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Le
Psylle du Poirier dans les Vergers
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| Agdex : | 215/634 |
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| Date de publication : | 12/97 |
| Commande no. | 97-182 |
| Dernière révision : | |
| Situation : | Non disponible |
| Rédacteur : | Kevin W. Ker - conseiller en lutte contre les ennemis des cultures/MAAO |
Le psylle du poirier, Psylla pyricola (Foerster) est le principal ravageur des poiriers en Amérique du Nord. Elle a été introduite accidentellement dEurope, au Connecticut, aux États-Unis, vers 1832, puis a migré de lÉtat de New York jusque dans le comté de Halton (Ontario) où elle a été remarquée pour la première fois en 1894. Le psylle du poirier sattaque aux poiriers, mais aussi aux cognassiers.
Des prédateurs, notamment la coccinelle et le syrphe, peuvent réduire les populations de psylle du poirier sous les seuils de nuisibilité économique. Leur action ne permet toutefois pas despérer pouvoir produire commercialement des poires en Ontario sans recourir à des insecticides. Le psylle du poirier a développé une résistance aux insecticides organochlorés, aux insecticides dorganophosphate et aux pyréthrinoïdes, ce qui complique les efforts de lutte.
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En Ontario, le psylle du poirier hiverne au stade adulte (figure
1) dans les fissures de lécorce des arbres ou sous
des débris. Les jours doux et ensoleillés, lorsque la
température atteint 10°C, on peut observer les psylles du
poirier adultes qui se déplacent sur lécorce. Si
la température se maintient autour de
10 °C, laccouplement et la ponte peuvent débuter dès
la mi-mars. Avant le débourrement, le psylle du poirier pond
ses ufs de façon isolée ou en ligne droite sur les
surfaces rugueuses des bourgeons (figure 2) et des
rameaux ainsi que dans les fissures de lécorce. Au fur
et à mesure que les bourgeons se développent et que de
nouvelles pousses apparaissent, le psylle du poirier se déplace
pour aller pondre sur le pourtour des feuilles et les tiges des pousses.
On peut observer les oeufs minuscules à laide dune
loupe grossissant 10-14 fois. Léclosion sétale
sur une longue période (sur 6-7 jours à 21°C ou sur
35 jours à 5°C). Les oeufs pondus les premiers sur le feuillage
éclosent au moment où les feuilles commencent à
se déployer.
Figure 1. Psylle du poirier adulte. Taille réelle de 1,9-2,1 mm.
Figure 2. Oeufs de psylle du poirier le long de lécailledun bouton sur un dard.
Une femelle peut pondre de 180 à 350 ufs et même davantage sur une période de 2-3 semaines, un autre point qui explique la difficulté à combattre cet insecte. Entre le stade de loeuf et le stade adulte, le psylle du poirier passe par cinq stades nymphaux. Pour se nourrir, les nymphes sucent la sève des bourgeons, des feuilles et des pousses en croissance.
Les deux premiers stades nymphaux (figure 3) sont
relativement immobiles et produisent un peu de miellat (la sève
que la nymphe excrète pendant quelle salimente).
Les nymphes du troisième stade nymphal (ainsi que des quatrième
et inquième stades nymphaux) sont reconnaissables à la
présence
débauches alaires (figure 4). Lorsquelles
se nourrissent, ces nymphes se cachent souvent sous le miellat à
laisselle des feuilles. Cette caractéristique rend la maîtrise
de linsecte à laide de pesticides extrêmement
difficile.
Figure 3. Nymphe du premier ou du deuxième stade nymphal.
Figure 4. Nymphe du troisième stade nymphal remarquer les ébauches alaires
.La durée du cycle biologique complet, de loeuf à
ladulte, peut varier de 3 à 7 semaines pour la première
génération, mais dépend énormément
de la température.
Les adultes de la deuxième génération font leur
apparition entre le début et le milieu de juin et peuvent continuer
à vivre et à se multiplier pendant tout le mois de juillet
et le début daoût. Environ 7 à 10 jours après
lémergence, les femelles commencent à pondre leurs
oeufs le long de la nervure principale sur la face inférieure
des nouvelles feuilles. La ponte (250-500 ufs par femelle) peut
durer 4-5 semaines. Les ufs éclosent 7-14 jours après
avoir été pondus, de telle sorte que tous les stades de
croissance peuvent être présents en même temps. Du
fait du manque duniformité dans la croissance des individus,
cette génération est celle qui est la plus difficile à
combattre.
