Un profil de l'industrie de la floriculture de serre en Ontario

Table des matières:

 

1.0 Profil du secteur

2.0 Tendances de l'industrie

3.0 Enjeux

4.0 Associations

5.0 Synthèse

1.0 Profil du secteur

Aperçu de l'industrie

En Ontario, l'industrie de la floriculture de serre a connu une forte croissance au cours des 25 dernières années. D'après les recettes des ventes à la ferme, ce secteur d'activité agricole arrive aujourd'hui en troisième position derrière le secteur laitier et celui de l'élevage porcin. Du début des années 1980 à 2004, le secteur a connu une croissance de plus de 10 % par année, même lorsque le reste de l'économie canadienne connaissait une récession. Les moyens et les gros cultivateurs de l'industrie maraîchère de gros forment un secteur très dynamique, énergique et technologiquement évolué, ce qui a constitué la clé du succès du secteur ontarien sur le marché nord-américain.

En 2009, l'industrie déclarait employer plus de 10 000 personnes (6 000 travailleurs saisonniers et 4 000 travailleurs à plein temps) et avoir une masse salariale brute annuelle de 154 millions de dollars (publication 22-202 de Statistique Canada). La production floricole inclut les plantes à fleurs en pot, les plantes printanières et à massif annuelles, les vivaces cultivées dans un conteneur, les plantes printanières en pot et les fleurs coupées produites dans des serres chauffées et des serres tunnel autoportantes.

1.2 Valeur de l'industrie

Selon le document 22-202 de Statistique Canada, la valeur des ventes à la ferme de l'industrie ontarienne de la floriculture de serre se chiffrait à 614 millions de dollars en 2008, soit une diminution de 21 % par rapport à 2007. Du début des années 1990 à 2004, le taux moyen de croissance annuelle était supérieur à 10 %. Les ventes à l'exportation ont atteint un sommet en 2002, avec des ventes records de 317 millions de dollars (Commerce international). De 2003 à 2008, les ventes à l'exportation vers les États-Unis ont connu un déclin de 45 % à 172 millions de dollars. C'est en 2005 que le déclin a été le plus accentué. En 2009, les ventes à l'exportation ont augmenté de 2,5 %, à 177 millions de dollars (Commerce international). Les exportations ne représentent plus que 28 % du total des ventes, mais elles demeurent essentielles pour la viabilité des maraîchers de gros situés dans les régions de Niagara et des environs. Parce que la valeur en dollars des importations (fleurs coupées et boutures) est demeurée stable alors que les exportations ont décru depuis le sommet de 317 millions de dollars atteint en 2002, le secteur présente maintenant une balance commerciale négative de près de 18 millions de dollars.

1.3 Un regard sur l'industrie ontarienne

En 2009, la production ontarienne de floriculture de serre représentait 52 % des 1,42 milliard de dollars du total des ventes à la ferme au Canada, ce qui constitue une augmentation de 4 % par rapport à 2008. La Colombie-Britannique (19 %) et le Québec (13,0 %) sont les deux autres régions où le secteur de la floriculture de serre est important. Ces deux provinces, comme l'Ontario, ont profité d'une croissance considérable au cours de la dernière décennie. Même si la valeur des ventes à la ferme a chuté en Colombie-Britannique au cours des deux dernières années, le déclin a été moins important que celui de l'industrie ontarienne en raison de la baisse de l'importance des marchés d'exportations, alors que l'industrie québécoise a connu une croissance modeste en desservant le marché provincial. La croissance passée des producteurs ontariens est due à la proximité relative du marché provincial et de l'important marché américain (population du littoral est), au climat et à la concentration d'exploitations plus grosses et technologiquement poussées au sein d'une petite région qui ont permis le développement de la spécialisation de cultures.

Parmi les collectivités publiques d'Amérique du Nord, l'Ontario est le troisième producteur de floriculture de serre, derrière la Californie (1,02 milliard de dollars US) et la Floride (922 millions de dollars US). Le Michigan, dont le climat est semblable à celui de l'Ontario, est le troisième plus important producteur floricole aux États-Unis avec 376 millions de dollars US. En 2008, la valeur des ventes à la ferme pour ces trois états a chuté respectivement de 2, 5 et 3 %. La valeur totale des ventes à la ferme des produits de la floriculture de serre aux États-Unis a chuté de 3 % alors que celle de l'Ontario chutait de 20 % et que celle de l'industrie canadienne de la floriculture reculait de 14 %.

1.4 Superficie et nombre de producteurs

En 2006, 460 hectares de production de floriculture de serre répartis entre 1 274 producteurs ontariens ont été rapportés (Recensement de l'agriculture), ce qui représente une augmentation de 13 % par rapport aux 406 hectares de 2001. Les résultats de l'enquête sur l'industrie des cultures de serre (publication 22-202 de Statistique Canada) rapportaient environ 455 hectares, une diminution de 95 hectares. En comparaison, la zone de production des légumes de serre totalisait 696 hectares, près de 245 hectares de plus que pour la floriculture. Au cours des dernières années, l'industrie des légumes de serre a continué de croître, alors que le secteur de la floriculture de serre connaissait une contraction importante en raison du changement des conditions du marché.

