Thrips infestant l'oignon et le chou


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 250/612
Date de publication : Juillet 1999
Commande no. 99-028
Dernière révision : Juillet 1999
Situation : En remplacement de la fiche no 90-078, qui porte le même titre. Réimprimée en juillet 2000
Rédacteur :

Jim Chaput - spécialiste de la LI dans les cultures légumières/MAAO; Kevin Schooley - spécialiste des cultures fruitières et légumières/MAAO


Table des matières

  1. Introduction
  2. Description
  3. Biologie
  4. Dommages
  5. Surveillance et lutte

Introduction

Le thrips de l'oignon, Thrips tabaci (Lindeman), est un ravageur sporadique qui peut causer des dommages importants aux cultures d'oignons, de poireaux, d'ail et de choux en Ontario. Les thrips se retrouvent un peu partout au Canada et aux États-Unis, où ils s'attaquent à diverses cultures légumières, grandes cultures et espèces de mauvaises herbes. Les thrips font d'abord leur apparition dans la plupart des cultures maraîchères entre le milieu et la fin de juin. Ils donnent naissance à plusieurs générations qui se chevauchent pendant les mois d'été.

Description

Il s'agit d'un petit insecte mince, fuselé aux extrémités, qui se déplace rapidement. Les adultes mesurent environ 2 mm et vont du jaune pâle au brun (figure 1). Le mâle de l'espèce est dépourvu d'ailes et on le voit rarement. La femelle a quatre ailes très minces bordées de longues franges de soies. Au repos, les ailes sont repliées sur l'abdomen et dépassent légèrement de celui-ci. Les nymphes ont sensiblement la même forme que les adultes mais sont plus petites et jaune pâle.

Figure 1. Thrips adultes sur le chou.

Figure 1. Thrips adultes sur le chou.

Biologie

En Ontario, les adultes et les nymphes passent l'hiver à l'abri dans les céréales d'automne, le trèfle ou la luzerne. Leur migration vers des cultures maraîchères se produit généralement au début de l'été lorsque les grains de céréales d'automne commencent à sécher. Une fois rendus dans un

champ de légumes, les thrips trouvent abri entre ou sous les feuilles, et commencent à s'y nourrir. Les femelles insèrent leurs oeufs - corpuscules blancs et réniformes - à l'intérieur du tissu foliaire. Les oeufs éclosent en cinq à dix jours. Pendant leur croissance, les nymphes subissent quatre stades de transformation, les deux derniers se déroulant dans le sol. Le développement depuis l'oeuf jusqu'à l'état adulte prend de 10 à 30 jours selon la température. Les femelles pouvant se reproduire sans s'accoupler, la présence des mâles de l'espèce est accessoire. Par conséquent, les populations de thrips peuvent augmenter très rapidement, surtout pendant les périodes chaudes et sèches. Les oeufs, les nymphes et les adultes peuvent exister simultanément au cours de l'été et produire de nombreuses générations qui se chevauchent.

Dommages

Oignon, poireau, ail

Figure 2.Dommages causés par les thrips sur des plants d'oignons. Noter les lésions blanc argenté.

Figure 2. Dommages causés par les thrips sur des plants d'oignons. Noter les lésions blanc argenté.

Les dommages sont causés autant par les nymphes que par les adultes. Les thrips utilisent les parties rugueuses de leur bouche pour gratter la surface des feuilles et sucer les jus exsudés par la plante. Ils produisent ainsi des lésions tachetées blanc argenté à la surface des feuilles (figure 2). Au départ, les lésions sont difficiles à repérer, les thrips étant dissimulés entre les enveloppes des feuilles. Seul un examen attentif entre les feuilles peut révéler les thrips actifs ou les lésions. En grand nombre, les thrips peuvent endommager gravement les cultures d'oignons. Les lésions se multiplient parfois à un tel point que le plant complet blanchit ou jaunit. Les attaques persistantes entraînent la déformation de la feuille, suivie de son flétrissement, de son brunissement et d'une verse prématurée.

Pendant les saisons chaudes et sèches, les dommages causés par les thrips prennent de l'ampleur et peuvent réduire le rendement des cultures d'oignons. Les attaques des thrips affaiblissent la plante et la prédisposent à la pourriture bactérienne et aux maladies cryptogamiques.

Chou

En Ontario, les dommages causés par les thrips sont habituellement plus graves dans le chou d'entreposage ou dans les pommes de chou récoltées vers la fin de l'été ou le début de l'automne. Les attaques des thrips provoquent la prolifération de cellules sur la couche épidermique des pommes, et il en résulte de petites excroissances translucides gris brunâtre à la surface des feuilles (figure 3). De plus, les feuilles extérieures peuvent montrer des lésions tachetées de couleur argentée ainsi que des excréments noirs. Les dommages causés altèrent bien plus l'apparence que le rendement des récoltes. En cas d'attaques sévères ou d'infestations graves, il arrive que les pommes de chou ne puissent être écoulées ni sur le marché du légume frais ni sur celui de la transformation. Il existe des cultivars de chou dont les pommes, étant plus denses, résistent mieux aux attaques des thrips. On recommande la culture de tels cultivars si les thrips deviennent un problème annuel. Tout porte à croire que les plantations tardives subissent moins de dégâts que celles faites plus tôt. Par ailleurs, on sait que parvenu au stade de surmaturité le chou constitue une cible privilégiée des thrips.

Figure 3.Petites excroissances d'un gris brunâtre sur les feuilles de chou révélant la présence de thrips.

Figure 3. Petites excroissances d'un gris brunâtre sur les feuilles de chou révélant la présence de thrips.

Surveillance et lutte

Oignon

Des pièges faits de plaquettes jaunes collantes, utilisés pour contrer les attaques de la mouche de l'oignon, peuvent aussi servir à détecter les migrations de thrips depuis les céréales et mauvaises herbes qui les abritent durant l'hiver.

Dès que la migration débute, les plants d'oignon doivent être inspectés régulièrement dans plusieurs sections du champ. Pour déceler la présence de thrips, on écarte les feuilles jusqu'à la plus jeune feuille qui se développe au centre du plant (figure 4). Les thrips raffolent de cette partie de la plante qui, de surcroît, leur procure une excellente protection contre les intempéries et les insecticides. Il arrive également que les thrips adultes s'établissent sur des feuilles plus vieilles, particulièrement lorsque celles-ci peuvent les abriter dans un repli. Les thrips se rencontrent surtout en bordure des champs, à proximité des boisés, des céréales ou des grandes cultures. L'examen doit porter aussi bien sur les lésions que sur les insectes.

Pour faire le dépistage des thrips, on doit observer 50-100 plants. Avant de procéder à l'échantillonnage, il faut évaluer le stade moyen de la culture en termes de nombre de feuilles. On note soigneusement le nombre approximatif de thrips par plant, puis on divise ce nombre par le nombre de feuilles correspondant au stade moyen de la culture. On obtient ainsi une estimation du nombre de thrips par feuille. Voici les seuils d'intervention à respecter : 3 thrips par feuille pour les oignons à cuire et les poireaux; 1 thrips par feuille pour les oignons d'Espagne et les oignons verts à botteler. Les oignons d'Espagne affichent une moins bonne tolérance du fait de leur sensibilité aux maladies bactériennes, lesquelles sont aggravées par les thrips. La tolérance est également moins élevée pour les oignons verts étant donné que leur partie aérienne est commercialisée et doit donc être exempte de taches. Il est clair que les thrips peuvent devenir très résistants aux insecticides dans les champs où l'on en fait un usage répété.

Figure 4.La séparation des feuilles d'oignon révèle la présence de thrips ainsi que les lésions qu'ils causent.

Figure 4. La séparation des feuilles d'oignon révèle la présence de thrips ainsi que les lésions qu'ils causent.

Chou

Des pièges faits de plaquettes collantes sont utiles pour déterminer le moment où les thrips migrent dans la culture. Les pièges doivent être disposés sur le périmètre du champ et examinés deux fois par semaine. Une fois que l'afflux de thrips a été détecté, il faut faire preuve de vigilance. On peut faire simultanément le dépistage des thrips, des chenilles, et de tout indice d'ennuis culturaux. Chacun des deux examens hebdomadaires doit porter sur 50 à 100 plants, situés surtout en bordure des champs. Les thrips se retrouvent normalement sur la face inférieure des feuilles ou à l'intérieur des feuilles de la pomme en croissance. Ils sont souvent difficiles à repérer, d'où l'importance de rechercher également toute trace de leur passage. Après la formation des pommes, on peut détecter les dommages en enlevant les feuilles extérieures. Pour être efficaces, les traitements éventuels aux pesticides doivent être effectués avant la formation des pommes. L'épandage de l'insecticide doit être abondant pour lutter contre les thrips. En raison du comportement de l'insecte, les pulvérisations doivent couvrir tant les faces inférieures que supérieures des feuilles. Une fois que les thrips se sont immiscés entre les feuilles de la pomme, il est difficile de les atteindre avec l'insecticide. On réduira les pertes au minimum en sélectionnant des cultivars résistants et en faisant la récolte au bon stade de maturité. Il faut aussi souligner que les thrips peuvent également endommager les pommes de chou-fleur au point de les rendre invendables.

Les thrips ont de nombreux ennemis naturels, tels que la coccinelle, les petites anthocorides, la chrysope, les araignées, et les guêpes prédatrices et parasites. Comme il peut infecter les thrips, le champignon Entomopthora thripidum contribue également à décimer ses populations. Pendant les saisons où les thrips sont peu nombreux, ces moyens de lutte naturels permettent parfois d'éviter des pertes pécuniaires. De fortes pluies réduisent aussi le nombre de thrips en délavant les plants. À cet égard, l'irrigation par aspersion s'est aussi avérée efficace.

Pour obtenir la liste des produits et le calendrier des pulvérisations recommandés, on peut se référer à la publication 363F, Recommandations pour les cultures légumières, à la publication 701F, Lutte intégrée contre les ennemis des cultures de crucifères en Ontario, ou à la publication 700F, Lutte intégrée contre les ennemis de l'oignon, de la carotte, du céleri et de la laitue en Ontario, ou consulter un spécialiste en horticulture.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca