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Les vers blancs dans les pelouses
Table des matières
IntroductionLes larves de hannetons et de scarabées, dites vulgaire-ment vers blancs, sont des ravageurs fréquents des racines de graminées dans les pelouses et pâturages. Au début, leur présence se manifeste par des symptômes s'apparentant à ceux d'un stress causé par la sécheresse. Au fur et à mesure que les larves s'alimentent, des zones de pelouse commencent à flétrir et à brunir. Là où leur nombre dépasse cinq à dix par 0,1 m 2 (1 pi 2 ), on trouve des plaques de pelouse mor-te. Une pelouse qui a été endommagée par des vers blancs se détache facilement du sol; en effet ses racines ayant été dé-vorées, elle se trouve privée de son ancrage au sol. Il arrive souvent que mouffettes et autres petits mammifères soulèvent la pelouse pour se nourrir des larves. On répare ces dégâts secondaires, habituellement plus graves que les dommages causés par les larves, en remplaçant la pelouse, en la tassant ou, en passant un rouleau et en l'arrosant bien. Dans certaines parties de l'Ontario, trois espèces de vers blancs peuvent infester les pelouses: le hanneton européen, le hanneton commun et le scarabée japonais. Le plus courant est le hanneton européen. Originaire d'Europe, ce hanneton a envahi une bonne partie du sud de la province. On le trouve le long du lac Érié d'où il s'est étendu jusqu'à des régions situées au nord de London et de Kitchener, et à l'est de Toronto. Une autre espèce, également introduite, est le scarabée japonais, désormais établi dans certaines zones de la péninsule de Niagara et de la région de Hamilton-Wentworth. Les larves de ces deux espèces cau-sent des dommages considérables aux pelouses. Le stade adulte du scarabée japonais est par ailleurs un ravageur im-portant d'un grand nombre d'arbustes et d'arbres fruitiers et ornementaux. Le hanneton commun est un insecte indigène de l'Amérique du Nord. On en trouve environ 152 espèces aux États-Unis et au Canada. L'Ontario compte pour sa part trois espèces principales. | Haut de la page | DescriptionLes larves de toutes les espèces présentent un corps mou, blanc, en forme de C. Elles ont une tête ocre ou brune, et six pattes épineuses proéminentes (figure 1). Assez petites quand elles éclosent (3-4 mm de long), les larves atteignent à maturité une longueur qui varie entre 2 cm (3/4 po) pour la larve du scarabée japonais et 4 cm (1 1/2½ po) pour la larve du hanneton commun. Une larve saine est d'un blanc laiteux et laisse deviner le contenu foncé de son tube digestif à travers la cuticule à l'extrémité postérieure de son abdomen. Figure 1. Ver blanc typique (grossi) Un trait qui différencie ces trois espèces est la disposition des épines sur la face inférieure de l'extrémité de l'abdomen. On trouve en effet à l'extrémité, une rangée de fortes épines de part et d'autre de la ligne médiane. Chez la larve du hanneton commun, ces deux rangées sont parallèles et convergent aux deux extrémités (figure 2a). Chez la larve du hanneton européen, les rangées d'épines sont parallèles jusqu'à l'extrémité d'où elles divergent (figure 2b), tandis que chez la larve du scarabée japonais, les épines forment un motif en V (figure 2c). Les adultes du hanneton commun et du hanneton euro-péen se ressemblent beaucoup (figure 3a et figure 3b). Le hanneton euro-péen est de couleur ocre, tandis que le hanneton commun est brun foncé et plus gros. Un trait caractéristique du hanneton commun est la présence d'une dent distincte sur chaque pince au bout des pattes. Cette dent est beaucoup plus ronde ou presque absente chez le hanneton européen (figure 4). Le scarabée japonais a une apparence saisissante; on le recon-naît à sa tête et à son thorax vert métallique, à ses élytres bronze et aux six touffes de poils blancs distinctes qu'on trouve de part et d'autre de l'abdomen (figure 5). Figure 2a. Disposition des épines sur lextrémité de labdomen: hanneton commun Figure 2b. Disposition des épines sur lextrémité
de labdomen: hanneton européen Figure 2c. Disposition des épines sur lextrémité de labdomen: scarabée japonais
| Haut de la page | DommagesLe hanneton commun adulte se nourrit de feuilles de tremble, de châtaignier, d'orme, d'érable, de chêne, de peu-plier et de saule. Il peut dépouiller de leurs feuilles arbustes, rosiers et framboisiers. En cas de fortes pullulations, il peut causer des dommages considérables aux arbres et aux arbus-tes et être embêtant autour des bâtiments lorsqu'il est attiré par la lumière. Le hanneton européen adulte se nourrit très peu de feuillage et ne pose pas de problème. Par contre, le scarabée japonais adulte constitue une menace sérieuse. Plus de 300 espèces de plantes ont été signalées comme hôtes de ce scarabée, ses préférés étant : pommier, cerisier, vigne, til-leul, érable, pêcher et rosier. Dans la péninsule de Niagara, il s'agit d'un ravageur que redoutent les producteurs de fruits et de plantes ornementales. Figure 3a. Adulte de hanneton commun (haut). Figure 3b. Adultes de hanneton européen (bas). Figure 4. Dent sur pince de hanneton européen (gauche) et de hanneton commun (droite) Figure 5. Scarabée japonais
Les larves de toutes les espèces se nourrissent des racines de nombreuses plantes mais réfèrent les racines fasciculées des graminées à gazon. Au fur et à mesure que le système. Endommagé racinaire est dévoré, des plaques de pelouse flétrissent et brunissent. Il est alors facile de les retourner pour observer les vers blancs (figure 6). Il peut aussi y avoir des dégâts secondaires causés par les mouffettes attirées par les vers blancs. Les dommages sont souvent plus sévères à l'automne et au printemps lorsque les larves grossissent rapidement et se nourrissent près de la surface. Figure 6. Vers blancs dans le sol, au dessous de gazon
| Haut de la page | Cycle biologiqueChaque espèce de ver blanc a un cycle biologique ponc-tué d'événements ou de omportements particuliers qui le caractérisent et qui peuvent être utiles aux programmes de lutte. Pour un aperçu des cycles biologiques des trois espè-ces, voir la figure 7. | Haut de la page | Hanneton communLes hannetons communs adultes émergent du sol entre la fin mai et le début juin. Ils s'envolent en grand nombre au crépuscule et salimentent du feuillage d'arbres et d'arbustes latifoliés, qui leur sert également de site de reproduction. Le jour, ils s'abritent dans des zones enherbées ou envahies de mauvaises herbes et creusent des trous dans le sol où les femelles pondent leurs oeufs. Les oeufs éclosent quelques semaines plus tard. Les larves passent alors le reste de l'été à se nourrir des racines des plantes et de matière organique en décomposition. L'automne, lorsque les températures chutent, elles s'enfoncent plus profondément dans le sol et y restent pendant tout l'hiver. Le printemps venu, lorsque le sol se réchauffe, les larves reviennent à la surface, dévorent avec voracité les racines pendant le printemps et l'été. Il s'agit là de la deuxième année de leur cycle biologique de trois ans. C'est à ce stade précis que les larves sont les plus dévas-tatrices. L'automne, elles s'enfoncent encore profondément dans le sol pour lhiver et refont surface le printemps suivant. Les larves s'alimentent alors pendant quelques semaines seule-ment avant la pupaison et leur métamorphose en hannetons. Équivalent textuelle de la figure 7 Figure 7. Tableau comparatif des cycles biologiques du hanneton européen, du hanneton commun et du scarabée
| Haut de la page | JaponaisCes hannetons restent cependant inactifs dans le sol jusquau printemps suivant, moment où ils prennent leur envol. Le cycle biologique est alors complet et une nouvelle genération apparaît. Les vers blancs ont besoin de trois ans pour compléter leur cycle biologique (figure 7) et, bien qu'il soit possible de trouver tous les stades au cours d'une même année, la majo-rité suit un cycle de trois ans. Dans le passé, les flambées de vers blancs se sont manifestées aux trois ans, les dommages les plus importants étant causés par les larves de deuxième année. | Haut de la page | Hanneton européenLes hannetons européens adultes émergent du gazon de la mi-juin à la mi-juillet, avec des variations d'une région à l'autre de la province. Les adultes se réunissent en grand nombre pour s'accoupler à la nuit tombante sur des arbres qui sont isolés dans de vastes zones enherbées ou dont la sil-houette se découpe contre de grandes surfaces de gazon. L'activité des hannetons coïncide à peu près avec la pleine floraison des roses thé hybrides et des catalpas. Ces insectes se nourrissent peu, mais les vols au crépuscule leur permet-tent de s'accoupler. Les femelles retournent alors dans les aires enherbées voisinantes et déposent leurs oeufs dans le sol. Deux semaines plus tard, les oeufs éclosent et donnent naissance à de petits vers blancs qui s'alimentent près de la surface. Si l'humidité fait défaut, l'éclosion peut être retardée de quelques semaines. Pendant les périodes de sécheresse estivale, les vers blancs peuvent rester enfouis profondément dans le sol là où l'humidité est disponible. Après la pluie, ils migrent vers l'interface sol-chaume pour s'alimenter. Avant la fin de septembre, la plupart des vers blancs sont parvenus à maturité et commencent à endommager sérieusement la pelouse. Le temps frais ne semble pas les décourager. Ils restent en effet près de la surface, pourvu que l'humidité soit suffisante, jusqu'à ce que le gel des mois de novembre et décembre les incite à s'enfouir plus profondément dans le sol. Ils préfèrent migrer sous la surface gelée, mais peuvent sup-porter le gel s'ils ne peuvent pénétrer plus profondément. Au printemps, ils migrent vers la surface lorsque le sol dégèle et ce, même avant la fonte des neiges. Ils peuvent alors causer des dommages en dévorant les racines superfi-cielles et les collets. Avant le milieu ou la fin de mai, ils ces-sent de s'alimenter et commencent à se transformer en pupes. Ils restent à ce stade jusqu'à ce que les adultes émergent des pupes entre le milieu et la fin de juin, ce qui complète un an de leur cycle biologique. Une volée d'adultes au crépuscule les soirées douces de juin ou du début de juillet peut annon-cer des dommages aux pelouses avoisinantes à l'automne. On peut soupçonner une infestation par des vers blancs lors-que des mouffettes ont endommagé la pelouse au printemps et à l'automne, et que des volées d'étourneaux ou de quiscales (mainates) se posent sur des parties de pelouse pour se nourrir. | Haut de la page | Scarabée japonaisLes scarabées japonais adultes émergent au début de juil-let et peuvent s'alimenter activement du feuillage, des fleurs et des fruits d'une variété d'arbres et d'arbustes, pendant 30 à 45 jours. Après l'accouplement, les femelles pénètrent dans le sol sous le gazon jusqu'à une profondeur de 3-5 cm et déposent un à quatre oeufs au même endroit. Les femelles peuvent pondre jusqu'à 60 oeufs au cours de leur vie. Les larves éclosent deux semaines plus tard et commencent à se nourrir des racines dans les dix premiers centimètres de sol. Pendant les périodes plus sèches, les oeufs risquent d'être détruits. Les larves qui survivent se retrouvent alors enfon-cées plus profondément dans le sol. Vers la fin de l'été et le début de l'automne, les vers blancs parviennent à maturité et se trouvent généralement près de la surface. Au fur et à mesure que les températures s'abaissent sous 15 °C (60 °F), les vers blancs migrent plus profondément dans le sol et restent sous la ligne de gel pendant l'hiver. Lorsque les températures commencent à dépasser 15°C au printemps, les vers blancs se rapprochent de nouveau de la surface pour se nourrir. Les larves du scarabée japonais sont beaucoup plus sensibles aux changements de température du sol que celles du hanneton européen. Elles migrent normalement plus rofondément dans le sol avant le milieu ou la fin octobre et ne retournent pas à la surface avant la fin d'avril ou mai. La présence d'adultes dans des bosquets, sur des fleurs ou des fruits et des dommages à la pelouse par les mouffettes ou autres petits mammifères au printemps et à l'automne sont des indices d'infestations. Des pièges renfermant une combi-naison de phéromones femelles et d'un appât floral peuvent être utilisés pour capturer les mâles. Il faut absolument utiliser ensemble les deux attractifs et placer les pièges tous les 2 000 m 2 (1/2 acre), entre la fin de juin et le milieu de septembre. Pour plus d'information sur les scarabées japo-nais, consulter la fiche technique du MAAO, Le scarabée japonais dans les pépinières et pelouses, AGDEX 270/626. | Haut de la page | Lutte culturale contre les vers blancsLes conditions atmosphériques estivales et automnales peuvent avoir un effet sur la santé et la vigueur des pelouses, facteurs qui à leur tour peuvent influencer indirectement les dommages causés par les vers blancs. De faibles précipita-tions en juillet et en août peuvent faire mourir les oeufs, car ceux-ci ont besoin d'absorber l'humidité du sol pour éclore et donner naissance aux vers blancs. En général, lorsque les précipitations sont suffisantes ou que la pelouse est irriguée régulièrement, les vers blancs causent moins de dommages. Une pelouse saine, en croissance active, a plus de racines et peut de ce fait mieux supporter les déprédations causées par les larves. À l'inverse, les dommages causés par les vers blancs, aussi petits soient-ils, seront vite manifestes dans les pelouses qui manquent de vigueur et se portent mal. Le maintien d'une pelouse saine constitue donc la première ligne de défense contre les vers blancs. | Haut de la page | Surveillance et lutte chimiqueComme les vers blancs se nourrissent des racines des gazons, les propriétaires se rendent compte bien souvent que leur pelouse est infestée de vers blancs une fois seulement que la pelouse est très atteinte ou que des ravageurs secon-daires l'ont mis à sac. Pour se débarrasser des vers blancs, la clé du succès consiste à déceler leur présence avant que la pelouse n'en souffre. Pour ce faire, on doit inspecter l'inter-face sol-chaume au début d'août. À ce moment-là, les vers blancs sont assez gros pour être visibles, mais encore trop petits pour causer des dommages importants. Une bonne méthode pour déceler les vers blancs consiste à tracer à l'aide d'un couteau tranchant les trois côtés d'un carré, d'environ 0,3 m (12 po) chacun, et de retourner le morceau de pelouse. Il s'agit ensuite de compter le nombre de vers blancs pour connaître leur densité par 0,1 m 2 (1 pi 2 ). Si le nombre de vers bancs est supérieur au seuil de nuisibilité (nombre de vers blancs que la pelouse peut tolérer sans qu'il y ait de dommages excessifs), un traitement insecticide est justifié. Voir au tableau 1 les seuils de nuisibilité pour chacune des trois espèces de larves. Si un traitement insecticide est justifié, il est important d'arroser la pelouse pendant plusieurs jours avant le traitement afin de laisser aux larves qui au-raient migré profondément dans le sol à la recherche d'humidité, le temps de remonter se nourrir jusqu'à l'interface sol-chaume. On fait dans ce cas le traitement insecticide à la fin d'août. Si l'on utilise un insecticide sur une pelouse non irriguée, il est important de le faire après qu'une bonne averse a permis aux vers blancs de remonter se nourrir vers la surface. Un apport d'eau est également essentiel après le traitement insecticide. Si l'insecticide sèche à la surface des feuilles, il sera vite dégradé par les rayons ultraviolets. Il faut un apport d'eau suffisant pour entraîner l'insecticide dans le sol au-delà du chaume, dans la zone où les vers blancs s'alimentent. Dans les cas où l'on n'a pas recours à l'irriga-tion, il est souvent conseillé d'attendre jusqu'au début ou au milieu de septembre que les pluies d'automne commencent à tomber et assurent l'efficacité du traitement. Pour une liste complète des insecticides et des agents de lutte biologique permettant de combattre les vers blancs, consulter les publi-cations 64F, Lutte contre les insectes nuisibles et les mala-dies dans le jardin, ou 384F, Recommandations pour la ges-tion des pelouses, du MAAO. Comme pour toute application de pesticide, un bon recouvrement est essentiel. Afin d'obtenir un recouvrement uniforme, il faut mesurer la superficie de la pelouse et déli-miter des blocs de 45-90 m 2 (500-1 000 pi 2 ). On mesure en-suite la quantité totale d'insecticide nécessaire, puis on la divise en deux. On en applique une moitié en parcourant la pelouse dans le sens est-ouest, et l'autre moitié, dans le sens nord-sud. Lire et respecter le mode d'emploi indiqué sur l'étiquette du contenant d'insecticide.
| Haut de la page | Ouvrages de référenceLutte contre les ravageurs et les maladies dans le jardin (publication 64F), MAAO Recommandations pour la gestion des pelouses (publication 384F), MAAO Fiche technique du MAAO sur ce sujet Le scarabée japonais dans les pépinières et les pelouses, AGDEX 270/626. Nous remercions le Secrétariat dÉtat pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.. Liens connexes
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