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Culture De Semis De Tabac Dans Des Cellules Todd

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 181
Date de publication : Decembre 1997
Commande no. 97-142
Dernière révision : 08/02
Situation : Non disponible
Rédacteur :

E.K. Walker Agriculture et Agroalimentaire Canada;L.B. Reynolds - Agriculture et Agroalimentaire Canada; D.A. Stier - Groupe de recherches en génie

Table des matières

  1. Le Système Todd
  2. Besoins En Superficie
  3. Moment Des Semis Et Besoins En Chaleur
  4. Stérilisation Et Lutte Contre La Maladie
  5. Substrat
  6. Remplissage Des Plateaux, Semis Et Semences
  7. Arrosage
  8. Fertilisation
  9. Avantages
  10. Inconvénients
  11. Comparaison Des Coûts De Production Et De Repiquage Des Semis

On cultive normalement les semis de tabac jaune dans des lits de terre noire à l’intérieur de serres de vitre, de fibre de verre ou de polyéthylène. Mais depuis quelques années, la culture des semis dans des contenants suscite de plus en plus d’intérêt. La plupart de ces systèmes produisent des semis supérieurs à bien des égards aux semis provenant de lits de semence, mais leur coût plus élevé en capital et en main-d’œuvre a jusqu’ici limité leur utilisation. Le système Todd est une méthode de culture en contenant moins coûteuse en main-d’œuvre que les méthodes précédentes. Comparativement à la culture dans des lits de semence, le système Todd représente un coût en capital plus élevé, mais permet de réaliser des économies au chapitre de la main-d’œuvre.

Même si le système Todd a déjà fait l’objet de beaucoup de recherche et d’expérimentation, certaines pratiques de gestion ont encore besoin d’être étudiées plus à fond. Personne ne devrait convertir entièrement son système de culture au système Todd sans s’être d’abord fait la main avec quelques plateaux. Les techniques de gestion diffèrent de celles qui sont utilisées avec les lits de semence et la réussite de la culture avec le système Todd est encore plus étroitement liée à la qualité de la gestion.

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Le Système Todd

Le système Todd repose sur l’utilisation d’un plateau de styromousse de 67 sur 34 cm renfermant une multitude de cellules coniques percées à l’extrémité. Les plateaux viennent en différentes tailles de cellules. Seuls les plateaux dont les cellules ont une ouverture supérieure de 2,5 cm², un volume de 28 cc et une profondeur de 7,6 cm peuvent convenir à la culture du tabac. Avec cette grosseur de cellule, on compte 200 cellules par plateau. Les plateaux Todd sont réutilisables jusqu’à 10 à 20 fois.

On remplit les plateaux d’un substrat à base de tourbe qui renferme de grandes quantités de vermiculite et de perlite. Le mélange contient aussi de la chaux dolomitique, pour abaisser l’acidité, un agent mouillant, pour améliorer la capacité de la tourbe à retenir l’humidité, et de faibles quantités de macro-éléments fertilisants et d’oligo-éléments. La terre noire n’est pas un bon substrat, puisqu’elle a tendance à adhérer aux parois de styromousse et à rester dans les cellules lorsqu’on arrache les plants, ce qui provoque une perte d’une partie du système racinaire. Les plateaux remplis de tourbe sont par ailleurs plus légers et plus faciles à manipuler.

Les semences de tabac sont trop fines pour qu’on puisse positionner une seule graine par cellule sans du matériel complexe et coûteux. Pour cette raison, le système Todd oblige à utiliser des semences en granules. L’utilisation des granules permet d’effectuer les semences manuellement ou à l’aide d’appareils peu coûteux.

Une fois le plateau rempli et semé, on peut ajouter un peu de substrat pour bien recouvrir la semence. On arrose ensuite à fond les plateaux maintenus par des rails d’aluminium à environ 1 m au-dessus du plancher de la serre. À cette hauteur, les racines qui poussent par les petits trous à la base des cellules s’assèchent et arrêtent de pousser.

Comme l’eau ne peut se déplacer latéralement d’une cellule à l’autre, il est extrêmement important que les arrosages soient uniformes. On doit utiliser une rampe d’arrosage par aspersion, mobile, en prenant soin d’augmenter la grosseur ou la densité des buses sur les côtés exposés des plateaux, le long de l’allée centrale et sur le pourtour de la serre, là où les cellules s’assèchent plus rapidement, le but étant de maintenir une croissance uniforme.

La fertilisation des semis dans des cellules Todd se fait à l’aide de fertilisants solubles mesurés à partir d’un réservoir de distribution par siphon raccordé au système d’arrosage. Le substrat contient suffisamment d’éléments nutritifs pour 3 semaines, soit pour toute la période de germination et le début de la croissance. Par la suite, la quantité et la fréquence des épandages d’engrais augmentent avec la grosseur des plants.

Normalement, on met fin aux applications de fertilisant juste avant le repiquage, afin de freiner la croissance et de favoriser l’endurcissement des plants. On peut, pendant cette période, réduire quelque peu les arrosages. Comparativement aux semis partis dans des lits de semence, les plants cultivés dans les cellules Todd nécessitent peu de changements de gestion avant leur repiquage.

Au champ, les plants sont extraits des plateaux et repiqués à l’aide de repiqueuses traditionnelles ou à godet. Ces dernières permettraient de réduire les exigences en main-d’œuvre associées au repiquage, mais elles n’ont pas encore fait l’objet de suffisamment de tests pour qu’on puisse comparer leur efficacité et leur fiabilité à celles des modèles traditionnels.

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Besoins En Superficie

Une serre standard de 30,5 m de long qui possède deux lits de 3,66 m de large devrait produire suffisamment de plants pour 10 à 12 ha. Une serre de cette taille peut produire suffisamment de semis Todd pour une plantation de 12 ha, pour peu que la densité de peuplement soit de100 % et que tout l’espace disponible soit utilisé. En pratique, toutefois, la densité de peuplement est toujours inférieure à 100 % et il faut toujours laisser un peu d’espace aux extrémités de la serre pour ranger le système d’arrosage quand il ne sert pas. Avec une longueur réelle d’environ 29 m, la serre pourrait fournir suffisamment de plants pour 11,33 ha, dans l’hypothèse d’une densité de peuplement de 100 %. Cependant, si le pourcentage de germination et de survie n’était que de 85 %, la serre ne fournirait assez de plants que pour 9,5 ha. Avec le système Todd, il faut donc que la densité de peuplement soit de 100 % ou de près de 100 % pour donner le même nombre de plants qu’un lit de semence.

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Moment Des Semis Et Besoins En Chaleur

On peut remplir et semer les plateaux Todd à l’avance, puis les arroser tous en même temps pour amorcer la germination. On peut aussi les arroser au fur et à mesure du remplissage et des semis afin d'étaler le début de la germination sur plusieurs jours. La période de germination doit idéalement commencer 4-5 jours plus tôt qu’avec les lits de semence. Cette exigence est en partie due au fait qu’on utilise des semences sèches dans les cellules Todd, tandis qu’on utilise des semences partiellement germées dans les lits de semence. De plus, la croissance est au départ plus lente dans les cellules Todd, car la tourbe absorbe moins la chaleur que la terre noire, et car la nuit, les plateaux se refroidissent plus vite que les lits de semence. L’utilisation d’une source de chaleur d’appoint pendant les premières semaines aplanit énormément les différences dans le taux de croissance. Normalement, pour obtenir des semis prêts à être repiqués avant le 24 mai, il faut, avec les cellules Todd, que la germination commence vers le 1er avril.

Un système de chauffage d’appoint est nécessaire pour prévenir les dommages occasionnés aux jeunes semis par les basses températures. Il arrive certaines années que le système de chauffage ne soit pas utilisé ou alors que très peu pour prévenir les dommages causés par le froid, mais il est toujours utile pour améliorer la croissance en permettant de maintenir la température à au moins 5 °C. On suggère d’utiliser la source de chaleur strictement comme source d’appoint et de ne pas s’en servir pour chercher à maintenir des températures idéales pour la croissance.

