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Les analyses foliaires pour les cultures fruitières
Table des matières
IntroductionIl est très important de donner aux arbres fruitiers et à la vigne les doses convenables d'engrais. Par exemple, l'excès d'azote (N) peut entraîner la production de fruits peu colo-rés, trop gros, qui se conservent mal. Quand la croissance se prolonge tard dans la saison à cause d'un excès d'azote, les arbres n'ont pas assez de temps pour s'aoûter et sont plus susceptibles au gel pendant l'hiver. Les maladies telles que la brûlure bactérienne de la pomme et de la poire, ou le chancre du pêcher, causent également plus de dommages quand les teneurs en azote sont trop élevées. Le manque d'azote est également dommageable; il se traduit par une mauvaise nouaison, la production de fruits de petit calibre, la pâleur du feuillage et un retard de croissance. Dans le cas des autres éléments nutritifs, les excès ou les carences peu-vent aussi entraîner de sérieux dégâts dans les cultures frui-tières. À cause du prix élevé des engrais et des préoccu-pations à l'égard de l'environnement, il est de plus en plus important de fertiliser à bon escient. | Haut de la page | Limites des analyses du sol pour les cultures fruitières vivacesLes analyses du sol sont d'une utilité limitée pour les ar-bres fruitiers et la vigne, cultures dont les racines s'enfoncent loin à travers plusieurs couches de sol, parce qu'il est diffi-cile de constituer des échantillons de sol représentatifs de cette rhizosphère. En outre, aucune analyse du sol ne permet de doser correctement l'azote qui est souvent l'élément nutri-tif le plus important. De même, le dosage du potassium (K) du sol ne permet pas toujours de déduire avec précision la teneur en potassium assimilable par les arbres et la vigne. Les analyses du sol sont cependant utiles pour connaître le pH ou l'acidité du sol et, donc, les besoins en chaux des cul-tures fruitières vivaces. Une acidité élevée peut entraver la croissance des arbres ou de la vigne et occasionner des trou-bles comme l'intoxication par le manganèse chez la pêche ou la pomme Red Delicious (mouchetures rouges). Le meilleur moment pour corriger l'acidité du sol se situe avant la plan-tation du verger parce qu'il est alors possible de bien enfouir la chaux dans le sol. Toutefois, une fois les arbres plantés, si le sol est très acide (pH inférieur à 5,0), on peut appliquer de la chaux sur la bande arrosée d'herbicide ou l'incorporer dans le sol par un sarclage. Il est plus difficile, et peu pratique, d'abaisser le pH d'un sol alcalin. Le pH du sol doit être mesuré tous les deux ou trois ans. | Haut de la page | Avantages de l'analyse foliaireL'analyse foliaire, ou diagnostic foliaire, est le meilleur moyen de déterminer la quantité et la sorte d'engrais à don-ner aux arbres fruitiers. Elle permet de mesurer efficacement les éléments nutritifs majeurs de même que les oligo-éléments et elle indique, le cas échéant, s'il faut modifier le programme de fertilisation. Les analyses foliaires intègrent tous les facteurs qui peuvent influer sur la disponibilité et l'absorption des éléments nutritifs. Elles montrent l'équili-bre qui existe entre ces derniers. Par exemple, une carence en magnésium (Mg) peut résulter d'un manque de magné-sium dans le sol, d'une teneur en potassium trop élevée, ou de l'effet conjugué de ces deux conditions. L'analyse foli-aire indique l'équilibre entre le potassium et le magnésium. Elle révèle aussi les carences cachées ou naissantes. Par exemple, on peut provoquer une carence en potassium en épandant de l'azote sur une terre peu pourvue en potassium parce que la croissance induite par l'azote entraîne de plus grands besoins en potassium. Le service ontarien d'analyse foliaire pour les fruiticul-teurs, mis sur pied en 1958, a été l'un des premiers services de ce genre à exister en Amérique du Nord. Des laboratoires privés accrédités offrent maintenant un service d'analyse pour la pomme, la pêche, la poire, la prune, la cerise, le rai-sin, la fraise et le bleuet. Les producteurs disposent désor-mais d'une méthode efficace pour prédire les besoins en fer-tilisation et évaluer la réponse de leurs cultures aux engrais et aux soins culturaux. | Haut de la page | ÉchantillonnageLes échantillons de feuilles doivent être prélevés selon certaines règles et au moment approprié pour que les analy-ses s'avèrent efficaces et que leurs résultats soient représen-tatifs de la plantation. Les teneurs en éléments nutritifs présents dans la plante varient constamment. En temps normal, les teneurs en azote (N), en phosphore (P) et en potassium (K) baissent à mesure que la saison avance tandis que les teneurs en calcium (Ca) et en magnésium (Mg) augmentent. L'échantillon doit donc être prélevé à une époque où les teneurs en éléments nutritifs de la feuille sont relativement stables et reflètent le mieux les besoins en éléments nutritifs de l'arbre ou de la vigne. En Ontario, on prélève les échantillons de feuilles d'arbres fruitiers