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Hybrides
sorgho-soudan utilisés comme fourrage
Table des matières
- Généralités
- Mise en garde
- Semis
- Fertilité
- Lutte contre les mauvaises herbes
- Récolte
- Pâturage
- Qualité du fourrage et valeur nutritive
- Préoccupations nutritionnelles et
risques pour la santé des animaux
Généralités
Les hybrides sorgho-Soudan, qui sont en fait des hybrides entre le
sorgho fourrager proprement dit et le sorgho herbacé (aussi appelé
« herbe du Soudan ») peuvent procurer une source
de matière sèche de dépannage à offrir au
bétail. Il sagit de graminées de saison chaude,
contrairement à la plupart de nos espèces fourragères,
qui sont des graminées de saison froide. Les hybrides sorgho-Soudan
sont souvent utilisés en Ontario. Étant donné que
lhybride peut retenir davantage de lun ou lautre parent,
il est important de bien indiquer au semencier ce quon attend
de la culture. Les sorghos sont reconnus pour être résistants
à la sécheresse. Si on les compare au maïs, ils ont
une meilleure capacité de rétention deau du fait
quils ont deux fois plus de racines secondaires par unité
de racine primaire et deux fois moins de surface foliaire par où
leau sévapore. Leurs besoins en eau sont les mêmes
que ceux du maïs, mais ils ont la capacité dentrer
en dormance pendant les longues périodes de sécheresse.
Leur croissance reprend avec le retour des pluies.
Les hybrides sorgho-Soudan donnent un rendement légèrement
inférieur à celui du maïs lorsquils sont récoltés
pour lensilage, mais ils présentent lavantage de
pouvoir être coupés deux ou trois fois pendant la saison,
de pouvoir être ensilés hachés ou en balles enveloppées,
et de pouvoir servir à laffouragement en vert ou au pâturage.
Le maïs densilage produit davantage de tonnes par hectare,
mais il doit être récolté lautomne à
laide de récolteuses de fourrage spécialisées.
Comme les hybrides sorgho-Soudan se prêtent aussi au pâturage
rationné, ils sont plus polyvalents en ce qui a trait à
la récolte que le maïs. La décision dutiliser
un hybride sorgho-Soudan ou dautres graminées annuelles
comme fourrage dépend de la disponibilité de la machinerie
de récolte et, de la plus ou moins grande urgence de se procurer
le fourrage.
On trouve sur le marché trois types très distincts de
sorghos utilisés comme fourrage. Les voici:
1. les sorghos fourragers proprement dits des cultivars
et des hybrides à tiges juteuses et sucrées. Ce type
est moins productif que les hybrides dherbe du Soudan et offre
une repousse très lente. La sélection de ces sorghos
se fait en fonction dune seule récolte par année.
Pour une production fourragère optimale avec un hybride de
sorgho-grain, la récolte doit se faire au stade pâteux
mou;
2. les sorghos herbacés ou herbe du Soudan un type
plus feuillé à tige fine qui présente une repousse
très rapide. Ce type convient surtout au pâturage ou
à un régime à coupes multiples. Si on lutilise
dans un régime à une seule coupe, on doit sattendre
à des rendements inférieurs à ceux des sorghos
fourragers. Si les coupes sont fréquentes, on obtient une
bonne qualité fourragère en raison de la faible teneur
en fibres; et
3. les hybrides sorgho-Soudan les plus utilisés en
Ontario. Ces hybrides ont des tiges plus grosses et sont moins feuillés
que lherbe du Soudan, mais donnent de meilleurs résultats
sous notre climat.
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Mise en garde
Les espèces du genre Sorghum renferment de la dhurrine
(ou durrine), un glucoside qui, en se dégradant, libère
de lacide cyanhydrique, aussi connu sous le nom dacide prussique.
Un arrêt de croissance brusque causé par une gelée,
une sécheresse ou une coupe accélère la libération
dacide cyanhydrique à lintérieur de la plante.
Or, de fortes concentrations dacide cyanhydrique peuvent être
fatales au bétail. Par contre, comme lacide cyanhydrique
se dégrade en une ou deux semaines, le foin ou lensilage
peut être utilisé sans danger. Voir la rubrique Préoccupations
nutritionnelles et risques pour la santé des animaux ci-dessous.
Semis
Ces graminées de saison chaude doivent être semées
dans un sol chaud, ce qui oblige normalement à retarder les semis
jusquà la fin mai ou au 1er juin. Semer
à raison de 15 kg/ha (13,5 lb/acre), à une profondeur
de 2-3,5 cm (1-1,5 po), en lignes écartées de
18-36 cm (7-14 po). Il faut parfois tasser le sol si celui-ci
est sec.
Fertilité
Les recommandations de fertilisation sont les mêmes pour les
sorghos que pour le maïs, y compris lépandage de 100-125 kg
dazote/ha (90-110 lb/acre) au moment des semis. Après
chaque coupe, un épandage supplémentaire de 50 kg
dazote/ha (45 lb/acre) stimule la croissance. Les hybrides
sorgho-Soudan sadaptent à une fourchette étendue
de pH, le pH idéal se situant entre 5,5 et 7,5.
Lutte contre les mauvaises herbes
Sous de bonnes conditions de croissance, la concurrence exercée
par la culture tient les mauvaises herbes en échec. Aucun herbicide
nest homologué à lheure actuelle pour une
utilisation sur ces hybrides.
Récolte
La première coupe est prête à être réalisée
environ 60 jours après les semis. Elle se fait une fois
que les plants ont atteint plus de 65 cm (26 po) de hauteur,
juste avant lapparition des panicules (habituellement vers le
début août). Pour une repousse plus rapide après
la fauche, laisser au moins 10-18 cm (4-7 po) de chaume à
la récolte. Pour une croissance optimale, ces plantes ont besoin
de conditions chaudes et humides. La culture est normalement prête
pour une deuxième coupe 30-35 jours plus tard.
On peut aussi effectuer une seule coupe au stade pâteux mou pour
obtenir le volume maximal dans un régime à une seule coupe.
On sacrifie alors le rendement quaurait procuré un régime
à deux coupes. Dans un régime à une seule coupe,
il vaut peut-être mieux opter pour du maïs densilage
qui procure alors un meilleur rendement.
Au moment de la coupe, la culture renferme environ 70-75 % dhumidité
et a besoin dêtre fanée avant dêtre ensilée.
Elle sèche plus lentement que la luzerne. On dispose de peu de
données sur les rendements, mais selon les recherches et les
expériences à la ferme réalisées, on pourrait
sattendre à 5-7,5 tonnes/hectare (2-3 tonnes/acre).
Les rendements varient selon la saison, lhumidité et la
chaleur. Ils sont plus élevés les étés chauds
que les étés frais.
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Pâturage
Les hybrides sorgho-Soudan font de bons pâturages, pour peu quon
ne laisse pas les animaux y accéder avant que les plants naient
atteint 45 cm de hauteur. Les dommages dus au piétinement
peuvent être très importants si lon nadopte
pas un système de pâturage rationné ou de rotation.
Une fois que la culture a atteint cette hauteur, vers le milieu de lété,
et quelle devient résistante à la sécheresse,
elle offre une source daliment pendant la rareté estivale
de pâturages.
Qualité du fourrage et valeur nutritive
Les hybrides sorgho-Soudan conviennent surtout aux programmes dalimentation
estivaux. Ils ont une tige épaisse et sont difficiles à
sécher pour le foin, mais peuvent procurer de bons rendements
en ensilage, en affouragement en vert et en pâturage lorsque les
graminées vivaces commencent à ralentir leur croissance
ou entrent en dormance. Une fois que leurs panicules commencent à
apparaître, la qualité et la valeur nutritive des hybrides
sorgho-Soudan baissent considérablement. Il est difficile de
répondre aux besoins élevés en éléments
nutritifs des vaches laitières qui produisent beaucoup ou qui
sont en début de lactation lorsque le gros du fourrage est constitué
dun hybride sorgho-Soudan. Ces hybrides conviennent davantage
aux rations destinées aux vaches taries, aux génisses
de remplacement de plus de douze mois et aux vaches ainsi quaux
veaux de boucherie.
Au fur et à mesure que la culture parvient à maturité,
sa teneur en protéines sabaisse rapidement, tandis que
sa teneur en fibres augmente, ce qui entraîne une diminution de
la valeur énergétique de laliment et de sa digestibilité
dans le rumen. Des teneurs élevées en fibres au détergent
neutre (NDF)1 augmentent la voluminosité de laliment
et réduisent considérablement le potentiel dapport
en matière sèche. Le tableau 1
fournit une comparaison de la valeur nutritive de lhybride sorgho-Soudan
par rapport aux fourrages les plus courants. Lhybride sorgho-Soudan
peut renfermer autant de protéines que la luzerne à maturité,
mais uniquement sil est récolté au stade végétatif.
Les teneurs en énergie du matériel végétatif
sont semblables à celles du maïs et supérieures à
celles de la luzerne. On doit toujours prélever des échantillons
dun hybride sorgho-Soudan et en faire évaluer la valeur
nutritive étant donné que celle-ci peut être très
variable.
Tableau 1. Comparaison des qualités
fourragères densilages dhybride sorgho-Soudan, de
luzerne et de maïs.
| Fourrage |
% de PB1 |
% de ADF1 |
% de NDF1 |
ÉNl1Mcal/kg
|
ÉNe1Mcal/kg
|
ÉNg1Mcal/kg
|
% dUNT1 |
Luzerne
|
| bouton |
20 |
29 |
40 |
1,42 |
1,41 |
0,83 |
63 |
| pleine
floraison |
15 |
37 |
50 |
1,23 |
1,14 |
0,58 |
55 |
Hybride sorgho-soudan
|
| végétatif |
17 |
29 |
55 |
1,6 |
1,63 |
1,03 |
70 |
| épiaison |
8 |
42 |
68 |
1,3 |
1,18 |
0,62 |
56 |
Ensilage de maïs
|
| quelques
épis |
8,5 |
30 |
53 |
1,4 |
1,38 |
0,8 |
62 |
| plusieurs
épis |
8 |
28 |
51 |
1,6 |
1,63 |
1,03 |
70 |
1PB = protéines brutes; ADF = fibres au détergent
acide; NDF = fibres au détergent neutre; ÉNl
= énergie nette de lactation; ÉNe= énergie
nette dentretien; ÉNg = énergie nette
de gain; UNT = unités nutritives totales. Analyse faite
en fonction de la matière sèche. Source : Nutrient
Requirements of Dairy Cattle, 1989.
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Préoccupations nutritionnelles et
risques pour la santé des animaux
Lintoxication à lacide cyanhydrique est une préoccupation
quand on sert du sorgho fourrager, de lherbe du Soudan ou un hybride
sorgho-Soudan aux animaux. Ces espèces renferment des doses variables
de glucosides cyanogénétiques. Dans le rumen, ces composés
sont convertis en acide cyanhydrique, lequel est facilement absorbé
par le sang. Or, de fortes concentrations dacide cyanhydrique
dans le sang interfèrent avec la respiration, de telle sorte
que les bovins risquent de succomber en peu de temps à une paralysie
respiratoire. On ne doit pas laisser les chevaux brouter ces plantes,
car ils risqueraient de développer le syndrome de la cystite.
Cette affection sapparente à une colique, mais est accompagnée
de sang dans les urines et peut être fatale aux chevaux. Les animaux
atteints peuvent avoir une démarche chancelante et souffrir dune
miction goutte à goutte. Les juments gestantes risquent davorter.
Il ny a aucun traitement contre cette intoxication et les chances
de sen remettre sont faibles.
Certaines espèces et certains cultivars renferment de faibles
concentrations seulement de glucosides cyanogénétiques
(cest le cas du sorgho herbacé Piper). Voici des pratiques
de gestion qui peuvent réduire les risques dintoxication
à lacide cyanhydrique:
- Ne laisser pâturer les animaux ou ne leur servir de laffouragement
en vert que lorsque le fourrage a plus de 45 cm (18 po)
de haut dans le cas de lherbe du Soudan, ou plus de 55-65 cm
(22-26 po) dans le cas du sorgho fourrager et des hybrides sorgho-Soudan.
