Culture du lin en Ontario
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Au Canada en 1981, on cultivait près de 480 000 hectares de lin oléagineux, dont seulement 4 500 ha en Ontario, comme culture secondaire. Cette culture est concentrée dans les comtés de Bruce et de North Huron, et, à moins grande échelle, dans les comtés de Wellington, de Perth, de Dufferin et de Grey.
Comme le même équipement sert à semer et à récolter le lin et les céréales, le producteur peut facilement passer d'une culture à l'autre. Cela a donc entraîné au cours des années, de grandes fluctuations dans les superficies consacrées à la culture du lin : 8 500 hectares en 1961, 540 ha en 1971, 4 500 ha en 1981.
| Haut de la page | Aire de cultureLe lin est une culture d'été frais, bien adaptée aux régions comptant moins de 2 700 degrés-jours. Il réussit mieux que la plupart des autres cultures sur des sols mal drainés, mais il aura un rendement optimal sur des sols bien drainés de type loam, loam limoneux et loam argileux. Comme sa racine pivotante est courte, on évitera de le cultiver sur des sols qui sèchent très vite. En effet, la combinaison, au stade de remplissage du grain, d'un sol séchant et dune température élevée entraînera un faible rendement.
| Haut de la page | CultivarsLes principaux cultivars cultivés en Ontario sont le Linott et le Dufferin; le cultivar McGregor est cultivé sur une plus faible superficie. Le tableau 1 illustre les résultats d'essais effectués avec ces cultivars à la station de recherche d'Elora, de 1980 à 1983.
Dans les régions comptant moins de 2 500 degrés-jours (les plaines de Dundalk), le Linott est le seul cultivar à atteindre une maturité complète. Les deux autres cultivars y sont trop tardifs. En revanche, dans les régions de plus de 2 500 degrés-jours, on préférera les cultivars Dufferin ou McGregor, étant donné les possibilités de rendement élevé qu'ils offrent.
Par temps humide, les graines du cultivar Dufferin ont tendance à exsuder leur huile, ce qui entraîne une baisse du poids récolté et, par conséquent, une baisse des revenus. Celles du cultivar Linott ne sont toutefois pas sujets à ce type d'altération.
| Haut de la page | SemisOn obtiendra un rendement optimal si l'on sème le lin à la fin avril ou au début mai, car il tolère les gels printaniers. Une linière semée plus tardivement donnera cependant un rendement inférieur et répondra moins bien à un apport d'engrais azoté (tableau 2).
* Source : T.E. Bates, S. Sheppard et V. Lucas, Département des sciences du sol, rapport annuel, 1979.
On sèmera le lin au moyen d'un semoir à céréales sur un lit de semences ferme, à texture fine, à raison de 40 à 45 kg/ha. Étant donné la petitesse des graines de lin, il faudra les semer à une profondeur située entre la moitié et les deux tiers de la profondeur requise pour un semis de céréales.
Il est déconseillé de cultiver le lin deux années de suite dans un même champ, à cause des risques de maladies.
| Haut de la page | FertilisationOn n'a jamais eu recours à de grandes quantités de fertilisant dans la culture du lin. Cela a sans doute contribué à lui donner une réputation de plante qui appauvrit le sol, y prélevant plus d'éléments que ce qu'on y avait apporté.
L'analyse du sol demeure le meilleur moyen de connaître ses besoins en éléments fertilisants, mais en général on recommande des apports de 45, 20 et 20 kg/ha d'azote, d'acide phosphorique et de potasse, respectivement. Lorsqu'il est possible de semer tôt (fin avril), on peut augmenter l'apport d'azote à 60 kg/ha. Dans le cas d'un semis retardé (fin mai), on peut plutôt fertiliser à raison de 100 kg/ha dans une proportion de 15-15-15 (tableau 2).
Étant donné la sensibilité des graines de lin à la « brûlure minérale » au contact des engrais, on pratiquera tous les épandages d'engrais à la volée.
| Haut de la page | Lutte contre les mauvaises herbesLe lin se défend mal contre les mauvaises herbes. Il faut donc le semer dans un champ bien nettoyé. Il tolérera les résidus d'atrazine aussi bien que l'orge. En outre, le maïs, dont la culture l'aura précédé, aura contribué à combattre certaines mauvaises herbes comme le chiendent.
Le MCPA 300 sodique est l'herbicide le plus couramment employé; le MCPA 500 convient également. Pour obtenir les meilleurs résultats, on épandra le MCPA au moment où les mauvaises herbes et le lin atteindront respectivement 5 et 15 cm de hauteur. L'arrosage de la linière au MCPA provoque fréquemment un grave flétrissement des plants de lin, mais ils s'en remettent sans perte apparente de rendement.
