L'industrie de la floriculture de serre en Ontario

Table des matières:

Profil du secteur

Aperçu de l'industrie

L'industrie ontarienne de la floriculture de serre a connu une croissance appréciable ces 25 dernières années. D'après les recettes des ventes à la ferme, ce secteur d'activité agricole arrive aujourd'hui en troisième position derrière le secteur laitier et celui de l'élevage porcin. Depuis le début des années 1980 jusqu'à récemment (2004), le secteur a connu une expansion de 10 % ou plus par année, même aux périodes où le reste de l'économie canadienne était en récession. En majorité, les producteurs en gros de taille moyenne ou grande sont très dynamiques, énergiques et technologiquement évolués et ont été la clé de la réussite du secteur ontarien sur le marché nord américain.

L'industrie est diversifiée et se compose de trois grands secteurs de production, à savoir les plantes à fleurs en pots, les fleurs coupées et les plantes potagères à repiquer/jardins printaniers en conteneurs.

En 2009, l'industrie déclarait employer plus de 10 000 personnes (6 300 travailleurs saisonniers et 4 000 travailleurs à plein temps), pour une masse salariale annuelle brute de 154 millions de dollars (Publication 22-202 de Statistique Canada). La production de la floriculture comprend les plantes à fleurs en pots, les plantes annuelles printanières et à massif, les vivaces cultivées en pots, les plantes printanières en pots et les fleurs coupées produites dans des serres chauffées et des serres tunnel autoportantes.

Valeur de l'industrie

D'après Statistique Canada (Publication CANSIM, Tableau 001-0050), la valeur des ventes à la ferme de l'industrie ontarienne de la floriculture s'établissait en 2012 à 710 millions de dollars, soit une hausse de 11 % par rapport à 2008. En 2008, la valeur des ventes à la ferme a chuté de 21 % comparativement à 2007 en raison de la récession qui a frappé l'Amérique du Nord et de l'augmentation de la valeur du dollar canadien qui a affecté nos exportations. Du début des années 1990 jusqu'à 2004, on a enregistré une croissance moyenne de plus de 10 % due à l'augmentation des exportations et à la vente de produits floraux par les grandes chaînes de commerce au détail.

Les ventes à l'exportation ont connu un sommet en 2002. De 2003 jusqu'à 2008, les ventes à l'exportation à destination des États-Unis ont constamment fléchi pour atteindre 72 millions de dollars, soit un déclin de 45 %. Depuis 2009, les ventes à l'exportation sont demeurées relativement stables, pour une valeur à l'exportation en 2012 de 73 millions de dollars (Statistique Canada, CANSIM, Tableau 001-0050). Les exportations interviennent maintenant pour 10 % des ventes totales et sont essentielles à la rentabilité des grands producteurs pour le marché du gros installés dans la région du Niagara et les régions voisines. La valeur monétaire des importations (fleurs coupées, bulbes et boutures) a atteint 164,5 millions de dollars en 2012, résultat d'une hausse constante depuis 2002. Le secteur accuse maintenant une balance commerciale négative d'environ 105 millions de dollars (Industrie Canada).

Regard sur l'industrie ontarienne

En 2008, l'industrie ontarienne intervenait pour 49,5 % des recettes totales à la ferme au Canada (1,3 milliard de dollars), augmentant à 52 % en 2012. Au cours de ces cinq années, la valeur des ventes à la ferme au Canada n'a progressé que de façon marginale, pour atteindre 1,4 milliard de dollars en 2012.

Au Canada, les deux autres provinces ayant une production importante sont la Colombie-Britannique et le Québec. En 2012, le secteur, en Colombie-Britannique, intervenait pour 22,6 % de la production canadienne et le Québec, pour 11,5 %. Depuis 2008, la valeur des ventes à la ferme du secteur en C.-B. a augmenté, tandis qu'au Québec, elle diminuait légèrement. Dans les deux provinces, tout comme en Ontario, ces secteurs ont connu une croissance considérable au cours des années 1990. Même si la valeur des ventes à la ferme en C.-B. a chuté au milieu de la dernière décennie, ce déclin a été moins marqué que celui accusé par l'industrie ontarienne, en raison d'une moindre dépendance des marchés d'exportation. L'industrie québécoise, qui dessert avant tout le marché de la province, a connu une légère contraction en raison du coût élevé des combustibles.

La croissance passée du secteur ontarien a été animée par la proximité relative du marché provincial et de l'important marché américain (population du littoral Est), le climat et la concentration d'exploitations plus grandes et technologiquement avancées au sein d'une petite région, ce qui a permis la spécialisation des cultures.

Parmi les régions d'Amérique du Nord, l'Ontario conserve le troisième rang des producteurs de floriculture de serre, derrière la Californie (985 millions de dollars US) et la Floride (812 millions de dollars US). Le Michigan, dont le climat est analogue à celui de l'Ontario, vient au troisième rang des grands producteurs floriculteurs américains avec 365 millions de dollars US. En 2008, la valeur des ventes à la ferme a chuté de 2 %, 5 % et 3 % pour ces trois États respectivement. En 2011 et en 2012, la valeur des ventes à la ferme en Californie et en Floride a reculé de 3 % par rapport à l'année précédente. La valeur totale des ventes à la ferme de la floriculture de serre américaine totalisait 4,12 milliards de dollars en 2012.

Superficie en production et nombre de producteurs

En 2008, d'après Statistique Canada on recensait 885 producteurs pour un total de 425 ha consacrés à la floriculture de serre. En 2012, le nombre de producteurs avait chuté de 25 %, pour s'établir à 660 (Statistique Canada, CANSIM, Tableau 001-0047) et la superficie en production était passée à 385 ha (diminution de 10 %). À titre de comparaison, la superficie en production pour les légumes de serre en 2012 était de 829 ha, soit une hausse de 12 % par rapport à la même période et le nombre de producteurs a augmenté de 10 %. Le secteur des légumes de serre a maintenant une superficie en production qui est le double de celle de la floriculture. Au cours des cinq dernières années, l'industrie des légumes de serre a poursuivi son expansion, animée la demande du marché pour ces produits, tant aux États-Unis qu'au Canada.

