La
protection des vergers contre les rongeurs et les cervidés
Table des matières
- Lutte contre les mulots (campagnols)
- Précautions à prendre dans la manipulation
des appâts empoisonnés
- Lutte contre les léporidés
- Marmottes
- Cervidés
- Résumé
Les dommages causés chaque année dans les vergers par
les campagnols (communément désignés « mulots »),
les marmottes, les léporidés (lapins et lièvres)
et les cervidés ont des incidences économiques importantes
partout en Ontario. Il n'est pas facile de se débarrasser de
ces animaux nuisibles. Pour être efficace, la lutte doit reposer
sur une stratégie à long terme.
Lutte contre les mulots (campagnols)
C'est lorsque leur nourriture habituelle se fait rare que les mulots
font le plus de ravages. Ils causent du tort aux arbres fruitiers, principalement
en dénudant leurs troncs et leurs racines mais aussi en coupant
leurs radicelles (figure 1A et figure
1B).

Figure 1A. Mauvaises herbes autour d'un tronc.
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Identification
Le campagnol des champs est le mulot que l'on rencontre le plus
fréquemment dans les vergers, bien que dans le sud-ouest de l'Ontario
le campagnol sylvestre (figure 2) fasse également
des ravages. Le campagnol des champs adulte, d'une longueur de 150 à
195 mm, se distingue par sa robe brun roux foncé sur le dos et
grise sur le ventre, sa queue mesurant à peu près le double
de son pied postérieur, ses oreilles poilues à peine sorties
du pelage et ses yeux saillants.
De couleur marron clair, le campagnol sylvestre mesure, quant à
lui, entre 110 et 135 mm. Sa queue est sensiblement de la même
longueur que son pied postérieur, ses yeux sont plutôt
creux et ses oreilles pratiquement enfouies dans le pelage; sa fourrure
est moins rude que celle du campagnol des champs.
Figure 1B. Dommages à l'intérieur d'une zone envahie
par les mauvaises herbes.
Figure 2. Campagnol des champs et campagnol sylvestre.
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Biologie
Le printemps et l'été, le campagnol des champs se
nourrit habituellement de semences de graminées, d'herbes et
de bulbes; l'automne et l'hiver, il consomme de l'écorce. Alors
que le campagnol des champs se fabrique de petits sentiers en surface,
le campagnol sylvestre se creuse des galeries profondes où il
se nourrit de radicelles et de l'écorce de racines plus développées.
Mesures de lutte
Les mulots ont une prodigieuse capacité de reproduction,
et le meilleur moyen de contenir leurs populations est de les combattre
tout au long de la saison. S'ils sont présents dans les vergers,
c'est que cet habitat leur procure de la nourriture, un abri et une
certaine protection contre les prédateurs. Les mesures de lutte
doivent donc chercher à les priver de ces trois éléments
essentiels à leur survie.
Pratiques culturales
Pour décourager les mulots, il est recommandé d'appliquer
une large bande d'herbicide (figure 3) dans la
rangée d'arbres ou sous les arbres pris individuellement, de
tondre régulièrement l'herbe au ras du sol et de débarrasser
le verger des broussailles et des débris qui peuvent servir de
refuge ou de matériau de nidification. Dans un rayon d'au moins
60 cm autour du tronc, le sol doit être exempt de paille, de débris,
de couverture herbacée, etc. Soulignons que les prédateurs
comme le chat domestique, le renard et les oiseaux de proie (notamment
la buse à queue rousse, la crécerelle et le grand-duc
d'Amérique) contribuent également à contenir les
populations de mulots.

Figure 3. Application d'herbicide par bandes sous les arbres
et tonte régulière de la couverture herbacée entre
les rangées.
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Protecteurs
Pour une protection maximale, on enroule un protecteur autour
du tronc de tous les arbres nouvellement plantés, en veillant
à l'enfouir dans le sol à une profondeur d'au moins 5
cm ou, mieux encore, en recouvrant la base de l'arbre d'un amoncellement
de pierres finement broyées ou de scories tranchantes. L'automne
venu, il faut vérifier un à un les protecteurs pour s'assurer
qu'ils n'offrent aucune prise aux rongeurs, qu'ils sont exempts de débris
et qu'ils n'entravent pas le développement des racines.
Il existe sur le marché un certain nombre de types de protecteurs;
parmi les plus fréquemment utilisés, on trouve le protecteur
de plastique enroulable (figure 4) et le treillis
de métal galvanisé (figure 5).
L'expérience révèle qu'un protecteur d'environ
45 cm de haut suffit. On déconseille aux personnes qui fabriquent
leurs propres protecteurs d'employer des matériaux de couleur
sombre ou du papier goudronné. Par l'élévation
de la température qu'ils provoquent, ces matériaux soumettent
l'écorce à des variations de température excessives
entre le jour et la nuit au cours des journées ensoleillées
de l'hiver. De plus, ces protecteurs offrent un abri aux insectes responsables
des ravages au tronc des arbres. On déconseille également
l'emploi de papier d'aluminium ou de feuilles de métal minces
car les protecteurs de ce type ne permettent aucune ventilation. Ils
peuvent, par conséquent, entraîner des élévations
de température et causer des dommages aux arbres. Quant aux protecteurs
enroulables, il faut les vérifier annuellement et les ajuster
pour éviter qu'ils nuisent à la croissance du tronc (figure 3).

Figure 4. Protecteur enroulable.

Figure 5. Treillis métallique.
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Appâts empoisonnés
Au moment des récoltes, on recherchera tout indice révélant
la présence de mulots dans le verger (galeries, crottes, brins
d'herbe fraîchement coupés dans les sentiers et pommes
mâchonnées). Les appâts ne sont pleinement efficaces
que si les pommes tombées sont ramassées et retirées
du verger. Avant que l'herbe ne se couche au sol et que la neige ne
le recouvre, il est conseillé de répandre à la
volée des appâts sur toute la surface du verger. Il est
recommandé d'attendre une belle journée devant être
suivie de plusieurs jours sans précipitations. On trouve sur
le marché plusieurs types d'appâts pouvant être utilisés
dans les vergers. Consulter l'étiquette avant l'application et
prendre toutes les précautions indiquées.
Pièges-appâts
Les pièges-appâts ont l'avantage d'être efficaces
plus longtemps que les traitements à la volée. Ils peuvent
être fabriqués à partir de différents matériaux,
notamment des bouts de planche ou des boîtes de conserve ouvertes
à une extrémité. On installe l'appât sous
la planche ou à l'intérieur de la boîte de conserve,
laquelle repose sur son flanc. Le piège-appât en forme
de T renversé (figure 6), fabriqué
à partir d'un tuyau d'ABS de 3,8 cm (1 ½ po) de diamètre,
est peut-être le piège-appât le plus efficace qui
soit. Par le tuyau vertical, mettre plusieurs cuillerées à
table d'appât, puis recouvrir le tuyau pour protéger l'appât
contre les intempéries. Il est recommandé d'installer
quelque 25 pièges-appâts par hectare (10 par acre).

Figure 6. Piège-appât en forme de T renversé.
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Précautions à prendre dans la manipulation
des appâts empoisonnés
Ces appâts sont toxiques, donc dangereux pour les humains,
les animaux domestiques et la faune.
Entreposer les appâts dans une remise, hors de la portée
des enfants, des personnes irresponsables et des animaux. Porter des
gants de caoutchouc ou de néoprène pour manipuler les
substances dangereuses et prendre soin de laver ces gants après
usage. Éviter d'inhaler la poussière ou les vapeurs. Se
débarrasser des contenants vides en les brûlant ou en les
enfouissant dans des terres qui ne sont pas destinées à
la culture et qui sont éloignées des cours d'eau. Veiller
à tenir les enfants, les animaux domestiques ainsi que les animaux
de ferme à distance des endroits traités. Dans la mesure
du possible, enlever les mulots morts et les enterrer ou s'en débarrasser
d'une manière sûre.
Lutte contre les léporidés
Pendant les mois d'hiver, le lapin à queue de coton et le
lièvre peuvent s'attaquer aux arbres fruitiers lorsque leur nourriture
se fait rare. Bien qu'ils préfèrent les pousses terminales
et les boutons fructifères, certains en viennent à ronger
l'écorce. Si les dommages causés aux pousses terminales
peuvent entraîner des malformations, le dénudage du tronc,
quant à lui, risque de faire mourir l'arbre ou de l'affaiblir
et de favoriser la pénétration d'organismes pathogènes.
Les populations de léporidés sont cycliques. Elles peuvent
atteindre des proportions inquiétantes en un temps record et
rendre nécessaire l'adoption de mesures pour protéger
les vergers.
S'ils sont utilisés correctement, les répulsifs au
thirame destinés aux léporidés offrent à
l'arbre une protection convenable. On trouve dans le commerce différentes
préparations dont certaines à base de peinture blanche
au latex mélangée à du thirame. Quel que soit le
produit utilisé, il faut bien lire le mode d'emploi pour éviter
une trop grande dilution. Prendre soin d'appliquer le produit sur une
hauteur suffisante en tenant compte de la hauteur que peuvent atteindre
les lapins et les lièvres lorsqu'ils se tiennent debout sur une
épaisse couche de neige (figure 7).

Figure 7. Arbre enduit d'un mélange latex-thirame au
début de l'automne.
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Les répulsifs peuvent être appliqués à
l'aide d'un petit pulvérisateur à dos ou appliqués
au pinceau. Pour enduire le tronc des jeunes arbres, la plupart des
producteurs se servent de gants de protection contre les pesticides,
qu'ils recouvrent d'un gant pour laver les voitures ou d'un bas de laine
imbibé de produit. En général, les préparations
commerciales n'endommagent pas les bourgeons. Non seulement la peinture
blanche au latex est-elle un bon support pour le thirame, mais elle
contribue aussi à réduire l'incidence des lésions
du sud-ouest (insolation hivernale). Une méthode couramment utilisée
consiste à diluer 400 g de thirame 75 WP dans 2 litres d'eau
et à mélanger lentement cette solution à 4 litres
de peinture blanche au latex pour l'extérieur. Ne pas utiliser
de peintures à base d'huile, car elles sont toxiques pour les
arbres.
La chasse est un excellent moyen de contenir les populations
de léporidés. On doit toutefois la pratiquer toute l'année,
sous peine de voir de nouveaux individus remplacer les absents. On ne
saurait toutefois recourir uniquement à cette méthode
pour résoudre le problème.
Marmottes
Présentes partout en Ontario, les marmottes obligent parfois
à adopter des mesures de défense.
Les marmottes peuvent gravement endommager l'écorce des
arbres en la rongeant, en s'y aiguisant les dents ou simplement en s'y
agrippant. Elles brisent également les racines en se creusant
des terriers. Ces terriers peuvent causer des bris d'équipement
et représentent un danger pour les personnes, qui risquent d'y
mettre les pieds (entorses à la cheville, blessures aux jambes,
etc.).
Les marmottes hibernent dans leurs terriers et reprennent leur
activité en mars ou avril. Leurs petits naissent vers la fin
d'avril ou en mai. Chaque portée compte en moyenne quatre petits.
Les marmottes ont deux ou trois terriers différents, éloignés
les uns des autres d'une distance pouvant aller jusqu'à 100 m
et même davantage. Chaque terrier compte au moins deux accès,
dont un principal flanqué d'un amoncellement de terre.
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Mesures de lutte
Les efforts pour lutter contre la marmotte sont peu efficaces pendant
l'hiver, puisque l'animal hiberne, à l'intérieur du terrier,
dans une chambre qu'il ferme avec le plus grand soin.
Voici quelques méthodes couramment utilisées pour
lutter contre la marmotte. Il y a d'abord le Phostoxin, un fumigant
renfermant du phosphure d'aluminium qui, en présence d'humidité,
dégage un gaz (la phosphine) qui contribuerait à repousser
les marmottes. Pour manipuler le Phostoxin, on doit porter un respirateur
à cartouche pour gaz acide couvrant tout le visage et se munir
de gants de coton. Une seconde personne, elle-même protégée
par un équipement semblable, doit aider durant la fumigation.
Se référer à l'étiquette. Il faut utiliser
le produit à raison d'un comprimé par trou. Prendre soin
de bien boucher tous les accès pour empêcher les gaz de
s'échapper.
Seuls les producteurs détenant un certificat délivré
au terme du Cours sur l'emploi sécuritaire des pesticides par
l'agriculteur peuvent acheter le fumigant Phostoxin. La politique concernant
l'utilisation de ce pesticide oblige l'utilisateur à s'informer
du mode d'emploi avant d'acheter le produit. (À ce sujet, le
ministère de l'Environnement et de l'Énergie de l'Ontario
met à la disposition du public une fiche technique intitulée
La lutte contre les marmottes au moyen de tablettes au phosphure
d'aluminium.)
Les cartouches à gaz sont des cylindres de carton renfermant
une substance à combustion lente qui asphyxie la marmotte. Placer
une cartouche dans le terrier après en avoir bouché tous
les accès. Suivre les directives du fabricant pour la préparation
et l'utilisation des cartouches.
Le trappage peut aussi s'avérer une méthode efficace,
mais il exige qu'on y consacre beaucoup de temps. Les pièges
les plus pratiques sont les pièges d'acier no 2 (pièges
à rats musqués). Il faut les inspecter au moins deux fois
par jour et les nettoyer après chaque prise.
La chasse est un excellent moyen de contenir les populations de marmottes.
Toutefois, elle doit être pratiquée de façon continue,
du printemps jusqu'à l'automne.
Cervidés
L'Ontario souffre de plus en plus des dommages causés par
les cervidés. Dans certaines régions, le problème
est très difficile à résoudre. Les dégâts
causés dans les vergers s'expliquent peut-être par une
population trop grande pour les ressources alimentaires disponibles.
Les cervidés se bornent en général à brouter
les jeunes pousses terminales des arbres. Il arrive que de petits arbres
soient endommagés à l'automne lorsque les mâles
cherchent à détacher le velours desséché
de leur ramure en se frottant contre l'écorce.
Si la pression exercée par les cervidés est très
forte, que toutes les autres mesures de lutte ou d'exclusion ont échoué
et que le producteur s'expose à de lourdes pertes économiques,
il lui est possible de lever un permis spécial pour se débarrasser
des cervidés en s'adressant au ministère des Richesses
naturelles de l'Ontario. Il s'agit d'une mesure à prendre en
dernier recours seulement. D'ailleurs, plusieurs conditions s'appliquent
à l'obtention de ce permis. S'adresser au bureau régional
du ministère des Richesses naturelles pour plus de détails.
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Mesures de lutte
Les clôtures conçues pour exclure les cervidés
sont très efficaces. S'adresser aux fournisseurs pour plus de
détails sur les clôtures électrifiées ou
métalliques rigides. Le ministère de l'Agriculture, de
l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario et le ministère
des Richesses naturelles de l'Ontario ont publié conjointement
une publication sur la maîtrise des cervidés, intitulée
Deer Management in Agriculture. On y trouve de l'information sur
les types de clôture qu'on peut envisager d'installer.
Dans certaines régions, on a recours à des répulsifs
olfactifs ou à des répulsifs gustatifs. Les essais effectués
à l'aide de répulsifs olfactifs, comme la farine de sang,
les flocons de naphtaline, le savon (dont le Hinder) et les cheveux
humains ont donné des résultats variables. Dans de petits
sacs faits de vieux bas de nylon, on dépose une poignée
de cheveux humains de la grosseur d'un œuf (on peut se procurer des
cheveux dans n'importe quel salon de coiffure). Le contenu des sacs
doit être renouvelé toutes les quatre à six semaines
si l'on veut obtenir de bons résultats. Il faut ensuite placer
un de ces sacs dans chacun des arbres situés sur le périmètre
du verger ou du côté d'où viennent les cervidés.
L'efficacité du traitement dépend de la qualité
du suivi et de la disponibilité d'autres sources de nourriture.
Si les autres sources de nourriture sont peu abondantes, les répulsifs
risquent de ne pas produire l'effet recherché.
La chasse n'est autorisée que durant les périodes prévues
par le ministère des Richesses naturelles. Aucun propriétaire
n'a le droit d'abattre des cervidés dans le but de défendre
sa propriété. L'agriculteur peut se renseigner là
où sont délivrés les permis de chasse, ou communiquer
avec sa municipalité ou avec le bureau du ministère des
Richesses naturelles le plus proche pour connaître les dates d'ouverture
et de clôture de la saison de chasse et les modalités d'obtention
des permis.
Les répulsifs gustatifs et les répulsifs olfactifs, comme
le savon et les mélanges à base de thirame, doivent être
mis en place avant que les animaux ne commencent à causer des
dommages. Le goût ou l'odeur extrêmement désagréable
de ces produits éloigne les cervidés. Il faut respecter
à la lettre les modes d'emploi, car il peut être contre-indiqué
d'y avoir recours si les fruits sont encore dans les arbres. En effet,
certains produits ne sont pas homologués pour l'utilisation sur
des aliments. La nature même de ces répulsifs oblige parfois
à recommencer l'opération après de fortes pluies.
Résumé
Aucune méthode prise isolément n'est pleinement efficace
dans la lutte contre les rongeurs et les cervidés. Le secret
de la réussite repose sur l'utilisation de différentes
techniques de gestion (c.-à-d. de pratiques culturales et de
méthodes mécaniques et biologiques) pendant toute la saison.
Soulignons que si les prédateurs naturels comme les renards,
les couleuvres, les faucons, les crécerelles et les hiboux ne
peuvent à eux seuls réussir à exterminer ces animaux
nuisibles, ils contribuent certainement à en réduire le
nombre.
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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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