La pyrale du maïs dans le maïs sucré de d'autres cultures horticoles


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 612/111
Date de publication : 09/97
Commande no. 97-020
Dernière révision : 09/97
Situation :
Rédacteur : Paul Hagerman - ancien conseiller en horticulture/MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Biologie
  3. L'adulte
  4. L'oeuf
  5. La chenille (larve)
  6. Maïs sucré
  7. Maïs sucré résistant aux insectes
  8. Poivron, pomme de terre, tomate
  9. Haricots mange-tout
  10. Pommes

Introduction

La pyrale du maïs, Ostrinia nubilalis (Hübner), un important ravageur du maïs sucré, peut aussi endommager les poivrons, les haricots mange-tout, les pommes de terre, les tomates, les pommes et d'autres cultures horticoles. Espèce introduite, arrivée dans la région des Grands Lacs au début des années 1900, la pyrale du maïs se rencontre maintenant partout dans l'est et le centre de l'Amérique du Nord, y compris la majeure partie de l'Ontario.

On rencontre deux souches de pyrales en Ontario (figure 1). La première, commune dans le Sud-Ouest, dans les comtés d'Essex, de Kent et de Kelgin, produit deux générations dans le courant de l'été la plupart des années, et même un début de troisième génération quand l'été est inhabituellement chaud : il s'agit de la souche bivoltine. La deuxième souche, celle qu'on trouve dans le reste de la province, ne donne normalement qu'une génération par an, mais peut commencer une deuxième génération lors d'années chaudes : c'est la souche monovoltine. Il existe une vaste région intermédiaire, comprenant les comtés de Lambton, Middlesex, Oxford, Brant, Haldimand-Norfolk, Hamilton-Wentworth et Niagara, oùles deux souches coexistent en assez grands nombres.

Carte du Sud de l'Ontario, montrant les aires d'extension de la souche monovoltine et de la souche bivoltine de la pyrale du maïs, et l'aire o les deux souches coexistent.

Figure 1. Carte du Sud de l'Ontario, montrant les aires d'extension de la souche monovoltine et de la souche bivoltine de la pyrale du maïs, et l'aire oùles deux souches coexistent.

Les pyrales des deux souches se ressemblent beaucoup. Elles ne présentent pas de différences visibles et répondent aux traitements antiparasitaires de la même façon. Elles sont attirées par les mêmes pièges sexuels. En revanche, elles se différencient par leur réaction à la température et à la photopériode. Les conditions de milieu étant égales par ailleurs, la souche bivoltine effectue son premier vol plus tôt au printemps que la souche monovoltine et entre en diapause (phase de repos hivernal) plus tard en été ou en automne. L'importance des dégâts possibles et l'époque à laquelle il faut pulvériser un insecticide dépendent en partie de la souche de pyrale à laquelle on a affaire.

Biologie

Le cycle évolutif de la pyrale du maïs compte quatre états : l'oeuf, la chenille, la chrysalide et le papillon. C'est à l'état de chenille parvenue à son complet développement que la pyrale passe l'hiver à l'intérieur ou à proximité de sa plante-hôte de l'année passée. Bien qu'en toute probabilité la majorité de la population hiverne dans les épis et les rafles de maïs, on peut aussi trouver des pyrales dans d'autres plantes-hôtes, telles que les graminées à grosses tiges et divers légumes.

L'adulte

Au printemps, la chenille de la pyrale se transforme en chrysalide dans son refuge d'hivernation et le papillon adulte émerge quelques semaines plus tard. Les mâles apparaissent d'ordinaire quelques jours avant les femelles. Le premier vol se produit aux alentours de la troisième semaine de mai dans l'extrémité sud de la province, mais dans l'est, généralement pas avant la mi-juin.

À l'état de papillon, la pyrale du maïs mesure de 1,5 à 2 cm de long et environ 1 cm de large, ailes repliées (figure 2). Sa couleur varie, pouvant aller du brun jaunâtre pâle au gris moyen. Des lignes sinueuses sombres barrent les ailes antérieures. Le mâle est un peu plus petit que la femelle et ses ailes sont plus sombres.

Pyrales du maïs - le mâle est de couleur plus sombre que la femelle.

Figure 2. Pyrales du maïs - le mâle est de couleur plus sombre que la femelle.

L'oeuf

La pyrale du maïs dépose ses œufs en une grappe de couleur blanc crème selon une disposition rappelant des écailles de poisson qui se chevauchent. L'éclosion peut se produire au bout de seulement trois jours quand il fait très chaud, mais elle peut mettre plus longtemps, jusqu'à neuf jours, quand le temps est plus frais. Un jour avant l'éclosion, une petite tache sombre (stade de la * tête noire +) apparaît en transparence dans l'oeuf (figure 3).

