Insectes utilesExtrait du Publication 310F, Lutte intégrée
contre les ennemis du pommier, Table des matières
Cycle biologique des acariens prédateursLes producteurs et consultants connaissent bien les acariens phytophages (qui se nourrissent de matières végétales) nuisibles aux vergers. Ces acariens fournissent l'un des meilleurs exemples de l'efficacité des agents de lutte biologique dans les vergers de pommiers. Il existe plusieurs espèces d'acariens prédateurs d'importance qui, dans des conditions qui leur sont favorables, forment des populations suffisamment abondantes pour maintenir les espèces phytophages sous les seuils de nuisibilité économique. C'est pourquoi les programmes de surveillance des acariens nuisibles prévoient aussi toujours le dénombrement des espèces utiles. Acariens prédateurs dans les vergers de pommiers de l'OntarioLa plus récente enquête publiée sur les acariens prédateurs dans les vergers de l'Ontario (1991) identifie seize espèces d'acariens prédateurs, douze espèces de phytoséiides, deux espèces de stigmaéides et deux espèces d'érythraéides. Ce niveau de diversité est également constaté dans les inventaires d'acariens prédateurs dans les vergers commerciaux de pommiers du Québec (2006), même si la composition des espèces et leur abondance ne sont pas les mêmes dans les deux provinces. Les différences observées dans les deux enquêtes peuvent être liées au climat et à l'habitat ou être le résultat d'une évolution des programmes de lutte entre 1991 et 2006. Voici trois espèces communes d'acariens prédateurs dans les vergers de pommiers de l'Ontario où se pratique la lutte intégrée : Balaustium putmani (famille Erythraeidae), Zetzellia mali (famille Stigmaeidae) et Neoseiulus (= Amblyseius) fallacis (famille Phytoseiidae). Parmi les autres espèces identifiées, mentionnons les phytoséiides Typhlodromus pyri et T. caudiglans ainsi que le stigmaéide Agistemus fleschneri. L'abondance relative de chacune de ces espèces et d'autres espèces varie au sein d'un même verger et peut être influencée par les pratiques de lutte antiparasitaire, l'habitat (notamment le couvre-sol), la concurrence, la prédation par d'autres espèces d'acariens et la survie à l'hiver. Durant les opérations de dépistage habituelles, surveiller toutes les espèces d'insectes et d'acariens prédateurs et évaluer leurs niveaux de populations. Les acariens prédateurs se distinguent des acariens nuisibles par leur vitesse. La plupart se déplacent en effet plus rapidement que les acariens phytophages. L'abondance des prédateurs dans le verger est étroitement liée à l'utilisation des pesticides. Balaustium putmani (Smiley)Description
Figure 4-208. Balaustium spp. Interaction avec l'hôte Zetzellia mali (Ewing) et Agistemus fleschneri (Summers)Description
Figure 4-209. Zetzellia mali, rouge pour avoir dévoré des tétranyques rouges (Art Agnello, Ph. D., Cornell University). A. fleschneri mesure 0,3-0,4 mm au stade adulte. Il est jaune-orangé avec des pattes jaunes. Cette espèce se distingue par la présence d'un motif en nid d'abeilles visible sur la moitié postérieure du dos. Interaction avec l'hôte Neoseiulus (=Amblyseius) fallacis (Garman)Description
Figure 4-210. Amblyseius fallacis adulte (Art Agnello, Ph.D., Cornell University). Interaction avec l'hôte A. fallacis, qui peut se multiplier rapidement sous des conditions favorables, constitue un agent de lutte biologique très efficace pour contraindre les populations d'acariens nuisibles. Des études révèlent qu'un rapport A. fallacis à acariens nuisibles de 1:10-15 procure une lutte biologique efficace. Quand les proies sont rares, A. fallacis quitte l'arbre à la recherche d'autres sources de nourriture. Des recherches montrent que sa dispersion dans la frondaison est influencée par l'accumulation des degrés-jours, la densité initiale des prédateurs dans la couverture végétale du sol et la densité des proies dans l'arbre. Quand les proies sont en nombre suffisant, il apparaît dans les arbres une fois que se sont accumulés 333 DJC (temp. de base de 12ºC) à plus ou moins 55 DJC près, après le 1er janvier. Au printemps, les épisodes de gel ou les pluies verglaçantes freinent temporairement son activité en début de saison. À la faveur d'une brise, il peut se déplacer vers d'autres arbres si les proies viennent à manquer. Galendromus (=Typhlodromus) pyri (Scheuten) et Galendromus (=Typhlodromus) caudiglansDescription Interaction avec l'hôte Conservation des acariens prédateursLes populations d'acariens prédateurs sont dynamiques et influencées par la disponibilité des sources de nourriture et les programmes de lutte