La greffe réparatrice


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 210/24
Date de publication : 01/98
Commande no. 98-004
Dernière révision : 01/98
Situation : En remplacement de la fiche no 90-074, qui porte le même titre
Rédacteur : Ken Wilson - spécialiste des fruits à pépins/MAAO

Table des matières

  1. La greffe en pont
  2. Greffe par approche
  3. Examen

La greffe en pont

Certains accidents entraînent parfois des dégâts aux troncs d’arbres fruitiers. L’enlèvement de l’écorce par exemple équivaut à la disparition des tissus responsables du transport des substances nutritives fabriquées par les feuilles. Il s’ensuit que le système racinaire, n’ayant plus accès à ces substances nutritives, se trouve privé d’aliments nécessaires à sa survie. Graduellement, les parties aériennes dépérissent et meurent au fur et à mesure que les réserves s’épuisent.

La greffe en pont est une méthode de greffage permettant la réparation du tronc dénudé. Bien qu'on puisse la réaliser en implantant les ponts dans des entailles pratiquées dans le bois du tronc, il est plus fréquent d'insérer les greffons sous l'écorce en mettant en contact leur cambium et celui du porte-greffe. Habituellement, la greffe se situe au niveau de l'écorce et on ne l'effectue pas avant le mois de mai. Par contre, il faut recueillir d'avance les greffons dormants et les conserver jusqu'au moment du greffage. Il est important de choisir des drageons ou des gourmands sains, bien aoûtés et issus de cultivars rustiques.

Pour réparer les troncs dont au plus le quart de la circonférence est dépourvu d'écorce, il conviendrait peut-être mieux de bien recouvrir la blessure au début du printemps plutôt que de pratiquer une greffe en pont.

Habituellement, les arbres plantés depuis moins de quatre ans dans le verger sont trop petits pour que la greffe en pont réussisse. S'ils sont dénudés sur toute leur circonférence, ou presque, mais qu'une bande d'écorce demeure intacte au-dessus du point de greffe, il vaut mieux les rabattre juste sous la blessure. Sans greffage, les pommiers, les poiriers et les pruniers formeront une nouvelle cime. Cependant, les cerisiers et les pêchers n'y parviendront probablement pas : il faudra faire une greffe sur leur tronc ou les remplacer par de nouveaux arbres. Lorsque rabattus, les pommiers, les poiriers et les pruniers produisent de nombreuses pousses. Pas moins d'un an plus tard, on devrait procéder à l'élagage et ne garder que les pousses les plus désirables.

Aux nombreuses méthodes de greffe en pont, celle ayant recours aux rainures ou à l'incrustation est généralement préférée (figure 1). Selon que la blessure a déjà été recouverte ou non d'une couche protectrice, les rainures pourront prendre l'une de deux positions. Au moment du greffage, si la blessure est recouverte depuis quelque temps, les rainures se situeront bien en marge de la région traitée. Dans le cas contraire, on devrait adopter la méthode illustrée à la figure 1 dont l'exécution est plus rapide.

Étapes de la greffe en pont

Figure 1. Étapes de la greffe en pont

Tailler en biseau les extrémités des greffons du côté opposé à leur arc naturel. Une fois amené à la longueur voulue et ses extrémités biseautées sur 5 à 8 cm, le greffon est placé à l'endroit qu'il occupera. Sur l'écorce, tracer le contour du greffon avec la pointe du couteau pour assurer qu'il soit parfaitement bien logé dans la rainure. L'écart entre l'extrémité des rainures devrait être un peu moindre que la longueur du greffon, permettant ainsi une légère courbure du greffon à sa mise en place. En plus d'établir un meilleur contact entre le greffon et le porte-greffe, cette légère courbure réduit le risque de séparation que peut entraîner l'oscillation de l'arbre sous le vent.

À gauche, les francs sont plantés autour du tronc endommagé. Au centre, la cime des francs déjà plantés est greffée au-dessus de la blessure. À droite, l'opération est complétée par le recouvrement de tous les tissus blessés avec le mastic à greffer.

Au moyen d'un tournevis, soulever les bandelettes d'écorce et les retirer des rainures. Si les bandelettes ne se décollent pas facilement du bois, remettre le travail jusqu'à ce qu'elles se soulèvent sans résistance. Insérer l'extrémité la plus large du greffon dans la rainure du bas et la fixer avec deux broquettes ou clous à boîtes de 2,5 cm de longueur. En exerçant une légère pression, mettre en place l'extrémité supérieure et la fixer de la même façon. Espacer les greffons de 5 cm environ et recouvrir complètement la blessure avec un mastic à greffer de bonne qualité qui ne rétrécira ni ne fendillera.

Greffe par approche

La méthode consiste à greffer au-dessus de la blessure du tronc ou à ses rameaux les extrémités des drageons qui se développent à partir des racines de l'arbre endommagé.

Lorsqu'il n'existe aucun drageon autour de l'arbre et que la blessure au tronc est trop grande ou s'étend trop profondément dans le sol pour que la greffe en pont ordinaire soit possible, planter des francs autour et près du tronc porte-greffe. Compter un franc pour chaque rameau de l'arbre endommagé. Les extrémités supérieures de ces francs sont coupées, biseautées et insérées dans le tronc ou dans les rameaux principaux, au-dessus de la blessure, comme ils le seraient pour la greffe en pont (figure 2).

Greffe par approche.

Figure 2. Greffe par approche.

Examen

On ne peut s'attendre à une réussite absolue si les arbres sont privés de soins après la greffe. Les deux raisons les plus courantes d'échec du greffage sont : l'inversion du greffon à la pose et son dessèchement dû au recouvrement insuffisant avec le mastic à greffer. Au cours des quelques semaines suivant le greffage, examiner une ou deux fois les blessures. Rajouter du mastic si sa surface fendille. La première année, il n'est pas nécessaire d'arracher les feuilles qui se développent sur le greffon car elles contribuent peut-être à le renforcer durant la guérison.

Certains arbres fruitiers risquent de manifester des symptômes de maladies virales après le greffage. Il faut observer soigneusement la croissance des greffons. Dès l'apparition de symptômes anormaux, l'arboriculteur voudra peut-être surgreffer un autre cultivar. Cependant, il serait préférable d'arracher les arbres atteints. Quoi qu'il en soit, il faudrait consulter un spécialiste.

Nous remercions le Secrétariat d’État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.


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