Les floriculteurs commerciaux qui abandonnent le secteur sont composés d'un mélange de producteurs pour le marché du gros dont les installations de production sont plus anciennes et de producteurs plus petits qui vendent en gros et au détail. Il reste encore de nombreux petits exploitants qui vendent au détail et qui fonctionnent de façon rentable pendant cinq à six mois de l'année : ils font une production de serre non traditionnelle desservant un marché local dynamique de plantes printanières de jardin. D'après les résultats de l'enquête de Statistique Canada, le nombre total de mois d'exploitation dans l'ensemble du secteur de la floriculture a chuté de 30 % au cours des cinq dernières années (Statistique Canada, CANSIM, Tableau 001-0047). En faisant la moyenne par rapport au nombre de producteurs dans chacun des secteurs, la production de légumes en serre fonctionne 11 mois par an, comparativement à 7,5 mois pour la production florale. L'évolution de la demande des consommateurs et des habitudes d'achat fait que nombre de floriculteurs n'exploitent qu'une faible partie de leurs installations de production au cours de l'automne et au début de l'hiver, en raison de la faiblesse de la demande et de la forte consommation d'énergie.

En 2012, la double pellicule de polyéthylène, le verre et l'acrylique étaient les trois revêtements de serre utilisés en floriculture de serre, le double polyéthylène intervenant pour 63 % et le verre 30 % de la superficie en production. Le polyéthylène double est habituellement préféré en raison des coûts de chauffage moins élevés, d'une lumière plus diffuse au cours des mois d'été comparativement au verre. Le verre a souvent été privilégié pour les cultures hivernales exigeant beaucoup de lumière. L'inconvénient du polyéthylène est qu'avec le temps il laisse de moins en moins passer la lumière et qu'il faut le remplacer et le recycler aux trois ans.

Répartition géographique

La production ontarienne se situe en majorité (75 %) dans le Sud de l'Ontario, dans les comtés/régions autour de la pointe occidentale du lac Ontario (Niagara et Hamilton) et les comtés bordant la rive nord du lac Érié (Haldimand et Norfolk, notamment). Dans le Sud de l'Ontario, 50 % des producteurs et 60 % de la superficie en production se situent dans les régions de Niagara et de Hamilton. Au cours des cinq dernières années, le pourcentage de la production provenant de ces régions et destinée au marché d'exportation a diminué. Entre 2001 et 2006, la superficie en production du Niagara a augmenté de 31,5 ha, mais depuis, on estime qu'une superficie équivalente a été retirée de la production. Le comté d'Essex, dans les années 1980 et 1990, se classait au deuxième rang pour la superficie de production en floriculture, mais le secteur s'est fortement contracté au cours des cinq dernières années, un pourcentage plus grand de la zone étant consacrée aux fleurs coupées (rose, alstroémères et chrysanthèmes) et nombre d'horticulteurs ont dû quitter l'industrie, incapables de soutenir la concurrence au niveau des prix, de la qualité perçue de la production sud-américaine et parce que leurs installations de production étaient plus anciennes et moins efficaces.

Taille des exploitations

La taille moyenne des exploitations en Ontario est d'un peu plus de 4 000 m2 selon le dernier recensement de l'agriculture. Toutefois, les exploitations, dans les principales zones de production, sont beaucoup plus vastes. En 2011, l'exploitation type du Sud de l'Ontario faisait environ 10 000 m2 comparativement à 1 550 m2 (16 500 pi2) ou moins dans les zones non traditionnelles de production de la province. Ces petites exploitations familiales desservent leur marché local, qui se compose surtout de plantes à repiquer, de vivaces et de chrysanthèmes de jardin à la fin de l'été.

Tendances de l'industrie

Faits saillants sur les cultures et la production

La floriculture de serre est très diversifiée, pour ce qui est de la gamme des cultures produites. Plusieurs milliers d'espèces de plantes sont cultivées comme fleurs coupées, plantes à fleurs et à feuillage en pots, plantes à repiquer/annuelles printanières et herbacées vivaces. Historiquement, l'industrie est divisée en quatre grands secteurs : plantes à massifs/printanières, fleurs en pots et plantes à feuillages et fleurs coupées.

Habituellement, les producteurs de fleurs coupées ne produisent que cela et se spécialisent dans une ou deux cultures. Leur marché a changé à une vitesse étonnante depuis le début des années 2000 et, en 2012, il ne reste qu'un petit groupe de producteurs, chacun se spécialisant dans une ou deux cultures et les chiffres de production ne sont pas divulgués par Statistique Canada pour des raisons de confidentialité. Toutefois, d'après la connaissance que nous avons de l'industrie, voici les observations ou commentaires que nous pouvons formuler :

  • il n'y a qu'un seul producteur de roses;
  • la production de chrysanthèmes, d'alstroémères, de lis coupés et d'iris a chuté de 60 % à 75 % au début des années 2000, mais s'est stabilisée au plancher de production depuis cette époque;
  • la production de gueule-de-loup et de frésia est demeurée stable;
  • la gerbéra reste une fleur coupée populaire, la production affichant des hausses modestes annuelles depuis cinq ans. La production de tulipes hydroponiques coupées a grimpé de façon étonnante depuis cinq ans comme culture hivernale saisonnière;
  • le lisianthus est une culture saisonnière estivale dont la production connaît nombre de difficultés. La production a chuté en raison d'un manque de demande de fleurs coupées au cours de l'été, époque où les consommateurs tendent à passer moins de temps chez eux;
  • on cultive nombre d'autres fleurs coupées, tant sur une base annuelle que saisonnière, notamment anthuriums, asters, hydrangées et tournesols.

Les producteurs de plantes à fleurs en pot constituent un groupe diversifié où on retrouve deux principales stratégies en matière de production : ceux qui se spécialisent dans la production hebdomadaire d'une ou de plusieurs cultures de fleurs comme le kalanchoe, le bégonia Rieger, la rose miniature, et ceux qui se concentrent sur des cultures saisonnières comme le poinsettia, l'hortensia, le lis de Pâques et les plantes printanières à massif de fleurs. Les forces du marché ont déclenché des changements rapides et importants dans le secteur des plantes à fleurs en pot. Par rapport à 2007, la production de la plupart des plantes en pot a chuté de 20 % à 60 % (57 % pour le cyclamen, 60 % pour le kalanchoe, 48 % pour le chrysanthème et 21 % pour le lis de Pâques). La production de ces plantes à fleurs en pots a connu depuis 2008 une autre chute de 20 % à 50 %. La production d'orchidées (surtout l'orchidée papillon de nuit) a augmenté très rapidement mais a reculé de 75 % au cours des cinq dernières années sous l'effet de l'importation de plantes à fleurs des États-Unis. Pendant cette période, les chiffres de production de poinsettia, de lis et de gerbéra sont demeurés stables. La seule culture dont la croissance s'est poursuivie est celle des chrysanthèmes de jardin de l'automne. Les producteurs de plantes à massifs se concentraient habituellement sur la production de plantes à massif printanières, de paniers floraux à suspendre, de géraniums et de chrysanthèmes de jardin cultivés à l'extérieur pendant l'été pour être vendues à la fin de l'été et à l'automne. Depuis 2008, lorsque la demande hebdomadaire de plantes à fleurs en pots a commencé à fléchir, nombre de ces producteurs sont passés aux cultures florales printanières, notamment aux légumes et aux fines herbes à transplanter, en raison de la croissance de la demande des consommateurs. Depuis 2008, la production d'annuelles printanières à massif de fleurs a augmenté de plus de 15 % et celle des légumes et fines herbes à transplanter, de plus de 35 %.

Au cours de la dernière décennie, le marché printanier a vu apparaître une pléthore de nouvelles plantes annuelles à fleurs à propagation végétative utilisées principalement dans les corbeilles suspendues, jardinières de fenêtre et conteneurs de terrasse/jardin. Ce changement a entraîné une baisse considérable de la production d'annuelles se multipliant par semences, notamment dans les classiques cartons à alvéoles.

Ces dernières années, la distinction entre ces deux derniers secteurs est devenue moins marquée en raison des pressions économiques et des endroits où la demande était la plus forte. Les producteurs de plantes à massifs offrent désormais toute la gamme des herbacées vivaces également à l'aide de la technique des plantes à repiquer, en partie en réaction à la demande des acheteurs pour le marché de masse.

De nombreux gros producteurs de plantes à massifs ont saisonnalisé davantage leur production en réponse aux changements des profils de vente des chaînes desservant le marché de la consommation. Il y a aussi de nombreux producteurs saisonniers qui ne fonctionnent que de cinq à six mois par an et qui se retrouvent souvent dans la vente au détail, dans les petites localités de la province, où ils desservent le marché local.

Dans les grands centres urbains, la préférence des consommateurs à l'égard des plantes printanières a évolué en raison de la forte augmentation de la demande d'annuelles printanières en conteneurs plus grands, paniers à suspendre et produits à valeur ajoutée plus marqués et plus colorés. Les consommateurs se soucient moins du jardinage que de la décoration avec des plantes aux couleurs vives qui mettent en valeur leur résidence et leur terrasse, en partie parce qu'ils manquent de temps.

L'informatisation et l'automatisation jouent désormais un rôle essentiel pour maintenir la compétitivité de l'industrie, qui a recours à des systèmes informatisés de régulation climatique/environnementale. L'automatisation, notamment les robots, est devenue la norme dans la majorité des exploitations et on la retrouve dans l'ensemencement et la transplantation des plantes à massif, le remplissage des pots, l'irrigation, la récolte et le classement des fleurs coupées, ainsi que l'épandage de certains antiparasitaires.

L'adoption des principes de lutte intégrée contre les ravageurs est universelle dans l'industrie florale. L'adoption des stratégies de lutte intégrée et la tenue de dossiers détaillés sont essentielles pour exploiter une entreprise dans le cadre du programme de certification pour l'exportation des plantes en pots mis en place par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA).

L'usage de biopesticides est désormais largement répandu chez nombre de producteurs de plantes à fleurs en pots, en raison de problèmes de résistance aux insectes (aleurode Bemisia argentifolii, biotype Q, thrip des petits fruits, puceron de la digitale). Il y a eu des pertes importantes en raison du manque d'insecticides efficaces. La diversité des cultures et des systèmes de production fait que de nombreux défis sont à surmonter. En règle générale, les petites exploitations de plantes à massif sont moins susceptibles d'adopter des stratégies de lutte biologique, car les pressions exercées par les ravageurs sont moins fortes, puisque leur exploitation est saisonnière, qu'ils dépendent de végétaux à propagation par semences et qu'ils sont éloignés des fournisseurs de services qui pourraient les guider.

Développement des marchés intérieur et d'exportation

La forte croissance du secteur de la production de gros, tant sur le marché intérieur qu'à l'exportation, est due à la présence, dans la vente de plantes et de fleurs, des grandes chaînes du marché de la consommation, notamment les grands magasins d'escompte, les détaillants du marché de la rénovation résidentielle et les chaînes d'alimentation. Les boutiques de fleuristes ont conservé leur part de marché dans le secteur des mariages et des funérailles de la vente au détail, mais ont perdu la plus grande partie du marché des plantes à fleurs en pots et des plantes à massifs.

Dès le milieu des années 1980 et jusqu'en 2003, les producteurs, notamment dans la région du Niagara, ont réussi à développer un marché d'exportation dans l'ensemble des États du littoral des États-Unis, notamment des destinations aussi loin au sud que la Floride et le Texas et aussi loin à l'ouest que Chicago. L'industrie ontarienne a d'abord réussi à pénétrer le marché américain de la consommation grâce à ses investissements dans la technologie, à la qualité de ses produits, à leur diversité, à la spécialisation et au volume. La concentration de producteurs et de distributeurs grossistes dans une zone relativement restreinte leur a été avantageuse et leur a permis d'approvisionner tous les magasins d'une grande chaîne de consommation à l'intérieur d'une région bien délimitée, grâce à une gamme complète de produits floraux. De la sorte, individuellement, les producteurs ont pu se spécialiser dans telle ou telle culture. De plus, au cours des années 1990 et au début des années 2000, le taux de change a favorisé les producteurs et les grossistes ontariens.

