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Le millet à chandelle comme plante fourragère

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 126
Date de publication : 10/98
Commande no. 98-046
Dernière révision : 05/02
Situation : Non disponible
Rédacteur : Scott Banks - conseiller en sols et en cultures/MAAO; Terry Stewart - conseiller en productions animales/MAAO


Table des matières

  1. Introduction
  2. Ensemencement
  3. Fertilisation
  4. Lutte Contre Les Mauvaises Herbes
  5. Récolte
  6. Affouragement
  7. Conclusions


Introduction

Le millet à chandelle, comme le millet japonais, le sorgho ou le sorgho-herbe du Soudan, est une graminée tropicale annuelle, semi-aride, cultivée pour le grain et le fourrage dans le sud des États-Unis et dans certaines régions d’Afrique et d’Asie. Il n’y a pas si longtemps encore, il était impossible de cultiver une variété de millet à chandelle dans les conditions de l’Ontario. En 1994, la compagnie Agricultural & Environmental Renewal Canada Inc. (AERC) a institué un programme d’amélioration génétique visant à créer des variétés adaptées à l’est canadien. L’hybride de millet à chandelle FMH2 (que l’on appelera millet à chandelle ci-après) est capable de produire des rendements élevés au bout d’une saison de végétation relativement courte. En effet, la saison de végétation minimum est de 60 à 65 jours entre le semis et la première coupe. Le tableau ci-dessous indique le rendement et la qualité fourragère du millet à chandelle, comparativement à l’hybride d’herbe du Soudan et au millet japonais, résultats qui ont été obtenus dans le cadre de recherches menées en 1996 dans le sud-ouest et l’est de l’Ontario et le sud du Québec.

Millet à chandelle Herbe du Soudan Millet japonais

Rendement en matière sèche - Tonnes/hectare (t/ha)

12

11

6

Protéine brute, en %

18

12

16

Fibre au détergent acide, en %

36

40

37

Fibre au détergent neutre, en %

66

70

45

Calcium, en %

0,54

0,50

0,29

Phosphore, en %

0,35

0,33

0,22

Digestibilité de la matière sèche, en %

69

67

69

Source: AERC.

Bien que ses rendements quantitatifs soient semblables à ceux de l’herbe du Soudan, le millet à chandelle possède une valeur fourragère plus élevée que celle de l’herbe du Soudan ou du millet japonais. Le millet à chandelle tend à avoir une tige plus courte que le sorgho. Comme dans le cas de tous les fourrages, le stade auquel s’effectue la coupe influe directement sur la qualité fourragère. On peut utiliser le millet à chandelle pour l’affouragement en vert, la pâture, l’ensilage, et même le foin, pourvu qu’il soit bien conditionné. À la différence des sorghos, le millet à chandelle ne produit pas d’acide cyanhydrique.

Le problème de l’intoxication par les nitrates ne semble pas se poser tant que les doses d’azote ne dépassent pas 250 kilogrammes/hectare (225 livres/acre). Les conditions d’une intoxication par les nitrates et la formation de gaz de silo toxique ne deviennent un risque que lorsque les conditions anormales de croissance suivantes se conjuguent:

  • Une teneur élevée du sol en azote causée par l’épandage de doses importantes d’azote ou de fumier ou l’enfouissement d’une légumineuse.
  • La pluie succédant à la sécheresse prolongée.
  • Toute circonstance qui a pour effet de tuer les feuilles pendant que les racines et les tiges restent actives et de déclencher l’accumulation des nitrates (gel, grêle, pâturage et piétinement, ou parfois sécheresse et temps couvert).

Des recherches sont en cours pour déterminer les meilleures recommandations agronomiques pour le millet à chandelle. Pour l’instant, on dispose des recommandations agronomiques suivantes qui émanent de la compagnie semencière (AERC) ainsi que de certaines observations faites par les producteurs de l’est ontarien.

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Ensemencement

Le millet à chandelle est très sensible au gel et ne doit donc pas être semé trop tôt. Le sol doit être à une température d’environ 12 degrés Celsius. Il faut que le semis ait lieu au cours de la dernière semaine de mai ou de la première semaine de juin, quand la température du sol se situe entre 12 et 15 degrés Celsius, si l’on veut récolter deux coupes de fourrage. Si on sème vers la dernière semaine de juillet, on ne pourra faire qu’une seule coupe. On doit semer le millet à chandelle sur une terre bien préparée, humide et ferme, en rangs écartés de 35 cm (14 pouces), à 1,25 cm (1/2 pouce) de profondeur, à raison de 5,5 kilogrammes de semences par hectare (5 livres/acre). Comme les semences sont très petites, pour semer au faible taux recommandé, il est préférable d’utiliser un semoir de précision pour graminées plutôt qu’un semoir en lignes pour céréales. Les graines mettent environ cinq jours pour germer et lever. Les plantules sont jaunes et gardent cette couleur pendant huit à dix jours. Elles resteront à la hauteur de 15 cm (6 pouces) pendant environ deux semaines, puis elles se mettront à pousser rapidement. Le millet à chandelle possède une grande faculté de tallage et il n’est pas rare de dénombrer 12 ou 15 talles par plant.

 

Fertilisation

Les doses d’engrais à apporter au millet à chandelle sont fonction des niveaux de fertilité du sol. En règle générale, on peut épandre 70 % des doses qui sont recommandées pour le maïs. Il faut épandre les doses de phosphore (P) et de potassium (K) et la moitié des doses totales d’azote au moment du semis, puis l’autre moitié de la dose d’azote après la première coupe.

 

Lutte Contre Les Mauvaises Herbes

En hersant juste avant le semis et en s’arrangeant pour obtenir une levée dense, on peut limiter le développement des mauvaises herbes dans le peuplement de millet à chandelle. Actuellement, aucun herbicide n’est homologué sur le millet à chandelle. Les chercheurs mènent des essais pour découvrir des herbicides possibles.

 

Récolte

On peut récolter le millet à chandelle avec le matériel classique de récolte de fourrage, de la même manière que pour les autres graminées annuelles d’été. On doit faire la première coupe quand les plantes atteignent 90 cm (3 pieds) de haut pour obtenir une qualité optimale et se laisser une chance de récolter une deuxième coupe. La première coupe se fait d’ordinaire de 60 à 65 jours après le semis et la deuxième de 30 à 35 jours après la première. Le millet à chandelle est capable d’une bonne repousse après la coupe, mais il ne semble pas résister au piétinement. Pour être certain d’avoir une bonne repousse, il faut faucher à 15-20 cm (6-8 pouces) de haut.

 

Affouragement

Le millet à chandelle a une teneur en protéine brute (PB) plus élevée que l’ensilage de maïs, mais une teneur en énergie plus faible. Des essais d’affouragement à base de millet à chandelle ont été réalisés en 1996-1997 par Paul Sharpe, au Collège de Kemptville de l’Université de Guelph, sur des bouvillons Holstein. Les essais ont permis de comparer une ration à base d’ensilage de millet à chandelle avec une ration témoin de foin mi-fané de graminées et d’ensilage de maïs plus un supplément. En général, les résultats ont montré qu’une ration peut comprendre jusqu’à 60 % d’ensilage de millet à chandelle, proportion rapportée à la matière sèche, pour donner un rendement optimum. La proportion varie en partie selon la teneur en protéine brute et/ou en unités nutritives totales (UNT) de la ration. À titre de précaution, il est recommandé de faire une analyse de la valeur fourragère de l’ensilage de millet à chandelle et de l’utiliser de façon à équilibrer la ration et à couvrir tous les besoins des animaux. Les études sur l’ensilage à base de millet à chandelle se poursuivent pour déterminer dans quelle mesure il convient aux différentes catégories d’animaux.

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Conclusions

La variété hybride FMH2 de millet à chandelle a été créée par sélection en fonction des conditions qui prévalent dans le sud-ouest et l’est de l’Ontario ainsi que dans le sud du Québec. Elle est capable de produire d’aussi bons rendements en fourrage que les autres graminées annuelles de climat chaud, mais pas aussi bons que ceux de l’ensilage de maïs. Les principaux facteurs qui influent sur le rendement sont l’époque du semis, la longueur de la saison de végétation, le moment des récoltes et les conditions qui règnent pendant la saison de végétation. Le producteur qui veut déterminer s’il est avantageux pour lui de cultiver du millet à chandelle dans sa région doit se souvenir qu’il faut environ de 60 à 65 jours après le semis pour que la plante atteigne la hauteur de coupe optimale de 90 cm (3 pieds). La température du sol doit être d’au moins 12 degrés Celsius pour permettre la germination et la température optimale de croissance est de 28 degrés Celsius. Des recherches se poursuivent pour examiner les meilleures pratiques agronomiques pour le choix de la variété, les doses d’engrais, le désherbage et la récolte.

Le millet à chandelle peut être un meilleur choix que l’ensilage de maïs dans les cas suivants :

  1. Quand le producteur ne possède pas le matériel nécessaire à l’ensemencement du maïs et à la confection de l’ensilage de maïs, mais qu’il a son propre matériel de fenaison.
  2. Quand les entrepreneurs de travaux agricoles sont peu disponibles.
  3. En fonction du coût de la terre, etc.

Le producteur doit aussi considérer la façon dont le millet à chandelle complète les autres aliments du bétail disponibles pour satisfaire aux besoins nutritionnels des animaux.

Nous remercions le Secrétariat d’État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

 

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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca