pédoncules floraux ont environ 1,5 cm de longueur et s'allongent jusqu'à 2,5 cm après la formation des fruits. La floraison commence six semaines après la levée et se poursuit jusqu'en septembre. Les fruits, ou baies, sont lâches et enfermés dans un calice très renflé (figure 5).

Figure 5.  Un photo de calices membraneux de cogueret hétérophylle.
Figure 5. Quatre calices membraneux de coqueret hétérophylle, contenant chacun une baie (u 0,9).

D'abord verts, les fruits deviennent rouges ou jaunes à maturité (figure 6) et renferment chacun environ 255 graines (coqueret glabre) ou 155 graines (coqueret hétérophylle). Les graines, blanches ou brunes selon l'état de maturité, mesurent 2,0 mm sur 1,5 mm (1 000 graines pesant 0,8 g) chez le coqueret hétérophylle et 1,8 mm sur 1,3 mm (1 000 graines pesant 0,54 g) chez le coqueret glabre.

Il semble que le coqueret hétérophylle s'implante rarement à partir de graines, car nombre d'entre elles sont détruites en cours de développement par les insectes; on a d'ailleurs rarement vu des plantules. Le pourcentage de survie des graines est souvent supérieur chez le coqueret glabre, mais dans ce cas aussi, on a rarement vu des plantules en milieu naturel. D'après les échantillons, le défaut de dormance chez les graines expliquerait la rareté des plantules.

Dans le sud-ouest de l'Ontario, les jeunes pousses lèvent du système racinaire vers la mi-mai, après l'hivernage. Par l'intermédiaire de colonies secondaires, une plante seule peut couvrir de vastes zones en moins de deux ans. La machinerie agricole peut contribuer à répandre ces plantes nuisibles dans des champs non infestés. Le coqueret glabre, notamment, risque d'engendrer de graves infestations s'il est transporté dans des champs sains par la machinerie.

Moyens de lutte

Le coqueret glabre et le coqueret hétérophylle sont réfractaires aux herbicides courants. L'édition 1992 du Guide de lutte contre les mauvaises herbes, publié par le MAAO, ne mentionne aucun herbicide pour combattre les coquerets. La résistance aux herbicides et le travail réduit du sol ont apparemment contribué à l'expansion des coquerets aux dépens d'espèces concurrentes. Au Collège de technologie agricole de Ridgetown, on évalue présentement l'efficacité de certains herbicides dans la lutte contre les coquerets. Il est difficile de combattre le coqueret à cause de sa capacité de régénération à partir de rhizomes profonds.

Toutefois, le travail du sol en profondeur au début de la saison ou des traitements localisés au glyphosate, à dose maximale peuvent s'avérer efficaces.

Figure 6.  Un photo de baies de coqueret hétérophylle.

Figure 6. Baies de coqueret hétérophylle : certaines mûres et lisses, d'autres vieilles et plissées (u 0,9).

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca

Auteur : Adan Abdullahi - Département de phytotechnie/Université Western Ontario; Paul Cavers - Département de phytotechnie/Université Western Ontario; Rudy Brown - Collège de technologie agricole de Ridgetown
Date de création : 14 juillet 2004
Dernière révision : 14 juillet 2004

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