antiparasitaire. Un certain nombre de pesticides sont toxiques pour les insectes et acariens utiles. Les pyréthrinoïdes, par exemple, peuvent être extrêmement perturbateurs pour certaines espèces d'acariens prédateurs. Il est par conséquent déconseillé de les utiliser aux fins de la lutte contre les ennemis du pommier, particulièrement après le stade calice. Les populations d'acariens prédateurs sensibles aux pesticides mettent souvent du temps à se reconstituer. Bon nombre des insecticides à risque réduit de nouvelle génération et certains acaricides offerts aux producteurs sont moins toxiques pour les acariens utiles. D'autres agissent directement sur leurs populations par une toxicité aiguë ou des effets sublétaux. Les huiles pulvérisées avant la floraison pour lutter contre les tétranyques rouges hivernants ont peu d'effets sur les acariens utiles, car, à cette époque de l'année, ceux-ci sont cachés dans les anfractuosités de l'écorce ou sont encore au sol. Ces traitements sont donc d'un grand secours dans le maintien des populations d'acariens utiles. Insectes utilesDans l'élaboration d'un programme de lutte intégrée, il faut garder à l'esprit le rôle inestimable que les ennemis naturels jouent dans la réduction des populations de ravageurs. De nombreux ennemis des vergers sont la proie d'insectes ou d'acariens utiles ou sont infectés par des agents fongiques, bactériens ou viraux. Souvent, ces auxiliaires de lutte suffisent à contenir les populations des ennemis du pommier, surtout les ennemis indirects (p. ex. pucerons, acariens, cicadelles), c.-à-d. ceux qui se nourrissent sur les feuilles ou dans les feuilles plutôt que sur le fruit même. Les ennemis naturels des vergers entrent dans trois grandes catégories : les prédateurs, les parasitoïdes et les agents pathogènes. Les prédateurs dominent leurs proies, les capturent et les dévorent. La plupart sont plus gros que leurs proies. Un prédateur consomme habituellement un grand nombre de proies pendant sa durée de vie. Si certains prédateurs sont spécialisés, d'autres sont des généralistes qu'on retrouve dans des habitats divers. Un parasitoïde vit à l'intérieur ou à la surface d'un hôte, s'en nourrit et finit par le faire mourir en se développant. Les parasitoïdes étant souvent plus petits que leurs hôtes, leur présence peut facilement passer inaperçue lors des opérations de dépistage. Les insectes parasités ne meurent pas toujours rapidement. Ils peuvent continuer à s'alimenter et à se développer normalement jusqu'à ce qu'ils atteignent un certain stade de croissance. Les agents pathogènes sont souvent négligés comme agents de lutte biologique ou ennemis naturels. Ils comprennent des bactéries, des virus, des champignons et d'autres micro-organismes ainsi que des nématodes entomopathogènes (qui parasitent des insectes). Les bactéries et virus doivent obligatoirement être ingérées par l'hôte, tandis que les champignons et les nématodes envahissent celui-ci en pénétrant par la cuticule qui les recouvre ou par leurs orifices (bouche, anus, stigmates). Quand des individus semblent mal en point (léthargiques, chétifs, d'une couleur différente) ou sont couverts d'un mycélium laineux, il arrive que des agents pathogènes soient en cause. Quels sont les avantages des ennemis naturels dans le verger?Les insectes et acariens utiles permettent de retarder ou rendent carrément superflues les pulvérisations de pesticides. Les programmes de lutte intégrée tirent parti de l'action des insectes et acariens utiles en préservant et en augmentant leurs populations dans les vergers. Quand des mesures de lutte chimique s'imposent dans le cadre d'un programme de lutte intégrée, les pesticides recommandés sont ceux qui ont le moins de répercussions sur les ennemis naturels présents dans le verger. Même si le rôle des différentes espèces d'ennemis naturels, prises isolément, peut paraître mince, la combinaison de l'ensemble des prédateurs, des parasitoïdes et des agents pathogènes peut avoir un effet considérable sur les insectes et acariens nuisibles. Les pratiques agricoles qui valorisent la diversité biologique préconisent la conservation des ennemis naturels qui aident à contraindre les populations d'espèces nuisibles. Voici des moyens qui s'appuient sur le bon sens pour préserver les insectes et acariens utiles dans les vergers :
Voici un aperçu des insectes utiles les plus courants : Prédateurs de puceronsCécidomyie du puceron - Aphidoletes aphidimyza (famille Cecidomyiidae)Description Figure 4-211. Larves de cécidomyies du puceron. Interaction avec l'hôte Syrphes (syrphidés)Description
Figure 4-212. Larve de syrphe.
