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Cultures fourragères- comment tirer parti de ce que l’hiver en a laissé

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 161/635
Date de publication : 2/90
Commande no. 98-048
Dernière révision : 2/90
Situation : Non disponible
Rédacteur : Scott Banks - spécialistes en sols et en cultures/MAAO; John McKinlay - spécialistes en sols et en cultures/MAAO

Au printemps, le producteur a avantage à passer en revue ses champs de fourrages pour voir dans quelle mesure ils ont réussi à passer l’hiver. Une coupe tardive en automne, une couche de neige trop mince, une croûte de glace et des fluctuations de température sont autant de facteurs qui peuvent endommager les peuplements fourragers, mais c’est le temps qu’il fait en mars et avril qui déterminera essentiellement leur état, une fois l’été venu.

La meilleure option est d’exploiter le peuplement existant, si tant est que ce soit possible. Les plants survivants ont un bon système racinaire et ce sont eux qui donneront le plus de végétation. On peut épaissir le peuplement par un semis d’hiver ou un sursemis de légumineuse. Une autre méthode consiste à stimuler la production fourragère par la fertilisation. Un épandage de phosphore et de potasse pendant l’été présente l’avantage de renforcer les plants et donc de les aider à mieux passer l’hiver. L’azote épandu au printemps et après chaque coupe stimule la croissance des graminées. Il faut épandre au moins 75 kg d’azote à l’hectare pour observer une flambée de croissance. Ces deux méthodes permettent d’utiliser le peuplement existant et d’en améliorer la production. Même dans un herbage où toutes les légumineuses ont disparu, il est encore possible de récolter 4,5 tonnes à l’hectare (4 tonnes à l’acre) quand on fertilise la fléole des prés avec de l’azote de cette façon.

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Le fait de maximiser la production de vos surfaces en herbe vous permet aussi de ménager vos réserves fourragères engrangées. On peut augmenter la quantité d’herbe récoltée en appliquant un régime de pâturage intensif. Avec la technique du pâturage rationné, la récolte de fourrage passe à 50 % et avec la technique du pâturage tournant à 66 %, comparativement à 30 % avec le pâturage continu. Quel secteur d’activité économique pourrait se permettre de gaspiller une telle proportion de sa production. Et on ne parle que de ce qui est déjà dans le champ. Il y a de nombreux moyens d’accroître la qualité et la quantité de ce qui pousse dans le champ.

Si le peuplement herbager a succombé à l’hiver, vous pourrez vouloir inclure le champ dans votre rotation culturale plus tôt que prévu et mettre en herbe un autre champ. Quand vous semez une nouvelle pâture, choisissez un champ qui ne présente pas un problème particulier de mauvaises herbes et où vous pouvez obtenir un bon lit de semence. Dans le cas où vous semez de la luzerne, vous devrez auparavant vérifier quels herbicides ont été utilisés dans le champ. Certains herbicides réduisent le choix des espèces qui peuvent être semées dans l’année qui suit. En outre, si vous retournez un peuplement fourrager et que vous ressemez au printemps, vous courez un risque d’autotoxicité s’il s’y trouve de la luzerne. La présence de plants de semence dans la terre empêchera la germination des nouvelles semences. La règle empirique est de laisser passer trois semaines après l’enfouissement du peuplement fourrager avant de ressemer la luzerne. C’est également difficile de préparer un bon lit de semence et d’obtenir un bon désherbage dans les champs où on vient de tuer ou de labourer la luzerne au printemps.

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On peut également envisager un semis d’espèces fourragères annuelles en vue de récolter une bonne quantité de matière sèche. Chaque espèce a ses avantages et ses inconvénients. Il faut comparer les coûts de production. Il faut aussi du matériel pour les récolter car beaucoup ne se prêtent pas à la confection de foin sec. Vous devez décider quels animaux vont recevoir ce fourrage et déterminer si la qualité des aliments sera satisfaisante. Si vous incorporez un fourrage pour la première fois dans la ration de vos animaux, vous devrez faire particulièrement attention à l’équilibre de la ration.

L’ensilage de céréales gagne en popularité et s’avère une excellente méthode pendant l’implantation d’un peuplement fourrager vivace. La céréale donne du fourrage dès l’année de semis et sa récolte se produit suffisamment tôt dans la saison pour laisser l’espèce vivace se développer. Cette méthode permet d’éviter les problèmes de repousse spontanée de la céréale, les dommages de l’endainement, les ornières creusées dans les champs humides et une mauvaise croissance à l’automne.

L’ensilage de maïs et de sorgho offre un moyen de produire plus de matière sèche par acre. L’ensilage de maïs offre les rendements les plus élevés, mais vous devez avoir le matériel de récolte nécessaire et assez de fourrages en réserve pour passer l’été, car il ne sera pas récolté avant l’automne. Le sorgho offre des rendements inférieurs au maïs, mais on peut le récolter deux ou trois fois pendant la saison. Ce sont des points qui valent la peine d’être considérés les années où les réserves de fourrage sont basses. Toutes les espèces fourragères annuelles, à l’exception de l’ensilage de maïs, peuvent être conditionnées en balles. Elles sont très difficiles à faner.

Le tableau suivant présente une comparaison des coûts qui sont associés à chacune des espèces fourragères annuelles qui sont envisageables. Chacune comprend les coûts de labour, de fertilisation et de semis sur une base annuelle. On peut remarquer les avantages qu’il y a à produire un fourrage vivace. Ceci souligne la nécessité de revenir à l’établissement d’un peuplement fourrager vivace aussitôt que possible. Les fourrages annuels permettent de répondre à un besoin immédiat, mais sont un moyen plus coûteux de production de matière sèche.

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Fourrages annuels — Comparaison des coûts — avril 1998

Cultures Ensilage de maïs Foin Ensilage d'orge Ensilage de triticale Herbe du Soudain Millet à chandelle
Semences 48,00$ 13,00$ 25,00$ 42,00$ 15,00$ 30,00$
Engrais 50,00 34,00+ 41,00 41,00 41,00 40,00
Labour 30,00 7,50 30,00 30,00 30,00 30,00
Ensemencement 12,00 3,00 12,00 12,00 12,00 12,00
Herbicide 36,00
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Coût total par acre 176,00$ 57,50$ 108,00$ 125,00$ 98,00$ 112,00$
Rendement en M.S./acre 5 tonnes 3,5 tonnes 2-3 tonnes 2-3,5 tonnes 2-4 tonnes 2,5-5 tonnes
Coût/tonnes de M.S. 35,20$ 16,43$* 36,00-54,00$ 35,70-62,50$ 24,00-49,00$ 22,40-44,80$
Fermage/tonne de M.S. si 25,00$, ajouter 5,00$ 7,14$ 8,33$ 8,33$ 6,25$ 5,00$
Fermage/tonne de M.S. si 100,00$, ajouter 20,00$ 28,60$ 33,33$ 33,33$ 25,00$ 20,00$
Facteur entrant en ligne de compte++ -Matériel de récolte spécial. -A-t-il survécu à l'hiver? Éclatement ou mise en balles. Éclatement ou mise en balles. -Matériel de récolte spécial. -Le foin mifané est la meilleure option.
-Saison. -Production échelonnée tout l'été -Récolte en juillet. -Récolte en juillet. -Production échelonnée toute la saison.

-2 coupes possibles dans le sud de l'Ontario.

-Récolte à l'automne.   -Sert de culture abri. -Sert de culture abri. -2 ou 3 coupes par saison. -1er coupe 60 à 65 jours après le semis
-Qualité constante.   -Rendement affecté par le stade de maturité. -Rendement affecté par le stade de maturité. -Risque de gel.  

* Les coûts d’établissement répartis sur quatre années, plus coûts annuels d’engrais.
+ 28,00 dollars de coût d’établissement/4 ans + 27,00 dollars d’engrais comprenant les coûts d’épandage.
++ Coûts de récolte non compris.
** Les coûts et les rendements varient selon le temps et le lieu. Ces données n’ont de valeur qu’indicative.

Nous remercions le Secrétariat d’État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique

 

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Sans frais : 1 877 424-1300
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Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca