Ensilage de maïs endommagé par la sécheresse

Table des matières

  1. Teneur énergétique
  2. Évaluation du potentiel de récolte
  3. Taux d'humidité adéquat des récoltes
  4. Empoisonnement par les nitrates
  5. Gaz de silo

Un taux d'humidité insuffisant pendant la floraison femelle et la pollinisation peut empêcher les épis d'atteindre leur taille normale ou même empêcher les plants de produire des épis. Dans certaines régions de l'Ontario, le temps a été si sec cette année que les plants de maïs n'ont pas été pollinisés et produiront très peu d'épis, voire aucun. Pour certains agriculteurs, cette situation cause des difficultés immédiates, car ils doivent disposer d'assez de fourrage pour alimenter leur bétail. Les agriculteurs qui souhaitent récupérer ces plants de maïs pour en faire du fourrage doivent être conscients de certaines conséquences que cela pourrait entraîner pour ce qui est de la récolte et de la nutrition.

Teneur énergétique

Il peut y avoir d'importantes variations entre les champs de maïs soumis à la sécheresse. Dans certains champs, les plants peuvent être petits et les épis, normaux. Dans ce cas, la récolte sera moins abondante, mais la qualité du fourrage pourra être presque normale. Dans d'autres champs, les plants seront de taille presque normale, mais les épis seront très petits, voire inexistants.

La teneur énergétique de l'ensilage de maïs sans grains est faible. La qualité de l'ensilage sera sans doute inadéquate pour les vaches à forte production de lait et les animaux de boucherie. Dans les régions où les récoltes de cultures fourragères sont faibles et où l'on a besoin de fourrage de toute urgence, la qualité de l'ensilage peut être adéquate pour le bétail dont les besoins en énergie vont de faibles à modérés. La teneur en protéine brute et en lignine peut être un peu plus élevée, et la teneur en sucres solubles et en fibres sera également plus élevée. Comme 45 % de la teneur énergétique de l'ensilage de maïs normal provient du fractionnement de l'amidon, la valeur énergétique relative du maïs sans épis peut n'être que de 65 à 85 % de celle de l'ensilage de maïs dont les épis sont normaux. Dans la panse, les sucres résiduels peuvent être absorbés plus rapidement que l'amidon. On recommande de donner aux animaux une source de protéines pouvant être absorbées rapidement (tourteau de soya ou de canola, ensilage de luzerne mi fané de grande qualité) pour permettre aux bactéries de la panse de transformer simultanément les protéines et les sucres.

On recommande d'analyser un échantillon du fourrage, de s'assurer que les rations sont équilibrées et de consulter un nutritionniste. Si on connaît le pourcentage d'amidon ainsi que la digestibilité des matières sèches et de la cellulose au détergent neutre (NDF) digestibles, on pourra évaluer la teneur énergétique de façon plus précise qu'à partir de la fibre seule.

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Évaluation du potentiel de récolte

Il faut inspecter les champs pour déterminer le potentiel de récolte. S'il y a eu pollinisation, on pourra apercevoir de petites boursouflures blanches entre une semaine et dix jours plus tard. Communiquez avec Agricorp au 1 888 247-4999 pour savoir en quoi l'utilisation de ce maïs se répercutera sur votre demande d'indemnisation aux fins de l'assurance-récolte. Vérifiez l'étiquette des herbicides afin de prévoir un délai suffisant avant la récolte.

Taux d'humidité des récoltes

Il est extrêmement important que le taux d'humidité de la plante entière à l'ensilage soit suffisant. Si, au moment de la récolte, le taux d'humidité de l'ensilage est trop faible, le tassement, l'élimination de l'air et la fermentation seront inadéquats et une plus grande quantité d'ensilage se détériorera. Par contre, si le taux d'humidité est supérieur à 70 % lors de la récolte, il se produira un suintement et une fermentation nocive due à Clostridium. Dans ce cas, l'ensilage aura une teneur élevée en acide butyrique, qui dégage une odeur très forte. De plus, la qualité et la palatabilité du fourrage seront médiocres.

Les taux d'humidité recommandés pour l'ensilage de maïs sont les suivants :

  • Silos couloirs horizontaux : 65-70 %;
  • Silos-boudins : 60-70 %;
  • Silos verticaux en plaques de béton : 62-67 %.

Il est très difficile d'évaluer le taux d'humidité de l'ensilage de maïs sans épis à moins de le mesurer. Aucune ligne de maturité n'est visible. Même si les feuilles semblent sèches, la tige peut contenir de l'humidité. Si vous avez de la difficulté à déterminer le taux d'humidité de la plante entière, coupez un échantillon à l'aide d'une récolteuse ou d'une déchiqueteuse. Servez vous d'un dispositif Koster ou d'un appareil à micro-ondes ou faites appel à un laboratoire pour déterminer le pourcentage de matières sèches. Prélevez un échantillon sur au moins 10 plants en évitant ceux qui se trouvent dans les tournières. N'oubliez pas que le taux d'humidité peut varier d'un champ à un autre.

À défaut d'une méthode plus précise, vous pouvez faire un " test par pression " qui est une méthode rudimentaire d'évaluation du taux d'humidité. Dans la main, serrez pendant 90 secondes une poignée de fourrage haché finement, puis ouvrez la main et examinez la boule qui s'est formée :

  • si un liquide s'écoule entre vos doigts, le taux d'humidité se situe entre 75 et 85 %;
  • si la boule garde sa forme et que votre main est humide, le taux d'humidité se situe entre 70 et 75 %;
  • si la boule gonfle lentement et que votre main n'est pas moite, le taux d'humidité se situe entre 60 et 70 %;
  • si la boule rebondit quand vous ouvrez la main, le taux d'humidité est inférieur à 60 %.

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Empoisonnement par les nitrates

Il faut connaître le danger d'empoisonnement par les nitrates. Lorsque ces substances sont en grande quantité dans le sol et que le taux d'humidité est insuffisant, elles s'accumulent dans les plants de maïs, ce qui nuit à leur croissance. L'accumulation de nitrates peut être plus importante si l'épandage d'engrais azoté est retardé et qu'on utilise des nitrates plutôt que de l'urée. La concentration de nitrates est beaucoup plus élevée dans le tiers inférieur de la tige. Si vous vous inquiétez de cette concentration, vous pouvez relever la barre de coupe afin de laisser une plus grande partie de la tige dans le champ, ce qui aura toutefois pour effet de réduire le volume de récolte. Dans bien des cas, l'accumulation de nitrates est plus forte après une pluie qui suit immédiatement une période sèche. Après cette pluie, la transformation des nitrates en protéines végétales reprend et la concentration de nitrates revient à un niveau normal au bout de quelques jours. Attendez au moins cinq à sept jours après une averse pour récolter. De grandes quantités de nitrates peuvent s'accumuler dans certaines mauvaises herbes comme le chénopode blanc et l'amarante. Le risque d'accumulation importante de nitrates est moins élevé lors d'une longue période sèche que lors d'une courte période de forte sécheresse.

Réduction de la quantité de nitrates par fermentation

On peut réduire la quantité de nitrates de 25 à 65 % en laissant fermenter adéquatement l'ensilage. La réduction moyenne est d'environ 40 %. Laissez fermenter l'ensilage pendant au moins trois semaines avant de le donner aux animaux. Si le maïs récolté est trop humide ou trop sec, il ne fermentera pas adéquatement et la teneur en nitrates ne diminuera pas. Il est déconseillé d'ajouter de l'azote non protéique (p. ex. de l'urée ou de l'ammoniac anhydre) à l'ensilage de maïs endommagé par une sécheresse.

Ne pas faire pâturer ni donner comme fourrage vert

Il ne faut pas utiliser le maïs à ensilage endommagé par la sécheresse comme pâture ni le faire consommer comme fourrage vert à cause des concentrations élevées de nitrates qu'il peut contenir et des risques élevés d'empoisonnement qui en résultent. Si le fourrage vert n'est pas consommé par les animaux sur-le-champ, il y a respiration et transformation des nitrates en nitrites, ce qui accroît les risques.

