Ray-grass annuel destiné à l’ensilage et au pâturage


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 125
Date de publication : 10/98
Commande no. 98-040
Dernière révision : 10/98
Situation : Non disponible
Rédacteur : Jim Johnston - Université de Guelph; Matthew Bowman - Université de Guelph.

Table des matières

  1. Introduction
  2. Toile de fond
  3. Résultats en terme de rendement

Introduction

Le ray-grass annuel est une graminée de saison froide surtout utilisée pour l’ensilage ou le pâturage. Deux types de ray-grass sont couramment désignés ray-grass annuel :

  1. le ray-grass de type Westerwold, une annuelle véritable chez qui l’épiaison se produit dans l’année des semis; et
  2. le ray-grass d’Italie, une bisannuelle chez qui l’épiaison ne se produit pas dans l’année des semis.

Presque partout en Ontario, compte tenu des hivers froids, les deux types se comportent comme des annuelles. Le ray-grass annuel est adapté à des climats relativement froids marqués par des précipitations abondantes. Il prospère dans des sols riches, surtout en azote. En Ontario, le ray-grass annuel peut constituer une source de fourrage de dépannage ou être inclus dans une rotation planifiée. Voici une idée du rendement et de la qualité qu’on peut s’attendre de tirer du ray-grass annuel.

Toile de fond

On a semé le cultivar Marshall de ray-grass annuel de type Westerwold à raison de 20 kg/ha à New Liskeard, à Verner et à Kemptville. On a épandu de l’azote en présemis à raison de 50 kg d’azote réel/ha. D’après les résultats des analyses de sol, les concentrations de phosphore et de potassium répondaient aux besoins de la culture. On a pris la première coupe environ 55-60 jours après les semis, une fois les épillets entièrement sortis. On a fait la récolte suivante 30-40 jours plus tard.

Résultats en terme de rendement

Les rendements de la première coupe prise 60 jours après les semis ont varié de 2 800 à 4 500 kg/ha (tableau 1). Pour ce qui est du rendement total, il s’établit entre 7 000 et 12 000 kg/ha à New Liskeard où l’on fait trois coupes par année, et entre 5 900 et 8 800 kg/ha à Verner et à Kemptville où l’on fait deux coupes par année. Si le temps sec réduit la repousse, il vaut mieux utiliser la repousse comme pâturage que la récolter mécaniquement.

Tableau 1. Rendement (kg/ha) en matières sèches de la première coupe et de l’ensemble des coupes de ray-grass annuel à trois endroits.
Année

1993

1994

1995

Moyenne

Endroit 1recoupe Total¹ 1recoupe Total 1recoupe Total 1recoupe Total
New Liskeard
3 604
11 089
3 141
12 051
3 326
6 994
3 357
10 045
Verner
2 793
8 800
4 661
5 889
3 727
7 345
Kemptville
2 869
7 331
6 229
6 229
4 549
6 814

¹ Trois coupes annuelles à New Liskeard et deux à Verner et à Kemptville, sauf en 1995 à Kemptville.

Qualité du fourrage 

Les teneurs en protéines brutes de la première coupe ont varié de 14 à 17 %, les teneurs en fibres au détergent acide (ADF), de 31 à 37 % et les teneurs en fibres au détergent neutre (NDF), de 52,6 à 55 % (tableau 2). Avec les coupes subséquentes, les teneurs en protéines brutes ont été plus basses qu’à la première coupe, mais la teneur en énergie a été plus élevée (données non présentées). La qualité pourrait être améliorée si l’on effectuait la première coupe à l’apparition des épillets plutôt qu’une fois les épillets entièrement sortis. Les épillets ont continué de sortir pendant la repousse après la première coupe, ce qui a pu réduire les teneurs en protéines brutes de la deuxième coupe. Les teneurs en protéines des deuxième et troisième coupes pourraient être améliorées par des coupes plus fréquentes, mais le rendement de chaque coupe serait alors réduit.

Tableau 2. Qualité moyenne du fourrage à la première coupe du ray-grass annuel à New Liskeard, à Verner et à Kemptville (moyenne sur trois ans à New Liskeard et sur deux ans à Verner et Kemptville).
Mesure de la qualité New Liskeard Verner Kemptville
Protéines brutes (%)
17,4
14,0
14,6
Fibres au détergent acide (%)
34,5
37,4
31,3
Fibres au détergent neutre (%)
54,9
53,2
52,6

En 1995, environ 20 acres de ray-grass annuel ont été récoltés et mis en balles cylindriques pour l’ensilage. On a labouré le champ l’automne précédent pour le débarrasser de la couverture herbacée. On a prélevé des carottes dans les balles au moment de les envelopper, puis de nouveau 60 jours plus tard. Le tableau 3 montre que l’enveloppage des balles n’a entraîné aucune détérioration de la qualité du ray-grass annuel, laquelle était toujours très bonne après 60 jours. Quand on l’a offert aux brebis et aux moutons, l’ensilage a semblé très appétent.

Tableau 3. Qualité du ray-grass annuel avant l’ensilage et 60 jours après la mise en balles cylindriques sous enveloppe.
Date d’échantillonnage Prot. brutes (%) ADF (%) NDF (%) Ca (%) P (%) Ca:P
5 août 1995
19,5
32,4
55,1
0,568
0,415
1,4:1
4 oct. 1995
19,7
33,6
53,1
0,56
0,43
1,3:1

Résumé 

Sous de bonnes conditions, le ray-grass annuel peut produire des rendements élevés d’un fourrage très appétent et de qualité satisfaisante. Si les conditions du lit de plantation sont mauvaises, le rendement du ray-grass annuel est souvent décevant. Trois coupes par année sont possibles, même si deux coupes suivies de l’utilisation du champ comme pâturage peuvent être plus pratiques. La repousse est fortement influencée par les précipitations. Même si cet aspect ne faisait pas partie des expériences, l’épandage en surface d’un fumier liquide après chaque récolte devrait favoriser les rendements et la teneur en protéines brutes de la repousse. Le ray-grass annuel est idéal pour le pâturage de fin d’automne puisqu’il continue de pousser en octobre et qu’on n’a pas à craindre sa survie hivernale.


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