Conséquences du temps sec sur le soya

Du temps sec qui perdure peut affecter la production de soya peu importe le stade de développement, mais les plantes sont particulièrement sensibles au moment de la germination et de la reproduction. La sécheresse du sol durant la germination réduit la densité de peuplement. Des feuilles fanées sont un signe évident de stress hydrique (pénurie d'eau); à l'extrême, ces conditions peuvent causer la mort de la plante. Une carence d'humidité au cours des stades de croissance végétative (en mai et juin) n'annonce généralement pas une réduction de la production, à condition que l'humidité ait été suffisante au moment de la levée. C'est au cours de la reproduction que la culture est la plus sensible, comme le maïs. Tout stress hydrique à ce stade entraîne une baisse certaine du nombre de graines, de leur grosseur et de leur qualité. Dès que la plante commence à fleurir, de bonnes quantités d'eau sont nécessaires pour que les graines grossissent. En Ontario, les conditions de croissance entre la mi-juillet et la fin août sont cruciales à un bon rendement du soya.

La production de soya repose sur le nombre de plantes par hectare ou par acre, le nombre de gousses par plante, le nombre de graines par gousse et la grosseur des graines. Chacun de ces facteurs de rendement connaît son aboutissement pendant une période précise de croissance de la plante et dans l'ordre énuméré ci-dessus. Par conséquent, un stress hydrique lié à un stade de croissance précis fait diminuer le facteur de rendement qui est déterminé à ce stade. Inversement, toute abondance d'eau à n'importe quel stade favorisera un aspect précis du rendement. Il faut signaler que tout stress hydrique au début de la phase reproductive réduira le nombre de graines produites. En revanche, si l'humidité revient, cette réduction sera compensée par une augmentation de la grosseur ou du poids de chaque graine. Pendant les stades reproductifs avancés, le stress fait chuter le poids des graines, dernier composant à connaître son aboutissement au cours de la reproduction (tableau 1).

Tableau 1. Rendement global, nombre de graines et poids individuel en réponse au stress hydrique

Époque du stress Rendement
(g/pot
Nbre de graines/ nbre de pots Poids individuel des graines
Témoin 29,3 a 240 a 120 b
R1 à R5 24,1 b 129 c 190 a
R5 à R7 16,9 c 196 b 90 c

Les moyennes suivies de lettres différentes montrent des différences significatives sur le plan statistique, ppds (P = 0,05). Reaper et Purcell, 1999.

Les variétés cultivées en Ontario ont une croissance indéterminée. Les cultivars indéterminés continuent leur croissance végétative après la floraison, alors que les cultivars déterminés fleurissent après que leur croissance végétative ait cessé. En conséquence, les variétés de soya sélectionnées pour l'Ontario connaissent un chevauchement des stades végétatif et reproductif. Il en résulte que les cultivars indéterminés ont une période de floraison prolongée (qui s'étale de la fin juin au début août).

Cette période de floraison prolongée offre une protection intégrée ou une assurance contre les conditions de stress. La production perdue en raison d'une floraison déficiente au tout début des stades reproductifs pourra sans doute être reprise grâce aux fleurs et aux gousses qui seront produites plus tard dans la saison. Si les plantes passent à travers tout le processus de floraison dans des conditions où l'humidité se fait rare, d'importantes pertes de production s'ensuivront, même si l'eau abonde une fois la floraison passée, car il serait alors trop tard pour récupérer les pertes.

Symptômes reliés au stress

Les carences en eau réduisent la biodisponibilité des éléments nutritifs, leur assimilation par la plante, ainsi que leur transport au sein de la plante. Une des carences nutritives les plus flagrantes lorsque les plantes subissent un stress hydrique est le manque de potassium, tout comme les feuilles renversées, ce qui exposent leur face inférieure. Autre conséquence sérieuse de la pénurie d'eau : la baisse de la fixation biologique de l'azote. Les plantes en manque d'eau cessent de fixer l'azote dans leurs nodules racinaires. Les plantes affaiblies par le stress sont également plus sensibles aux maladies et aux insectes. Les insectes, comme le puceron du soya, causent beaucoup plus de dommages par temps sec que par temps humide.

Il n'existe aucune stratégie pour éviter la réaction au stress hydrique une fois qu'elle est déclenchée. Toutefois, les pratiques suivantes ont montré qu'elles pouvaient en amoindrir les répercussions :

  1. semer les graines à une profondeur suffisante pour qu'elles puisent l'humidité nécessaire à la germination;
  2. faire les semis tôt pour que les racines s'enfoncent plus profondément et soient plus fournies;
  3. établir un couvert fermé, tôt dans la saison, au moyen de rangées étroites;
  4. lutter contre les mauvaises herbes pour éliminer leur concurrence;
  5. pratiquer une bonne rotation des cultures et un bon programme de fertilité;
  6. assurer une lutte bien planifiée contre les maladies et les insectes.

Et l'usage des fongicides?

Même si des données scientifiques ont indiqué que les applications de fongicides peuvent réduire le stress causée par les maladies, aucune publication scientifique ni résultats concluants n'ont montré que l'application de fongicides puisse amoindrir les stress environnementaux causés par le temps sec, la grêle et le reste, en l'absence de maladie. Ce qui détermine le rendement dans ce cas sera la variété ou l'hybride cultivé, les conditions climatiques, les éléments nutritifs de la culture et la structure du sol.



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Auteur : Horst Bohner - spécialiste du soya/MAAARO
Date de création : 01 Août 2007
Dernière révision : 13 juillet 2012

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