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La
tache des feuilles et de la tige causée par phomopsis sur les
plants
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| Agdex : | 231/634 |
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| Date de publication : | 12/97 |
| Commande no. | 97-158 |
| Dernière révision : | 12/97 |
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| Rédacteur : | Kevin W. Ker - conseiller en lutte contre les ennemis des cultures/ MAAO; J. Northover - Agriculture Canada; Todd Leuty - conseiller en lutte contre les ennemis des cultures/MAAO |
Pendant plus de 60 ans, le secteur de la viticulture a attribué l'excoriose de la vigne au champignon Phomop-sis viticola (Sacc). Dans les années 1970, après qu'il ait été démontré que les symptômes de l'excoriose étaient en fait causés par un autre champignon, Eutypa armeniacae (Hansf. et Carter), on a renommé la maladie DÉPÉRISSEMENT EUTYPÉEN. Les symptômes causés par P. viticola ont quant à eux été attribués à une autre maladie, la TA-CHE DES FEUILLES ET DE LA TIGE CAUSÉE PAR PHOMOPSIS. Les symptômes de ces deux maladies et les stratégies de lutte diffèrent passablement. Une autre fiche technique décrit le cycle biologique et la maîtrise du patho-gène responsable du dépérissement eutypéen.
La tache des feuilles et de la tige causée par Phomopsis entraîne à l'occasion des pertes économiques importantes, notamment à la suite d'un printemps particulièrement plu-vieux. Un taux d'infection élevé en début de saison peut donner : des pousses dont la structure est affaiblie et qui risquent de se briser sous l'effet des gros vents; des grappes

Figure 1. Lésions abritant l'organisme pendant l'hiver
sur un rameau lignifié.
infectées dont une partie se dessèche et tombe; ou même
des grains infectés qui sont ratatinés et qui tombent
avant la récolte.
Le champignon Phomopsis survit à l'hiver dans des lé-sions, surtout sur les rameaux d'un an lignifiés qui ont été infectés par P. viticola la saison précédente (figure 1). Au début du printemps, la pluie favorise la libération de spores à partir des pycnides qui se trouvent sur les lésions durant l'hiver. Les spores nouvellement libérées sont éclaboussées sur les feuilles et les tiges en croissance, suscitant ainsi l'apparition rapide de nouvelles lésions sur le tissu en crois-sance. C'est entre le moment du débourrement et celui où les pousses ont 10-15 cm de long que cette maladie pro-gresse le plus. Le champignon ne semble pas actif durant les mois d'été, mais peut réapparaître vers la fin de l'été sur les feuilles à l'extrémité des pousses si le temps devient frais et humide (voir l'illustration du cycle biologique).

Figure 2. Jeunes feuilles et pousses vertes sensibles au dé-but
de la saison.

Figure 3. Lésions se rejoignant sur une jeune pousse.
1. Débourrement Au début du printemps, des températures fraîches (moyennes de 5 à 7 °C) ralentissent la croissance des pousses, ce qui rend le tissu vert vulnérable à une infec-tion par P. viticola. Pendant les périodes de temps frais, les spores provenant des pycnides ayant hiverné sont lavées et éclaboussées sur les pousses sensibles. Les symptômes ap-paraissent entre trois et quatre semaines après l'infection. Les tiges de 3 à 15 cm de longueur sont très sensibles à l'in-fection pendant les périodes prolongées de temps pluvieux (figure 2). L'infection se manifeste par de petites lésions noires de forme allongée, qui font penser à une entaille ou à une incision dans la pousse. Lorsqu'elles sont nombreuses, les lésions peuvent se fondre, ce qui fait paraître la pousse craquelée ou tachée (figure 3). Quand l'infection est sévère et que les lésions ceinturent complètement le sarment, celui-ci devient fragile et risque de se casser si les vents sont vio-lents. L'écorce risque alors aussi de se fendre et d'exposer les fibres ligneuses du sarment.
2. Préfloraison Les premières infections foliaires peuvent se produire peu après le débourrement pendant l'élongation des nouvelles pousses. Les infections des feuilles prennent la forme de petites taches vert pâle ou chlorotiques, sombres au milieu tandis que les nervures des feuilles peuvent pré-senter des taches nécrotiques brun foncé ou noires (figu-re 4). Les feuilles fortement infectées sont habituellement cloquées ou déformées, et souvent déchirées, ou présentent une apparence criblée là où les taches nécrotiques sont tom-bées. Cette blessure ressemble à celle qui est causée par la réaction phytotoxique à une brûlure par un pesticide. Sou-vent, ces feuilles finissent par tomber, surtout si le pétiole est infecté.

Figure 4. Infection du feuillage par P. viticola et cloquage
qui en résulte.
3. Floraison Si la floraison est marquée par des périodes prolongées ou fréquentes de pluie, on peut s'attendre à une infection grave de la rafle et même des parties florales (figu-re 5). Des sections de la rafle peuvent être cernées, se des-sécher et tomber, ce qui abaisse automatiquement les ren-dements. Bien des lésions peuvent demeurer allongées som-bres et isolées, mais elles peuvent aussi se fondre en des zones brun foncé qui peuvent faire tomber la grappe au fur et à mesure que celle-ci parvient à maturité.

Figure 5. Nombreux sites d'infection sur la rafle.
4. Infection du fruit L'infection du jeune fruit vert peut se produire au début de la saison pendant des périodes prolon-gées de temps pluvieux et dans les vignobles où l'inoculum a hiverné en abondance. Ces infections restent dormantes ou latentes jusqu'à ce que le fruit commence à parvenir à matu-rité, puis l'infection progresse et provoque la pourriture des fruits. Celle-ci peut donner aux fruits un goût acide extrê-mement déplaisant, tout le contraire de ce que l'on recher-che dans le fruit ou son jus. Les fruits infectés se ratatinent et se momifient. Ils présentent une surface picotée, rugueuse et envahie de pycnides, un état qui rappelle les symptômes de la pourriture noire de la vigne sur les fruits. En Ontario, la pourriture des fruits causée par P. viticola n'est observée qu'occasionnellement.

Texte équivalent de Tache des feuilles de la tige causée par Phomopsis
On peut minimiser la propagation de la tache des feuil-les et de la
tige causée par Phomopsis au moyen d'une com-binaison de bonnes
pratiques culturales et de traitements fongicides. Les variétés
lambrusques (Niagara, p. ex.), les hybrides américains (Dutchess,
p. ex.) et les hybrides fran-çais (De Chaunac, p. ex.) sont plus
sensibles à P. viticola que les cultivars vinifera, mais peu
de cultivars y sont résis-tants. Comme le champignon se propage
sur de courtes dis-tances, essentiellement entre vignes voisines, il
est impor-tant de retirer du vignoble les débris d'élagage,
de les brûler ou de les déchiqueter et de les enfouir à
l'aide d'une herse à disques.
La lutte chimique repose normalement sur deux applica-tions d'un fongicide efficace, la première pulvérisation de-vant se faire lorsque les pousses ont 1-3 cm de long, et la se-conde, lorsqu'elles ont 10-15 cm de long. Si le temps est frais et pluvieux, un autre traitement peut être nécessaire. On trouve la liste des fongicides sur le marché dans la pu-blication 360F du MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières.
Les photos sont une courtoisie de N.Y.A.E.S. Geneva, N.Y. et de la Direction des productions végétales, MAAO, Vineland Station.
L'illustration du cycle biologique de la maladie a été réalisée par R. Sticht, N.Y.A.E.S., Cornell University, Geneva, N.Y.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
Pour plus de renseignements :
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