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Phylloxera de la Vigne
Tables des Matières:
Introduction
Sur les parties aériennes, le phylloxera se nourrit essentiellement du feuillage (figure 1), mais il se nourrit aussi des tiges et des vrilles si les populations sont denses. Les hybrides français et quelques cultivars nord-américains sont très sensibles à la formation de galles sur les feuilles. L'importance des galles foliaires peut être de légère à modérée sur Vitis vinifera. La feuille fournit à l'insecte à la fois de la nourriture (la sève) et une protection (à l'intérieur des galles). Les galles sont des renflements creux de la grosseur d'un pois, habituellement rouges ou verts qui se forment sur la face inférieure de la feuille. Contrairement à ce qu'il fait quand il se nourrit des racines, le phylloxera dévore la feuille depuis l'intérieur de la galle. Les galles foliaires, creuses et à parois épaisses, offrent à la fois une chambre d'incubation parfaite pour les oeufs et une barrière contre les insecticides, la sécheresse, les prédateurs et la maladie. Sur les cultivars sensibles à une infestation des racines, surtout les Vitis vinifera plantés sur leurs propres racines, les infestations par le phylloxera peuvent faire mourir la vigne. Les racines infestées gonflent pour former des galles, tandis que le phylloxera continue de s'alimenter de la surface externe des zones renflées. Sur les racines plus vieilles, les grosses galles sont souvent infectées par des maladies des racines qui, habituellement, entraînent dans un premier temps le dépérissement du plant, puis la mort de la vigne dans les trois ou quatre années qui suivent l'infestation par le phylloxera. Dans les grandes régions viticoles, on utilise des porte-greffes américains de Vitis vinifera qui tolèrent le phylloxera. Dans les vignobles de l'Ontario, le phylloxera de la vigne est présent dans la plupart des racines de vigne, mais il ne parvient pas à faire mourir les plants du fait des basses températures hivernales qui préviennent l'explosion des populations. En Ontario, on classe le phylloxera qui s'attaque aux racines parmi les ennemis secondaires de la vigne.
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Figure 5a. Extrémité d'un rameau envahie par des nymphes de phylloxera. De nouvelles galles foliaires commencent à être perceptibles sur la face inférieure des feuilles.
Figure 5b. Des nymphes de phylloxera sur la face supérieure d'une jeune feuille non déployée, commençant à se nourrir et à former des galles.
De dix à quinze jours après avoir commencé à se nourrir, la femelle parvenue à maturité pond ses oeufs à l'intérieur de la galle, une fois celle-ci complètement formée. Une même femelle peut pondre jusqu'à 200 ou 300 oeufs sur une période de 30 à 40 jours (figure 3). Au fur et à mesure que les oeufs éclosent, les nouvelles nymphes émergent immédiatement de la galle par un petit trou de sortie sur la face supérieure de la feuille (figure 4). Elles rampent de la galle jusqu'à la tige. Bon nombre des nymphes se déplacent vers le haut, le long de la tige, pour, à leur tour, se nourrir des feuilles non déployées situées au bout des rameaux, provoquant ainsi la formation de nouvelles galles (figures 5a et 5b). D'autres nymphes rampent ou sont portées par le vent vers d'autres vignes où elles provoquent la formation de galles. Ces galles nouvellement formées sur les feuilles sont attribuables à la deuxième génération de phylloxera. Elles abriteront la troisième génération d'oeufs. Le cycle biologique se répète ainsi à mesure que les rameaux grossissent et que la saison progresse. Compte tenu de ce qui précède, l'emplacement des galles le long des rameaux constitue un bon indice de la génération de phylloxera à laquelle on a affaire, les dernières générations étant celles qui sont les plus près du point végétatif. Il peut y avoir de cinq à sept générations au cours d'une saison. Comme ces générations se chevauchent à partir de la troisième génération, il devient plus difficile de les distinguer à partir de la mi-été. On peut trouver jusqu'à 200 galles de phylloxera sur une feuille lorsque les infestations sont fortes. Certaines nymphes qui éclosent à l'automne migrent, sont portées par le vent ou tombent au sol et gagnent le système racinaire pour hiverner.
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Le phylloxera de la vigne cause des dommages indirects aux vignes sensibles.
Dans le cas des infestations foliaires, les feuilles portant de nombreuses
galles sont déformées et enroulées et ont une surface
réduite (figure 6). Le tissu de la galle foliaire peut contenir
jusqu'à 90 % moins de chlorophylle que le tissu sain, ce qui
laisse croire à une réduction de la photosynthèse.
La perte d'hydrates de carbone attribuable à des infestations
graves peut entraîner une diminution de la teneur en sucre des
fruits à la récolte. La vigne peut aussi être incapable
de stocker adéquatement les hydrates de carbone sous forme de
réserves alimentaires. Ce stockage favorise normalement la résistance
à l'hiver et fournit l'énergie nécessaire à
la reprise de la croissance le printemps suivant. Des lésions
phylloxériques graves sur le feuillage amènent aussi la
défoliation et retardent la croissance des rameaux.