Le nombre de producteurs commerciaux de fleurs a chuté de 21 % depuis le dernier recensement selon les résultats de l'enquête annuelle de 2009. Parmi les exploitants qui ont abandonné le milieu, on retrouve des maraîchers de gros et des exploitants de gros moins importants et orientés vers la vente au détail. Il existe encore de nombreux petits exploitants axés sur la vente au détail qui exploitent de façon viable, 6 à 7 mois par année, une production de serre non traditionnelle destinée à un marché local dynamique de plantes printanières de jardin. Le recensement de Statistique Canada montre qu'en moyenne, tous les sites de production de floriculture de serre fonctionnent environ 8,5 mois par an, ce qui indique un léger déclin depuis la fin des années 1990. Cela ne reflète pas la réalité de la production de légumes de serre où les sites de production fonctionnent toute l'année. Dans des conditions économiques changeantes, plusieurs producteurs de fleurs n'exploitent pas de grandes parties de leurs sites de production durant l'automne et les premiers mois de l'hiver en raison de la faiblesse du marché et des coûts d'énergie élevés.

1.5 Répartition géographique

La plus grande partie de la production ontarienne (75 %) se situe dans le sud de la province, dans les comtés ou les régions voisins de l'extrémité ouest du lac Ontario (Niagara et Hamilton) et le long de la rive nord du lac Érié (Essex, Haldimand et Norfolk en particulier). Dans le sud de l'Ontario, 50 % des exploitants et 60 % de la zone de production sont situés dans les régions de Niagara et de Hamilton. Le pourcentage de la production provenant de ces régions destiné au marché de l'exportation a diminué au cours des années. De 2001 à 2006, la zone de production du Niagara a cru de 31,5 ha, mais depuis ce temps on estime qu'une zone équivalente a été retirée de la production. La zone de production floricole d'Essex était la deuxième en importance, mais cette importance a fortement diminué au cours des cinq dernières années parce qu'un pourcentage plus grand de la zone était consacré aux fleurs coupées (roses, alstroémères et chrysanthèmes), en raison des nombreux producteurs forcés de se retirer de l'industrie face à la compétition imposée par les producteurs d'Amérique du Sud sur le plan du prix et de la qualité perçue.

1.6 Taille des exploitations

En Ontario, l'exploitation moyenne mesure un peu plus de 3 600 m2 (39 000 pi2) selon le Recensement de l'agriculture de 2006. Cependant, les exploitations dans les principales régions de production sont beaucoup plus étendues. En 2006, dans le sud de l'Ontario, l'exploitation moyenne était d'environ 8 660 m2 (93 200 pi2), comparativement à 1 550 m2 (16 500 pi2) ou moins dans les zones de production non traditionnelles de la province. Ces petites exploitations familiales desservent leur marché local principalement avec des plantes à massif, des vivaces et, à la fin de l'été, des chrysanthèmes de jardin.

2.0 Tendances de l'industrie

2.1 Faits saillants relatifs aux cultures et à la production

La floriculture de serre est très diversifiée sur le plan des cultures produites. Plusieurs milliers d'espèces de plantes sont cultivées comme fleurs coupées, plantes à fleurs ou à feuillage en pot, plantes à massif et printanières et herbacées vivaces. Historiquement, l'industrie a été divisée en trois secteurs principaux : les plantes à massif et printanières, les plantes à fleurs en pot et les fleurs coupées.

Les producteurs de fleurs coupées produisent généralement uniquement des fleurs coupées et se spécialisent dans une ou deux cultures. Les producteurs de fleurs coupées sont victimes des modifications du marché qui sont survenues à une vitesse incroyable depuis 2002. En 2009 :

  • la production de roses et de chrysanthèmes a chuté de 75 %;
  • la production d'alstroémères a diminué de 60 %;
  • la production d'iris a chuté de 50 %;
  • la production de la gueule-de-loup est demeurée stable;
  • la production de gerbera a augmenté de 234 %;
  • la production de tulipes a augmenté de 320 %.

Les producteurs de plantes à fleurs en pot constituent un groupe diversifié où on retrouve deux principales stratégies en matière de production : ceux qui se spécialisent dans la production hebdomadaire de l'une ou de plusieurs cultures de fleurs comme le kalanchoe, le bégonia Rieger, la rose miniature, et ceux qui se concentrent sur des cultures saisonnières comme le poinsettia, l'hortensia, le lis de Pâques et les plantes printanières à massif à fleurs. Les forces du marché ont déclenché des changements rapides et importants dans le secteur des plantes à fleurs en pot. Par rapport à 2007, la production de la plupart des plantes en pot a chuté de 20 à 60 % (57 % pour le cyclamen, 60 % pour le kalanchoe, 48 % pour le chrysanthème et 21 % pour le lis de Pâques). La production d'orchidée (principalement l'orchidée papillon de nuit) a crû de 300 %. En 2009, le niveau de production de la plupart des plantes à fleurs en pot a poursuivi son déclin de 10 à 15 %.

Les producteurs de plantes à massif se concentrent traditionnellement sur la production de cultures de plantes à massif printanières, de corbeilles de fleurs suspendues et de géraniums, de même que de chrysanthèmes de jardin qui ont poussé à l'extérieur pendant l'été afin d'être vendus à la fin de l'été. Au cours de la dernière décennie, le marché printanier a vu apparaître une surabondance de nouvelles annuelles à fleurs à propagation végétative utilisées principalement dans les corbeilles suspendues et les fleurs en pot, mais qui remplacent un pourcentage important des annuelles qui se propagent par les semences.

Au cours des dernières années, la distinction entre les deux autres secteurs est devenue moins importante en raison des pressions économiques et du déplacement de la demande. Les producteurs de plantes à massif produisent désormais une gamme étendue d'herbacées vivaces à l'aide de la technologie des plantes à massif.

Certains producteurs de plantes à massif ont beaucoup augmenté leur production afin de desservir le marché de masse alors que plusieurs producteurs saisonniers fonctionnent uniquement de 5 à 6 mois par année et sont souvent orientés sur la vente au détail. On les retrouve dans chaque petite collectivité de la province, où ils desservent le marché local.

Dans les grands centres urbains, la préférence des consommateurs pour les végétaux printaniers a évolué et a connu une augmentation importante de la demande pour des pots de tailles plus grandes d'annuelles printanières, pour des paniers suspendus et pour des produits à valeur ajoutée. À l'ère de l'instantanéité, les consommateurs désirent obtenir sur-le-champ effet et couleurs. Les consommateurs préfèrent désormais des plantes décoratives colorées afin d'agrémenter leurs maisons et leurs terrasses puisqu'ils n'ont souvent plus le temps de jardiner.

L'informatisation et l'automatisation jouent maintenant un rôle essentiel pour maintenir la compétitivité de l'industrie. La plupart des exploitations permanentes utilisent des contrôles environnementaux informatisés. L'automatisation, notamment la robotisation, est devenue la norme dans la plupart des exploitations et est utilisée pour semer et transplanter les plantes à massif, le remplissage de pots, l'irrigation, la récolte et le tri des fleurs coupées ainsi que pour l'épandage de pesticides.

L'ensemble de l'industrie de la floriculture a adopté des principes en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures. L'adoption de stratégies de lutte intégrée contre les ennemis des cultures était essentielle pour les exploitations fonctionnant aux termes du programme de certification pour l'exportation de plantes en pot mis en place par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA).

L'utilisation de biopesticides a été largement adoptée par plusieurs producteurs de plantes en pot en raison des problèmes liés à la résistance des insectes (aleurode Bemisia argentifolii u biotype Q, thrips des petits fruits, puceron de la digitale).L'absence d'insecticides efficaces a donné lieu à d'importantes pertes de récoltes. Plusieurs enjeux existent en raison de la diversité des cultures et des systèmes de production. Les petits producteurs de plantes à massif sont moins susceptibles d'adopter des stratégies de lutte biologique parce que les pressions exercées par les ennemis des cultures sont moins importantes en raison de leur nature saisonnière, de leur dépendance envers les végétaux à propagation par semence et de leur éloignement par rapport au service et de l'orientation.

2.2 Développement des marchés interne et d'exportation

La forte croissance observée dans le secteur de la production sur les marchés intérieur et extérieur est due à l'intérêt du marché de masse, notamment les grandes chaînes de magasins, les magasins pour la construction individuelle et les chaînes d'alimentation, pour le domaine des plantes et des fleurs. Les boutiques de fleuristes ont conservé leur part du marché dans le secteur des fleurs de mariage et de funérailles du marché de détail, mais elles ont perdu presque toute leur part du marché des plantes en pot et à massif.

Du milieu des années 1980 à 2003, les producteurs, particulièrement ceux de la région de Niagara, ont développé leurs exportations vers le littoral est des États-Unis, vers des destinations aussi éloignées que la Floride et le Texas au sud et Chicago à l'ouest. L'industrie ontarienne a tout d'abord réussi à pénétrer le marché des États-Unis grâce à ses investissements dans la technologie, la qualité de ses produits, leur diversité, sa spécialisation et le volume de la production. La concentration des exploitants et des grossistes de la distribution dans une zone relativement petite a permis de fournir une gamme complète de produits floraux à tous les magasins d'une chaîne de grande distribution situés dans une même région. Cela a permis à certains exploitants de se spécialiser. De plus, durant les années 1990 et le début des années 2000, le taux de change a joué en faveur des exploitants ontariens.

Selon la Division du commerce international de Statistique Canada, les exportations ont augmenté rapidement au cours des années 1990, passant de 63,3 millions de dollars en 1991 à 317 millions de dollars en 2002. Les ventes à l'exportation ont chuté pour plusieurs raisons, dont l'augmentation rapide de la valeur du dollar canadien, la forte hausse des coûts des combustibles pour le chauffage et le transport ainsi que la modification des habitudes d'achat des acheteurs du marché de masse en réaction aux modifications des habitudes d'achat des consommateurs.

3.0 Enjeux

3.1 Exportations

Les exportations ont fortement baissé depuis 2003 pour différentes raisons. La forte progression du dollar canadien (taux de change de 1,02 à 1,03 dollar US en mars 2011) a supprimé un avantage concurrentiel essentiel. La croissance et la modernisation des exploitants floricoles des États-Unis et de l'Ontario ont entraîné une offre hebdomadaire excédentaire de plantes ornementales en pot. La concurrence tarifaire et les prix de vente des grandes chaînes de magasins ont entraîné un blocage des prix au cours de la dernière décennie et des années qui ont précédé. L'augmentation des coûts liés au transport, notamment les suppléments en carburant, des coûts de chauffage des serres, de conditionnement et des conteneurs de culture permanente (couvertures de pot, fourreaux et carton), soit pratiquement tous les intrants qui utilisent de l'énergie dans le cadre de leur fabrication, s'est traduite par des marges de production extrêmement faibles.

3.2 Les marchés

Les chaînes de magasins de rénovation, de grandes chaînes de magasins et de supermarchés aux États-Unis et au Canada ont modifié leurs habitudes d'achat et la plupart se concentrent désormais sur les fortes périodes de vente liées aux fêtes (Pâques, la fête des Mères, le Memorial Day américain, l'Action de grâces et Noël) et plus encore sur le marché printanier, en raison du haut pourcentage de pertes sur les produits (faible débit de vente) le reste de l'année. Plusieurs chaînes demandent maintenant que de petits envois soient directement livrés aux magasins plutôt qu'à des entrepôts régionaux. Ces changements d'orientation ont créé des problèmes pour les exploitants, tant sur le plan de la production que de la main-d'œuvre.

Les habitudes des consommateurs aux États-Unis pour l'achat de produits floraux sont différentes de celles des consommateurs européens, qui achètent des fleurs coupées ou des plantes à fleurs en pot presque toutes les semaines et dépensent annuellement 10 fois plus par personne que les Nord-Américains. Les habitudes d'achat des consommateurs canadiens se retrouvent quelque part entre les deux, mais la plupart achètent des plantes à fleurs en pot. Les enquêtes menées par l'industrie montrent que la plupart des consommateurs ontariens achètent des fleurs coupées seulement 3 à 4 fois par année pour eux-mêmes.

La réalité politique et économique aux États-Unis a joué un rôle important. Les événements du 11 septembre semblent avoir accru la conscientisation des consommateurs par rapport à l'achat local, et plus récemment, le taux de chômage élevé et l'effondrement du marché financier a réduit la demande pour les produits floraux.

L'introduction des codes universels des produits sur la plupart des produits floraux et la vente par balayage de code barre que pratique les chaînes de grande distribution ont constitué un enjeu parce que plusieurs des codes universels des produits floraux sont particuliers à chaque entreprise, et ne peuvent uniquement être ajoutés que lorsque les bordereaux d'expédition sont reçus. De plus, plusieurs chaînes de magasins de rénovation qui possèdent une jardinerie ont mis en place une politique de " fournisseur principal " qui exige que ce fournisseur assume la responsabilité de l'entretien des végétaux et de l'installation de présentoirs dans les jardineries afin d'accroître la rentabilité et le débit des ventes de plantes à massif et d'autres plantes en pot tout en réduisant leurs pertes. Les exploitants ont dû engager du personnel ou des entrepreneurs tiers afin de surveiller et d'entretenir les végétaux livrés aux jardineries qui peuvent se trouver à des centaines de kilomètres. Certains y voient une occasion favorable de vendre davantage de végétaux, étant donné la forte augmentation des coûts de production en l'absence d'une augmentation des prix de gros et de la nature périssable des produits.

Le secteur de la fleur coupée est actuellement en crise. Il est devenu très difficile d'être concurrentiel face aux fleurs coupées ordinaires moins chères (roses, œillets, chrysanthèmes, alstroémères) importées d'Amérique du Sud et d'Afrique qui sont destinées aux bouquets de fleurs et aux arrangements floraux du marché de masse. Ces cultures peuvent être exploitées toute l'année sous des conditions de grande luminosité et elles s'expédient bien une fois séchées. Depuis janvier 2005, une des principales chaînes de magasins de détail nationales s'approvisionne en bouquets préarrangés directement en Amérique du Sud, éliminant du marché les exploitants ontariens de roses et de chrysanthèmes, ainsi que les grossistes en bouquets. Cela a entraîné une forte baisse des prix des produits nationaux. En 2002, plus de 34 millions de tiges de rose thé et de rose miniature ont été produites en Ontario, alors que seulement 8,4 millions ont été produites en 2008, ce qui représente une diminution de 75 % en 6 ans. La plus grande partie de cette zone de production a été remplacée par le gerbera et la gueule-de-loup, deux cultures de fleurs coupées qui ne se transportent pas aussi facilement sur de longues distances. Conséquemment, les prix du gerbera et de la gueule-de-loup coupés ont connu une baisse importante. Il est probable que d'autres exploitants de fleurs coupées qui vivent actuellement sur leurs capitaux propres soient forcés de cesser leur activité au cours des prochaines années.

Les quelques exploitants de fleurs coupées qui restent tentent d'exercer une concurrence en cultivant uniquement les dernières nouveautés ou les couleurs non-traditionnelles, que les principaux producteurs ne produisent pas, jusqu'à ce que la demande devienne suffisamment importante. L'incapacité d'accéder aux cultivars les plus récents de chrysanthèmes coupés développés en Europe en raison de l'interdiction d'importer des boutures aux termes des règlements de l'ACIA (Agence canadienne d'inspection des aliments) pour la rouille blanche du chrysanthème signifie que les producteurs ne peuvent pas approvisionner le marché local avec les cultivars les plus récents. Les producteurs de chrysanthèmes qui subsistent continuent à exploiter plusieurs cultivars qui existent depuis plus de 25 à 30 ans.

3.3 Protection des cultures

La disponibilité des mêmes pesticides que ceux utilisés aux États-Unis continue d'être un problème. L'industrie a soutenu le programme canadien d'usages limités, mais les exigences de l'ARLA relatives aux données sur la faible adhérence des résidus foliaires et la conduite d'études sur l'exposition professionnelle en serre, qui ne sont généralement pas demandées par les États-Unis ou d'autres pays de l'OCDE, ont constitué un obstacle à de nouveaux enregistrements. Une exigence plus récente voulant que l'extension du profil des nouveaux pesticides grâce au PEPUDU relève de la même catégorie d'utilisation a constitué un obstacle supplémentaire au système d'enregistrement. L'absence de nouveaux produits efficaces et à faible risque qui sont compatibles avec la lutte intégrée et la lutte biologique contre les ennemis des cultures continue de frustrer l'industrie. L'adoption de programmes de lutte biologique, lorsque cela est possible, représente une solution à cette impasse. L'industrie ontarienne est le chef de file en Amérique du Nord et en Europe dans l'adoption de normes pour la lutte biologique. Cependant, pour l'adoption de programmes de lutte biologique touchant un large éventail de cultures florales, les enregistrements de pesticides à faible risque demeurent une nécessité absolue puisque l'utilisation de plusieurs ingrédients actifs existants est un sérieux frein au progrès. L'adoption réussie de programmes de lutte biologique peut être une stratégie de commercialisation utile puisque les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par les enjeux environnementaux et de pérennité. Au cours de la dernière décennie, Fleurs Canada Ontario a financé un poste de technicien spécialisé pour aider à l'élaboration de programmes d'extension du profil d'emploi pour usages limités à la demande des utilisateurs.

3.4 Taux de change du dollar

Les producteurs et les grossistes ont subi de " fortes turbulences " dues à l'ascension vertigineuse du cours du dollar canadien depuis 2004. Au début de 2011, le dollar canadien est au pair avec le dollar américain. Afin de conserver leur part du marché, les producteurs se concentrent sur la qualité et le service. La réalité est que la plupart des acheteurs des chaînes de magasins sont uniquement préoccupés par le prix à l'unité.

3.5 Problèmes de frontière

Les retards à la frontière des États-Unis dus au renforcement de la sécurité depuis septembre 2001 et les nombreuses cargaisons retardées pendant 6 à 12 heures ou renvoyées pour ce que l'industrie perçoit comme des problèmes " parasitaires " plutôt que tarifaires, se sont avérés dispendieux. Cela a entraîné une réduction de la durée de conservation et de la qualité du produit lorsqu'il arrive à destination et, encore plus important, le mécontentement des clients, qui veulent que la livraison arrive dans les délais prescrits à leurs centres de distribution ou à leurs magasins.

" L'indication du pays d'origine " est également un problème qui touche les exportations d'arrangements et de bouquets floraux destinées au marché de masse, lesquels contiennent des fleurs coupées importées (généralement d'Amérique du Sud) et produites en Ontario, en partie parce que le Canada n'inspecte pas les fleurs coupées qui entrent dans le pays, au contraire des États-Unis. L'industrie a collaboré avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments et les responsables phytosanitaires du gouvernement des États-Unis pour résoudre ce problème, sans beaucoup de succès jusqu'à présent.

3.6 Parasites et maladies quarantenaires

Le scarabée japonais, Ralstonia, Phytophthora ramorum (l'encre des chênes rouges) et la rouille blanche du chrysanthème ont causé de nombreux problèmes et ont coûté à l'industrie des centaines de milliers de dollars en pertes de ventes au cours des dernières années, en raison d'une restriction de la circulation internationale des produits finis et destinés à la multiplication. En 2005 et en 2008, un nouvel insecte nuisible, Duponchelia fovealis, qui n'était pas présent en Amérique du Nord et n'avait jamais été signalé aux États-Unis, mais est commun dans les serres en Europe, a été découvert dans plusieurs exploitations. L'éradication de cet insecte nuisible, dont la présence était confirmée dans plus de 12 états aux États-Unis en 2010, a entraîné des coûts énormes. Ce parasite continue à susciter une grande inquiétude dans l'ensemble de l'industrie des cultures de serre, en raison de l'importance du marché des États-Unis pour les fleurs et les légumes produits en Ontario. La cécidomyie du chou-fleur a été retirée de la liste de quarantaine en 2009. Cependant, la plus grande partie de la production de plants de végétaux à repiquer destinée aux États-Unis avait déjà été perdue en raison de l'incapacité des producteurs à respecter les exigences de certification de l'ACIA. En 2007, l'ACIA a entrepris des consultations avec l'industrie sur le sujet des parasites quarantenaires et leur incidence sur l'industrie et vient à peine de publier un rapport. À l'heure actuelle, les exploitants assument le coût financier de la destruction et de la perte des ventes lorsqu'un parasite ou une maladie quarantenaire a été identifié. Fleurs Canada Ontario a examiné la possibilité de créer un programme d'assurance commandité par l'industrie.

3.7 Environnement

CITES, la convention internationale sur la protection des espèces de plantes sauvages, crée occasionnellement des difficultés pour l'exportation de plantes à fleurs comme le cyclamen, ou de nombreuses espèces de cactus et d'orchidées, parce que leurs espèces natives sont protégées par la convention internationale.

3.8 Gestion de l'eau et des éléments nutritifs

Cette vaste question est une préoccupation majeure en raison de l'intensité de la production moderne. Aux termes des pratiques normales pour la production en serre, les exploitants créent des eaux de lessivage et des eaux de rinçage qui peuvent contenir des éléments nutritifs, des agents pathogènes des plantes, des traces de pesticides chimiques à effet durable, du matériel de désinfection et des substances à ombrer, généralement libérés directement ou indirectement dans l'environnement. Depuis les années 1990, l'industrie a fait en sorte, selon ce que la culture et l'économie permettaient, d'installer des circuits de recirculation (principalement l'irrigation souterraine pour la production de plantes en pot) afin de mieux gérer et réduire l'utilisation de l'eau et des éléments nutritifs, lors de la construction de nouvelles zones de production ou de la réhabilitation d'anciens sites. Cependant, les exploitants qui produisent des fleurs coupées, comme la gueule-de-loup, les alstroémères et les chrysanthèmes, des cultures traditionnellement cultivées en terre ou en conteneur comme les plantes à massif, continueront d'être produites dans des systèmes ouverts. La gestion des eaux d'orage, notamment le drainage au moyen de tuyaux des parcs de stationnement et des serres, est un enjeu qui prend de l'ampleur.

Production de déchets

Jusqu'à récemment, une grande partie des nouvelles zones de production utilisait une double couche gonflée de 6 mil en polyéthylène pour couvrir le toit de leurs serres, en partie à cause du coût initial. La mise au rebut de ce polyéthylène, qui doit être remplacé tous les 3 à 4 ans, est devenue de plus en plus difficile parce que plusieurs décharges municipales ne l'acceptent plus. Des initiatives en matière de recyclage sont examinées par le secteur des serres, mais il y a plusieurs défis à relever en raison des préoccupations liées à la contamination par les pesticides. Un nouvel intérêt pour le verre est apparu pour deux raisons : une durée de vie de plus de 20 ans et une luminosité supérieure de 30 %, essentielle pour la qualité et la productivité des cultures durant l'hiver.

La plus grande partie des plantes en pot, notamment les plantes à massif, sont produites dans des contenants en plastique d'un certain type. Les jardineries de détail et les consommateurs se sont dits préoccupés par le fait que plusieurs municipalités n'accepteront plus ce type de plastique dans le flux des déchets de plastique et que l'industrie de la production en serre ne possède pas de programme de recyclage. Les fournisseurs de plastique commencent à présent à élaborer des programmes avec des jardineries indépendantes afin de recueillir, d'empaqueter et de recycler ces matières, mais des défis doivent être relevés en raison du mélange de plastiques incompatibles qui causent des problèmes aux fabricants de contenants, qui préfèrent les résines vierges.

Le carton est un autre déchet important lié aux exigences reliées à l'expédition.

3.10 Marges de profit

Les prix ont chuté au cours des dernières années alors que les coûts des facteurs de production continuent à grimper en flèche, notamment le gaz naturel, les plastiques et le transport (les surcharges posant souvent un problème), dont le prix a augmenté de plus de 30 % au cours des cinq dernières années. Les producteurs ont par le passé trouvé divers moyens pour tenter de rendre la production et la gestion plus efficaces, notamment la spécialisation visant une seule culture, les économies d'échelle et la technologie. La spécialisation des cultures a été associée avec la production hebdomadaire qui s'est avérée exigeante au cours des dernières années en raison des modifications de la demande et des préférences des consommateurs. L'utilisation de la technologie européenne, principalement la robotique automatisée, conçue pour la production hebdomadaire à longueur d'année, est coûteuse en plus de ne pas être nécessairement bien adaptée à la production saisonnière telle qu'appliquée en Amérique du Nord.

Les regroupements importants ou les alliances stratégiques au cours des dernières années au niveau de l'approvisionnement de l'industrie, tant pour la multiplication des semences et l'amélioration des végétaux que pour la fabrication des pots, des contenants et des engrais hydrosolubles, a eu pour résultat une baisse de la concurrence et l'augmentation des prix.

Lors des négociations avec les chaînes de grands magasins, il s'est avéré difficile d'augmenter les prix de nombreux produits floraux pour refléter l'augmentation du coût de production. Dans l'industrie, plusieurs voient les produits floraux comme étant devenus un produit de base dont les marges bénéficiaires sont désormais de quelques sous par unité.

3.11 Énergie

Le prix du gaz naturel a monté en flèche depuis 2001, mais il a diminué en 2009-2010 en raison de la récession. Le chauffage est l'un des principaux coûts et représente de 20 à 35 % des coûts totaux de production, selon le type de culture. La période de décembre à février représente environ 58 % du total des frais de chauffage. La Coopérative Ag Energy a absorbé une partie de l'augmentation des coûts grâce à des achats en masse et à des contrats à long terme. Les coûts des combustibles ont augmenté de 30 % au cours des 5 dernières années alors que les prix de gros ont augmenté de moins de 3 %.