Les œufs, couleur blanc crème pendant les premiers jours, laissent voir la tête noire de la chenille peu de temps avant l'éclosion.

Figure 3. Les œufs, couleur blanc crème pendant les premiers jours, laissent voir la tête noire de la chenille peu de temps avant l'éclosion.

La chenille (larve)

Au sortir de l'oeuf, la chenille, ou larve, mesure environ 3 mm (1/8 po) de long, sa tête est sombre et son corps de couleur blanc sale est tacheté (figure 4). Les chenilles de la pyrale passent par cinq stades de développement pour finalement atteindre une longueur totale d'environ 2,5 cm (1 po). La couleur de leur corps peut varier du brun grisâtre pâle au blanc sale ou au rose pâle; celle de leur tête globuleuse est brun moyen ou brun foncé (figure 5).

Chenilles de la pyrale nouvellement écloses.

Figure 4. Chenilles de la pyrale nouvellement écloses.

Chenilles de la pyrale en fin de développement.

Figure 5. Chenilles de la pyrale en fin de développement.

Dépistage de la pyrale du maïs adulte

Les stratégies de lutte contre la pyrale du maïs donnent leurs meilleurs résultats quand on les applique au moment de leur cycle évolutif où les larves sont le plus vulnérables aux insecticides. Le piègeage des adultes permet de connaître les périodes de vol maximal et donc de prédire à quel moment les œufs seront pondus.

On piège les pyrales adultes avec des pièges à Heliothis (figure 6) garnis d'un leurre à base de phéromone. On place les pièges de préférence dans des endroits couverts de graminées non fauchées, à proximité des champs de maïs. Dans toutes les régions de l'Ontario, les pyrales sont attirées par le leurre de la * souche Iowa +. On inspecte les pièges une ou deux fois par semaine et on remplace les leurres une fois par semaine. Le MAAO procède également au piégeage de la pyrale un peu partout dans la province et diffuse les bulletins sur l'état des populations par l'intermédiaire des numéros Agriphone régionaux.

Piège à Heliothis garni d'un leurre à base de phéromone, servant au dépistage de la pyrale - remarquer la présence des graminées dans le lieu o il a été déposé.

Figure 6. Piège à Heliothis garni d'un leurre à base de phéromone, servant au dépistage de la pyrale - remarquer la présence des graminées dans le lieu oû il a été déposé.

Maïs sucré

Dégâts

Le maïs sucré est vulnérable aux attaques des chenilles de la pyrale de la fin du stade verticille jusqu'à la récolte. Les chenilles peuvent s'attaquer à toutes les parties de l'appareil aérien de la plante, mais les dégâts les plus importants du point de vue économique résultent des attaques sur les épis (figure 7). Les larves peuvent entrer dans l'épi par le sommet, le pédoncule ou les spathes, et causer des dégâts importants en rongeant les grains. Les épis infestés de chenilles ou de leur sciure, ou comportant des grains endommagés, sont impropres à la vente. De surcroît, un champ de maïs infesté par la pyrale est plus susceptible aussi d'attirer les quiscales, des oiseaux noirs qui viennent chercher d'abord des insectes, mais qui se mettent ensuite à picorer les épis.

Dégâts de la pyrale sur épi.

Figure 7. Dégâts de la pyrale sur épi.

Moyens de lutte

Lutte non chimique - Heureusement, des facteurs naturels se chargent d'éliminer la grande majorité des pyrales dans les champs. Bon nombre des jeunes chenilles se noient lors des pluies abondantes ou, par temps très sec, se déshydratent. De nombreux œufs et petites chenilles sont mangées par des prédateurs, en particulier par les minuscules larves de la punaise anthocoride (figure 8) et par les adultes ou les larves de la coccinelle (figure 9 et figure 10). Plusieurs parasites s'attaquent aux pyrales en automne et augmentent la proportion de celles qui meurent pendant l'hiver. Malheureusement, les insectes utiles (les auxiliaires) ne parviennent pas à éliminer la pyrale suffisamment pour éviter les pertes économiques.

Larve de la punaise anthocoride (taille réelle 2-3 mm).

Figure 8. Larve de la punaise anthocoride (taille réelle 2-3 mm).

Coccinelle adulte.

Figure 9. Coccinelle adulte.

Larve de la coccinelle.

Figure 10. Larve de la coccinelle.

