Évaluation des peuplements de luzerne

L'évaluation des peuplements de luzerne revêt un intérêt particulier du fait que dans la majeure partie de l'Ontario, cette culture souffre depuis trois ou quatre ans de la destruction par l'hiver. La destruction par l'hiver peut être causée par l'asphyxie des plants à la suite d'une inondation ou, dans certains cas, à la suite de la formation de couches de glace. La présence de couches de glace réduit la quantité d'oxygène qui atteint les collets des plants de luzerne dormants, mais elle fait rarement mourir les plants sur de vastes superficies. En général, suffisamment de tiges émergent de la glace pour qu'un peu d'oxygène puisse atteindre les couronnes. Les plants qui meurent sous d'épaisses couches de glace se présentent habituellement par plaques; soit que ces plants aient déjà été soumis à un stress, soit que l'épaisseur de glace ait été suffisante pour sceller complètement les zones atteintes. Généralement, ces zones sont des dépressions où l'eau s'accumule et où la glace est plus épaisse et persiste pendant des périodes de une à trois semaines. Par ailleurs, le cycle gel-dégel qui a touché la luzerne cet hiver est plus préoccupant encore. Dans les régions où le sol ne manque pas d'humidité, les épisodes successifs de gel et de dégel peuvent provoquer le déchaussage des plants. Les racines sont alors mises à nu et le collet est soulevé au-dessus du niveau du sol. Un déchaussage important peut briser la racine pivotante, provoquer l'assèchement du collet et réduire les chances de survie. Les plants légèrement déchaussés peuvent quant à eux survivre, mais leur longévité et leur productivité se trouvent réduites.

Chaque année, les producteurs de luzerne sont confrontés à une décision difficile, à savoir s'ils doivent conserver un peuplement ayant subi une perte de densité ou le remplacer. Pour bien évaluer les peuplements de fourrage, il faut inspecter les champs en plusieurs points. Cela oblige à déterrer les plants et à examiner le feuillage, la vigueur des boutons, la résistance au décollement de l'écorce et la coloration interne des racines (celle-ci doit être de blanchâtre à crème). Des recherches ont montré que la résistance des racines à l'écrasement et que l'aspect visuel des feutres mycéliens à la surface des racines ne permettent pas de prévoir avec justesse la survie de la luzerne et le potentiel de rendement. Les systèmes racinaires ont peu de chances de survie s'ils comportent des racines latérales sectionnées, surtout lors de printemps secs comme ceux de 1998 et de 1999.

Racine de luzerne


| Haut de la page |

Estimation du potentiel de rendement de la luzerne

La luzerne a la faculté de produire un rendement maximal sous différentes densités de peuplement. La densité de peuplement n'est donc pas un bon indicateur de rendement, puisque les plants ne produisent pas tous le même nombre de tiges. Par contre, la densité des tiges est plus révélatrice du rendement d'un peuplement.

Le graphique ci-contre donne une indication du potentiel de rendement d'un peuplement de luzerne en fonction du nombre de tiges dans l'hypothèse où aucune autre culture C de graminées, par exemple C n'influencerait le rendement.

Potentiel de rendement en fonction du nombre de tiges

 

Le tableau suivant indique le potentiel de rendement selon le nombre de tiges par pied carré: 

Tableau 1. Décompte des tiges (trois décomptes/pi2)

Tiges/pi2

Rendement maximal

55 ou plus

100 %

de 40 à 50

de 75 à 92 %

Moins de 40

Peuplement trop faible pour être conservé



Le tableau qui suit indique le nombre minimal de plants sains qu'un peuplement doit compter par pied carré pour constituer un bon peuplement.

Tableau 2. Nombre de plants/pi2

Nouveau semis

20 plants et plu par pi2

Année 1

de12 à 20 plants par pi2

Année 2

de 8 à 12 plants par pi2

Année 3 ou plus

5 plants par pi2

Les évaluations visant à déterminer s'il faut conserver ou non un peuplement de luzerne commencent habituellement au printemps, avant que les plants n'aient eu la chance de produire des tiges. Il s'agit alors de compter le nombre de plants afin d'évaluer la densité de peuplement.

Idéalement, le décompte se fait au printemps, une fois les plants sortis de dormance, ce qui permet d'évaluer en même temps la santé des spécimens qui composent le peuplement.

La décision doit aussi tenir compte des autres espèces fourragères comprises dans le peuplement, des besoins en fourrage du troupeau au cours de l'été, de l'automne et de l'hiver, des autres sources de fourrage, de la rotation des cultures ainsi que de la disponibilité du matériel et des travailleurs à forfait dans la région.

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca

Auteur : Scott Banks - spécialiste des sols et des cultures/MAAARO
Date de création : Non disponible
Dernière révision : 06 novembre 2003

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca