Faucher, conditionner et râteler pour écourter le fanage
Table des matières
- Introduction
- Réglage de la faucheuse conditionneuse
- Confectionner des andains larges
- Faucher le matin ou faucher le soir?
- Raisonner le râtelage
- Acide propionique
Introduction
Le succès d'une bonne fenaison réside dans la rapidité
du fanage. « Il faut faire le foin quand le soleil brille »
dit à juste titre le proverbe anglais. Dans nos régions,
les périodes propices à la confection d'un bon foin,
non interrompues par une pluie, sont fréquemment de très
courte durée. On est souvent placé devant ce choix difficile
: laisser sécher le foin suffisamment pour le botteler avant
la prochaine pluie, ou le botteler alors qu'il n'est pas encore assez
sec et se retrouver avec du foin moisi et poussiéreux. Il faut
faire un compromis entre conditionnement et râtelage du foin
d'une part et perte excessive de feuilles d'autre part. L'art de faire
du bon foin est un art qui s'apprend. On est impuissant face aux conditions
météorologiques, mais on peut adopter des pratiques
de gestion qui limitent le risque de détérioration du
foin par la pluie.
Réglage de la faucheuse conditionneuse
L'entretien et le réglage de la conditionneuse ont pour objet
d'obtenir le degré voulu de conditionnement du fourrage et
d'optimiser le fanage, tout en limitant la fragmentation et l'effeuillage.
Le conditionnement permet de réduire la durée du fanage
et de synchroniser le séchage des tiges et des feuilles. Un
conditionnement insuffisant accroît le risque de dommages par
la pluie; à l'inverse, un conditionnement excessif accroît
les pertes au champ lors des opérations de fauchage, de râtelage
et de bottelage.
Malheureusement, bien souvent, une fois achetées et rapportées
à la ferme, les conditionneuses ne sont plus jamais vérifiées
ni réglées. Il est recommandé pourtant de régler
la faucheuse conditionneuse en se conformant aux instructions du manuel
d'exploitation de la machine. Sur les conditionneuses à rouleaux,
il faut régler l'écartement et la pression des rouleaux.
Sur les conditionneuses à rotor, qui conviennent aux graminées
et non à la luzerne, il faut régler la vitesse du rotor
et le dégagement entre le rotor et le carter
L'écartement entre les rouleaux devrait être légèrement
inférieur au diamètre des tiges de la luzerne, ce qui
signifie d'ordinaire un réglage à 1,6 -2,4 mm (1/16-3/32
po). Un écartement trop grand des rouleaux donne un fourrage
insuffisamment conditionné. Des rouleaux qui se touchent s'usent
prématurément et détruisent trop de feuilles.
Lorsque la culture à faucher est dense, par exemple lors de
la première coupe, il faut augmenter la pression des rouleaux
(tension de ressort). Cependant, une pression trop élevée
peut causer un effeuillage excessif. Les tiges de luzerne doivent
être écrasées ou pliées tous les 7,6 ou
10,2 cm (3 ou 4 po) pour que leur humidité puisse baisser rapidement.
Il faut qu'au moins 90 % des tiges soient écrasées ou
cassées et que moins de 5 % de feuilles soient froissées
ou noircies.
Confectionner des andains larges
Régler la largeur de l'andain est une intervention facile
qui a une incidence majeure sur la durée du séchage.
Étaler le fourrage sur la plus grande largeur possible. Ne
pas l'entasser en un boudin étroit. Plus l'andain est large
et plus le foin fanera rapidement, parce qu'il est mieux exposé
au soleil et au vent. Les rayons du soleil ne peuvent pas pénétrer
très profondément à l'intérieur des andains.
Des études menées au Wisconsin sur un fourrage coupé
avec une faucheuse de douze pieds de large ont montré que des
andains de 2,7 m (9 pi) de large mettaient 35 % moins longtemps à
faner que des andains de 1,8 m (6 pi). La vitesse du vent et l'humidité
sont les facteurs météorologiques qui influent le plus
sur la durée du fanage.