Figure 4-213. Syrphe adulte. Interaction avec l'hôte Durant les opérations de dépistage des pucerons, surveiller la présence de syrphes sur les pousses terminales. La présence de cécidomyies du puceron et d'autres prédateurs des pucerons peut retarder ou rendre carrément inutiles les applications d'insecticides dirigées contre le puceron vert du pommier. Pour plus d'information sur la lutte biologique contre les pucerons, voir la rubrique Pucerons verts du pommier. Chrysopes et hémérobes (ordre des névroptères)Description
Figure 4-214. ufs de névroptères.
Figure 4-215. Larve d'hémérobe.
Figure 4-216. Chrysope adulte. Interaction avec l'hôte Leurs larves sont voraces et se nourrissent de pucerons, d'acariens phytophages, d'ufs de lépidoptères et de membres de leur propre famille. Les larves utilisent leurs mandibules et leurs maxillaires pour percer leurs proies et en sucer les liquides organiques. Il arrive qu'elles percent des tissus végétaux pour en extraire de l'eau ou des nutriments. Elles se nourrissent de 44 à 105 pucerons par jour, ce nombre pourrait même aller jusqu'à 1 000. Avant la ponte, les adultes ont besoin de consommer du nectar des fleurs et du miellat produit par les pucerons. Surveillance Coccinelles (Coccinellidae)Description Les ufs des coccinelles mesurent 1,2 mm de longueur, sont de forme ovale, jaune vif et réunis par petits groupes (figure 4-217). Les larves à maturité font 8-11 mm de longueur, sont noires et possèdent des taches proéminentes d'un jaune orangé voyant qui permettent d'identifier les espèces. Elles sont couvertes d'épines et sont souvent décrites comme ayant la forme d'un alligator (figure 4-218). Les adultes sont de gros insectes de forme ovale et convexe. Leur taille varie, la plus petite coccinelle étant Stethorus spp. (1,4-1,6 mm) et la plus grosse, Anatis spp. (8-10 mm). Les coccinelles sont souvent d'une couleur voyante et ponctuée de taches foncées (figure 4-219).
Figure 4-217. Masses d'ufs de coccinelles.
Figure 4-218. Larve de coccinelle.
Figure 4-219. Coccinelles asiatiques multicolores adultes. Interaction avec l'hôte Surveillance Prédateurs généralistesPunaises des fleurs (famille Anthocoridae)Description Les punaises des fleurs sont de petits insectes de forme ovale (2-4 mm). Leurs élytres (couvertures alaires) sont partiellement membraneux. La minuscule punaise anthocoride, Orius insidiosus (Say), et la punaise des fleurs, Orius tristicolor (White), comptent parmi les espèces les plus courantes dans les vergers de pommiers. Les ufs mesurent 0,55 mm de long et sont transparents. Les nymphes mesurent 0,2-0,5 mm, vont du jaune orangé au brun et sont en forme de larme. Les adultes mesurent 3 mm de long, sont de forme ovale et ont des taches noires et blanches sur les ailes (figure 4-220). Les nymphes comme les adultes ont des pièces buccales de type piqueur-suceur qui servent à soumettre et à dévorer leurs proies. O. insidiosus produit au moins deux générations par année en Ontario.
Figure 4-220. Punaise anthocoride. Interaction avec l'hôte Surveillance Punaises des plantes (famille Miridae)Description
Figure 4-221. Punaise de la molène adulte (avec sa proie). Interaction avec l'hôte Surveillance Réduves ou punaises assassines (famille Reduviidae)Description
Figure 4-222. Réduve adulte. Interaction avec l'hôte Les nymphes comme les adultes sont des prédateurs qui se nourrissent de tous les stades du puceron vert du pommier, des cicadelles adultes et de certaines chenilles. Les nymphes apparaissent au début juin et les adultes, entre la fin juillet et le début août. Il n'y a qu'une seule génération de cet insecte chaque année. Surveillance Carabes (famille Carabidae)Description Figure 4-223. Carabe adulte (grand calosome vert). Interaction avec l'hôte Figure 4-223. Carabe adulte AraignéesDescription
Figure 4-224. Araignée. Interaction avec l'hôte Surveillance ParasitoïdesTachinaires (famille Tachinidae)Description Interaction avec l'hôte Surveillance Parasitoïdes des pucerons (Aphelinidae)Description
Figure 4-225. Momie de puceron disséquée comportant une larve de parasitoïde. Interaction avec l'hôte Surveillance Chalcidiens (famille Chalcididae)Description Interaction avec l'hôte Braconides (famille Braconidae)Description Interaction avec l'hôte P. ornigis hiverne à l'état de prépupe dans un cocon tissé à l'intérieur d'une galerie creusée dans une feuille de l'hôte. Les femelles émergent des pupes au printemps et pondent leurs ufs un à un dans les larves des mineuses. Les larves parasitées restent actives jusqu'à ce qu'elles atteignent le dernier stade larvaire ou le stade de pupe, après quoi, elles sont tuées par les larves de la guêpe qui grossit. Les larves des guêpes sortent des larves de mineuses et se transforment en pupes à l'intérieur d'un cocon pâle tissé en forme de cylindre et portant une bande sombre. Le cycle biologique de la guêpe est bien synchronisé avec celui de l'espèce qui lui sert d'hôte. On compte plusieurs générations de cette guêpe par an. Celle-ci est un agent de lutte biologique efficace contre la mineuse marbrée du pommier dans les vergers de pommiers de l'Ontario. Surveillance Insectes utiles vivant dans le solDans un sol biologiquement actif, la couche arable renferme plus de 8,64 tonnes métriques d'organismes vivants par hectare (0,5 %), ce qui, dans certains sols, représente une part importante de la réserve de matière organique. L'activité et la diversité des organismes vivant dans le sol sont cruciales pour l'aération du sol, la reconstitution des réserves du sol en éléments nutritifs et le maintien de l'équilibre entre les organismes terricoles utiles et ceux qui sont nuisibles. À l'échelle microscopique, on retrouve dans la plupart des sols des champignons, des bactéries, des actinomycètes et des algues. Leurs populations varient selon le type de sol, son pH, le couvert végétal, la rotation des cultures et le travail du sol. Les champignons sont les organismes qui, après les racines, constituent la plus large part de matière vivante dans le sol. Ils tolèrent mal le travail du sol intensif et prospèrent dans les sols à pH faible. Ils participent à la décomposition de la matière organique, ce qui contribue à la reconstitution des réserves d'éléments nutritifs. Un groupe de champignons en particulier, les mycorhizes (aussi appelés endomycorhizes vésico-arbusculaires) vivent en symbiose avec les racines des végétaux, surtout celles des cultures vivaces comme celles qu'on retrouve dans les vergers ou dans des sols non travaillés. Les hyphes (équivalents des racines) de ces champignons contribuent à multiplier par mille la zone d'absorption des racines des végétaux, ce qui est particulièrement important pour le prélèvement du phosphore dans les sols qui en sont pauvres. Les bactéries se comptent par milliards dans la plupart des sols. Elles jouent un rôle important dans la reconstitution des réserves d'éléments nutritifs dans le sol au fur et à mesure de la décomposition de la matière organique. Les actinomycètes sont moins connus, mais jouent également un rôle important dans la décomposition de la matière organique contenue dans le sol. Ils sont particulièrement abondants dans les sols secs à pH faible comme le sont bon nombre des sols servant à l'horticulture et offrant des rendements élevés. Les algues contribuent à la décomposition de la matière organique. On les voit le plus souvent dans les sols mal drainés où elles deviennent visibles quand les sols restent détrempés pendant de longues périodes. Les animaux terricoles macroscopiques comprennent les arthropodes, les vers de terre et les rongeurs. Les arthropodes réunissent un large éventail d'insectes, d'araignées et d'acariens vivant dans le sol. Les microarthropodes sont extrêmement nombreux dans les sols non remaniés ou les sols plantés de cultures vivaces comme celles qu'on retrouve dans les vergers enherbés, où leurs populations peuvent se chiffrer à plus de 1 000 000/m2. Par comparaison, ils sont en beaucoup moins grand nombre (75 000/m2) dans les sols servant aux grandes cultures, en raison de l'appauvrissement du sol en matière organique, consécutif au travail du sol, et en raison des modifications du microclimat attribuables aux pratiques aratoires. Les microarthropodes interviennent dans la décomposition des résidus de végétaux et stimulent la croissance des champignons et l'activité microbienne. Quelques microarthropodes sont nuisibles, tandis que d'autres sont considérés comme des agents de lutte biologique contre les nématodes. Les vers de terre ne sont pas des organismes indigènes en Ontario. En se retirant, il y a plus de 10 000 ans, les glaciers ont emporté et déposé la matière constitutive de nos sols, laissant derrière eux une absence quasi-totale de vie. Les vers de terre sont arrivés sur les outils, les semences et les végétaux apportés par les premiers colons, ainsi que dans la terre avec laquelle étaient lestés les navires. En Ontario, les populations de vers de terre varient considérablement selon la nature et la capacité de drainage du sol, la conduite des cultures et l'endroit. On classe les vers de terre en trois grandes catégories, établies en fonction de critères comportementaux liés à la construction des galeries :
On peut dénombrer au mètre carré des milliers de vers de terre sous un pâturage ou moins de dix dans un champ sur lequel se pratique une rotation type de grandes cultures. Les vers de terre - particulièrement les lombricidés - creusent à la verticale des galeries profondes qui constituent des macropores par où l'eau se draine. Le sol traverse le tube digestif des vers de terre, qui rejettent des fèces riches en éléments nutritifs dont les parois des galeries sont tapissées. Les racines des végétaux empruntent souvent ces galeries parce qu'elles sont faciles à pénétrer et qu'elles leur procurent une bonne aération et une abondance d'éléments nutritifs. À la surface du sol, les galeries creusées par les lombricidés sont faciles à repérer grâce aux petits monticules que les vers de terre y laissent; ceux-ci sont constitués de déjections et de résidus de cultures. Dans les cultures vivaces comme celles qu'on retrouve dans les vergers, les vers de terre jouent un rôle important en incorporant au sol les feuilles et autres matières organiques, ce qui accroît la fertilité du sol et réduit l'inoculum de la tavelure. La vie et l'activité des organismes terricoles présentent
des particularités dans les sols des vergers. L'absence de
travail du sol du fait qu'il s'agit de cultures vivaces, la présence
des feuilles qui tombent au sol et l'ombre projetée par les
arbres créent un milieu passablement différent de
celui qu'on retrouve dans un champ de maïs. Les représentants
des diverses espèces animales et végétales
y sont en règle générale plus nombreux, car
ils n'y sont pas dérangés. La nuisibilité des
pesticides pour les organismes terricoles est souvent décriée.
Des études montrent toutefois que le profilage du sol et
le travail du sol ont des répercussions plus lourdes encore
que la plupart des applications de pesticides. Il reste que la gestion
du couvert végétal peut avoir une influence sur la
vie terricole. Un travail fréquent des entre-rangs peut avoir
pour effet d'abaisser les populations de vers de terre, ceux-ci
étant broyés par les instruments aratoires. Les entre-rangs
peuplés d'un couvre-sol ont tendance à abriter davantage
de vers de terre, qui bénéficient ainsi de l'ombre
projetée et de l'enrichissement du sol en matière
organique. Par contre, si le couvert est trop dense, les populations
de vers de terre diminuent. La surveillance des populations de vers
de terre effectuée dans certains vergers du sud-ouest de
l'Ontario indique que ceux-ci seraient sensiblement plus nombreux
dans la bande traitée à l'aide d'un herbicide immédiatement
sous les arbres. Les feuilles tombées au sol, l'ombre et
dans certains cas l'irrigation peuvent avoir contribué à
en accroître les populations.
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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