Figure 6. Des rameaux sains (gauche), comparés à des rameaux
présentant des lésions phylloxériques importantes.
| Forte | De moyenne à faible |
|---|---|
| De Chaunac | Aurore |
| Foch | Seyval Blanc |
| Ventura | Dutchess |
| Baco Noir | Delaware |
| Villard Noir | Agawam |
| Le Commandant | Catawba |
| Chelois |
* Le phylloxera peut causer la formation de galles en nombres variables
sur certains Vitis vinifera.
La surveillance du phylloxera de la vigne s'attaquant au feuillage repose sur des observations faites au moment opportun. Les galles formées sur les feuilles par les individus de première génération apparaissent généralement vers la mi-mai. Il s'agit habituellement d'une ou deux galles sur les première à troisième feuilles nouvellement déployées. Pour déterminer si les oeufs de deuxième génération ont commencé à éclore, il suffit de sectionner des galles et de les examiner à l'aide d'une loupe, ou mieux, sous un microscope de faible grossissement. Le moment idéal pour faire le traitement insecticide tombe 2-3 jours après le début de l'éclosion des oeufs; les jeunes nymphes sont alors en train d'émerger des galles et de ramper vers les nouvelles feuilles non déployées. Le stade pendant lequel le phylloxera est rampant et commence à former des galles est celui où il est le plus vulnérable aux insecticides. Par la suite, une fois les nouvelles galles complètement formées, la lutte chimique devient plus difficile en raison de la protection offerte par la structure de la galle sur la feuille. Les insecticides systémiques peuvent être efficaces contre les femelles qui se nourrissent à l'intérieur des galles, mais ils sont souvent inutiles pour lutter contre les oeufs déjà pondus. Pour fixer le moment du traitement chimique dirigé contre les individus de deuxième génération, on procède de la même façon, soit en échantillonnant les galles afin de déterminer le moment où les oeufs commencent à éclore et où les nymphes commencent à se déplacer.
Dans les vignobles infestés, les mesures de lutte chimique entreprises tôt sont plus efficaces que celles en mi-saison ou en fin de saison. L'apparition d'individus d'âges différents au sein de la population de phylloxera au fur et à mesure que la saison avance complique le choix du moment où effectuer les pulvérisations. Les recherches révèlent que les vignes peuvent supporter des niveaux de légers à modérés de galles sur les feuilles sans subir de détérioration de la qualité de leurs fruits et sans voir leur santé décliner. Par conséquent, il n'est recommandé de recourir à la lutte chimique que dans les blocs des vignobles ayant déjà souffert d'infestations graves des feuilles par le phylloxera.

Figure 7. Les nymphes de la chrysope sont des prédateurs courants
du phylloxera de la vigne.

Figure 8. Larves d'une mouche prédatrice se nourrissant d'un
adulte de phylloxera et des oeufs qui se trouvent à l'intérieur
d'une galle foliaire.
Les prédateurs habituels du phylloxera, notamment les nymphes de la chrysope (figure 7) et les larves d'une mouche prédatrice (figure 8), contribuent à réduire les populations de ce ravageur.
Consulter la publication 360F du MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour connaître les produits à utiliser et les précautions à prendre.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
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