L'industrie est divisée quant à l'approche qu'il convient d'adopter relativement aux sources d'énergie de rechange. Certains utilisent l'anthracite, d'autres des sources de combustible comme les déchets du bois, des granules d'avoine et du maïs. Les exploitants n'apprécient souvent pas les nombreux problèmes et l'effort de gestion plus important qui est nécessaire pour faire fonctionner les chaudières avec des combustibles de rechange. D'autres installent de nouvelles chaudières dotées d'une technologie informatique qui permet un meilleur rendement énergétique. D'autres ayant des structures plus anciennes ferment une partie de leur exploitation pendant les mois les plus froids en raison de la faiblesse des prix de vente et de la demande pour leurs produits. Quelques exploitations plus importantes peuvent considérer l'installation d'unités de cogénération en fonction de décisions politiques et en matière de prix de la province, mais la plupart des exploitations floricoles suggèrent qu'elles sont trop petites comparativement aux producteurs de légumes de serre pour les rendre économiques.

L'électricité compte pour 10 % du total de la facture énergétique, et l'accroissement rapide des prix en 2002, à la suite de la déréglementation du marché ontarien, a beaucoup inquiété de nombreux producteurs. L'utilisation de l'éclairage au sodium à haute pression a chuté de façon significative en raison de l'augmentation du coût de l'électricité (établissement du prix durant la période d'utilisation de pointe) et de la baisse du prix de gros des fleurs. On estime qu'une augmentation de 0,01 $ le kilowattheure du prix de l'électricité représente une augmentation du coût de production de l'ordre de 2,25 millions de dollars.

Au cours des cinq dernières années, l'industrie a appuyé une vérification exhaustive de la consommation d'énergie (chauffage et électricité) afin de cerner les économies réalisables. Certaines exploitations sont passées d'un système de ventilation à air forcé à des serres avec une ventilation passive afin de réduire le nombre de moteurs nécessaires pour l'exploitation au cours des mois d'été.

3.12 Main-d'œuvre

Trouver et fidéliser de la main-d'œuvre qualifiée pour gérer la production des cultures demeure un problème en raison du caractère toujours plus saisonnier du travail, principalement pour ce qui est de la production de fleurs en pot et de plantes printanières et à massif. La publication 22-202 de Statistique Canada montre que la masse salariale annuelle continue à diminuer, mais à un taux de beaucoup inférieur à la valeur totale à la ferme. Les coûts de la main-d'œuvre représentent généralement de 30 à 35 % du coût de production. De nombreuses exploitations dont le travail est très saisonnier s'appuient de plus en plus sur le programme de main-d'œuvre étrangère pour suppléer à leur propre main-d'œuvre. Dans la production de plantes en pot, la technologie et plus particulièrement la robotique est implantée lorsque cela est réalisable, ce qui élimine les activités répétitives comme le remplissage de pots et les semences, la transplantation et l'espacement des plantes à massif, alors que pour la production de fleurs coupées, les machines servant à trier et à faire des lots deviennent de plus en plus communes. Cependant, l'utilisation de l'automatisation s'avère difficile en raison du vaste éventail de tailles et de formes de pots que demandent les différentes chaînes pour tenter de se différencier de leurs concurrents.

3.13 Rendement après les récoltes et rendement de la production végétale

En réaction à l'escalade des coûts de production, mais sans que le prix connaisse une augmentation comparable, deux tendances se sont dégagées :

1. Les producteurs et les sélectionneurs de végétaux réagissent en créant des cultivars qui prennent moins de place (afin de faire pousser plus de plantes par unité de surface) et qui fleurissent plus rapidement. Par contre, plusieurs de ces cultivars ne sont pas adaptés à la culture durant les périodes de l'année à faible ensoleillement, et ce, même en utilisant des lampes à vapeur de sodium à haute pression comme éclairage d'appoint.

2. Plusieurs producteurs de plantes à fleurs en pot se sont tournés vers des systèmes d'irrigation souterraine afin de réduire leurs coûts en main-d'œuvre reliés à la plantation, à l'expédition de même qu'à l'utilisation d'eau et d'engrais. Malheureusement, le ratio de rendement après production auprès des consommateurs est un élément essentiel qui n'est généralement pas évalué, principalement parce que très peu de chercheurs à travers le monde travaillent en collaboration avec les spécialistes de la production afin d'en cerner les répercussions. Les consommateurs doivent percevoir la valeur et le rendement, que ce soit dans leur maison ou leur jardin, si on veut en faire des acheteurs enthousiastes de produits floraux.

3.14 Différends urbains-ruraux

On relève de plus en plus de différends entre voisins. Il peut s'agir du bruit des ventilateurs, du passage de semi-remorques, de l'éclairage d'appoint gênant ou de questions environnementales liées à la combustion de combustibles et à la possibilité que des engrais et des pesticides soient rejetés dans l'environnement. Le ministère est de plus en plus impliqué.