Troisième génération. Il sagit dune
génération partielle, généralement beaucoup
moins nombreuse que les deux précédentes. La ponte se
fait surtout sur les gourmands qui sallongent dans la portion
centrale de larbre ou sur les jeunes pousses terminales. Le nombre
dufs pondus (200-400/femelle) dépend des conditions
climatiques et de la température étant donné que
les psylles ne pondent pas sur les arbres qui sont flétris ou
endommagés par des chaleurs excessives. Les psylles peuvent encore
être présents en grand nombre même une fois la récolte
terminée. Les oeufs de la troisième génération
peuvent apparaître au début daoût ou plus tard,
selon les conditions météorologiques. Bien des
nymphes qui sortent de ces oeufs ne résistent pas à lhiver.
À cause de lactivité de ponte continue et du manque
duniformité dans la croissance, il est difficile de distinguer
les individus de première et de deuxième générations.
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En grand nombre, les psylles affaiblissent les arbres, nuisent à
lélongation des pousses et abaissent éventuellement
les rendements lannée suivante en compromettant la mise
à fruits. Les psylles sont aussi responsables du flétrissement,
du roussissement et de la chute prématurée des feuilles,
quon attribue à la salive toxique quils injectent
dans les tissus pendant quils salimentent. Les arbres affaiblis
par des infestations graves (plus de 10 psylles actifs par pousse) peuvent
aussi être plus vulnérables aux blessures par lhiver.
Lexcrétion et laccumulation de miellat sur le feuillage
(figure 5) et sur les fruits sont les signes les plus
évidents de la présence des psylles. Le champignon responsable
de la fumagine (Fumago salicina) se développe dans le miellat.
Cette maladie rend la surface du fruit rugueuse, ce qui en abaisse la
qualité à la récolte. Dans un verger, les sujets
qui ont déjà été soumis à lattaque
des psylles et qui ont reçu des
quantités importantes de miellat ont une écorce noircie
caractéristique, attribuable à la fumagine.
Figure 5. Dépôt et accumulation de miellat et de
fumagine sur le feuillage dun poirier.
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Il nexiste ni piège, ni phéromone qui permette
de repérer la présence ou lactivité du psylle
du poirier. La surveillance est une tâche fastidieuse qui repose
encore sur le prélèvement déchantillons de
feuilles ou de rameaux et sur leur examen à la loupe ou au microscope.
Pour détecter la présence du psylle adulte ainsi que dautres
insectes, on effectue un échantillonnage par gaulage, c.-à-d.
quon utilise des
plateaux dans lesquels on recueille les insectes qui tombent lorsquon
frappe les arbres avec une gaule. Les périodes critiques pour
faire cet échantillonnage varient dune région à
lautre et dune année à lautre.
Prendre périodiquement des échantillons de lambourdes
à partir de la fin mars pour évaluer la pression éventuellement
exercée par les psylles. Il est bon de noter le moment où
commence la ponte ainsi que le moment où éclosent les
premiers ufs. Pour détecter lactivité des
adultes,
prélever au moins deux échantillons vers la fin de mars
afin davoir une idée de la taille de la population qui
a résisté à lhiver. On évalue limportance
de la population en fonction du nombre dindividus recueillis lors
de léchantillonnage par gaulage. On considère que
cette population est faible sil
y a moins de 1 psylle/coup de gaule, moyenne sil y en a 1-2 et
forte sil y en a plus de 3. Vingt-cinq coups de gaule par verger,
à raison de un coup par arbre, permettent de se faire
une bonne idée de la population du ravageur.
Les ufs sont pondus entre le début et la mi-avril, selon
les températures. En général, ils néclosent
pas avant la première partie de mai. La surveillance des ufs
permet à lobservateur de vérifier lactivité
de ponte et lapparition des nymphes. Un minimum de 25 lambourdes
et pousses terminales par verger (1 lambourde par arbre) fournissent
un bon échantillon des stades présents. Prélever
au moins 10 lambourdes dans la partie centrale et le reste sur le pourtour
de larbre. Les ufs nouvellement pondus sont blanc crème.
Avec le temps, la teinte passe au jaune ou à lorangé
et des picots rouges apparaissent.
Au fur et à mesure que le feuillage se déploie, le psylle pond ses ufs sur les feuilles et les pétioles tendres au bout des pousses. En général, les ufs sont concentrés à la base des feuilles le long de la nervure principale. Il sagit, à lapparition du feuillage, de prélever des pousses terminales pourvues de 4-6 feuilles. Pour les registres, on comptabilise les psylles présents dans les 5 dernières feuilles aux extrémités de chaque pousse.
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On peut surveiller les populations présentes au cours de lété
en échantillonnant les pousses terminales et les pousses adventives
dans la partie centrale de larbre (figure 6).
À la mi-juillet, la majorité des feuilles sont déjà
plus résistantes, de telle sorte que lactivité des
psylles se limite essentiellement
aux pousses adventives et aux pousses terminales tendres.
À la fin de juin ou au début de juillet, les populations
se découpent souvent en groupes dâge différents.
Pendant cette période, léchantillonnage des pousses
est très important si lon veut connaître combien
de stades sont présents (oeufs, jeunes nymphes, derniers stades
nymphaux). Il est également
important dévaluer la présence des adultes par des
observations visuelles (figure 7) et à laide
de plateaux servant à léchantillonnage par gaulage
(25 coups de gaule par verger pour chaque date déchantillon).
Figure 6. Emplacement dun drageon servant à la surveillance et à léchantillonnage de mi-saison.
Figure 7. Utilisation de plateaux pour surveiller lactivité
des adultes.
Le prélèvement hebdomadaire déchantillons constitue le meilleur moyen de surveiller efficacement lévolution des populations de psylles. Lidéal est de commencer léchantillonnage à la mi-avril et de le poursuivre jusquà la récolte.
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Des pratiques de gestion du verger peuvent influencer lactivité du psylle du poirier et limportance des infestations. Ces pratiques joueront un rôle clé dans la réduction des populations lorsque les problèmes de résistance se seront aggravés. Des arbres au feuillage dense plantés serrés sont propices à la prolifération des psylles. Voici cinq facteurs importants pour assurer la bonne gestion dun verger:
Les pousses adventices ou gourmands situés dans la partie centrale
de larbre sont des sites de ponte de prédilection pour
les psylles. Lenlèvement de cette source de feuillage dense
réduit non seulement lactivité de ponte, mais permet
aussi une meilleure pénétration des pesticides et un meilleur
recouvrement en plus de prévenir laccumulation de brûlure.
Si on enlève les gourmands avant que les tissus se lignifient
(souvent avant la mi-juillet), il est souvent possible de le
faire manuellement.
Les populations de psylles explosent dans des conditions de végétation luxuriante. Un sol trop riche en azote entraîne souvent une croissance excessive du feuillage, favorisant du coup lactivité des psylles. De bons programmes de fertilisation équilibrés aident à limiter la croissance des arbres et le nombre de pousses adventives ou de gourmands produits.
Les arbres plantés trop rapprochés les uns des autres
(sur la rangée ou entre les rangées) sont en concurrence
pour les éléments nutritifs du sol et la lumière.
Cette situation peut entraîner une croissance végétative
excessive et la production de rameaux étiolés, autant
de conditions favorables à laccroissement des populations
de psylles. Lenchevêtrement des branches appartenant à
différents arbres facilite aussi la migration des psylles dans
le verger et fait en sorte quil devient alors très difficile
dassurer un bon recouvrement lors des pulvérisations. Bien
respecter les recommandations de plantation applicables au cultivar
et au porte-greffe choisi.
Les psylles adultes ne volent pas aisément et le font seulement
sur de courtes distances. La présence de brise-vent denses adjacents
à des blocs de poiriers peut aussi compliquer la lutte contre
les psylles en créant des zones abritées qui sont favorables
au dispersement
des psylles adultes. Il est donc judicieux de sassurer dune
bonne circulation dair en éclaircissant les brise-vent
et en orientant les rangées darbres convenablement.
Bien des problèmes occasionnés par les psylles sexpliquent par un mauvais recouvrement de la culture au moment des pulvérisations. La présence dune population importante de psylles au cur des arbres à la suite dune ou de plusieurs applications dun antiparasitaire est une indication que le recouvrement laisse à désirer. Pour assurer un bon recouvrement, il est important de calibrer le pulvérisateur périodiquement (au moins une fois par an). Au fur et à mesure que la saison avance, ou quand les populations de psylles culminent, il peut être nécessaire daccroître le volume deau pour que la solution pénètre mieux dans la frondaison et atteigne le feuillage et les gourmands en croissance.
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Les pesticides homologués pour la lutte contre les psylles agissent de différentes manières. Le choix dun pesticide doit tenir compte de limportance de la population, du stade biologique de linsecte et des pesticides déjà employés au même endroit.
La lutte contre les psylles repose sur la surveillance. Celle-ci permet
de déterminer le stade de croissance de la population et le moment
le plus indiqué pour le traitement. Pour un maximum de résultats,
on doit sefforcer de faire le traitement lorsque la majorité
des individus se trouve dans
les trois premiers stades nymphaux.
Voici les deux critères sur lesquels doit reposer le choix du
moment où effectuer les pulvérisations dirigées
contre les populations qui ont résisté à lhiver
ou les populations de début de saison:
Des échantillons hebdomadaires de lambourdes et de jeunes pousses
peuvent renseigner sur le nombre dufs présents et
de jeunes nymphes récemment écloses. Les ufs pondus
depuis peu sont blanc crème et prennent avant déclore
une coloration jaune ou orangée (figure 2).
Par exemple, pour déterminer à quel moment la moitié
des ufs sont éclos, il faut garder un registre permettant
détablir des comparaisons sur un certain nombre de semaines.
Dans le tableau qui suit, on voit que ce moment se situe entre les
semaines 4 et 5. Les registres déchantillonnage permettent
de prédire quand survient ce moment.
| Semaine déchantillonnage |
Nbre doeufs
|
Nbre de
nymphes
|
Oeufs éclos
(%)
|
|
|---|---|---|---|---|
|
Blancs
|
Jaunes
|
|||
|
1
|
75
|
5
|
0
|
0
|
|
2
|
50
|
45
|
5
|
5
|
|
3
|
40
|
120
|
40
|
20
|
|
4
|
25
|
75
|
50
|
33
|
|
5
|
10
|
30
|
60
|
60
|
Ce stade se caractérise par la présence débauches alaires (figure 3). Au fur et à mesure que les nymphes parviennent à maturité, leur destruction par les pesticides devient de plus en plus difficile. Depuis un certain nombre dannées, les nymphes du troisième stade nymphal apparaissent au stade du calice, mais lorsque le printemps est doux, elles peuvent apparaître au stade du débourrement.
On pulvérise un insecticide dirigé contre les psylles
de début de saison lorsque les deux conditions qui précèdent
sont remplies (la moitié des ufs éclos et individus
dans les trois premiers stades nymphaux). La plupart des années,
les populations de début de saison évoluent de façon
uniforme et
sont faciles à combattre à laide dinsecticides
organophosphorés (OP) (azinphosméthyl, APM®, Guthion®,
p. ex) oudinsecticides à base dhydrocarbures chlorés
(HC) (endosulfan, Thiodan®, p. ex.). Par temps doux et ensoleillé,
lutilisation dhuile blanche dété immédiatement
après le débourrement
peut enrayer les populations de psylles en tuant les adultes par contact
direct et en réduisant lattrait que présentent les
lambourdes comme sites de ponte. Des producteurs ont aussi indiqué
avoir obtenu une maîtrise satisfaisante des psylles en utilisant
du Morestan avant la floraison. Il est extrêmement important dutiliser
contre les psylles la pleine dose recommandée de tout insecticide
étant donné que des recherches révèlent
que les psylles adultes sont tolérantTs à lazinphosméthyl
et à lendosulfan.
Choix du moment mi-saison Vers la fin de juin et le début
de juillet, les populations de psylles saccroissent souvent de
façon phénoménale, surtout dans les zones de végétation
luxuriante et épaisse (gourmands). Dans la publication 360F du
MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières, sous «
Première pulvérisation en couverture », des pyréthrinoïdes
sont énumérés aux côtés dautres
produits.
On avait jusquici gardé les pyréthrinoïdes
en réserve pour aider à retarder lapparition dune
résistance. Lusage répété des pyréthrinoïdes
nest pas recommandé, car ils détruisent aussi les
insectes utiles, risquent damener une aggravation des problèmes
avec les acariens et menacent dentraîner
lapparition dune résistance.
Nous remercions le Secrétariat dÉtat pour sa contribution
financière à la réalisation de la présente
fiche technique.
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