Symptômes d'empoisonnement

En général, les nitrates se transforment en nitrites dans la panse. Les nitrites se transforment à leur tour en ammoniac, puis en acides aminés. Le sang absorbe de grandes quantités de nitrites qui se lient à l'hémoglobine et nuisent au transport de l'oxygène. Parmi les symptômes d'empoisonnement par les nitrates, citons l'accélération du pouls, les troubles respiratoires, les tremblements musculaires et la faiblesse; les muqueuses peuvent devenir bleues. Dans la plupart des cas, l'animal s'affaisse et meurt subitement, dans les trois heures qui suivent l'apparition des premiers symptômes. Si vous soupçonnez un empoisonnement par les nitrates, gardez l'animal calme, installez le confortablement et téléphonez immédiatement au vétérinaire. L'empoisonnement subaigu ou chronique peut causer des problèmes de reproduction, y compris l'avortement.

Détermination de la concentration de nitrates

L'analyse des cultures lors de la récolte donne une idée générale de la concentration relative de nitrates, mais non de la concentration de nitrates présente dans le fourrage donné aux animaux. Le meilleur moment pour déterminer la concentration de nitrates est la fin de la fermentation. Prélevez un échantillon représentatif et envoyez-le au laboratoire le plus rapidement possible. Si vous ne pouvez pas envoyer l'échantillon sur-le-champ, gardez-le au réfrigérateur. Si l'analyse de laboratoire montre une forte concentration de nitrates, vous devriez faire analyser l'eau et les autres fourrages.

Gestion du fourrage

En règle générale, pour ne pas présenter de danger, les concentrations de l'ion nitrate (NO3) devraient être inférieures à 0,44 %, soit 1 000 ppm d'azote des nitrates. Si la concentration de NO3 est supérieure à 1,76 %, soit 4 000 ppm d'azote des nitrates, il ne faut pas donner le fourrage aux animaux. Entre ces deux valeurs, le risque dépend de la quantité de fourrage donnée au bétail et de l'espèce d'animal considérée. Il faut faire preuve de prudence; le risque est plus élevé chez les animaux jeunes, allaitants et gestants. Il faut accroître graduellement les quantités de fourrage à teneur élevée en nitrates. Si la teneur énergétique des substances présentes dans la panse est adéquate, la transformation des nitrates en ammoniac est facilitée, ce qui réduit le risque d'empoisonnement. Il importe également de donner aux animaux suffisamment de glucides non structuraux.

Gaz de silo

Tout fourrage contenant de forte quantités de nitrates représente un risque accru de production de gaz de silo. Le dioxyde d'azote, NO2, est un gaz asphyxiant dangereux dont la production commence presque aussitôt que des végétaux sont entassés dans le silo. Chez l'humain, une brève exposition à ce gaz peut endommager gravement les tissus pulmonaires et même causer la mort. Ce gaz a une odeur caractéristique d'eau de Javel et peut être visible sous la forme d'un brouillard brun rougeâtre. Comme il est plus lourd que l'air, il tend à s'accumuler juste au-dessus de l'ensilage. Il peut aussi descendre dans la chute du silo et se répandre dans les salles d'alimentation. Suivez les précautions et les procédures décrites dans le document intitulé Gaz dangereux (fiche technique no 99-002), que vous trouverez dans la section du site Web du MAAARO portant sur le fourrage à l'adresse suivante : http://www.omafra.gov.on.ca/french/engineer/facts/99-002.htm

Le maïs endommagé par le temps sec peut servir d'ensilage et de fourrage supplémentaire. Toutefois, il faut redoubler de prudence et veiller à l'équilibre des rations, effectuer la récolte lorsque le taux d'humidité du maïs est adéquat et tenir compte des risques que présentent les nitrates et les gaz de silo.

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca

Auteur : Joel Bagg - spécialiste des cultures fourragères, MAAARO
Date de création : août 2001
Dernière révision : juillet 2002

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Sans frais : 1 877 424-1300
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