durant les deux dernières semaines de juillet et les échantillons de pétioles de feuilles de vigne au début de sep-tembre. Les limbes des feuilles de fraisiers en production doivent être prélevés en juin. Dans le cas des fraisiers non productifs ou des bleuets, le prélèvement se fait au début d'août. Chez les arbres fruitiers, on choisit des feuilles situées dans la partie moyenne des rameaux de l'année (Figure 1), à hauteur d'épaule. Une centaine de feuilles cueillies sur dix arbres représentatifs du verger, à raison de dix par arbre, constituent un échantillon suffisant. Si le verger n'est pas uniforme, on prend moins de feuilles par arbre sur un plus grand nombre d'arbres pour arriver à un total de 100 feuilles par échantillon. Faire attention de choisir des feuilles tota-lement déployées portées par des rameaux situés de tous les côtés de l'arbre. Éviter autant que possible de prélever des feuilles endommagées (par les insectes, les maladies, les trai-tements ou les machines). Ne pas choisir les feuilles des dards, ni plus de deux feuilles sur le même rameau, ni les feuilles des arbres situés en périphérie. Éviter les arbres d'apparence anormale. Si les zones variables sont assez grandes pour être fertilisées différemment, les échantillonner séparément. Étant donné que la plupart des cultivars (varié-tés) présentent des teneurs différentes, il faut les échantil-lonner séparément. Quand plusieurs cultivars se trouvent au sein du même bloc, on peut utiliser l'un d'eux pour représenter le verger. Les arbres élevés sur des porte-greffes de pommiers différents doivent aussi faire l'objet d'un échantillonnage distinct. Figure 1. Pour les analyses foliaires d'arbres fruitiers, on choisit des feuilles développées situées dans la partie moyenne du rameau. En ce qui concerne la vigne, on prélève en septembre
des pétioles de feuilles matures portées par des rameaux
fructi-fères. On choisit de préférence les feuilles
qui s'insèrent à l'opposé d'une grappe Figure 2. Position sur le rameau des feuilles de vigne que l'on prélève pour en conserver le pétiole. Chez les fraisiers, au contraire, l'analyse porte sur le lim-be des feuilles. On choisit des feuilles matures, complète-ment déployées depuis peu de temps et on les débarrasse de leur pétiole. Chaque échantillon est constitué d'au moins 50 limbes représentatifs. En ce qui concerne les bleuets, chaque échantillon doit se composer d'environ 150 feuilles matures entièrement déployées et munies de leur pétiole. On place les échantillons dans des sacs en papier soi-gneusement étiquetés que l'on garde au sec et à l'abri de tou-te salissure. Les échantillons de feuilles d'arbres fruitiers doivent parvenir au laboratoire avant le 1 er août, les échan-tillons de pétioles de feuilles de vigne avant le 20 septembre, les échantillons de limbes de fraisiers avant le 1 er juillet ou le 20 août, selon que les plants sont en production ou non, et les échantillons de bleuets, avant le 20 août. Le spécialiste horticole de votre région, ou le laboratoire accrédité, répondra à vos questions sur la méthode d'échan-tillonnage et vous fournira des formulaires de demande. | Haut de la page | Fréquence de l'échantillonnageDe nombreux producteurs prélèvent des échantillons sur les mêmes cultivars au sein du même bloc tous les ans pour s'assurer que les niveaux d'éléments nutritifs sont satisfai-sants. D'autres préfèrent alterner les prélèvements entre les cultivars et les blocs s'il n'y a aucun problème. Dans le cas contraire, s'il y a excès, carence ou déséquilibre, il faut pré-lever les échantillons tous les ans jusqu'à ce que les teneurs reviennent à la normale. Après un changement majeur dans le programme de fertilisation ou d'entretien du sol, il faut prélever des échantillons tous les ans jusqu'à ce que les teneurs se stabilisent. Il suffira ensuite de faire des analyses foliaires tous les deux ou trois ans à titre de contrôle. | Haut de la page | AnalysesTous les échantillons font l'objet d'un dosage de l'azote, du phosphore, du potassium, du calcium et du magnésium. Si on soupçonne un manque ou un excès de bore, de zinc, de manganèse ou de fer, le laboratoire peut aussi le déceler. La liste des laboratoires accrédités pour effectuer les analyses foliaires, ainsi que leur tarif, est disponible à votre bureau régional du MAAO. Envoyez vos échantillons avec des formulaires de demande dûment remplis au laboratoire de votre choix. Le paiement doit accompagner la demande d'analyse. | Haut de la page | InterprétationOn compare les concentrations d'éléments nutritifs dans les tissus foliaires avec les valeurs standard considérées nor-males pour l'espèce fruitière et le cultivar en question. On leur attribue ensuite une cote : A - adéquat, D - déficient ou E - excessif. Lorsque vous examinez vos résultats d'analyses, le critère important à considérer est la cote (E+, E, A+, A, A-, D+, D, D-). Par exemple, si votre échantillon reçoit la cote A pour l'azote, le potassium, le calcium et le manganèse, cela veut dire que votre programme de