Hoplocampe du pommier

Extrait du Publication 310F, Lutte intégrée contre les ennemis du pommier,
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Table des matières

  1. Introduction
  2. Description
  3. Cycle biologique
  4. Dommages
  5. Surveillance et seuils d'intervention
  6. Lette contre les infestations

 

Introduction

L'hoplocampe du pommier, Hoplocampa testudinea (Klug), est un petit insecte aux ailes transparentes, semblable à un guêpe et introduit accidentellement dans l'État de New York en provenance de l'Europe dans les années 1930. L'insecte est présent dans le sud-ouest du Québec depuis 1979 et a été repéré pour la première fois dans l'est de l'Ontario en 1987. Les dommages causés par l'hoplocampe en Ontario se concentrent dans les zones pomicoles situées à l'est de Brockville et dans la vallée de l'Outaouais. En 1998, on a relevé sa présence dans la région de Kingston et en 2008, l'insecte avait migré vers l'ouest et s'était établi aussi loin à l'ouest que Port Hope.

Description

Les œufs ont 0,8 mm de longueur, sont brillants, de forme ovale et transparents. Les larves nouvellement écloses mesurent 1,7 mm de longueur et sont de couleur crème pâle, mais avec une tête et un bouclier caudal de couleur noire (figure 4-56). Quand elles parviennent à maturité, elles mesurent de 9 à 11 mm de longueur et leur tête ainsi que leur bouclier sont de couleur brun pâle (figure 4-57). L'insecte connaît cinq stades larvaires. L'adulte mesure 7 ou 8 mm de longueur et possède une tête, des antennes, un tronc inférieur et des pattes de couleur orange à jaune, tandis que le tronc supérieur est brun foncé et brillant (figure 4-58). La femelle est légèrement plus grande que le mâle.

Figure 4-56. Larve de l'hoplocampe du pommier.

Figure 4-56. Larve de l'hoplocampe du pommier.
Figure 4-57. Larve mature de l'hoplocampe du pommier.

Figure 4-57. Larve mature de l'hoplocampe du pommier.
Figure 4-58. Hoplocampe du pommier adulte

Figure 4-58. Hoplocampe du pommier adulte (Charles Vincent, Ph.D., Agriculture et Agroalimentaire Canada, Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec).

Cycle biologique

L'hoplocampe du pommier hiverne à l'état de larve mature dans un cocon enfoui à quelques centimètres sous la surface du sol. La larve se transforme en pupe au printemps et les adultes émergent au stade bouton rose avancé des pommiers. La femelle pond ses œufs juste après l'ouverture de la fleur centrale des bouquets. Les œufs sont pondus un à un dans le calice de la fleur, souvent à la base des étamines ou entre celles-ci. Après huit à dix jours, les larves nouvellement écloses s'enfoncent dans la pomme et se nourrissent du tissu végétal, directement sous l'épiderme. À mesure que le temps passe, la larve s'enfonce plus profondément, elle entre dans la loge carpellaire et s'attaque à un ou deux pépins. Il arrive fréquemment que les larves se déplacent d'un fruit en formation à l'autre. Les larves arrivent à maturité en quatre à six semaines, puis quittent le fruit (qui est généralement tombé par terre), s'enfoncent dans le sol et forment un cocon en vue de la pupaison. On compte une génération par année. La diapause peut durer jusqu'à trois ans.

Dommages

Les larves du premier stade larvaire s'alimentent à même les tissus végétaux sous l'épiderme du fruit et produisent une cicatrice rugueuse et sinueuse qui sort en spirale de la cuvette oculaire de la pomme (figure 4-59). Si la larve cesse tôt de gruger le fruit (quelle qu'en soit la raison), la lésion apparaîtra probablement sur le fruit mature au moment de la cueillette. Si le forage des galeries s'arrête très tôt, les cicatrices seront courtes et impossibles à distinguer des dommages causés par la punaise terne.

Figure 4-59. Apparence caractéristique à la cueillette d'une blessure infligée par l'hoplocampe du pommier

Figure 4-59. Apparence caractéristique à la cueillette d'une blessure infligée par l'hoplocampe du pommier.

Les larves du deuxième stade larvaire s'enfoncent plus profondément dans le fruit, en direction de la loge carpellaire. On voit fréquemment apparaître des déjections brun rougeâtre à la sortie d'une galerie creusée dans le fruit (figure 4-60). Une attaque au cœur du fruit se traduit souvent par l'avortement du fruit, tandis qu'un prélèvement de tissus végétaux sous l'épiderme donnera des cicatrices visibles au moment de la cueillette.