En semant de bonne heure du maïs de grande culture à côté des petites plantations de maïs sucré, on peut réduire efficacement les dégâts des pyrales. En effet, les pyrales iront pondre la plupart de leurs œufs sur le maïs de grande culture qui se trouvera à un stade de croissance plus avancé, ce qui abaissera la population dans le maïs sucré.

On peut aussi envisager de relâcher des petites guêpes, appelées trichogrammes, à plusieurs reprises dans le champ pendant la saison de croissance. Les trichogrammes parasitent les œufs de la pyrale et les empêchent d'éclore. Elles sont inoffensives pour les humains. Plusieurs espèces de trichogrammes sont disponibles dans le commerce, mais Trichogramma brassicae et T. evanescens sont les plus efficaces contre les pyrales.

Lutte chimique - Quand les pièges garnis de phéromone ou les bulletins diffusés par le numéro Agriphone signalent un vol de pyrales adultes, les producteurs ont avantage à inspecter leurs champs de manière à mieux définir le moment où il faudra pulvériser un insecticide. Les pulvérisations les plus efficaces sont celles qui sont programmées en fonction de relevés de piégeage effectués une fois ou deux fois par semaine. Des essais en vraie grandeur ont montré qu'il fallait moins de traitements, pour arriver aux mêmes résultats, quand on décide de traiter en fonction des piégeages et non en suivant un calendrier prédéfini. Bien des producteurs préfèrent effectuer eux-mêmes le dépistage dans leur champ, mais ceux qui le désirent peuvent aussi confier ce travail à des consultants qui offrent ce service dans certains coins de la province.

On inspecte les plants de maïs pour y découvrir les grappes d'œufs, les petites chenilles ou les lésions nutriciales. Les grappes d'œufs sont en général collées sur la face inférieure des feuilles, près de la nervure médiane (figure 3). Comme la plupart des grappes se trouvent sur la partie centrale de la plante, il faut examiner 3 feuilles au-dessus ou 3 feuilles au-dessous de l'épi. On cherche si des petites chenilles se trouvent sur les feuilles, à l'aisselle des feuilles ou sur les soies. Les chenilles causent des dommages de nature diverse :

  • lésions foliaires en * carreaux de fenêtre + et en * criblure + (figure 11);
  • cassure de la panicule (figure 12);
  • plages rongées sur l'épi ou sur les spathes (figure 7).

Lésions en * carreaux de fenêtre + et en * criblure +.

Figure 11. Lésions en * carreaux de fenêtre + et en * criblure +.

Cassure de la panicule due aux galeries de la pyrale.

Figure 12. Cassure de la panicule due aux galeries de la pyrale.

Malheureusement, on confond parfois les dégâts de la pyrale avec ceux d'autres parasites. Pour les différencier, le tableau 1 répertorie les caractéristiques propres aux chenilles qui parasitent le maïs et la nature de leurs dégâts dans le maïs sucré.

Tableau 1. Comparaison entre les chenilles parasites du maïs
  Pyrale du maïs Légionnaire d'automne Ver de l'épi du maïs
Couleur du corps

Tachetée

Blanc rosâtre sale; petits points sombres; stries claires parfois

Rayée

Grisâtre ou brunâtre; raies distinctes

Rayée

Jaunâtre, verdâtre ou brunâtre; raies distinctes

Couleur de la tête Brun moyen ou brun foncé Brun foncé ou noire, marquée d'un « Y» renversé, très distinct, de couleur blanche Brun clair; on distingue parfois un « Y» discret
Longueur de la larve en fin de développement 2,5 cm (1 pouce) 3,7 cm (1,5 pouce) 3,7 cm (1,5 pouce)
Crochets des fausses pattes (présence de «griffes» sur les pattes du milieu du corps- utiliser une loupe 10X) Les crochets forment un cercle complet ou presque complet Les crochets forment une ligne droite, un arc ou un demi-cercle Les crochets forment une ligne droite, un arc ou un demi-cercle
Organes attaqués et lésions Toutes les parties du plant. Les larve rongent de multiples petits trous dans les limbes foliaires et creusent des galeries dans la panicule, l'épi et la tige. Nombreuses lésions foliaires; larges trous irréguliers dans le bord du limbe; la chenille entre généralement dans l'épi par le côté. Presque exclusivement vers le sommet de l'épi, l'entrée se faisant à travers les soies.
Époque de l'année N'importe quand passé le début de juin Généralement à partir de la fin juillet ou d'août Généralement à partir de la fin juillet ou d'août

La technique de l'échantillonnage progressif est un moyen rapide et précis de déterminer s'il est opportun de pulvériser. Quand la population de pyrales dans un champ est soit élevée, soit faible, on peut prendre la décision de traiter ou pas au bout de 15 à 20 minutes de dépistage. Si l'infestation est modérée, on doit examiner un plus grand nombre de plants avant de pouvoir prendre une bonne décision.

