Le
Mildiou Du Tabac
Table des matières
- Historique Du Mildiou Au Canada
- Symptômes
- Cycle Biologique
- Facteurs Qui Concourent À La Gravité
Du Mildiou
- Lutte
Le mildiou du tabac, communément appelé moisissure
bleue, est causé par le champignon Peronospora tabacina
Adam. Le mildiou a été signalé pour la première
fois vers la fin du XIXe siècle sur le tabac
indigène en Australie et en Argentine. Aux États-Unis,
la maladie s'est d'abord manifestée dans des planches de semis
en Georgie en 1921. En 1957, le mildiou faisait son apparition à
Cuba. En 1960, une épidémie de mildiou a sévi dans
près de 11 pays d'Europe centrale, entraînant des
pertes évaluées à 25 millions de dollars. Deux
ans plus tard, la maladie envahissait les zones productrices de tabac
des pays méditerranéens et du Proche-Orient, entraînant
là aussi de lourdes pertes. Au Mexique, c'est en 1964 qu'on a
signalé le mildiou du tabac pour la première fois.
Historique Du Mildiou Au Canada
Le mildiou a été remarqué pour la première
fois en Ontario en 1938 dans la vieille ceinture du tabac, dans les
comtés d'Essex et de Kent. En 1945 et 1946, le mildiou a frappé
durement dans les planches de semis, occasionnant une importante pénurie
de plants à repiquer à la fois dans la vieille ceinture
du tabac et dans la nouvelle. Entre 1948 et 1950, le mildiou posa moins
de problèmes et apparut plutôt de façon sporadique
dans les planches de semis, mais il occasionna quand même des
pertes dans certains champs de la nouvelle ceinture du tabac. La maladie
n'a entraîné que des pertes négligeables au cours
de la période allant de 1951 à 1966. On n'a signalé
aucune infection par le mildiou en Ontario entre 1967 et 1978.
Au cours de la saison 1979, le mildiou prit des proportions épidémiques
dans la principale zone productrice de tabac. Au total, les pertes furent
évaluées à 30 % de la production, soit 90 millions
de dollars. La maladie a aussi été signalée vers
la fin de chacune des saisons 1980, 1981 et 1983, n'occasionnant toutefois
que des pertes négligeables. En 1980, le mildiou faisait son
apparition pour la première fois dans la région de Port Hope,
à l'est de Toronto. Cette maladie n'a à ce jour été
signalée ni au Québec ni dans les provinces de l'Atlantique.

Figure 1. Plantules de tabac infectées
par le mildiou. Noter les taches jaunes sur la face supérieure
des feuilles et la moisissure gris violacé sur le revers des
feuilles.
Symptômes
Dans les planches de semis
On peut soupçonner une infection par le mildiou lorsqu'on trouve
dans des zones circonscrites des planches de semis, des plants qui présentent
un feuillage dressé. Sur les plantules ayant des feuilles mesurant
entre 2 et 4 cm de diamètre, des taches rondes et jaunes,
nettement définies apparaissent sur la face supérieure
des feuilles. Sur le revers de la feuille, les zones correspondantes
sont recouvertes d'une moisissure grise ou bleuâtre (figure 1).
À ce stade, quelques feuilles sont habituellement gondolées.
Les jeunes plantules, jusqu'à 4 semaines, sont très
vulnérables au mildiou et succombent facilement à l'infection
par le champignon. Sur les plants plus vieux, les feuilles sont cloquées
et déformées et des zones sombres et nécrosées
apparaissent. Les plants atteints sont rabougris. Dans les cas graves,
la tige et les racines deviennent infectées et brunissent.
La présence d'un mycélium sur le revers des feuilles
est le signe le plus sûr du mildiou. Ce feutre mycélien
est chargé de milliers d'organes de fructification minuscules
appelés conidies. Si suffisamment de conidies se forment
en différents endroits du lit de semence, une épidémie
peut survenir et toutes les plantules de la serre peuvent devenir infectées
en une nuit.
Dans les champs
Dans les champs, une infection par le mildiou se manifeste normalement
en premier sur les feuilles inférieures. On trouve alors des
taches rondes et jaunâtres sur la face supérieure des feuilles.
Aux endroits correspondants sur le revers des feuilles, une moisissure
de couleur violacée à grisâtre apparaît. Dans
les cas graves, les taches s'élargissent et forment des zones
sombres (figure 2). Souvent, le champignon pénètre
la nervure principale et/ou les nervures secondaires de la feuille et
atteint le tissu vasculaire de la tige, provoquant ainsi le flétrissement
ou la verse. Quand l'infection gagne le tissu vasculaire, on dit qu'elle
est systémique. L'infection systémique des jeunes
plants entraîne un rabougrissement et un flétrissement
prononcés des plants. Les feuilles deviennent étroites
et courtes et sont nettement tachetées de jaune. Le tissu vasculaire
de ces plants brunit. Par la suite, l'affaiblissement de la tige peut
provoquer la verse du plant.
Les racines du tabac peuvent aussi être infectées par
le mildiou.
Cycle Biologique
L'infection est normalement causée par de minuscules conidies
à parois minces, portées par l'air qui germent à
la faveur d'une pellicule d'eau à la surface des feuilles. Elles
forment alors des filaments germinatifs qui pénètrent
dans la feuille et qui se ramifient entre les cellules du parenchyme.
Certaines de ces ramifications pénètrent dans les cellules
pour y puiser leur nourriture.

Figure 2. Infection grave par le mildiou dans un
champ au cours de l'épidémie de 1979.
Sous des conditions fraîches et humides, les ramifications du
champignon émergent sur le revers des feuilles et produisent
un grand nombre de conidies. Sous des conditions favorables, le champignon
produit jusqu'à un million de conidies par centimètre
carré de surface de feuille infectée. Les conidies sont
normalement produites la nuit, parviennent à maturité
à l'aurore et sont disséminées au cours de la matinée.
Elles sont portées par le vent vers les plants avoisinants ou
sont dispersées sur des centaines de kilomètres, puis
précipitées par la pluie sur des plants où elles
provoquent de nouvelles infections. Ce cycle de reproduction asexuée
(production de spores, infection, puis nouvelle production de spores)
prend une dizaine de jours et peut se répéter plusieurs
fois au cours de la saison de croissance.
À un stade plus avancé, la reproduction sexuée
est possible et produit des spores de réserve, qui représentent
la forme hivernante du champignon.
Facteurs Qui Concourent À La Gravité
Du Mildiou
Voici les trois principaux facteurs qui concourent à la gravité
du mildiou:
- Présence du champignon actif
De fortes populations de conidies dans l'air augmentent les risques
d'une infection grave par le mildiou. Différentes souches du
champignon responsable du mildiou ont été signalées
en Australie et en Europe. Les cultivars de tabac résistants
à une souche peuvent être sensibles à une autre
souche. Durant l'épidémie de 1979, tous les cultivars
de tabac cultivés en Ontario étaient sensibles au mildiou.
- Présence de cultivars sensibles
Les plants de tabac les plus jeunes sont plus sensibles au mildiou
que les plants plus vieux. De même, les feuilles issues des
bourgeons axillaires (gourmands) y sont plus sensibles que les feuilles
commercialisables. Les plants de tabac à maturité sont
plus tolérants à cette maladie que les plants plus jeunes.
- Conditions météorologiques
Des conditions saturées sont essentielles à la germination
des conidies et à la sporulation du champignon. De longues
périodes nuageuses prolongent l'activité des conidies.
On peut s'attendre à une épidémie lorsque tous
les facteurs sont combinés. Si certains de ces facteurs sont
absents, les infections sont légères, modérées
ou sporadiques.
Lutte
Suivre scrupuleusement les recommandations de lutte chimique relatives
aux doses et au moment des applications de fongicide dans les planches
de semis et les champs. Ces recommandations visent à protéger
les plants de tabac d'une infection par le mildiou. Une fois la maladie
apparue, les traitements chimiques risquent de ne pas permettre d'en
freiner la propagation.
Se tenir à l'affût des symptômes du mildiou dans
les planches de semis et dans les champs, surtout si un avertissement
de l'incidence du mildiou a été donné. Dès
qu'on observe des symptômes de la maladie, il faut demander conseil
à un spécialiste du tabac. Veiller à bien ventiler
la serre et éviter d'arroser l'après-midi afin de ne pas
créer des conditions trop humides dans la serre, surtout si le
temps est frais et nuageux.
Éviter d'irriguer le champ lorsqu'un avertissement relatif au
mildiou a été émis.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution
financière à la réalisation de la présente
fiche technique.
Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
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