À mesure que la larve mue et approche de la maturité, elle s'enfonce vers la loge carpellaire ou se déplace vers un fruit adjacent. À mesure qu'elle se nourrit, la larve agrandit l'orifice de sortie en rejetant à l'arrière des déjections brun rougeâtre humides. Pour continuer de se développer, la larve passe à un autre fruit à l'intérieur du même bouquet de fruits (une seule larve peut donc endommager plusieurs pommes). Les fruits endommagés se détachent de l'arbre à la " chute de juin ". Dans les vergers du Québec n'utilisant pas d'insecticides, environ 4 % de la récolte de pommes peut être affectée par l'hoplocampe du pommier.

Figure 4-60. Jeunes fruits attaqués par l'hoplocampe du pommier.

Figure 4-60. Jeunes fruits attaqués par l'hoplocampe du pommier.

Les dommages résultant de l'activité alimentaire des larves du deuxième stade larvaire entraînent la chute du fruit. Les lésions laissées par les larves du deuxième stade larvaire de l'hoplocampe du pommier peuvent être confondues avec celles qui sont causées par le carpocapse de la pomme. Il y a trois façons de distinguer les deux ravageurs.

  1. Les lésions causées par l'hoplocampe du pommier apparaissent généralement dans les vergers avant celles qui sont attribuables au carpocapse. Ainsi, les dommages causés par l'hoplocampe du pommier apparaissent deux à trois semaines après le stade calice du pommier, tandis que les dommages dus aux larves du carpocapse seront visibles cinq semaines ou plus après le stade calice.
  2. Les excréments de l'hoplocampe du pommier dégagent une odeur très forte, tandis que ceux du carpocapse de la pomme ne dégagent aucune odeur.
  3. La larve de l'hoplocampe du pommier est de couleur blanc jaunâtre et possède sept paires de pattes abdominales; la larve du carpocapse est plus grosse que celle de l'hoplocampe, est de couleur blanc rosé et comporte cinq paires de pattes abdominales.

Surveillance et seuils d'intervention

Pour mesurer l'infestation par l'hoplocampe du pommier, on se servira de pièges visuels tridimensionnels consistant en des cartes blanches encollées réfléchissant les rayons autres que les rayons UV et imitant les fleurs (figure 4-61). On suspend trois pièges dans des arbres entre les stades prébouton rose et bouton rose avancé et on les laisse en place jusqu'à deux semaines après la fin du stade calice. Ces pièges doivent idéalement être posés sur le côté sud de l'arbre, au niveau des yeux et sur les côtés du verger bordant un boisé ou la lisière d'un champ. On inspectera les pièges deux fois par semaine.

Figure 4-61. Cartes blanches encollées tridimensionnelles utilisées pour la capture d'hoplocampe du pommiers des pommes.

Figure 4-61. Cartes blanches encollées tridimensionnelles utilisées pour la capture d'hoplocampe du pommiers des pommes.

Il existe deux périodes où l'on peut utiliser des insecticides contre l'hoplocampe du pommier :

  • avant la floraison - l'hoplocampe du pommier adulte peut généralement être tenu en échec au moyen d'un insecticide à large spectre qu'on pulvérise au stade du bouton rose avancé pour combattre la mineuse marbrée ou les chenilles défoliatrices du printemps;
  • après la floraison - peu après la floraison, les larves nouvellement écloses de l'hoplocampe du pommier sont vulnérables à l'action d'un insecticide. C'est le moment idéal pour passer à l'attaque. Il est important de ne pas retarder indûment l'application du produit.

Les seuils d'intervention pour l'application d'insecticide après la floraison sont les suivants :

  • six hoplocampes du pommier par piège si un insecticide a été pulvérisé sur les arbres avant la floraison;
  • trois hoplocampes du pommier par piège si aucun insecticide n'a été pulvérisé avant la floraison.

Lette contre les infestations

L'hoplocampe du pommier des pommes n'a pas d'ennemis naturels connus en Amérique du Nord. Des chercheurs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada ont entrepris un programme de lutte biologique classique contre ce ravageur. La larve parasite Lathrolestes ensator (Brauns) (figure 4-62), qui s'attaque à des espèces spécifiques, a été introduite dans des vergers du Québec et de l'est ontarien. Une fois le parasite bien établi, on utilisera ces sites comme vergers-sources pour en faire la propagation vers les vergers infestés par l'hoplocampe du pommier des pommes. Il ne s'agit d'une mesure de lutte unique contre l'insecte; on l'utilisera conjointement avec des pesticides à risque réduit et des pratiques culturales conçues pour restreindre les populations d'hoplocampe du pommier des pommes. Pour une liste des produits offerts sur le marché pour lutter contre l'hoplocampe du pommier des pommes, consulter la publication 360F du MAAARO, Recommandations pour les cultures fruitières.

Figure 4-62. Femelle de Lathrolestes ensator

Figure 4-62. Femelle de Lathrolestes ensator (Charles Vincent, Ph.D., Agriculture et Agroalimentaire Canada, Saint-Jean-sur Richelieu, Québec).


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 21 juillet 2011
Dernière révision : 21 juilllet 2011

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