Un appareil de chauffage domestique ordinaire d’une capacité d’environ 160 000 kilojoules permet facilement de maintenir une température de 5 °C dans une serre de 280 m². L’air chaud est plus facile à répartir jusqu’aux extrémités de la serre si l’on utilise un tube en polyéthylène qui circule sous les plateaux. L’air pénètre dans le tube du côté de l’appareil de chauffage sans qu’il soit nécessaire d’installer de raccordement. Pour éviter que les produits de combustion ne contaminent l’air ambiant et n’endommagent les plants, il faut garder l’appareil de chauffage en bon état et y installer une cheminée.

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Stérilisation Et Lutte Contre La Maladie

Les substrats vendus dans le commerce ne nécessitent normalement aucune stérilisation. Les plateaux par contre ont besoin d’être stérilisés. Pour ce faire, on les plonge dans une solution de formaline (1 partie de formaldéhyde pour 25 parties d’eau) ou on les pulvérise, sur rails dans la serre, avec de la formaline. Dans les deux cas, il faut bien aérer les plateaux avant de les utiliser. Quand on utilise de la formaline, il est conseillé de porter un masque. Si l’on utilise des mélanges maison, il faut savoir que des ingrédients comme la tourbe commerciale, la perlite, la vermiculite et les engrais n’ont besoin d’aucune stérilisation, mais qu’il faut stériliser à la vapeur la terre noire ou le compost, avant l’emploi.

Les pratiques sanitaires usuelles pour lutter contre des maladies comme la moisissure bleue et la fonte des semis dans les lits de semence sont les mêmes pour la culture dans des cellules Todd. Avec ce système toutefois, la prolifération des algues peut souvent être problématique. Aucune mesure d’intervention satisfaisante n’a encore été mise au point, mais l’utilisation d’une source de chaleur d’appoint par temps frais et couvert restreint la prolifération des algues. Le recouvrement des plateaux avec de la vermiculite, un début de germination très précoce et une trop grande compression du substrat sont autant de pratiques qui peuvent conduire à la prolifération des algues. Dans certains cas, la concentration peut être telle qu’il se forme une croûte à la surface du substrat qui empêche l’eau de pénétrer dans les cellules.

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Substrat

Un substrat de bonne qualité à base de tourbe est essentiel. Différents mélanges commerciaux sont offerts sur le marché. Ces mélanges contiennent de la tourbe déchiquetée, de la vermiculite, de la perlite, de la chaux et du superphosphate de qualité agricole, des nitrates, des oligo-éléments, un agent mouillant et, souvent, des engrais à libération lente. Les mélanges commerciaux ont été mis à l’épreuve depuis un certain nombre d’années et sont généralement acceptables. Leur composition est inconnue, mais le substrat le plus souhaitable semble contenir du compost. Même s’il est plus pratique d’utiliser un mélange commercial, il est possible de préparer des substrats satisfaisants en mélangeant différents ingrédients dans les bonnes proportions. Voici une recette qui donne environ 5400 litres de substrat, soit suffisamment pour remplir 900 plateaux, et qui a été utilisée avec succès pendant plusieurs saisons :

2295 litres de tourbe

1630 litres de vermiculite (de qualité horticole)

656 litres de perlite

810 litres de terre noire

13 kg de chaux dolomitique finement broyée

5 kg de superphosphate 0-20-0

2,6 kg de nitrate calcique 15,5-0-0

0,33 kg d’une préparation d’oligo-éléments

1 litre d’un agent mouillant à ajouter à la vermiculite, avant le mélange

Contrairement à ce qui se passe quand on utilise uniquement de la terre noire, l’ajout d’un peu de terre noire n’augmente pas énormément le poids des plateaux et ne nuit pas à l’arrachage des plants.

Figure 1. Remplisseuse et semoir de plateaux Todd.
Figure 1. Remplisseuse et semoir de plateaux Todd.

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Remplissage Des Plateaux, Semis Et Semences

On peut remplir les plateaux à la main ou à l’aide d’une trémie dotée d’un mécanisme d’agitation qui assure la circulation du substrat. Si le remplissage se fait à la main, il faut secouer les plateaux pour tasser le substrat dans les cellules, remplir à nouveau et araser l’excédent. On place ensuite dans chaque cellule une semence en granule. Une fois le plateau semé, on peut, si l’on veut, le placer dans une boîte peu profonde pourvue d’un couvercle à charnière garni de boulons à tête ronde (un par cellule). Quand on abaisse le couvercle, la tête des boulons exerce une légère pression destinée à assurer un bon contact de la semence et du substrat. Il faut éviter à cette étape de trop compacter le substrat.

Le remplissage des plateaux et surtout l’insertion des granules sont des tâches fastidieuses quand elles sont faites à la main. La main-d’œuvre nécessaire pour toute une serre représenterait même des coûts prohibitifs. Il est possible de réduire les dépenses en main-d’œuvre nécessaires aux semis en utilisant un semoir manuel à plaque double ou triple. Le type à plaque double, en particulier, est relativement peu coûteux et facile à réaliser. Avec ce semoir, deux personnes peuvent remplir et semer 150-200 plateaux par jour.

Figure 2. Système mobile et à double rampe d’arrosage par aspersion des plateaux Todd.
Figure 2. Système mobile et à double rampe d’arrosage par aspersion des plateaux Todd.

L’équipement mis au point en 1981 pour remplir et semer les plateaux (figure 1) fait circuler les plateaux sur une courroie transporteuse à liens métalliques sous une trémie remplie de substrat, pendant qu’une autre courroie transporteuse à liens métalliques au fond de la trémie achemine le substrat hors de celle-ci jusque dans le plateau situé au-dessous. Le plateau passe ensuite sous un racleur métallique qui nivelle le substrat. Après un poste de nivelage manuel, le plateau est acheminé vers le semoir, constitué d’un bac de semences en bois et d’un élément de prélèvement des semences par succion. Le bac de semences est pourvu d’orifices (200) de 1,9 cm de diamètre et de profondeur dont les centres correspondent au milieu des cellules Todd. Le dispositif de succion est fait d’une plaque supérieure et d’une plaque inférieure séparées par un espace d’air de 0,635 cm. Un accessoire d’aspirateur et une soupape casse-vide sont fixés à la plaque supérieure. Sont attachées à la plaque inférieure, 200 pointes de plastique (pointes de pipettes jetables) espacées de façon à coïncider avec les centres des orifices du bac de semences et les centres des cellules Todd. Pour semer un plateau Todd, il faut activer le dispositif de succion, surélever le bac de semences pour mettre l’extrémité des pointes brièvement en contact avec les granules, puis l’abaisser. Le dispositif de prélèvement, alimenté d’une granule par pointe, est ensuite déplacé au-dessus d’un plateau rempli de substrat. On actionne la soupape casse-vide pour laisser tomber la semence. Avec cet équipement, conçu de façon à pouvoir être construit dans un atelier de ferme, il est possible de remplir et de semer environ 60 plateaux à l’heure.

On peut se procurer les semences en granules auprès des producteurs de semences, des fournisseurs du système Todd ou directement de l’entreprise qui produit les granules. Pour obtenir une densité de peuplement d’au moins 90 %, il faut que la semence destinée à la production de granules soit bien propre, qu’il y ait tout au plus 12 400 graines/g et que le taux de germination soit d’au moins 90 %.

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Arrosage

Un système à rampe mobile d’arrosage par aspersion qui procure une application uniforme est essentiel. Un tel système doit idéalement pulvériser l’eau en très fines gouttelettes durant les premières semaines. Une fois que le peuplement est bien établi, on peut augmenter la grosseur de la buse pour obtenir une pulvérisation plus grossière et réduire le temps d’arrosage. Le système à double rampe utilisé en 1981 (figure 2) a donné de très bons résultats. Avec ce système, on utilise des buses 8002 pendant environ trois semaines, puis on les remplace par des buses 8003 et 8004. On augmente la densité des buses aux extrémités des rampes pour appliquer davantage d’eau et pallier à l’assèchement plus rapide des cellules exposées.

Dans les cellules Todd qui se trouvent sur des faces exposées, le substrat s’assèche plus rapidement que dans les lits de semences. Avec l’une et l’autre méthodes, on doit garder la surface du substrat continuellement humide pendant la germination et le début de la croissance pour empêcher l’assèchement des semences ou des jeunes semis. Ce point est particulièrement important dans le cas des cellules Todd si l’on veut obtenir une densité de peuplement optimale et réduire ainsi les besoins en main-d’œuvre nécessaires pour repiquer de petites plantules dans les cellules vides. L’arrosage des plateaux Todd pendant cette période doit être léger et fréquent. Les jours ensoleillés, 4-5 arrosages légers peuvent être nécessaires. Par la suite, lorsque les semis sont bien établis, les arrosages doivent être plus espacés et suffisamment abondants pour qu’un peu d’eau traverse les cellules. Sauf au tout début, les mêmes pratiques de gestion s’appliquent pour les cellules Todd et les lits de semence. Il faut donc dans les deux cas que la surface du substrat soit relativement sèche pendant la nuit afin de réduire les risques de propagation de maladies. Il reste qu’il est habituellement nécessaire, surtout les jours chauds et ensoleillés, d’arroser les cellules Todd plus souvent que les lits de semence. Un arrosage léger consisterait en l’application de 100-250 litres d’eau au-dessus de 900 plateaux, alors qu’il faudrait 500-800 litres pour un arrosage normal.

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Fertilisation

Contrairement aux lits de semence, où l’engrais sec incorporé en présemis suffit à produire des semis assez gros pour être repiqués, les semis effectués dans des cellules Todd, sauf pour les quelques premières semaines, ont besoin d’apports fréquents d’engrais solubles. Au départ, le substrat contient suffisamment d’éléments nutritifs pour répondre aux besoins des très jeunes semis.

Par la suite, il faut utiliser un engrais soluble comme le 10-15-20, le 15-16-17 ou le 20-20-20 en quantité suffisante pour que chaque plant reçoive 0,016-0,022 g d’azote répartis sur une quinzaine d’applications pendant la saison de croissance. Pour 900 plateaux, voici la quantité totale nécessaire au cours de la saison, selon l’engrais choisi :

28,8 à 39,6 kg de 10-15-20

19,2 à 26,4 kg de 15-16-17

14,4 à 19,8 kg de 20-20-20

Le meilleur moyen d’appliquer l’engrais est d’utiliser un réservoir de distribution par siphon raccordé au système d’arrosage et pourvu d’un dispositif de réglage de la dose. La quantité d’engrais par application correspond à une fraction seulement des quantités indiquées plus haut, selon le nombre d’applications faites au cours de la saison. Si de l’engrais est ajouté à chaque arrosage, il faut que la quantité d’engrais soit très faible. Toutefois, si l’engrais devait être appliqué à chaque arrosage, il faudrait augmenter un peu les quantités totales d’engrais par rapport aux quantités indiquées ci-dessus, qui sont fonction des besoins en engrais comblés par 15 applications. Idéalement, il faudrait appliquer l’engrais en 15 applications en commençant 3 semaines après les semis comme suit : 2 applications par semaine pendant 2 semaines, 3 applications la semaine qui suit, puis 4 applications par semaine pendant les 2 dernières semaines. La quantité d’engrais nécessaire à chaque application correspondrait à 1/15 des quantités totales qui précèdent.

Les suggestions faites plus haut relativement à la fertilisation des semis dans les cellules Todd sont valables pour une serre complète pourvue d’un système d’arrosage à rampe mobile et d’un système permettant d’ajouter l’engrais à l’eau d’arrosage. Si l’on ne cultive que quelques plateaux seulement et qu’on ne dispose pas d’un système d’arrosage et de mesure de l’engrais approprié, il faut appliquer l’engrais à l’aide d’une méthode de pulvérisation manuelle. Voici des exemples d’exigences par application pour 100 plateaux :

213 à 293 g de 10-15-20

142 à 195 g de 15-16-17

107 à 147 g de 20-20-20

Ces quantités doivent être mélangées avec suffisamment d’eau pour permettre un bon recouvrement. Pour 100 plateaux, 40 litres d’eau suffisent. Au lieu de préparer une nouvelle bouillie à chaque application, les 600 litres nécessaires pour toute la saison peuvent être préparés à l’avance et répartis dans des contenants.

Le pourcentage d’azote total sous forme nitrate dans les engrais solubles ne semble pas être un facteur critique dans la fertilisation des cellules Todd. Les engrais 10-15-20, 15-16-17 et 20-20-20 utilisés à cette fin renferment respectivement 70, 50 et 28 % d’azote total sous forme nitrate. La quantité d’engrais appliquée peut être plus importante à considérer. Il faut appliquer deux fois plus d’engrais 10-15-20 que d’engrais 20-20-20 pour obtenir une quantité équivalente d’azote. L’utilisation d’engrais 10-15-20 a donné des résultats légèrement moins bons que l’utilisation d’engrais 20-20-20 en raison d’une teneur un peu plus élevée en sels solubles.

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Avantages

Chaque semis bénéficie du même espace de telle sorte que si le système d’arrosage maintient une quantité uniforme d’eau et de fertilisants dans les cellules, on obtient une croissance très uniforme. Avec l’élimination des granules d’engrais, il est plus facile de maîtriser la grosseur des semis dans les cellules Todd que dans les lits de semence. Dans les cellules Todd comme dans un lit de semence, les racines des semis sont à nu; cependant, avec le système Todd, davantage de racines restent sur le plant au moment de l’arrachage. Or, comme les semis perdent peu de racines, ils résistent mieux, une fois repiqués, aux conditions de plein champ et reprennent leur croissance plus rapidement. Dans un lit de semence, l’arrachage fait perdre aux semis une bonne partie de leurs racines, même si l’on a pris soin au préalable d'ameublir le sol à l’aide d’une fourche. Les semis effectués dans des cellules Todd développent par ailleurs des tiges plus fortes du fait que chaque plantule a plus d’espace. Si la résistance se mesure par la capacité du plant à survivre aux conditions de plein champ et à reprendre plus rapidement, les semis effectués dans des cellules Todd sont beaucoup plus résistants que les semis partis dans des lits de semence. La résistance de ces derniers est plus étroitement liée à la gestion de la serre. Le taux de survie est toujours plus faible et les plants mettent toujours plus de jours à fleurir quand ils sont partis dans des lits de semence plutôt que dans des cellules Todd. Au départ, comme les semis partis dans des lits de semence mettent plus de temps à s’établir, le nombre de jours avant la floraison est plus grand. Ce retard peut aussi avoir des répercussions significatives sur la maturité et la qualité. Le système Todd a certainement de l’avenir en Ontario, où la brièveté de la saison de croissance rend difficile l’obtention d’une maturité et d’une qualité acceptables et où les risques de pertes dues au froid et de dommages aux cultures récoltées tard sont omniprésents.

L’élimination de la main-d’œuvre nécessaire à l'arrachage est un aspect attrayant du système Todd. Cette méthode se prête aussi au repiquage mécanisé, même si à ce chapitre, les techniques ne sont pas encore au point. Du fait qu’ils s’établissent rapidement au champ, les semis Todd se prêtent bien au remplacement de semis dans une plantation partie dans des lits de semence. Les producteurs qui ne produisent que quelques plateaux seulement devraient songer à utiliser les plants à cette fin et aplanir ainsi les écarts de maturité entre les plants repiqués et la plantation principale.

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Inconvénients

Il faut de nombreuses années d’utilisation du système Todd pour que les économies réalisées au chapitre de la main-d’œuvre permettent de récupérer l’investissement initial. En fait, la réduction des coûts de main-d’œuvre est moins grande que ne le laisse croire l’élimination de la main-d’œuvre nécessaire à l’arrachage. En effet, il faut de la main-d’œuvre pour obtenir une densité de peuplement de 100 %. Par rapport aux lits de semence, les cellules Todd exigent aussi une surveillance plus étroite des arrosages. Si la densité de peuplement est supérieure à 90 %, le producteur peut facilement, pendant la période où la culture exige un minimum de main-d’œuvre, effectuer le repiquage nécessaire pour obtenir une densité de 100 %, sans faire appel à de la main-d’œuvre supplémentaire. Le producteur doit de toute façon être présent pour s’occuper de la serre. Il doit prévoir une provision de plants destinés à être repiqués dans d’éventuelles cellules vides. Il peut partir ces semis dans des plateaux ou de petits lits. Il faut que les plants soient relativement petits lorsqu’ils sont repiqués (2-4 semaines après la germination). On peut déterrer ces petits plants et les repiquer rapidement dans le substrat à base de tourbe des cellules. Il suffit d’enfoncer les racines ou les racines et le substrat qui y adhère dans le substrat spongieux et maintenir le milieu humide jusqu’à ce que le jeune plant se soit rétabli.

Comme dans le cas des lits de semence, il faut cultiver des plants supplémentaires si l’on veut obtenir une densité de peuplement de 100 % dans le champ et permettre le remplacement complet des semis dans l’éventualité d’une destruction complète de la plantation initiale par le gel ou une autre cause. La survie des semis Todd est telle qu’il y a relativement peu de plants à remplacer au champ, mais si le producteur part toute sa culture dans des cellules Todd, il doit s’efforcer de produire 50 % plus de plants que nécessaire pour le repiquage initial au champ.

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Comparaison Des Coûts De Production Et De Repiquage Des Semis

La comparaison des coûts ne tient pas compte des avantages potentiels du système Todd en termes de qualité et de maturité. Ces avantages sont moins tangibles que les économies de main-d’œuvre, mais peuvent très bien représenter un avantage économique la plupart des années. Pour cette raison, notre analyse des coûts de production et de repiquage des semis peut très bien ne pas rendre justice au système Todd.

On a établi les coûts de production et de repiquage des semis à la fois pour la culture dans des cellules Todd et la culture dans des lits de semence, dans les deux cas sans l’utilisation d’une arracheuse mécanique et, dans le cas de la culture dans des lits de semence, avec l’utilisation d’une arracheuse. Les calculs sont fonction d’une serre de taille normale et d’une production destinée à couvrir 10,5 ha. Dans chaque cas, on a établi les coûts en capital, les coûts en matériel et les coûts annuels en main-d’œuvre. L’analyse visait à mesurer les différences de coûts de production et à déterminer le temps nécessaire pour récupérer l’investissement supplémentaire que représente le système Todd. Il ressort qu’avec le système Todd, comparativement à la culture dans des lits de semence, sans et avec l’utilisation d’une arracheuse mécanique, les coûts en capital s’élèvent à 4100 $ et à 1500 $ de plus, respectivement, les coûts en matériel s’élèvent indifféremment à 70 $ de plus annuellement, mais les coûts annuels en main-d’œuvre représentent 661 $ et 518 $ de moins, respectivement.

S’il fallait faire l’acquisition d’une nouvelle serre, la période nécessaire pour récupérer l’investissement supplémentaire que représente le système Todd serait de 6,9 années par rapport à la culture dans des lits de semence sans l’utilisation d’une arracheuse mécanique. Avec une serre existante, cette période serait de 7,7 années. Par rapport maintenant à la culture dans des lits de semence avec l’utilisation d’une arracheuse, la période nécessaire tomberait à 3,3 années avec une nouvelle serre.

 

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