fertilisation actuel est satisfaisant et que vous pouvez épandre les mêmes doses que l'année précédente. Par contre, si l'un de ces éléments nutritifs reçoit la cote A-, D+, D ou D- , vous devrez en augmenter la dose. L'obtention de la cote A+, E ou E+ signifie que la concentration de l'élément en cause est élevée et qu'il faudra en réduire la proportion dans l'engrais qui sera épandu l'année d'après. Les valeurs standard varient légèrement selon le cultivar, la saison de croissance, le porte-greffe, l'âge de l'arbre, la ré-gion de la province, etc. Les fourchettes optimales des élé-ments nutritifs pour différentes cultures fruitières sont don-nées au tableau 1. L'interprétation de ces valeurs en vue de modifier le pro-gramme de fertilisation oblige à tenir compte de plusieurs facteurs. Par exemple, les teneurs en azote s'élèvent dans les feuilles à la suite d'une taille sévère, sans que le programme de fertilisation y soit pour quelque chose. Il faut donc prendre ce facteur en considération si le verger a subi ou va subir ce genre de taille. L'alimentation en eau pendant la période précédant l'échantillonnage peut aussi faire varier les teneurs en éléments nutritifs. La sécheresse fait générale-ment baisser les taux d'azote et de potassium et monter le taux de magnésium dans les tissus foliaires. Une pulvé-risation foliaire de magnésium, d'oligo-éléments ou de
** Majorer de 0,2 % les fourchettes concernant l'azote pour tous les cultivars de pomme élevés sur des porte-greffes M9 et M26 à croissance limitée bouillie pesticide enrichie d'éléments nutritifs élèvera les teneurs des éléments en question dans les tissus foliaires. Toutes les données concernant la texture du sol, son drai-nage et sa capacité d'échange cationique sont importantes. Le mode d'entretien du sol, les programmes antérieurs de fertilisation, la croissance, la couleur du feuillage, les récoltes précédentes, la qualité du fruit et sa durée de conservation sont des facteurs importants qu'il faut prendre en considération quand on interprète les résultats des diagnostics foliaires en vue de modifier les programmes de fertilisation. Il faut prêter attention à l'équilibre entre les éléments nutritifs. Par exemple, un apport de potassium quand le taux de magnésium est bas peut causer une carence en magné-sium; de même, un apport d'azote quand le taux de potassium est bas peut entraîner une carence en potassium. Pour des conseils d'ordre général sur la fertilisation, se référer à la publication 360F du MAAO, Recommanda-tions pour les cultures fruitières. | Haut de la page | Problèmes fréquents de nutritionCe sont l'excès et le manque d'azote qui posent le pro-blème le plus fréquent et le plus sérieux dans les vergers et les vignobles de l'Ontario. L'excès d'azote se produit plus souvent que la carence. Les excès et les manques de potassium sont aussi com-muns. La vigne, par exemple, manifeste souvent des caren-ces en potassium au fil des années bien que les loams argi-leux sur lesquels on la cultive soient riches en potasse. La carence est plus sérieuse par années sèches ou lorsque la fructification est abondante. Un excès de potassium peut entraîner une carence en magnésium. L'appauvrissement en magnésium, particulièrement dans les vignobles et les pom-meraies, est aussi de plus en plus courant. On a aussi observé des carences en zinc, en manganèse et en bore dans des vergers de l'Ontario. Bien que peu répandues, ces carences provoquent dans les vergers qui en sont atteints des baisses de rendement ou de qualité des fruits. Tous ces troubles sont facilement mis au jour par l'ana-lyse foliaire. Dans bien des cas, les producteurs estiment que les analyses foliaires leur rapportent beaucoup plus qu'elles ne leur coûtent en leur permettant d'économiser les engrais et/ou de récolter plus de fruits de meilleure qualité. | Haut de la page | Analyses de fruitsLa carence en calcium, qui cause des troubles tels que les taches amères de la pomme, est fréquente en Ontario, même lorsque les sols en sont bien pourvus et que les feuilles en contiennent des teneurs suffisantes. L'analyse foliaire ne permet pas de bien déduire les teneurs en calcium des fruits : l'analyse du fruit est un meilleur indicateur. Des recherches ont permis d'établir les teneurs en calcium que divers culti-vars de pomme doivent atteindre pour que les fruits ne souf-frent pas de troubles liés à une carence en calcium. On peut recourir aux analyses du fruit pour vérifier si les pommes seront aptes à une longue conservation. La pourriture du pédoncule chez certains cultivars de vigne ou la gommose des pruneautiers italiens sont aussi des troubles associés à de faibles teneurs en calcium dans le fruit et que l'on peut éviter en pulvérisant du calcium sur les feuilles. En Ontario, les analyses de fruits peuvent aider les producteurs à corriger certains de ces problèmes nutritionnels. Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
| Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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