Le dépistage de la pyrale suppose d'examiner des plants à tous les endroits du champ. Pour commencer, on inspecte cinq plants situés près du bord du champ. Ensuite, on avance de 10 pas dans le champ, puis 10 rangs plus loin sur la droite ou sur la gauche, on examine cinq autres plants. On continue à décrire ainsi des zigzags dans le champ, en vérifiant cinq plants à chaque endroit. On fait le total cumulatif du nombre de plants infestés d'œufs et de larves de pyrales ou présentant des lésions fraîches. On compare ce total avec les chiffres des colonnes * Pulvériser + et * Inutile de pulvériser + du tableau d'échantillonnage progressif (tableau 2). On cesse l'échantillonnage quand on arrive à un seuil de décision. Pour les recommandations relatives aux pulvérisations, se référer à la publication 363F intitulée Recommandations pour les cultures légumières.

Tableau 2. Tableau d'échantillonnage progressif (Vise la pyrale du maïs et la légionnaire d'automne, chez le maïs sucré, à la fin du stade verticille, au stade panicule et au stade apparition des soies)

Plants examinés Total cumulatif Pulvériser si > Inutile de pulvériser si :
5   3 PDD*
10   3 PDD
15   3 PDD
20   3 PDD
25   3 PDD
30   4 PDD
35   4 PDD
40   4 PDD
45   4 PDD
50   4 0
55   5 0
60   5 1
65   5 1
70   5 1
75   5 1
80   5 1
85   5 2
90   5 2
95   5 2
100   5 2
105   5 5

* Pas de décision

Mise au point pour mesurer les niveaux d'infestation par la pyrale, cette méthode permet également de dépister efficacement la légionnaire d'automne, mais non le ver de l'épi du maïs (Heliothis zea). La programmation des pulvérisations en fonction des dépistages sur le terrain est donc le plus efficace pendant la première partie de la saison, avant l'arrivée du ver de l'épi du maïs à partir d'août. L'arrivée du ver de l'épi du maïs se détecte avec des pièges garnis de leurres à base de phéromone de cette espèce. Le MAAO signale aussi la présence de ce ravageur par l'entremise des bulletins diffusés par les numéros Agriphones locaux. Pour plus d'information sur la biologie de ce ravageur et sur les moyens de le combattre, se référer à la fiche technique Ver de l'épi du maïs, Agdex 253/612.

Maïs sucré résistant aux insectes

À l'aide de la biotechnologie, les scientifiques ont récemment créé des variétés de maïs sucré qui sont génétiquement résistantes à la pyrale du maïs. Les plants de maïs auxquels on a greffé un gène d'une bactérie terricole, Bacillus thuringiensis (Bt), fabriquent une protéine toxique pour les chenilles de la pyrale, qui cessent rapidement de manger et meurent. Cette protéine peut aussi tuer le ver de l'épi du maïs et la légionnaire d'automne, mais elle est inoffensive pour les humains, les animaux sauvages et la plupart des autres insectes. Dans le champ, ces variétés de * maïs sucré Bt + devraient donc être épargnées par les attaques des chenilles de la pyrale et d'autres parasites sans qu'il soit nécessaire d'épandre d'autres insecticides.

Poivron, pomme de terre, tomate

Dommages - En Ontario, la pyrale du maïs est le principal parasite des poivrons, dont elles attaquent toutes les variétés, fortes ou douces. Les chenilles pénètrent dans le poivron au-dessous du réceptable (qui prolonge le pédoncule) et dévorent une bonne partie de l'intérieur du fruit (figure 13). Comme les feuilles sont très peu attaquées et qu'il n'y a souvent pas de symptômes externes sur le fruit, une infestation peut passer inaperçue jusqu'à la récolte. Ni les poivrons infestés ni les poivrons endommagés ne sont propres à la vente sur les marchés du frais ou de la transformation. Les trous des galeries de la pyrale peuvent également être le siège d'une pourriture prématurée.

Dégâts de la pyrale dans un poivron.

Figure 13. Dégâts de la pyrale dans un poivron.

En 1996, les pyrales ont attaqué les tiges des poivrons, des tomates et des pommes de terre tôt dans la saison. Chez les poivrons, les lésions causées par les chenilles avaient partiellement cerné les tiges, affaiblissant les plants pour le reste de la saison. Chez les tomates et les pommes de terre, les chenilles avaient miné les tiges, causant le flétrissement rapide puis la mort (figure 14).

Galerie d'une pyrale dans une tige de pomme de terre.

Figure 14. Galerie d'une pyrale dans une tige de pomme de terre.

Le fait que le maïs de grande culture ait été semé tardivement à cause du mauvais temps, après un printemps frais, peut expliquer la gravité inhabituelle de ces dégâts. Ne trouvant pas de lieux de ponte qui leur conviennent dans les champs de maïs, les pyrales se sont dispersées et se sont rabattues sur d'autres cultures, de second choix. Même si ce type de lésions sur les tiges ne devrait probablement pas se reproduire chaque année, il serait prudent d'inspecter les cultures en question pendant la première quinzaine de juillet pour en déceler les signes. Chez les plants de pommes, de pommes de terre et de tomates, on regarde s'il y a des tiges flétries et, chez les poivrons, des tiges cassées ou dont le pourtour est rongé.

Moyens de lutte - Aucune variété de poivron n'est résistante à la pyrale du maïs, mais il existe des variétés qui subissent moins de lésions que d'autres. Les poivrons forts sont généralement plus résistants que les poivrons doux. Les variétés chez lesquelles le réceptable adhère étroitement aux épaules du fruit sont généralement moins lésées que celles dont le réceptable s'entrouvre.

Il faut recourir aux insecticides dans la plupart des cas pour débarrasser les poivrons de la pyrale du maïs. La détermination des périodes de risque très élevé est facilitée par la pose de pièges à Heliothis dans des endroits herbeux. Le dépistage dans les champs ne s'est pas révélé efficace pour détecter les œufs ou les jeunes chenilles de la pyrale.

Les poivrons sont vulnérables à la pyrale du maïs depuis le moment où les fruits sont de la taille d'une noix jusqu'à la récolte. Par des pulvérisations à intervalles d'autant plus rapprochés que les populations sont élevées, il est possible de protéger efficacement la culture. L'adjonction d'un surfactant améliore l'adhérence du produit pulvérisé aux feuilles et aux fruits cireux du poivron. La publication 363F Recommandations pour les cultures légumières donne la liste des produits recommandés.

Haricots mange-tout

La pyrale du maïs est redoutable dans les haricots mange-tout destinés aux conserveries parce que les chenilles s'installent à l'intérieur des gousses et se retrouvent avec elles dans la boîte de conserve. Ce risque de dommage s'accroît quand la population de pyrale du maïs est élevée et qu'elle ne trouve pas d'autres plantes-hôtes - le plus probablement soit très tôt, par un été frais avant que le maïs de grande culture ne commence à attirer les pyrales, soit tard, par un automne chaud, quand le maïs de grande culture sèche sur pied.

Chez les haricots mange-tout, les chenilles s'attaquent brièvement aux feuilles, mais elles vont rapidement creuser leurs galeries dans les tiges et les gousses (figure 15). Étant donné que l'essentiel des dégâts se situe à l'intérieur des gousses et que l'on ne peut apercevoir qu'un seul petit trou sur le dehors, le tri des gousses infestées est très difficile.

Dégâts de la pyrale sur des gousses de haricots mange-tout.

Figure 15. Dégâts de la pyrale sur des gousses de haricots mange-tout.

Pour réduire le risque d'infestation par la pyrale, il faut éviter de semer le maïs sucré au voisinage d'un champ de maïs de grande culture, ou sur une terre qui a porté du maïs l'année d'avant. Si une rotation n'est pas possible, on protège le maïs sucré par des pulvérisations régulières d'insecticides, en commençant dès le début de la floraison des haricots. La publication 363F Recommandations pour les cultures légumières donne la liste des produits.

Pommes

La pyrale du maïs sévit à l'occasion dans les vergers de pommiers, surtout dans le comté d'Essex. Les larves creusent des galeries dans le fruit après être entrées par la cuvette pédonculaire et elles s'y nourrissent jusqu'au début de l'automne. Les dégâts ressemblent à ceux du carpocapse. Les problèmes apparaissent à la fin d'août et en septembre, lorsque le maïs de grande culture se dessèche et que les pulvérisations tirent à leur fin. Les dégâts se limitent en général aux arbres situés en lisière. Comme il est difficile de prédire quels vergers seront touchés, il est conseillé d'inspecter les fruits aux approches de la cueillette.

Dans l'État de New York, on a pu voir des galeries de la pyrale du maïs dans les pousses de jeunes pommiers non encore en production, ce qui a entraîné leur dépérissement. Ce genre de lésions n'a pas été signalé en Ontario.

En cas d'infestation des pommiers par la pyrale, on doit continuer les pulvérisations d'insecticides tard en automne, surtout dans les rangées d'arbres situées en périphérie.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca