Dans cette section
|
La pyrale du maïs dans le maïs sucré de d'autre cultures horticoles
Table des matières
IntroductionLa pyrale du maïs, Ostrinia nubilalis (Hübner), un important ravageur du maïs sucré, peut aussi endommager les poivrons, les haricots mange-tout, les pommes de terre, les tomates, les pommes et d'autres cultures horticoles. Espèce introduite, arrivée dans la région des Grands Lacs au début des années 1900, la pyrale du maïs se rencontre maintenant partout dans l'est et le centre de l'Amérique du Nord, y compris la majeure partie de l'Ontario. On rencontre deux souches de pyrales en Ontario (figure 1). La première, commune dans le Sud-Ouest, dans
les comtés d'Essex, de Kent et de Kelgin, produit deux générations dans
le courant de l'été la plupart des années, et même un début de troisième
génération quand l'été est inhabituellement chaud : il s'agit de la
souche bivoltine. La deuxième souche, celle qu'on trouve dans le reste
de la province, ne donne normalement qu'une génération par an, mais
peut commencer une deuxième génération lors d'années chaudes : c'est
la souche monovoltine. Il existe une vaste région intermédiaire, comprenant
les comtés de Lambton, Middlesex, Oxford, Brant, Haldimand-Norfolk,
Hamilton-Wentworth et Niagara, où les deux souches coexistent en assez
grands nombres. Figure 1. Carte du Sud de l'Ontario, montrant les aires d'extension de la souche monovoltine et de la souche bivoltine de la pyrale du maïs, et l'aire où les deux souches coexistent. Les pyrales des deux souches se ressemblent beaucoup. Elles ne présentent pas de différences visibles et répondent aux traitements antiparasitaires de la même façon. Elles sont attirées par les mêmes pièges sexuels. En revanche, elles se différencient par leur réaction à la température et à la photopériode. Les conditions de milieu étant égales par ailleurs, la souche bivoltine effectue son premier vol plus tôt au printemps que la souche monovoltine et entre en diapause (phase de repos hivernal) plus tard en été ou en automne. L'importance des dégâts possibles et l'époque à laquelle il faut pulvériser un insecticide dépendent en partie de la souche de pyrale à laquelle on a affaire. | Haut de la page | BiologieLe cycle évolutif de la pyrale du maïs compte quatre états : l'oeuf, la chenille, la chrysalide et le papillon. C'est à l'état de chenille parvenue à son complet développement que la pyrale passe l'hiver à l'intérieur ou à proximité de sa plante-hôte de l'année passée. Bien qu'en toute probabilité la majorité de la population hiverne dans les épis et les rafles de maïs, on peut aussi trouver des pyrales dans d'autres plantes-hôtes, telles que les graminées à grosses tiges et divers légumes. | Haut de la page | L'adulteAu printemps, la chenille de la pyrale se transforme en chrysalide dans son refuge d'hivernation et le papillon adulte émerge quelques semaines plus tard. Les mâles apparaissent d'ordinaire quelques jours avant les femelles. Le premier vol se produit aux alentours de la troisième semaine de mai dans l'extrémité sud de la province, mais dans l'est, généralement pas avant la mi-juin. À l'état de papillon, la pyrale du maïs mesure de 1,5 à 2 cm de
long et environ 1 cm de large, ailes repliées (figure 2). Sa couleur varie, pouvant aller du brun jaunâtre
pâle au gris moyen. Des lignes sinueuses sombres barrent les ailes antérieures.
Le mâle est un peu plus petit que la femelle et ses ailes sont plus
sombres. Figure 2. Pyrales du maïs - le mâle est de couleur plus sombre que la femelle. | Haut de la page | L'oeufLa pyrale du maïs dépose ses oeufs en une grappe de couleur blanc crème
selon une disposition rappelant des écailles de poisson qui se chevauchent.
L'éclosion peut se produire au bout de seulement trois jours quand il
fait très chaud, mais elle peut mettre plus longtemps, jusqu'à neuf
jours, quand le temps est plus frais. Un jour avant l'éclosion, une
petite tache sombre (stade de la * tête noire +) apparaît en transparence
dans l'oeuf (figure 3). Figure 3. Les oeufs, couleur blanc crème pendant les premiers jours, laissent voir la tête noire de la chenille peu de temps avant l'éclosion. | Haut de la page | La chenille (larve)Au sortir de l'oeuf, la chenille, ou larve, mesure environ 3 mm
(1/8 po) de long, sa tête est sombre et son corps de couleur blanc
sale est tacheté (figure 4). Les chenilles de la pyrale passent par cinq
stades de développement pour finalement atteindre une longueur totale
d'environ 2,5 cm (1 po). La couleur de leur corps peut varier
du brun grisâtre pâle au blanc sale ou au rose pâle; celle de leur tête
globuleuse est brun moyen ou brun foncé (figure 5). Figure 4. Chenilles de la pyrale nouvellement écloses. Figure 5. Chenilles de la pyrale en fin de développement.
Dépistage de la pyrale du maïs adulteLes stratégies de lutte contre la pyrale du maïs donnent leurs meilleurs résultats quand on les applique au moment de leur cycle évolutif où les larves sont le plus vulnérables aux insecticides. Le piègeage des adultes permet de connaître les périodes de vol maximal et donc de prédire à quel moment les oeufs seront pondus. On piège les pyrales adultes avec des pièges à Heliothis (figure 6) garnis d'un leurre à base de phéromone. On
place les pièges de préférence dans des endroits couverts de graminées
non fauchées, à proximité des champs de maïs. Dans toutes les régions
de l'Ontario, les pyrales sont attirées par le leurre de la * souche
Iowa +. On inspecte les pièges une ou deux fois par semaine et on remplace
les leurres une fois par semaine. Le MAAO procède également au piégeage
de la pyrale un peu partout dans la province et diffuse les bulletins
sur l'état des populations par l'intermédiaire des numéros Agriphone
régionaux. Figure 6. Piège à Heliothis garni d'un leurre à base de phéromone, servant au dépistage de la pyrale - remarquer la présence des graminées dans le lieu où il a été déposé. | Haut de la page | Maïs sucréDégâtsLe maïs sucré est vulnérable aux attaques des chenilles de la pyrale
de la fin du stade verticille jusqu'à la récolte. Les chenilles peuvent
s'attaquer à toutes les parties de l'appareil aérien de la plante, mais
les dégâts les plus importants du point de vue économique résultent
des attaques sur les épis (figure 7). Les larves peuvent entrer dans l'épi par
le sommet, le pédoncule ou les spathes, et causer des dégâts importants
en rongeant les grains. Les épis infestés de chenilles ou de leur sciure,
ou comportant des grains endommagés, sont impropres à la vente. De surcroît,
un champ de maïs infesté par la pyrale est plus susceptible aussi d'attirer
les quiscales, des oiseaux noirs qui viennent chercher d'abord des insectes,
mais qui se mettent ensuite à picorer les épis. Figure 7. Dégâts de la pyrale sur épi.
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Pyrale du maïs | Légionnaire d'automne | Ver de l'épi du maïs | |
|---|---|---|---|
| Couleur du corps |
Tachetée Blanc rosâtre sale; petits points sombres; stries claires parfois |
Rayée Grisâtre ou brunâtre; raies distinctes |
Rayée Jaunâtre, verdâtre ou brunâtre; raies distinctes |
| Couleur de la tête | Brun moyen ou brun foncé | Brun foncé ou noire, marquée d'un « Y» renversé, très distinct, de couleur blanche | Brun clair; on distingue parfois un « Y» discret |
| Longueur de la larve en fin de développement | 2,5 cm (1 pouce) | 3,7 cm (1,5 pouce) | 3,7 cm (1,5 pouce) |
| Crochets des fausses
pattes (présence de «griffes» sur les pattes du milieu du corps- utiliser une loupe 10X) |
Les crochets forment un cercle complet ou presque complet | Les crochets forment une ligne droite, un arc ou un demi-cercle | Les crochets forment une ligne droite, un arc ou un demi-cercle |
| Organes attaqués et lésions | Toutes les parties du plant. Les larve rongent de multiples petits trous dans les limbes foliaires et creusent des galeries dans la panicule, l'épi et la tige. | Nombreuses lésions foliaires; larges trous irréguliers dans le bord du limbe; la chenille entre généralement dans l'épi par le côté. | Presque exclusivement vers le sommet de l'épi, l'entrée se faisant à travers les soies. |
| Époque de l'année | N'importe quand passé le début de juin | Généralement à partir de la fin juillet ou d'août | Généralement à partir de la fin juillet ou d'août |
La technique de l'échantillonnage progressif est un moyen rapide et précis de déterminer s'il est opportun de pulvériser. Quand la population de pyrales dans un champ est soit élevée, soit faible, on peut prendre la décision de traiter ou pas au bout de 15 à 20 minutes de dépistage. Si l'infestation est modérée, on doit examiner un plus grand nombre de plants avant de pouvoir prendre une bonne décision.
Le dépistage de la pyrale suppose d'examiner des plants à tous les endroits du champ. Pour commencer, on inspecte cinq plants situés près du bord du champ. Ensuite, on avance de 10 pas dans le champ, puis 10 rangs plus loin sur la droite ou sur la gauche, on examine cinq autres plants. On continue à décrire ainsi des zigzags dans le champ, en vérifiant cinq plants à chaque endroit. On fait le total cumulatif du nombre de plants infestés d'oeufs et de larves de pyrales ou présentant des lésions fraîches. On compare ce total avec les chiffres des colonnes * Pulvériser + et * Inutile de pulvériser + du tableau d'échantillonnage progressif (tableau 2). On cesse l'échantillonnage quand on arrive à un seuil de décision. Pour les recommandations relatives aux pulvérisations, se référer à la publication 363F intitulée Recommandations pour les cultures légumières.
Tableau 2. Tableau d'échantillonnage progressif (Vise la pyrale du maïs et la légionnaire d'automne, chez le maïs sucré, à la fin du stade verticille, au stade panicule et au stade apparition des soies)
| Plants examinés | Total cumulatif | Pulvériser si > | Inutile de pulvériser si : |
|---|---|---|---|
|
5 |
3 |
PDD* |
|
| 10 | 3 | PDD | |
| 15 | 3 | PDD | |
| 20 | 3 | PDD | |
| 25 | 3 | PDD | |
|
30 |
4 |
PDD |
|
| 35 | 4 | PDD | |
| 40 | 4 | PDD | |
| 45 | 4 | PDD | |
| 50 | 4 | 0 | |
|
55 |
5 |
0 |
|
| 60 | 5 | 1 | |
| 65 | 5 | 1 | |
| 70 | 5 | 1 | |
| 75 | 5 | 1 | |
| 80 | 5 | 1 | |
| 85 | 5 | 2 | |
| 90 | 5 | 2 | |
| 95 | 5 | 2 | |
| 100 | 5 | 2 | |
|
105 |
5 |
5 |
* Pas de décision
Mise au point pour mesurer les niveaux d'infestation par la pyrale, cette méthode permet également de dépister efficacement la légionnaire d'automne, mais non le ver de l'épi du maïs (Heliothis zea). La programmation des pulvérisations en fonction des dépistages sur le terrain est donc le plus efficace pendant la première partie de la saison, avant l'arrivée du ver de l'épi du maïs à partir d'août. L'arrivée du ver de l'épi du maïs se détecte avec des pièges garnis de leurres à base de phéromone de cette espèce. Le MAAO signale aussi la présence de ce ravageur par l'entremise des bulletins diffusés par les numéros Agriphones locaux. Pour plus d'information sur la biologie de ce ravageur et sur les moyens de le combattre, se référer à la fiche technique Ver de l'épi du maïs, Agdex 253/612.
| Haut de la page |
À l'aide de la biotechnologie, les scientifiques ont récemment créé des variétés de maïs sucré qui sont génétiquement résistantes à la pyrale du maïs. Les plants de maïs auxquels on a greffé un gène d'une bactérie terricole, Bacillus thuringiensis (Bt), fabriquent une protéine toxique pour les chenilles de la pyrale, qui cessent rapidement de manger et meurent. Cette protéine peut aussi tuer le ver de l'épi du maïs et la légionnaire d'automne, mais elle est inoffensive pour les humains, les animaux sauvages et la plupart des autres insectes. Dans le champ, ces variétés de * maïs sucré Bt + devraient donc être épargnées par les attaques des chenilles de la pyrale et d'autres parasites sans qu'il soit nécessaire d'épandre d'autres insecticides.
| Haut de la page |
Dommages - En Ontario, la pyrale du maïs est le principal parasite
des poivrons, dont elles attaquent toutes les variétés, fortes ou douces.
Les chenilles pénètrent dans le poivron au-dessous du réceptable (qui
prolonge le pédoncule) et dévorent une bonne partie de l'intérieur du
fruit (figure 13). Comme les feuilles sont très peu attaquées
et qu'il n'y a souvent pas de symptômes externes sur le fruit, une infestation
peut passer inaperçue jusqu'à la récolte. Ni les poivrons infestés ni
les poivrons endommagés ne sont propres à la vente sur les marchés du
frais ou de la transformation. Les trous des galeries de la pyrale peuvent
également être le siège d'une pourriture prématurée.
Figure 13. Dégâts de la pyrale dans un poivron.
En 1996, les pyrales ont attaqué les tiges des poivrons, des tomates
et des pommes de terre tôt dans la saison. Chez les poivrons, les lésions
causées par les chenilles avaient partiellement cerné les tiges, affaiblissant
les plants pour le reste de la saison. Chez les tomates et les pommes
de terre, les chenilles avaient miné les tiges, causant le flétrissement
rapide puis la mort (figure 14).
Figure 14. Galerie d'une pyrale dans une tige de pomme de terre.
Le fait que le maïs de grande culture ait été semé tardivement à cause du mauvais temps, après un printemps frais, peut expliquer la gravité inhabituelle de ces dégâts. Ne trouvant pas de lieux de ponte qui leur conviennent dans les champs de maïs, les pyrales se sont dispersées et se sont rabattues sur d'autres cultures, de second choix. Même si ce type de lésions sur les tiges ne devrait probablement pas se reproduire chaque année, il serait prudent d'inspecter les cultures en question pendant la première quinzaine de juillet pour en déceler les signes. Chez les plants de pommes, de pommes de terre et de tomates, on regarde s'il y a des tiges flétries et, chez les poivrons, des tiges cassées ou dont le pourtour est rongé.
Moyens de lutte - Aucune variété de poivron n'est résistante à la pyrale du maïs, mais il existe des variétés qui subissent moins de lésions que d'autres. Les poivrons forts sont généralement plus résistants que les poivrons doux. Les variétés chez lesquelles le réceptable adhère étroitement aux épaules du fruit sont généralement moins lésées que celles dont le réceptable s'entrouvre.
Il faut recourir aux insecticides dans la plupart des cas pour débarrasser les poivrons de la pyrale du maïs. La détermination des périodes de risque très élevé est facilitée par la pose de pièges à Heliothis dans des endroits herbeux. Le dépistage dans les champs ne s'est pas révélé efficace pour détecter les oeufs ou les jeunes chenilles de la pyrale.
Les poivrons sont vulnérables à la pyrale du maïs depuis le moment où les fruits sont de la taille d'une noix jusqu'à la récolte. Par des pulvérisations à intervalles d'autant plus rapprochés que les populations sont élevées, il est possible de protéger efficacement la culture. L'adjonction d'un surfactant améliore l'adhérence du produit pulvérisé aux feuilles et aux fruits cireux du poivron. La publication 363F Recommandations pour les cultures légumières donne la liste des produits recommandés.
| Haut de la page |
La pyrale du maïs est redoutable dans les haricots mange-tout destinés aux conserveries parce que les chenilles s'installent à l'intérieur des gousses et se retrouvent avec elles dans la boîte de conserve. Ce risque de dommage s'accroît quand la population de pyrale du maïs est élevée et qu'elle ne trouve pas d'autres plantes-hôtes - le plus probablement soit très tôt, par un été frais avant que le maïs de grande culture ne commence à attirer les pyrales, soit tard, par un automne chaud, quand le maïs de grande culture sèche sur pied.
Chez les haricots mange-tout, les chenilles s'attaquent brièvement
aux feuilles, mais elles vont rapidement creuser leurs galeries dans
les tiges et les gousses (figure 15). Étant donné que l'essentiel des dégâts
se situe à l'intérieur des gousses et que l'on ne peut apercevoir qu'un
seul petit trou sur le dehors, le tri des gousses infestées est très
difficile.
Figure 15. Dégâts de la pyrale sur des gousses de haricots mange-tout.
Pour réduire le risque d'infestation par la pyrale, il faut éviter de semer le maïs sucré au voisinage d'un champ de maïs de grande culture, ou sur une terre qui a porté du maïs l'année d'avant. Si une rotation n'est pas possible, on protège le maïs sucré par des pulvérisations régulières d'insecticides, en commençant dès le début de la floraison des haricots. La publication 363F Recommandations pour les cultures légumières donne la liste des produits.
| Haut de la page |
La pyrale du maïs sévit à l'occasion dans les vergers de pommiers, surtout dans le comté d'Essex. Les larves creusent des galeries dans le fruit après être entrées par la cuvette pédonculaire et elles s'y nourrissent jusqu'au début de l'automne. Les dégâts ressemblent à ceux du carpocapse. Les problèmes apparaissent à la fin d'août et en septembre, lorsque le maïs de grande culture se dessèche et que les pulvérisations tirent à leur fin. Les dégâts se limitent en général aux arbres situés en lisière. Comme il est difficile de prédire quels vergers seront touchés, il est conseillé d'inspecter les fruits aux approches de la cueillette.
Dans l'État de New York, on a pu voir des galeries de la pyrale du maïs dans les pousses de jeunes pommiers non encore en production, ce qui a entraîné leur dépérissement. Ce genre de lésions n'a pas été signalé en Ontario.
En cas d'infestation des pommiers par la pyrale, on doit continuer les pulvérisations d'insecticides tard en automne, surtout dans les rangées d'arbres situées en périphérie.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
Cette fiche a été rédigée à l'origine par M. Paul Hagerman ancien conseiller en horticulture, Division de l'agriculture et des affaires rurales, MAAO
| Haut de la page |
Pour plus de renseignements :
Ce site est mis à jour
par le gouvernement de l'Ontario, Canada
© Imprimeur
de la Reine pour l'Ontario,
Dernière mise à jour :