Selon Statistique Canada, Division du commerce international, les exportations ont augmenté rapidement au cours des années 1990, passant de 63,3 millions de dollars en 1991 à un sommet de 317 millions de dollars en 2002. Les ventes à l'exportation ont, depuis, considérablement chuté et ce, pour diverses raisons, notamment l'augmentation rapide de la valeur du dollar canadien, l'évolution des profils d'achat des acheteurs pour le marché de la consommation en réponse aux changements des habitudes d'achat des consommateurs, la récession qui perdure en Amérique du Nord depuis 2008 et les taux de chômage qui sont élevés depuis. Les ventes à l'exportation à destination des États-Unis se situaient aux environs de 130 millions de dollars canadiens entre 2008 et 2012.

Pendant nombre d'années, la floriculture de serre canadienne a affiché une balance commerciale fortement positive. Depuis 2008, la balance est devenue de plus en plus négative pour atteindre 111 millions de dollars en 2012 (Industrie Canada, SCIAN 111422 - Floriculture). La raison de cela est la baisse de la production intérieure de fleurs coupées, le recul des exportations de plantes à fleurs en pots printanières vers les États-Unis et les changements dans les pratiques de production. Les boutures pour reproduction végétative sont presque exclusivement importées de pays étrangers où le climat est plus favorable à la production de boutures et où les coûts de production sont moins élevés.

Enjeux

Exportations

Le marché des exportations a régressé considérablement depuis 2003 et ce, pour diverses raisons. Le changement rapide du taux de change, passant d'une moyenne de 1,40 $ en 2003 à 0,99 $ en 2013 a réduit à néant un avantage concurrentiel essentiel (le taux de change canadien de mars 2011 était de 1,02 $ - 1,03 $; en mars 2013, 0,92 $). En raison de l'expansion et de la modernisation des grands producteurs américains et ontariens, le marché hebdomadaire a été sur-approvisionné en cultures florales en pots. La politique d'établissement du prix de revient des grandes chaînes, sensibles à la concurrence et aux prix arrondis, a fait que les prix unitaires des plantes ont suivi une courbe essentiellement plate depuis une décennie, voire plus. L'escalade des frais de transport, dont le supplément carburant, l'augmentation des coûts des conteneurs et du conditionnement (couvre-pots, gaines et cartons, autant d'intrants dont la fabrication consomme de l'énergie) ont fait que les marges de production sont des plus minces. Tel que mentionné précédemment, la récession américaine de 2008 a également eu un effet considérable sur les ventes à l'exportation.

Les marchés

Les chaînes de magasins, les grands magasins d'escompte et les chaînes de supermarchés des États-Unis et du Canada ont modifié leurs profils d'achats pour rendre compte de ceux des consommateurs et la plupart d'entre eux se concentrent maintenant sur les ventes liées aux principaux jours fériés (Pâques, Fête des mères, Memorial Day aux États-Unis, Action de grâces et Noël) et surtout, le marché printanier puisque nombre des chaînes connaissent de hauts niveaux de perte de produits (faible débit de vente) pendant le reste de l'année. De nombreuses chaînes exigent maintenant la livraison directe de petits envois aux magasins individuellement au lieu de passer par des entrepôts régionaux. Ce changement d'orientation a suscité des difficultés pour les producteurs, tant sur le plan de la production que sur celui de la main-d'œuvre.

Les fleurs coupées et les plantes à fleurs en pots sont, pour les consommateurs, un achat fait sur leur revenu discrétionnaire. Le consommateur a nombre de choix pour dépenser son revenu discrétionnaire, si son budget personnel est serré. Les fleurs ne sont pas un bien fondamental comme la nourriture. Les consommateurs peuvent avoir le goût d'acheter des fleurs et des plantes pour leur beauté, leur capacité d'illuminer le milieu environnant, ou parce qu'elles ont une bonne valeur en raison d'une excellente durée de conservation.

Les habitudes d'achat de produits floraux des consommateurs américains sont différentes de celles des consommateurs européens, qui achètent des fleurs coupées ou des plantes florales en pots presque chaque semaine et dépensent annuellement 10 fois plus par personne que les Nord-Américains. Les habitudes de consommation des consommateurs canadiens se situent entre ces deux pôles, mais pour la plupart, ils achètent des plantes à fleur en pots. D'après les enquêtes sur l'industrie, les consommateurs ontariens, pour la plupart, n'achètent des fleurs coupées que trois à quatre fois par an pour eux-mêmes.

L'introduction des codes universels de produits (CUP) sur la majorité des produits floraux et maintenant, les paiements des ventes par balayage de code-barre dans certaines grandes chaînes de distribution de masse ont posé des difficultés parce que les CUP des produits floraux sont propres à chaque entreprise et ne peuvent être ajoutés à la réception des bons de commande. De plus, de nombreuses chaînes de rénovation domiciliaire qui ont leur centre du jardin ont mis en place une politique de « fournisseur principal » selon laquelle celui-ci assume la responsabilité de l'entretien des végétaux et de l'installation des présentoirs dans chaque centre du jardin pour augmenter la rentabilité et le débit de vente de plantes à massif et autres plantes florales en pots et réduire ainsi leurs pertes. Il a donc fallu que les producteurs recrutent du personnel ou des tiers entrepreneurs pour surveiller et entretenir le matériel végétal livré à chaque centre du jardin, éventuellement à des centaines de kilomètres de là. Certains y voient la possibilité de vendre davantage de plantes, compte tenu de l'augmentation minime du prix de gros et de la nature périssable des produits.

Le secteur des fleurs coupées n'est pas sorti d'affaires. Il est devenu extrêmement difficile de soutenir la concurrence des fleurs coupées ordinaires moins chères (roses, œillets, chrysanthèmes, alstroémères) importées d'Amérique du Sud et d'Afrique pour faire des bouquets de fleurs et des arrangements de fleuristes. Ces plantes peuvent être cultivées toute l'année sous des conditions de grande luminosité et leur transport est facile, une fois séchées. Depuis janvier 2005, une des principales chaînes nationales de vente au détail s'approvisionne en bouquets préarrangés directement d'Amérique du Sud, éliminant les producteurs de roses et de chrysanthèmes ontariens, ainsi que les grossistes en bouquets. Il en a résulté une forte chute du prix marchand des produits canadiens. En 2002, l'Ontario a produit plus de 34 millions de tiges de rose thé et de rose miniature, mais seulement 8,4 millions en 2008, soit une chute de 75 % en six ans. Une bonne partie de cette baisse de production a été remplacée par le gerbéra et la gueule-de-loup, deux cultures de fleurs coupées qui ne se transportent pas aussi facilement sur de longues distances. Par conséquent, les prix du gerbéra et de la gueule-de-loup coupés ont connu une baisse importante. Il est probable que d'autres exploitants de fleurs coupées, qui vivent actuellement sur leurs fonds propres, seront forcés de cesser leurs activités dans les quelques prochaines années.

La production saisonnière (de janvier au début de mai) des tulipes hydroponiques a continué d'augmenter. Même si les chiffres de production ne sont pas déclarés, pour des motifs de confidentialité, on estime que 90 à 100 millions de tulipes sont forcées annuellement en tulipes coupées.

Les quelques producteurs de fleurs coupées qui restent essaient de soutenir la concurrence en ne cultivant que les dernières nouveautés ou les couleurs non traditionnelles que les principales régions productrices ne cultiveront pas tant que la demande ne deviendra pas assez forte. L'incapacité d'avoir accès aux derniers cultivars de chrysanthèmes coupés mis au point en Europe en raison d'une interdiction d'importation de boutures pour lutter contre la rouille blanche du chrysanthème signifie que ces producteurs ne peuvent vendre sur le marché local les cultivars les plus récents. Les producteurs de chrysanthèmes qui restent continuent à exploiter de nombreux cultivars qui existent maintenant depuis 25 à 30 ans.

Protection des cultures

On continue à avoir de la difficulté à disposer des mêmes pesticides que les producteurs américains. L'industrie a soutenu le programme canadien des pesticides à usage limité, mais les exigences de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, qui demande des données sur les résidus foliaires à faible adhérence dans les serres et des études d'exposition professionnelle non généralement exigées par les États-Unis, non plus que d'autres pays de l'OCDE, ont été les grandes pierres qui ont fait achopper l'homologation de nouveaux produits. Il s'est présenté plus récemment un autre obstacle dans le système d'homologation, soit l'exigence que l'extension du profil des nouveaux pesticides dans le cadre du PEPUDU (Programme d'extension du profil d'emploi pour usages limités à la demande des utilisateurs) relève de la même catégorie d'utilisation. L'absence de nouveaux produits efficaces et à faible risque compatibles avec la lutte intégrée et la lutte biologique demeure une frustration pour l'industrie. L'adoption de programmes de lutte biologique, là où c'était possible, a permis d'obtenir un résultat encourageant et de sortir de ce dilemme. L'industrie ontarienne est, en Amérique du Nord et en Europe, le chef de file de l'adoption de normes pour la lutte biologique. Par contre, pour que les programmes de lutte biologique soient adoptés dans une vaste gamme de cultures florales, il est absolument nécessaire d'obtenir l'homologation de pesticides à risque réduit, puisque l'usage de nombreux ingrédients actifs actuels est un grave frein au progrès. Réussir à adopter des programmes de lutte biologique peut être utile sur le plan de la stratégie de commercialisation, car les consommateurs sont de plus en plus conscients des problèmes d'« écologie » et de « durabilité ». Au cours de la dernière décennie, Fleurs Canada Ontario a financé un poste de technicien spécialiste pour participer à la mise au point de programmes d'extension du profil d'emploi pour usages limités demandés par les utilisateurs.

Cours du dollar

Les producteurs et les grossistes distributeurs ont été sérieusement secoués par la montée en flèche de la valeur du dollar canadien par rapport à son homologue américain. Cette ascension a commencé en 2004 et le dollar est maintenant presque au pair avec le dollar américain. Les producteurs et les grossistes se concentrent sur la qualité et le service pour conserver leur part de marché, mais nombre d'acheteurs des chaînes de magasins se préoccupent davantage du prix unitaire.

Problèmes frontaliers

Les retards à la frontière américaine dus au renforcement de la sécurité depuis les événements du 11 septembre 2001 ont coûté cher aux producteurs et nombre de cargaisons ont été retardées de six à 12 heures ou renvoyées pour des problèmes parasitaires. L'impression qui subsiste dans l'industrie est que les problèmes frontaliers font office d'obstacles non tarifaires au commerce. Cela a provoqué le mécontentement des clients de la vente au détail aux É.-U., qui comptent sur la livraison des produits « juste à temps » dans leurs centres de distribution ou magasins individuels.

L'indication du pays d'origine sur l'étiquette est également un problème qui touche l'exportation des bouquets de fleurs coupées et arrangements floraux destinés au marché de masse, car ces produits contiennent des fleurs coupées importées (généralement d'Amérique du Sud) et des fleurs coupées produites en Ontario; le problème est dû en partie à ce que le Canada n'inspecte pas les fleurs coupées qui entrent au pays, contrairement aux États-Unis. L'industrie a travaillé de concert avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments et les représentants phytosanitaires du gouvernement américain afin de régler le problème, sans beaucoup de succès jusqu'à présent.

Parasites et maladies quarantenaires

Le scarabée japonais, Ralstonia, Phytophthora ramorum (encre des chênes rouges) et la rouille blanche du chrysanthème ont causé de nombreux problèmes et coûté à l'industrie des centaines de milliers de dollars en ventes perdues ces dernières années, en raison des restrictions à la circulation internationale des produits tant finis que destinés à la multiplication. En 2005 et à nouveau en 2008, un nouvel insecte ravageur, Duponchelia fovealis, dont on ignorait la présence en Amérique du Nord et non signalé aux É.-U. avant 2010, mais largement répandu dans les serricultures en Europe, a été découvert dans plusieurs exploitations. Son éradication a entraîné des coûts énormes; par contre, on confirme à présent qu'il existe dans plus de 12 États américains depuis 2010. Les inquiétudes demeurent considérables, dans l'ensemble de l'industrie de la serriculture, qui dépend du marché américain comme destination pour les fleurs et les légumes produits en Ontario. La cécidomyie du chou-fleur a été retirée de la liste de quarantaines en 2009, mais la plus grande partie de la production de plants de légumes de consommation à repiquer destinée aux États-Unis avait déjà été perdue en raison de l'incapacité des producteurs de répondre aux exigences de certification. En 2007, l'ACIA a amorcé des consultations avec l'industrie concernant les ravageurs quarantenaires et leur incidence sur l'industrie. Actuellement, chaque producteur assume les coûts financiers de la destruction et de la perte de ventes lorsqu'un parasite ou une maladie quarantenaire a été décelé. Fleurs Canada Ontario examine la possibilité de créer un programme d'assurance parrainé par l'industrie.

Environnement

La CITES, soit la convention internationale qui vise à protéger les plantes sauvages, crée à l'occasion des difficultés en ce qui a trait à l'exportation de plantes à fleurs comme le cyclamen, ou de nombreuses espèces de cactus et d'orchidées parce que leurs espèces autochtones sont protégées en vertu de la Convention internationale.

Gestion de l'eau et des éléments nutritifs

Il s'agit d'une vaste question, et en même temps d'une préoccupation majeure, en raison de l'intensité de la production moderne. Dans le cadre des pratiques normales de production en serriculture, les exploitants produisent des eaux de lixiviation et de rinçage susceptibles de contenir des éléments nutritifs, des traces de pesticides résiduels, du matériel d'assainissement et des substances à ombrer, généralement libérées directement ou indirectement dans l'environnement par les drains souterrains. La majorité des plantes à massifs et des cultures en pleine terre sont produites dans des systèmes ouverts où des drains souterrains, sous la serre, drainent l'eau du sol ou l'eau d'irrigation excédentaire appliquée aux cultures. Puisque les serres multichapelles sont considérées comme des structures permanentes, la Loi ontarienne sur le drainage agricole ne s'applique pas aux drains souterrains sous les serres. Depuis le début des années 1990, puisqu'elle dépend des cultures et de l'économie, l'industrie a pris les devants et a installé des systèmes de recirculation (principalement irrigation souterraine pour la production de plantes en pots) non seulement pour mieux gérer et réduire l'utilisation de l'eau et des éléments nutritifs, dans la construction de nouvelles zones de production ou la modernisation d'installations plus anciennes, mais également pour parvenir à une plus grande efficacité au niveau de la main-d'œuvre. Par contre, les fleurs coupées, par exemple la gueule-de-loup, les alstroémères et les chrysanthèmes, qui sont des cultures traditionnellement cultivées en terre ou en conteneurs comme les plantes à massifs, sont encore produits dans des systèmes ouverts. La gestion des eaux d'orage, notamment les eaux de ruissellement et du drainage souterrain des serres, est un défi de plus en plus délicat car, dans nombre d'installations actuelles, les deux sont inextricablement liés.

Production de déchets

Dans la plus grande partie des zones de production les plus récentes, on utilisait une double couche gonflée de polyéthylène de 6 mil (PE hd no 4) comme couverture privilégiée pour la toiture des serres. Ce choix est en partie dû au coût initial d'investissement, mais aussi aux économies d'énergie pendant l'hiver et à l'environnement plus optimal dans la serre (éclairement et chauffage par rayonnement) pendant l'été pour la croissance et la production des plantes. L'élimination du polyéthylène, qu'il faut remplacer aux trois à quatre ans en raison d'une perte de transmission de la lumière et de sa fragilisation, est devenue plus difficile au début des années 2000, car nombre de décharges municipales ne l'acceptaient plus comme déchet, la réduction des déchets de plastique des décharges étant obligatoire en raison de la réglementation provinciale. Plusieurs qualités de plastique sont largement utilisées dans la production serricole, notamment le PE hd (no 2), le polypropylène (la plupart des pots de plastique) et le polystyrène-choc (no 6) qui sert surtout pour les plateaux et les boîtes alvéolées.

Plusieurs entreprises de recyclage et fabricants de pots de plastique pour l'horticulture ont désormais en place des programmes rodés pour mettre en ballots et recueillir le polystyrène après enlèvement de la toiture des serres. Tant chez le serriculteur que dans les centres de jardin au détail, on voit surgir des initiatives de collecte, de tri et de recyclage des diverses qualités de déchets de plastique en réponse aux préoccupations des consommateurs. Le renouveau de l'intérêt pour le verre s'est surtout produit dans la serriculture légumière et cela pour deux raisons : une durée de vie de plus de 20 ans et des niveaux d'éclairement de 30 % plus élevés, essentiels pour la qualité des cultures et la production hivernale.

Le carton est un autre des principaux déchets créés en raison des exigences d'expédition, mais il est désormais recyclé.

Marges bénéficiaires

Les prix grossistes sont demeurés stables ou ont chuté ces quelques dernières années, tandis que le coût des intrants, notamment de la main-d'œuvre, ne cesse d'augmenter. Le coût des matières plastiques et du transport (surcharge carburant des sociétés de transport) ont augmenté de plus de 30 % depuis cinq ans. Pour demeurer bénéficiaires, par le passé, les producteurs s'efforçaient de parvenir à une plus grande efficacité au niveau de la production et de la gestion en recourant à divers moyens, notamment en se concentrant sur une seule culture, en réalisant des économies d'échelle et en ayant recours à la technologie. La spécialisation culturale a été associée à la production hebdomadaire, qui s'avère difficile depuis plusieurs années en raison des changements dans la demande des consommateurs à l'égard de plantes à fleurs en pots au fil de l'année. Le recours aux technologies européennes, notamment la robotique et l'automatisation, conçues pour la production hebdomadaire toute l'année, est coûteuse et ne convient pas nécessairement très bien aux systèmes de production saisonnière qui existent en Amérique du Nord.

Les regroupements importants ou alliances stratégiques du côté offre de l'industrie, tant dans la multiplication des semences et l'amélioration des végétaux, pots/conteneurs que des engrais hydrosolubles - a entraîné une baisse de la concurrence et une hausse des prix.

Augmenter le prix de nombre de produits floraux pour rendre compte de l'augmentation des coûts de production n'est pas facile, lors de la négociation avec les chaînes de marchandisage de masse. Dans l'industrie, nombreux sont ceux qui considèrent que les produits floraux sont devenus des produits de base dont les marges bénéficiaires sont de quelques sous l'unité.