Commercialisation

Il s'agit selon plusieurs producteurs du plus gros défi auquel l'industrie fait face aujourd'hui. Il faut trouver comment favoriser l'achat de produits floraux cultivés localement. Les fleurs sont achetées avec le revenu discrétionnaire. . Afin que les consommateurs achètent plus fréquemment des fleurs, il faut compter sur une perception de la qualité et de la valeur (fraîcheur, rendement, qualité de vie accrue) de même que sur le facteur d'émerveillement. Étant donné qu'un pourcentage plus grand des récoltes est mis en marché par les supermarchés et les grands magasins-entrepôts comme le groupe Loblaw et Home Depot, les producteurs de gros de moyenne et de grande taille doivent confier la distribution de leurs produits aux grands distributeurs de gros en raison de leur force de vente et leurs contacts. Les producteurs de taille moyenne doivent donc compter sur ce qu'ils font de mieux : produire des produits de qualité. L'inconvénient est une communication moins directe avec le consommateur. De plus en plus, les chaînes de magasins regroupent les producteurs ou les fournisseurs qui les approvisionnent dans chacune des régions du pays. La faillite et le regroupement de plusieurs chaînes aux États-Unis réduisent l'ardeur des exploitants. Au fur et à mesure qu'elles ouvrent de nouveaux magasins, les chaînes s'attendent à ce que les exploitations de production s'agrandissent. Aux États-Unis, au cours de la dernière décennie, les demandes de cette nature ont entraîné une vague d'acquisitions de sociétés et de fusions de nombreuses grandes exploitations de production par des banquiers de valeurs mobilières. Cette tendance ne fait qu'arriver en Ontario, mais ce genre d'activité rend de nombreux observateurs extrêmement sceptiques puisque quelques grandes sociétés aux États-Unis ont cédé des sites de production après avoir fait l'acquisition de serres.

En 2008, Fleurs Canada Ontario Inc. a réussi à se faire désigner comme l'association représentant les producteurs aux termes de l'article 12 de la Loi sur la commercialisation des produits agricoles. Cette initiative permet maintenant de recueillir des cotisations pour financer l'organisme, la recherche au sein de l'industrie de même que des campagnes de commercialisation et de positionnement des produits cultivés localement. Grâce à du financement du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales, Fleurs Canada Ontario a amorcé une campagne directement axée sur les consommateurs : " Cueillez la fraîcheur de l'Ontario! "

3.16 Immobilisations

La construction des serres modernes de pointe est coûteuse puisqu'il faut compter de 250 à 400 $ par mètre carré selon la technologie utilisée. Ce prix constitue un obstacle pour les nouveaux producteurs qui souhaitent entrer dans l'industrie. Par conséquent, de nombreuses exploitations familiales existantes continuent de s'agrandir au fur et à mesure que chaque nouvelle génération entre dans l'entreprise familiale. Aux Pays-Bas, les sites de production de serre sont souvent considérés comme désuets après 10 à 15 ans. En raison de l'importance de ce secteur, des politiques existent dans ce pays afin de favoriser le remplacement des sites anciens par des serres modernes de pointe.

4.0 Associations de l'industrie

4.1 Fleurs Canada (Ontario) Inc. est maintenant l'association qui a le mandat de représenter les intérêts des floriculteurs de serre en Ontario. Fleurs Canada (Growers), la division nationale de Fleurs Canada pour les producteurs, est également gérée par le bureau de Fleurs Canada Ontario situé à Guelph et représente les producteurs canadiens dans le cadre des enjeux d'intérêt national comme les problèmes mineurs liés à l'utilisation des pesticides, les problèmes frontaliers, les ennemis des cultures et les maladies quarantenaires, de même que les producteurs ontariens concernant des questions provinciales.

4.2 La Coopérative Ag Energy, créée par les exploitants de serres et également basée à Guelph, achète des contrats de gaz et d'électricité au nom de ses membres exploitants. Ces contrats représentent actuellement les deux tiers de la consommation provinciale de gaz naturel par les serres.

4.3 L'Ontario Greenhouse Alliance (TOGA) est un partenariat stratégique entre l'Ontario Greenhouse Vegetable Growers et Fleurs Canada (Ontario) inc., qui a pour objectif de traiter les questions communes aux membres de ces deux associations.

4.4 Fleurs Canada (Growers) est membre de l'Alliance Canadienne de l'Horticulture Ornementale (ACHO) formée pour défendre les intérêts des secteurs canadiens de la floriculture et des pépinières d'un point de vue national.

5.0 Synthèse

L'industrie vend un style de vie fondé sur " la beauté, la couleur et la qualité de vie ". Les plantes et le jardinage doivent procurer du plaisir! La famille nord-américaine typique mène une vie trépidante et a peu de temps libres. En raison des percées technologiques (téléphones cellulaires, courriels, micro-ondes), les consommateurs s'attendent à des résultats instantanés, même lorsqu'ils achètent des végétaux. Puisque l'industrie vend de la beauté et de la couleur, les producteurs doivent connaître les tendances en matière de couleurs et comprendre que le consommateur est fatigué de toujours voir les mêmes produits floraux. Par conséquent, les producteurs doivent cultiver et commercialiser des fleurs et des plantes nouvelles et différentes, spécialement conçues pour répondre à ces attentes.

 


Auteur : Wayne Brown - spécialiste de la floriculture de serre/MAAARO; Graeme Murphy - spécialiste de la lutte intégrée, floriculture de serre/MAAARO
Date de création : 01 juin 2003
Dernière révision : 15 avril 2011

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