- Ne pas laisser pâturer les animaux:
- durant ou immédiatement après une
période de sécheresse ou sous des conditions où
la croissance a été ralentie;
- les nuits où une gelée est imminente. De fortes
concentrations de composés toxiques sont produits dans
les heures qui suivent une gelée;
- après une gelée meurtrière tant que la
plante na pas séché et bruni. Les glucosides
cyanogénétiques se dissipent habituellement en moins
de sept jours;
- après une gelée non meurtrière tant que
la repousse na pas au moins 45 cm (18 po) de haut.
- Ne pas utiliser la culture comme affouragement en vert et ne
pas lensiler avant trois à cinq jours après
une gelée meurtrière.
- Laisser le fourrage ensilé pendant au moins trois semaines
avant de le servir aux animaux.
Lintoxication au nitrate et la formation de gaz densilage
sont aussi une menace avec les hybrides sorgho-Soudan. De fortes concentrations
de nitrates ne sont à craindre que sous des conditions de croissance
anormales, notamment :
- une très forte teneur du sol en azote, par suite dapports
excessifs dengrais azotés ou de fumier, ou par suite
de lenfouissement dune légumineuse;
- une sécheresse prolongée suivie de pluie;
- toute circonstance entraînant la destruction des feuilles
tandis que les racines et les tiges restent actives et accumulent
les nitrates (gelée, grêle, broutage et piétinement,
ou parfois sécheresse et ciel couvert).
Sous de telles conditions, les plantes accumulent de grandes quantités
de nitrates. Lorsque les animaux consomment ces plantes, les nitrates
sont rapidement convertis en nitrites, lesquels sont absorbés
par le sang. Or, la présence de nitrites dans le sang modifie
le mode de transport de loxygène dans le sang, ce qui entraîne
une respiration haletante, un rythme cardiaque rapide et faible, des
spasmes musculaires, une démarche chancelante et la mort si des
mesures correctrices ne sont pas prises. Les mêmes précautions
servant à prévenir les intoxications à lacide
cyanhydrique peuvent prévenir les intoxications au nitrate.
De fortes concentrations de nitrates persistent dans les fourrages
destinés à la fenaison, mais lensilage pendant 30
à 60 jours abaisse de moitié les teneurs en nitrates
du fourrage. Lorsquon ensile du fourrage à forte teneur
en nitrates, il peut se former en lespace de quelques heures et
pendant au moins trois semaines, du dioxyde dazote, un gaz
densilage mortel. Ce gaz peut atteindre des concentrations mortelles
peu de temps après lensilage. Il est plus lourd que lair,
de telle sorte quil saccumule dans les parties basses des
paquets densilage et dans les salles de préparation des
aliments situées à la base du silo. Ce gaz est parfois
visible, car il forme un halo rougeâtre à brun jaunâtre
autour de la base du silo. Il dégage une odeur de chlore. Sil
faut entrer dans le silo pour niveler ou recouvrir lensilage,
le faire immédiatement après lensilage en prenant
soin de laisser le ventilateur fonctionner pendant que quelquun
se trouve dans le silo.
Si lon craint que le fourrage renferme de fortes concentrations
de nitrates, il faut le faire analyser par un laboratoire (en prélevant
léchantillon après la mise en silo) et sabstenir
de pénétrer dans le silo pendant au moins les trois semaines
qui suivent lensilage.
Malgré les risques que peut présenter un hybride sorgho-Soudan,
il sagit dun bon fourrage de dépannage pendant les
mois dété. Sa qualité est variable, ce qui
en fait un fourrage qui convient davantage aux laitières moins
productrices, aux vaches taries et aux génisses de remplacement.
Il procure un aliment de rechange pendant les mois dété,
lorsque les pâturages existants produisent moins. Il peut servir
de supplément valable jusquà ce que dautres
fourrages soient prêts. Comme pour toutes les cultures fourragères
annuelles, il faut comptabiliser en entier la première année
les coûts détablissement, de travail du sol, des
semis et de la fertilisation. Comparativement à une culture fourragère
vivace qui permet détaler les coûts sur la durée
de vie de la culture, ce type de fourrage constitue donc une source
daliment plus coûteuse. Pour cette raison, on ne lutilise
que dans le but de pallier à une pénurie daliments
à servir au bétail quand le froid a tué les cultures
fourragères, et afin de répondre à des besoins
précis.
Nous remercions le Secrétariat dÉtat pour sa contribution
financière à la réalisation de la présente
fiche technique.
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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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