Énergie

Le prix du gaz naturel a grimpé rapidement entre 2001 et 2009. Depuis, les prix ont fléchi et se maintiennent au tarif antérieur à 2001 par gigajoule, en raison de la récession économique et du volume de gaz naturel actuellement disponible. Le chauffage figure parmi les principaux coûts d'intrants, représentant habituellement de 20 % à 35 % du coût total de la production selon la culture pratiquée. Par contre, compte tenu du bas prix du gaz naturel, les coûts de l'énergie en tant que pourcentage des coûts de production ont chuté à 15 % à 20 %. Les mois de décembre à février représentent habituellement 58 % du total des besoins annuels en chauffage. Les gros producteurs et la Coopérative Ag Energy (mandatée pour effectuer les achats en vrac de gaz naturel) ont amorti une partie de la tarification imprévisible par des achats en quantité et des contrats à long terme.

Les sources d'énergie de remplacement ne sont pas largement adoptées dans l'industrie. Certains utilisent des sources de combustible de remplacement, par exemple les produits de déchets de bois. D'autres sources d'énergie, notamment les boulettes d'écailles d'avoine et le maïs ont fait l'objet d'essais, mais souvent, les producteurs n'ont pas apprécié les nombreux problèmes qui en découlent et l'augmentation des tâches de gestion nécessaires pour faire fonctionner les chaudières lorsqu'ils utilisent des combustibles de remplacement. D'autres se dotent de chaudières neuves et d'une technologie informatisée permettant une plus grande efficacité énergétique. D'autres, dont les installations sont plus anciennes, ferment certaines parties de leur exploitation pendant les périodes les plus froides de l'année en raison de la faiblesse des prix et de la demande pour leurs produits. Quelques grandes exploitations peuvent envisager l'installation d'unités de cogénération, tout dépendant de la politique et des décisions en matière de prix, mais pour la plupart, les exploitations floricoles estiment ne pas être suffisamment grandes, comparativement aux producteurs de légumes de serre, pour que cela soit économique.

Quelques exploitations ont fortement investi dans des digesteurs anaérobies mis au point à l'aide de la technologie européenne et en utilisant des déchets organiques pour produire du méthane et chauffer leurs chaudières. L'un des nombreux problèmes de ce type de système a été celui des odeurs.

Les coûts d'électricité, généralement, interviennent pour 10 % de la facture totale d'énergie et l'augmentation rapide des prix en 2002, à la suite de la déréglementation du marché ontarien, a été source de vives préoccupations pour nombre de producteurs. L'usage de l'éclairage au sodium haute pression a chuté considérablement en raison de l'augmentation des coûts d'électricité (tarification établie sur les périodes d'utilisation de pointe) et de la faiblesse des prix des fleurs à la vente en gros, sauf si l'exploitant a une unité de cogénération qui permet à l'entreprise de produire sa propre électricité et d'utiliser la chaleur résiduaire pour chauffer la serre. D'après les estimations, une hausse des coûts d'électricité de 0,01 $/kWh augmente les coûts de production de 2,25 millions de dollars.

L'industrie, tout autant que les entreprises d'approvisionnement en gaz naturel (Union Gas et Enbridge), ainsi que Hydro One, continuent à appuyer les vérifications exhaustives de la consommation d'énergie (chauffage et électricité), afin de préciser où il est possible de réaliser des économies, et offrent des incitatifs pour apporter des améliorations. Certaines exploitations sont passées de la ventilation à air forcé à la ventilation passive des serres par le toit afin réduire le nombre de moteurs nécessaires pour fonctionner pendant les mois d'été.

Main-d'œuvre

Trouver et conserver de la main-d'œuvre qualifiée pour gérer la production culturale est devenu plus difficile en raison de la saisonnalité croissante du travail dans la production de plantes printanières ou à massifs et de fleurs en pot. D'après Statistique Canada (CANSIM, Tableaux 001-0055 et 001-0053), la masse salariale annuelle a augmenté de plus de 10 % entre 2008 et 2012, tandis que le nombre total d'employés a reculé à 8 500, soit une baisse de 16,5 %. Les coûts de main-d'œuvre représentent habituellement 30 % à 35 % des coûts de production. Nombre d'exploitations dont le travail est très saisonnier comptent de plus en plus sur le programme de main-d'œuvre agricole étrangère pour compléter leur effectif. Le nombre d'employés permanents représente 40 % de l'effectif total de travailleurs. Dans la production de plantes en pots, la technologie, surtout la robotique, est mise en œuvre là où c'est logique, éliminant les activités répétitives, par exemple le remplissage des pots, l'ensemencement et la transplantation et l'espacement des plantes à massifs, tandis que dans le secteur des fleurs coupées, les machines automatiques de classement et de bottelage se répandent de plus en plus dans les grandes exploitations. L'usage des techniques d'automatisation semble difficile chez les producteurs de plantes à fleurs en pots, en raison de la grande variété de dimensions et de formes des pots demandés par les diverses chaînes qui essaient de se distinguer de leurs concurrents.

Rendement après les récolte et rendement des cultures

Les producteurs plantent maintenant des cultivars mis au point par des sélectionneurs, des variétés qui fleurissent plus rapidement et qui prennent moins de place, de sorte qu'ils peuvent faire pousser davantage de plantes par unité de surface. Cela permet plusieurs récoltes par an, mais nombreux sont ceux qui ont de la difficulté à produire la qualité de croissance et de floraison aux périodes de l'année à faible ensoleillement, même en complétant par un éclairage au sodium haute pression. Malheureusement, dans la majorité des cas, le rendement après la récolte et les réactions des consommateurs en réponse aux changements de pratiques de production ont été l'un des aspects essentiels du problème non évalué, surtout parce qu'il y a très peu de chercheurs, de par le monde, qui travaillent en collaboration avec les spécialistes de la production pour préciser les répercussions. Pour vouloir vraiment acheter des produits floraux, les consommateurs doivent percevoir une valeur et un rendement, que ce soit dans leur résidence ou leur jardin.

Différends urbains-ruraux

Les différends entre voisins sont plus fréquents que par le passé. Les problèmes comprennent le bruit des ventilateurs, la circulation des semi-remorques, l'éclairage supplémentaire parasite et les préoccupations environnementales liées au brûlage des combustibles de remplacement, aux odeurs dégagées par les digesteurs anaérobies et au déversement éventuel d'éléments nutritifs et de pesticides. On voit de plus en plus d'interventions des administrations et du gouvernement dans les différends.

Commercialisation

Selon les producteurs, c'est le plus grand défi auquel fait face aujourd'hui l'industrie. Le dilemme est de trouver comment inciter les consommateurs à acheter davantage de produits floraux cultivés localement. Le consommateur achète des fleurs à même son revenu discrétionnaire. Les consommateurs sont sollicités de toutes parts par les grandes campagnes de publicité dans les imprimés et les médias qui leur conseillent où dépenser leur revenu discrétionnaire. Les fleurs doivent être d'une qualité et d'une valeur perçues (fraîcheur, rendement, meilleure durée de vie) et, facteur plus important, l'aspect « étonnement » qui inciterait les consommateurs à acheter des fleurs régulièrement. Puisque des pourcentages de plus en plus élevés de cultures sont commercialisées par les supermarchés et grands magasins d'entrepôt comme le Groupe Loblaw et Home Depot, les producteurs grossistes de taille moyenne ou grande dépendent de plus en plus des grands distributeurs en gros pour commercialiser leurs produits, en raison de leur effectif de vendeurs et de leurs contacts périodiques avec les consommateurs. Les producteurs de taille moyenne peuvent alors se concentrer sur ce qu'ils font le mieux, cultiver des produits de qualité. L'inconvénient est qu'il y a moins de communication directe avec le client. De plus en plus, les grandes chaînes regroupent le nombre de producteurs ou de fournisseurs dont ils achètent dans telle région du pays. Les faillites et les regroupements de chaînes de vente au détail laissent toujours une impression de « froid » chez les producteurs. Les chaînes de commercialisation de masse s'attendent à ce que les producteurs « grandissent avec elles », tandis qu'elles ouvrent d'autres magasins. En réponse aux demandes de ce type, il y a eu aux É.-U. toute une série de prises de contrôle et des fusions de nombre de grandes exploitations en pleine croissance par des courtiers en valeurs mobilières au cours de la dernière décennie. Cette tendance est arrivée en Ontario, mais nombreux sont ceux qui voient cette activité avec un scepticisme considérable, car quelques grandes sociétés américaines ont cédé leurs installations de production après avoir acquis les serres.

Fleurs Canada Ontario Inc. a réussi en 2008 à être désignée comme l'association représentant l'industrie en vertu de l'article 12 de la Loi sur la commercialisation des produits agricoles. Cette initiative lui permet de percevoir des droits de cotisation obligatoires pour financer l'organisation, la recherche sur l'industrie et les campagnes de commercialisation et de positionnement des produits locaux. Avec l'aide financière du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales, Fleurs Canada Ontario a lancé la campagne « Cueillir la fraîcheur de l'Ontario », qui s'adresse expressément aux consommateurs.

Coûts d'immobilisation

Les serres modernes, à la fine pointe des progrès, sont de construction coûteuse, soit 250 $ à 400 $ le mètre carré selon la technologie de production intégrée dans la serre. C'est un obstacle à l'entrée de nouveaux producteurs dans l'industrie. De la sorte, nombre d'exploitations familiales actuelles continuent à prendre de l'expansion, la génération suivante entrant dans l'entreprise familiale. Aux Pays-Bas, les installations de production serricole sont souvent considérées désuètes en 10 à 15 ans. En raison de l'importance du secteur aux Pays-Bas, des politiques sont en place pour favoriser le remplacement des installations plus anciennes par des serres neuves, à la fine pointe des progrès.

Associations de l'industrie

Fleurs Canada (Ontario) Inc. est maintenant l'organisme qui a le mandat de représenter les intérêts des entreprises de floriculture de serre en Ontario. Fleurs Canada (Growers), soit l'instance nationale de Fleurs Canada, est également gérée par le bureau de Guelph de Fleurs Canada Ontario et représente les producteurs canadiens sur les questions d'intérêt national, par exemple les pesticides à usages limités, les questions frontalières, les parasites et maladies quarantenaires, ainsi que les producteurs ontariens sur les questions de nature provinciale. Le directeur exécutif des deux organismes est Dean Shoemaker.

La Coopérative Ag Energy, fondée à la fois par les producteurs de fleurs et de légumes de serre et également située à Guelph, achète des contrats de gaz et d'électricité au nom des producteurs membres. Ces achats de gaz naturel dans le cadre de contrats à long terme constituent un pourcentage important de la consommation de gaz naturel des serres de la province. Rose Marie Gage est chef de la direction.

L'Ontario Greenhouse Alliance (TOGA) est un partenariat stratégique entre l'Ontario Greenhouse Vegetable Growers et Fleurs Canada (Ontario) Inc. et l'une de ses principales priorités touche les questions communes aux membres des deux organismes, notamment l'énergie et l'environnement. Le directeur général est M. James Farrar.

Fleurs Canada (Growers) est membre de l'Alliance Canadienne de l'Horticulture Ornementale (ACHO) créée pour promouvoir, du point de vue national, les intérêts des secteurs canadiens de la floriculture et des pépinières.

En bref

L'industrie vend un style de vie fondé sur « la beauté, la couleur et la qualité de vie ». Les plantes et le jardinage doivent procurer du plaisir! La famille nord-américaine typique mène une vie trépidante et a peu de temps libres. En raison des percées technologiques (téléphones cellulaires, courriels, micro-ondes), les consommateurs s'attendent à des résultats instantanés, même lorsqu'ils achètent des végétaux. Puisque l'industrie vend de la beauté et de la couleur, les producteurs doivent connaître les tendances en matière de couleurs et comprendre que le consommateur est fatigué de toujours voir les mêmes produits floraux. Par conséquent, les producteurs doivent cultiver et commercialiser des fleurs et des plantes nouvelles et différentes, spécialement conçues pour répondre à ces attentes.


Auteur : Wayne Brown - ancien spécialiste de la floriculture de serre/MAAARO
Date de création : 01 juin 2003
Dernière révision : 17 juillet 2014

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