Le fait de relever la barre de coupe à 7,6 ou 10,2 cm (3 ou
4 po) a l'inconvénient de réduire un peu la quantité
de foin récoltée, mais en contrepartie, il accélère
le fanage, car l'air peut circuler dans l'espace créé
entre le sol et l'andain par les chaumes plus hautes. Si le sol est
humide et qu'il est en contact avec l'andain, le foin absorbera l'humidité
du sol
Faucher le matin ou faucher le soir?
Les plantes qui sont fauchées le matin, après l'évaporation
de la rosée, ont toute la journée pour faner, cessent
plus vite de respirer et subissent donc moins de pertes. Les recherches
qui conseillent de faucher en fin de journée pour maximiser
la teneur en sucres du foin sont pertinentes pour les régions
sèches de l'Ouest américain et ne s'appliquent généralement
pas aux conditions humides de la région des Grands Lacs.
Raisonner le râtelage
Le râtelage sert à rétrécir l'andain en
vue du pressage, mais aussi à ramener en surface le matériau
plus humide situé sous l'andain. À chaque râtelage,
un pourcentage de feuilles se détache, d'où l'importance
d'un râtelage « stratégique ». Plus le foin
est sec quand on le râtelle, plus il perd de feuilles. Si possible,
dans le cas de la luzerne, râteler quand la teneur en humidité
est comprise entre 30 et 40 %; c'est souvent un bon compromis entre
la perte de feuilles, qui est alors légère, et un bon
séchage. Un foin râtelé à 20 % d'humidité
peut subir une perte de feuilles extrêmement élevée.
Dans le cas d'un foin presque sec, on diminue la gravité de
l'effeuillage en râtelant tôt le matin quand il est encore
imprégné de rosée.
Certains types de râteaux faneurs sont plus agressifs et plus
efficaces pour aérer et « souffler » le foin, mais
ils provoquent aussi un effeuillage plus sévère, en
particulier quand le foin est relativement sec. Un râtelage
qui dépose le fourrage uniformément, sans paquets, est
nécessaire pour éviter de presser des balles humides.
S'il pleut abondamment sur un foin partiellement séché,
on peut utiliser un râteau faneur à toupies (ou pirouette)
pour aérer les andains qui sont compactés et qui adhèrent
aux chaumes. Le retournement d'un andain sur une surface plus sèche
ou son éparpillement sur les chaumes peut accélérer
le séchage. Les râteaux faneurs à toupies conviennent
davantage au traitement des graminées qu'à celui de
la luzerne. Éviter d'utiliser ce genre d'appareil sur un foin
de luzerne dont la teneur en eau est inférieure à 50
%. Éviter de rouler avec le tracteur sur les andains pour ne
pas aggraver l'effeuillage
Acide propionique
Il y a inévitablement des situations où le ciel s'emplit
de nuages d'orage alors que le foin n'est pas tout à fait prêt
à être bottelé. La pluie qui s'abat sur un foin
râtelé presque sec fait beaucoup plus de dégâts
que sur un foin qui vient d'être coupé. Quand il est
difficile d'arriver jusqu'au bout du séchage, l'emploi d'un
produit à base d'acide propionique tamponné peut être
une solution. De nombreuses recherches ont été faites
sur l'adjonction d'acide propionique sur des foins à divers
taux d'humidité et cette pratique s'est avérée
efficace pour éviter le développement de la moisissure.
Elle présente un intérêt tout particulier pour
les balles de forte densité, comme les grosses balles carrées
qui doivent être plus sèches au moment du pressage pour
ne pas moisir.
Il est impossible de se prémunir contre tous les risques en
matière de fenaison, mais l'entretien et le réglage
de la conditionneuse ainsi qu'une bonne gestion des andains et des
râtelages peuvent réduire ces risques et augmenter les
chances de récolter un foin peu endommagé par la pluie
ou la moisissure.
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