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L'anthonome de la fleur du fraisier : Un ravageur important (Série sur le programme de lutte contre les ennemis du fraisier)
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IntroductionL'anthonome de la fleur du fraisier (AFF), Anthonomus signatus (Say), est l'un des deux principaux insectes ravageurs susceptibles de causer des pertes importantes dans les fraisières. Probablement indigène à l'Amérique du Nord, ce ravageur a comme hôtes intermédiaires le bleuet, le fraisier sauvage et, les ronces sauvages et cultivées.
BiologieEn Ontario, on compte une génération d'AFF par an. L'adulte est un petit coléoptère brun rougeâtre (3 mm ou 1/8 po de longueur) muni d'un rostre bien développé (figure 1). L'AFF hiverne au stade adulte dans des endroits abrités, comme le long des clôtures, en bordure des champs ou sous des paillis.
Figure 1. Anthonome de la fleur du fraisier sur une fleur de fraisier. Remarquer le rostre.
L'AFF quitte son site d'hivernation et migre vers la fraisière lorsque la température diurne maximale est supérieure à 16 °C, soit généralement lorsque les boutons floraux sont visibles et commencent à s'élever au-dessus du collet (bien avant la sortie des premières fleurs). Après l'accouplement, la femelle perce un trou dans le bouton floral et y dépose un oeuf. Elle coupe ensuite partiellement la hampe florale à quelques centimètres sous le bouton (figure 2). C'est cette caractéristique qui a valu à l'insecte son nom anglais « Clipper Weevil ». Le bourgeon endommagé ne s'ouvre pas; il flétrit plutôt, brunit et sèche, permettant à l'oeuf et à la larve de se développer (figure 3). Après l'éclosion, les larves grandissent à l'intérieur du bourgeon durant environ quatre semaines. Elles entrent ensuite en pupaison et les adultes sortent des bourgeons à la mi-été. À partir de ce moment, les adultes se nourrissent du pollen des fleurs de fraisier et de mauvaises herbes jusqu'à l'automne, puis se mettent à la recherche de sites d'hivernation. Une population endémique (qui est établie en permanence dans la fraisière) peut s'installer dans les plantations de trois ans.
Figure 2. Gros plan d'un pédoncule sectionné. Remarquer les perforations dans les sépales du bouton par l'adulte se nourrissant du pollen.
Figure 3. Pédoncule sectionné et bouton séché dans une fraisière.
| Haut de la page | DommageL'AFF cause les plus graves dommages au moment de la ponte. Comme les boutons endommagés ne s'ouvrent pas, le fruit ne se forme pas et il en résulte une diminution du rendement de la fraisière. Une étude menée au Québec a révélé que le pourcentage de boutons coupés variait entre 9 et 46 %.
La présence de petites perforations sur les pétales des fleurs de fraisier témoigne également de la présence de l'AFF (figure 4). Le dommage est causé avant la floraison lorsque l'AFF perce les boutons fermés pour se nourrir du pollen. En général, l'AFF consomme le pollen quelques jours avant de pondre et de sectionner les pédoncules floraux. La présence de perforations brunes ou violettes sur les sépales (structures vertes semblables à des feuilles entourant les fleurs) permet de déterminer si l'AFF s'est nourrit du pollen contenu dans les bourgeons (figure 2). Le pédoncule des boutons n'est pas toujours complètement sectionné et certains boutons se développent normalement. Les pertes attribuables à la consommation du pollen ne sont habituellement pas importantes et on ne recommande aucune mesure de lutte à ce sujet.
Figure 4. Perforations dans les pétales par l'adulte se nourrissant du pollen.
La pression exercée par la population d'AFF et les dommages consécutifs possibles s'accroissent habituellement dans les fraisières de trois ans.
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DépistageLe dépistage de l'AFF repose sur la détection et le dénombrement des pédoncules sectionnés sur une superficie donnée. Le dépistage doit commencer dès que les boutons s'élèvent au-dessus du collet, à défaut de quoi, les dommages peuvent s'avérer importants, surtout dans les champs infestés les années précédentes. Le dépistage doit se faire au moins deux fois par semaine. Par contre, en début de saison, il vaut mieux procéder à plus de deux inspections par semaine pour déterminer avec précision le moment propice au premier traitement insecticide. Puisque la plupart des AFF envahissent la fraisière depuis leurs sites d'hivernation, il est préférable de faire le dépistage particulièrement dans les deux ou trois rangs extérieurs, à proximité des endroits soupçonnés de les abriter en hiver.
Le dépistage de l'AFF se fait normalement à l'aide d'un cadre en bois mesurant 30 cm (1 pi) de largeur sur 60 cm (2 pi) de longueur. On place le cadre sur un rang et on dénombre tous les pédoncules sectionnés qui se trouvent à l'intérieur (figure 5). On examine aussi cinq endroits dans le périmètre du champ à la recherche de pédoncules sectionnés. Dans le passé, on utilisait le seuil d'intervention de 1,3 pédoncule sectionné par 1800 cm2 (2 pi2). Des recherches menées récemment dans l'État de New-York révèlent qu'on peut facilement augmenter le seuil d'intervention à au moins 13 pédoncules sectionnés par 1800 cm2 de rang de fraisiers sans subir de perte financière. La pulvérisation d'insecticide est maintenant de rigueur lorsque ce dernier seuil est atteint.
Il semble que la plupart des cultivars d'aujourd'hui compensent la perte de boutons lorsque les dommages se produisent avant l'ouverture des fleurs en donnant des fruits plus gros à partir des fleurs intactes. Il faut, à l'occasion, inspecter les rangs intérieurs, au cas où une population endémique serait présente. On doit rechercher de nouveaux pédoncules sectionnés dans les champs cinq à sept jours après le premier traitement insecticide. Lorsqu'il s'agit d'évaluer le besoin d'un nouveau traitement insecticide, il ne faut compter que les nouveaux pédoncules sectionnés. Les boutons portés par ces pédoncules sont encore verts et ont à peine bruni, alors que ceux de plus de cinq jours, s'ils ne sont pas déjà tombés au sol, sont brun verdâtre, ratatinés et secs. Il faut continuer le dépistage des pédoncules sectionnés tous les trois jours jusqu'à la fin de la floraison pour évaluer la nécessité de traitements supplémentaires.
Figure 5. Dépistage des pédoncules sectionnés.
| Haut de la page | Lutte culturaleLa rénovation de la fraisière doit se faire rapidement après la récolte. Pour obtenir plus de renseignements sur la rénovation, consulter la publication 513F du MAAO intitulée Culture du fraisier en Ontario. L'élimination des mauvaises herbes, surtout les dicotylédones (feuilles larges), aide à réduire la survie des jeunes adultes de l'AFF en faisant disparaître un habitat de choix. Un champ exempt de mauvaises herbes ne favorisera pas la consommation estivale de pollen et l'hivernation d'adultes de l'AFF à l'intérieur de la fraisière.
Pour réduire les populations d'AFF dans les cultures suivantes, il faut labourer le champ aussitôt la dernière cueillette terminée, à la fin de la dernière année de production. Le champ doit être ensuite laissé en jachère ou planté avec une autre culture, en particulier lorsqu'on projette d'y cultiver encore des fraises. Il est aussi recommandé d'attendre deux ou trois ans avant de replanter des fraisiers dans un même champ afin de mieux combattre les insectes et les maladies.
Lutte chimiqueIl faut traiter avec un insecticide dès que le seuil d'intervention est atteint, à défaut de quoi, les dommages s'accentueront en très peu de temps. On trouvera les recommandations d'insecticides dans la publication 360F du MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières. Ne pas traiter lorsque les abeilles butinent; pulvériser plutôt en soirée. Il faut tenir compte du délai d'attente entre le dernier traitement insecticide et la récolte.
Remarque : On déconseille l'utilisation répétée des pyréthrinoïdes de synthèse, car elle risque d'entraîner l'infestation par le tétranyque à deux points. En effet, les pyréthrinoïdes sont des insecticides à large spectre pouvant éliminer les insectes et les acariens qui empêchent la prolifération des ravageurs dans les milieux non traités.
Dans la plupart des cas, un seul traitement curatif suffira. Il peut s'avérer nécessaire de traiter une seconde fois les champs gravement infestés par l'AFF dans lesquels le seuil d'intervention est atteint sept jours après le premier traitement insecticide. Toutefois, le traitement contre la punaise terne permet souvent d'empêcher les dommages tardifs causés par l'AFF.
RemerciementsLes auteurs désirent remercier le « Co-operative Extension Service » de l'Université Cornell, État de New York, qui a permis l'utilisation de certaines photographies. De plus, les auteurs souhaitent remercier Agriculture Agroalimentaire Canada, Vineland Station, pour l'utilisation de leurs installations photographiques.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contritution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
| Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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