Le MCPA combat des adventices annuelles comme la moutarde des champs, le chénopode blanc (chou gras) et l'ambroisie (herbe à poux), mais non la renouée liseron et la renouée persicaire. En cas d'infestation par ces dernières, on emploiera des herbicides contenant à la fois du bromoxynile et du MCPA (Buctril M et Bromox 450 M). Pour obtenir plus de renseignements sur les doses d'épandage et les autres moyens de lutte, on consultera la publication no 75F du MAAO, intitulée Guide de lutte contre les mauvaises herbes.
| Haut de la page | RécolteLa technique la plus utilisée pour récolter le lin consiste à effectuer la fauche et l'andainage avant de récolter à la moissonneuse-batteuse. Cela permet d'obtenir des graines plus sèches que si on récoltait immédiatement à la moissonneuse-batteuse. La fauche s'effectue après la chute de 90 % des feuilles et lorsque les capsules des graines sont devenues brun foncé. Dans de bonnes conditions de séchage, on récolte à la moissonneuse-batteuse trois ou quatre jours après la coupe. La récolte est l'étape qui nécessite le plus de soins. On préférera les rabatteurs à lattes à ceux de type ramasseur, qui entraînent des problèmes d'enchevêtrement. Il faudra veiller à bien affûter les lames et à bien serrer les doigts de la barre de coupe pour réaliser une coupe nette et sans bourrage. Pour les ajustements de la moissonneuse-batteuse, le producteur pourra consulter son manuel d'instruction. Toutefois, on peut généralement conseiller de diminuer de moitié l'écart prévu pour le battage des céréales entre le contre-batteur et le batteur, et de ralentir la vitesse de celui-ci.
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RendementEn Ontario, le rendement moyen oscille autour de 1400 kg/ha; une bonne récolte sera de 1900 kg/ha et une récolte exceptionnelle ira jusqu'à 2500 kg/ha.
| Haut de la page | Entreposage et commercialisationNormalement, le lin n'est pas entreposé à la ferme : on l'expédie dès la récolte. Les graines de lin sont sèches quand leur taux d'humidité atteint 10,5 %; un taux supérieur entraînera des frais supplémentaires liés au séchage et à la perte de poids.
En Ontario, il existe un bon marché pour le lin. La société Maple Leaf Monarch, de Windsor, en effectue le broyage; d'autre part, la majeure partie du lin ontarien est commercialisée par l'intermédiaire des sociétés Anderson Flax Products, de Lucknow, et Topnotch Feeds, de Milverton. Ces entreprises fournissent d'ailleurs des semences et des renseignements sur les cultures; en outre, elles nettoient, sèchent et expédient le lin vers Windsor. Certains producteurs cultivent le lin de façon autonome et transigent avec ces sociétés ou des entreprises de stockage de grains comme les Co-ops, ou procèdent eux-mêmes à la livraison de leurs récoltes à la Maple Leaf Monarch.
Le prix du lin est basé sur le prix des ventes à terme du mois de décembre enregistrées à Winnipeg au moment de la livraison, moins la base. La base (différence entre les prix à terme et le prix local) a toujours varié entre 45 $ et 47 $ la tonne, mais elle s'est hissée à 65 $/tonne en 1983, en raison de la hausse importante des stocks en provenance de l'Ouest. Il faut également tenir compte des rajustements de prix reliés au séchage (le taux d'humidité du lin sec étant fixé à 10,5 %), à la perte de poids et au classement des graines.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les revenus que rapporte cette culture, on consultera les guides de gestion financière agricole que publie chaque année le MAAO et qui sont disponibles dans les bureaux régionaux.
| Haut de la page | Enlèvement de la pailleLes tiges de la paille du lin oléagineux ne se prêtent pas à la production de la toile de lin à cause de la faible longueur de leurs fibres. Dans l'Ouest canadien, on fait entrer une certaine quantité de paille de lin dans la fabrication de papiers fins, mais, en Ontario, cet usage a retenu peu d'attention.
La paille de lin pourrit très lentement dans le sol. La plupart des producteurs la brûlent donc après l'avoir mise en tas, après la récolte.
Certains producteurs ont essayé de la broyer, mais ils ont trouvé que cette opération exigeait beaucoup de puissance motrice et que le broyeur bourrait fréquemment.
| Haut de la page | UsagesLes graines de lin sont composées de 35 à 40 % d'huile. L'huile de lin entre principalement dans la fabrication de peintures glycérophtaliques (à base d'huile) et de vernis, vu la qualité du fini qu'elle donne. Elle entre également dans la fabrication du linoléum, de l'encre d'imprimerie, du savon et du mastic; elle est employée en outre comme lubrifiant industriel et comme enduit résistant au sel sur les autoroutes et les trottoirs en béton.
Les tourteaux obtenus après extraction de l'huile constituent pour le bétail un excellent supplément protéique. Outre une teneur en protéines d'environ 35 %, ils ont un effet régulateur sur le système digestif des animaux.
| Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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