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Jaunisse nanifiante des céréales
Table des matières
Figure 1. La jaunisse nanifiante causée par un virus transmis par les pucerons dans une plantation expérimentale d'orge. Remarquer le jaunisse-ment des feuilles à partir de l'extrémité et le rabougrissement de certains plants.
d'avoine et d'orge qui ont été atteints très tôt par la maladie. Quand un cas grave de la maladie se déclare dans un champ et infecte de 50 % à 60 % des plants, les pertes de rendement pour l'orge et l'avoine peuvent atteindre 50 % alors qu'elles peuvent atteindre 30 % pour le blé. Symptômes et conséquences de la maladieLes symptômes de la JNO diffèrent selon l'espèce, le cultivar, la souche du virus, le stade de croissance du plant au moment de l'infection et les conditions environnementa-les. La décoloration des feuilles, le rabougrissement et la stérilité partielle ou complète des épis ou des épillets sont les symptômes habituels de la maladie chez les céréales. Le pre-mier symptôme de la maladie chez l'orge est un jaunissement diffus ou tacheté du bout de la feuille; la décoloration d'un jaune vif s'étend ensuite vers le bas de la feuille et laisse une bande verte le long de la nervure médiane. Les plants grave-ment atteints risquent de ne jamais fleurir. En général, le blé présente les mêmes symptômes que l'orge, mais les infections tardives du blé se reconnaissent par la couleur jaune de ses feuilles culminaires. Dans des conditions de température fraîche, les feuilles de certains cultivars peuvent brunir ou devenir légèrement rougeâtres. Il arrive souvent que l'orge et le blé infectés par le VJNO ne présentent aucun symptôme et subissent des pertes de rendement. Les symptômes de la JNO peuvent parfois être confondus avec les carences en azote et en phosphore, mais les symptômes de carences mi-nérales sont présents dans le champ entier tandis que les plants infectés par le VJNO sont isolés ou en petits groupes. Les feuilles de l'avoine infectée par le virus tournent au brun jaunâtre ou à l'orange pâle, mais dans des conditions cli-matiques fraîches, les feuilles prennent une coloration carac-téristique rouge vif ou violacée. Le seigle et le triticale ne présentent pas de symptômes, quoique ces céréales subissent parfois des pertes de rendement. Dans des conditions de température fraîche, des taches jaunâtres apparaissent sur les feuilles des jeunes plants. Les feuilles des plants infectés par le VJNO, en particulier l'avoine et l'orge, sont souvent plus rigides, plus courtes et plus dressées que les feuilles de plants sains; des sections du limbe des feuilles peuvent aussi être imbibées d'eau. Quant aux feuilles de maïs, elles prennent une couleur jaunâtre ou violacée qui couvre toute la feuille ou forme des rayures le long de la nervure médiane. Il arrive souvent qu'aucun symptôme n'apparaisse et que certains cul-tivars subissent des pertes de rendement. Les plants infectés au stade de plantule sont les plus at-teints et risquent de mourir avant même de fleurir. En géné-ral, les plants sont moins sensibles à la maladie si l'infection a lieu à un stade de croissance avancé. La sensibilité des plants au virus et la gravité de la maladie varient beaucoup avec la diversité des cultivars disponibles de nos jours. En outre, les symptômes pour un cultivar en particulier varient beaucoup selon les souches de virus. Les symptômes sont plus graves dans des conditions fraîches (16 à 20 oC) et en-soleillées. Chez l'avoine et l'orge, la JNO risque d'être con-fondue avec la jaunisse de l'aster, une maladie causée par un mycoplasme transmis par une cicadelle. Une infection par le VJNO au cours de l'automne diminue l'aptitude de l'orge et du blé à résister au gel et au verglas de l'hiver. Les plants infectés par le VJNO sont sensibles à certaines maladies fon-giques qui, lorsqu'elles s'attaquent aux feuilles, se dévelop-pent parfois si rapidement qu'elles peuvent masquer les symptômes du VJNO. Le virus se propage dans toutes les parties de la plante, se concentre dans le système vasculaire (cellules du phloème) et entrave son fonctionnement. Puis-que le développement du système radiculaire est retardé, les plants sont plus sensibles à la sécheresse et aux maladies des racines. Vecteurs et souches de virusCe sont les pucerons qui sont entièrement responsables de la transmission du VJNO et de sa dissémination dans un champ ou sur de longues distances. Quoiqu'il existe jusqu'à quinze espèces de pucerons responsables de la transmission du virus en Amérique du Nord, les principaux vecteurs en Ontario sont le puceron bicolore des céréales, le puceron du maïs et le puceron des céréales. Certaines années, le puceron vert des graminées et le puceron de l'espèce Acythosiphon dirhodum peuvent participer à la dissémination du virus. Il y a au moins cinq souches du VJNO qui infectent les céréales et les graminées en Ontario. Ces souches sont clas-sées selon l'espèce de puceron qui les transmet le mieux. Les souches « non spécifiques » sont transmises par les princi-paux pucerons des grains, mais surtout par les pucerons de l'avoine et des céréales. Au cours des dernières années, ces souches se sont répandues en Ontario et y ont accru la gra-vité de la maladie. Certaines souches sont transmises de fa-çon spécifique et efficace par chacune des espèces de puce-rons des grains mentionnés ci-haut et par le puceron vert des graminées. L'importance relative de ces souches varie beau-coup d'une année à l'autre. Cycle de la maladiePuisque les pucerons sont les seuls responsables de la transmission
de la maladie, ce sont eux qui servent de lien entre les divers éléments
du cycle de la maladie. Les puce-rons qui contractent le virus demeurent
porteurs de la mala-die durant presque toute leur vie. L'infection initiale
des cul-tures céréalières de l'Ontario résulte
en majeure partie du transport des pucerons par les vents du sud-sud-ouest
prove-nant des États-Unis au printemps, au début de l'été
et à l'au-tomne. La présence toute l'année du VJNO
et des pucerons dans les céréales des états du
sud permet aux virus de se dé-velopper en grand nombre dans les
champs de céréales des états du centre et du nord
qui sont ensemencés plus tôt qu'en Ontario. Les infections
primaires provenant de la retombée de pucerons dans les cultures
ontariennes forment des pla-ques circulaires peu apparentes. Dans des
conditions favora-bles au développement des pucerons, le virus
peut ensuite envahir le champ et les cultures avoisinantes. En Ontario,
le VJNO infecte très peu les champs de graminées vivaces.
Aucune espèce de pucerons ne passe l'hiver au stade adulte, sauf
dans le sud-ouest de l'Ontario où certains adultes peu-vent survivre
durant les hivers qui offrent une bonne cou-verture de neige. Par ailleurs,
les pucerons porteurs ne trans-mettent pas le virus à leur progéniture.
Les adultes issus d'oeufs hivernants du puceron de l'avoine (le seul
qui hiverne au stade de l'oeuf) ou de divers pucerons qui migrent tôt,
peuvent transmettre le virus des graminées aux céréales,
au printemps et au début de l'été. À l'automne,
le virus présent dans les champs de blé d'automne peut
hiverner, puis infecter les champs avoisinants de céréales
de printemps si les puce-rons sont nombreux. On a retrouvé le
VJNO dans le maïs à Moyens de lutteIl est impossible de guérir des plants infectés par un virus en appliquant des pesticides comme c'est le cas pour les plants atteints de maladie fongique ou bactérienne. Par con-séquent, il n'y a aucun moyen de sauver les plants déjà in-fectés par le virus. Il y a trois façons d'appliquer des mesures préventives : 1) éviter ou réduire au minimum l'infection pri-maire; 2) enrayer la maladie dans un champ ou à l'extérieur de celui-ci et 3) tolérer l'infection des plants, mais ne subir aucune ou peu de perte de rendement. Les céréales semées plus tôt sont moins
sensibles à l'in-fection du VJNO et subissent moins de dommages,
car elles ont atteint un stade de croissance assez avancé. Les
cultures Tableau 1. Résistance de divers cultivars au VJNO
Échelle d'évaluation : Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique. Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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