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Méthodes De Protection Des Cultures Contre Le Gel
Table des matières
Les dégâts causés aux cultures par le gel sont à lorigine de pertes de rendement, chaque année, dans une région ou une autre de lOntario. Ces dégâts sont de tous ordres, allant dun départ tardif de la végétation chez la luzerne au printemps à la perte des tomates dans un potager familial à lautomne. Or, certaines de ces pertes sont évitables. Il existe un certain nombre de méthodes différentes qui permettent déviter ou datténuer les méfaits du gel. Il est important que les producteurs soient au courant de ces méthodes pour quils puissent évaluer celles qui sont techniquement et économiquement réalisables dans leurs cas. La présente fiche dinformation donne des renseignements sur les diverses méthodes existantes de protection contre le gel. La protection contre le gel se réalise par deux types de méthodes : des méthodes directes ou actives, et des méthodes indirectes ou passives. Les premières sont celles que lon met en oeuvre quand le danger du gel est présent; elles consistent à apporter de la chaleur et à recouvrir les cultures dun matériau protecteur. Les méthodes indirectes ou passives sont les précautions que lon prend bien avant les périodes de gel; elles portent, entre autres, sur le choix des époques favorables pour la mise en culture et la récolte à lintérieur de la période sans gel, et sur le choix des cultures et des champs appropriés. Des exemples précis de ces deux types de méthodes seront présentés en détail plus loin. Les termes gel et gelée semploient de façon interchangeable. Ces deux termes désignent la situation qui existe quand la température de lair tombe au niveau du point de congélation de leau (0 oC), ou au-dessous, sans entraîner forcément de dommages. En revanche, il sera question ici de « gelée meurtrière » pour désigner les températures inférieures à 0 oC qui provoquent des dégâts sur les végétaux. | Haut de la page | Types De GelOn fait la distinction entre gel dadvection et gel de rayonnement selon les conditions atmosphériques qui en sont la cause. Le gel dadvection est provoqué par le passage dune masse dair froid venue dune autre région, quand les vents sont relativement forts. Le gel de rayonnement (ou gelée blanche) se produit seulement de façon localisée et par nuit claire et calme (se reporter à la fiche technique du MAAO, Le comportement du gel en Ontario, AGDEX 079, commande no 85-055). | Haut de la page | Les Effets Du Gel Sur Les CulturesPour évaluer convenablement lutilité des méthodes de prévention du gel, il est nécessaire de comprendre leffet des températures glaciales sur la ou les cultures considérées. Certains effets sont bien connus tandis que dautres sont moins clairs et nécessitent un complément de recherches. La température minimale (appelée température « critique ») qui doit être atteinte pour quune culture subisse des lésions est sous la dépendance de nombreux facteurs : espèce, variété, stade physiologique ou végétatif, vigueur de la plante; état du sol et nature de la couverture végétale; intensité et durée du gel; conditions de dégel; présence de nuages et de vent pendant le gel; et dautres encore. Chez de nombreuses plantes, la résistance au gel est plus faible à lapproche de la maturité quau cours des premiers stades de croissance. Pendant les stades de croissance, une plante en bonne santé résiste souvent mieux au gel quune plante souffreteuse. Les températures critiques nécessaires à lapparition de dommages peuvent varier en fonction du temps pendant lequel elles demeurent au-dessous du point de congélation. Par exemple, les bourgeons des arbres fruitiers peuvent être lésés par une température de -2 oC persistant plus de 24 heures, mais peuvent survivre sils sont exposés à une température de -6 oC pendant moins de 2 heures. Cela explique pourquoi la température critique dune gelée de rayonnement ne sévissant que quelques heures en début de matinée peut être plus basse que celle dune gelée dadvection qui peut se prolonger dans la journée. Les conditions dans lesquelles se produit le dégel influent souvent sur lampleur des dommages que celui-ci cause. Par exemple, on sait que si elles dégèlent graduellement, les feuilles de tabac subiront moins de dommages que si elles dégèlent rapidement. Laction des températures glaciales sur les cultures est plus ou moins importante. Dans certains cas, cest la perte totale des organes de la plante qui ont gelé. Par exemple, les fleurs des pommiers qui ont gelé ne donneront pas de fruits. Dans dautres cas, le gel noccasionne quune baisse du rendement ou de la qualité. Quand le gel détruit prématurément la partie aérienne des pommes de terre, on enregistre quune perte partielle de rendement ou de qualité des tubercules. Une gelée dautomne prématurée peut abaisser le rendement et la qualité du maïs à ensiler et du maïs-grain ainsi que dautres cultures céréalières. Quelquefois, chez certaines cultures, la gelée a pour effet de réduire laptitude à la conservation. Par exemple, des pommes de terre partiellement gelées risquent de pourrir plus vite en entrepôt, sans compter quelles peuvent entraîner la pourriture des tubercules sains. Lopportunité économique des méthodes de protection contre le gel dépend beaucoup de limportance de la baisse de rendement ou de qualité provoquée par une gelée. Il est donc crucial pour les producteurs de bien connaître les effets des températures glaciales sur leurs cultures. Le tableau 1 indique les températures critiques approximatives de certaines espèces cultivées en Ontario. Ces températures sont celles atteintes par la culture, non celles relevées dans un abri météorologique placé à 1,5 mètre au-dessus du sol. Il ne faut pas oublier que la température de la culture peut être inférieure au point de congélation même si la température dans labri est de plusieurs degrés Celsius au-dessus de 0. (Linverse est également fréquent pour les cultures telles que les tubercules de pommes de terre qui sont sous la surface du sol.)
| Haut de la page | Protection Contre Le Gel - Méthodes Indirectes (Passives)Les méthodes indirectes que lon applique bien avant que le danger de gel soit imminent sont probablement les plus économiques et les plus efficaces. Dailleurs, certaines ne sont que des précautions naturelles qui sont déjà très largement observées, mais il est néanmoins utile de les rappeler. Voici des exemples de méthodes indirectes qui peuvent être utilisées. 1. Le choix du terrain. Pour cultiver une espèce qui craint le gel, on doit choisir un terrain situé dans un endroit bénéficiant dune période sans gel suffisamment longue. Pour les cultures très vulnérables, on évite les creux de terrain ou les fonds de vallon dans lesquels lair froid samasse et stagne. Le long dune pente, la présence de rideaux darbres compacts, de bandes boisées, de talus de route ou autres obstacles soppose à lécoulement de lair froid vers le bas et peut donc entraîner la formation de véritables lacs dair froid. Le risque de gel au-dessus de ces obstacles sen trouve donc accru. En revanche, dans les zones situées en-dessous, le risque de gel peut être moins élevé puisque lécoulement de lair froid du haut est partiellement contrarié. En implantant des brise-vent protecteurs aux bons endroits, on peut créer une zone bénéficiant dun microclimat favorable à la maturité hâtive des cultures aimant la chaleur, et donc réduire le risque de dommages par le gel à lautomne. Les terrains situés en bordure de grandes masses deau sont habituellement moins gélifs car lair ne sy amasse pas aussi rapidement la nuit que sur la terre. En effet, les zones riveraines sont régulièrement sujettes, la nuit, à des brises de terre qui contribuent à éloigner le gel. Dans certaines régions, linstallation de vergers sur les pentes exposées au nord contribue à retarder la floraison jusquà ce que le danger de gel soit écarté. Les producteurs devraient connaître le risque de gel de printemps et dautomne dans leur région ainsi que les variations auxquelles ils doivent sattendre chez eux. Les fluctuations typiques des températures qui se produisent sur le plan tant horizontal que vertical au-dessus des cultures, dans différentes situations de gel, sont décrites dans une autre fiche technique du MAAO intitulé Le comportement du gel en Ontario, AGDEX 079. Idéalement, il est bon de savoir à quelle date les organes végétaux sensibles au gel risquent datteindre les températures critiques déclenchant les dommages. Bien que lon puisse en apprendre beaucoup par lexpérience, il peut être parfois utile de mesurer les températures minimales en divers endroits de la ferme, en particulier si les terres sont vallonnées ou situées près dun lac. Les relevés de températures peuvent aussi être utiles pour corriger les prévisions de températures minimales en fonction de la situation propre à la ferme. Linformation donnée par la station climatique desservant la région peut souvent être utile pour déterminer le risque de gel, même si la situation de la station nest pas toujours identique à celle de la ferme. En général, il vaut mieux se faire aider par un agrométéorologue ou un agroclimatologue dexpérience lorsquon doit relever et interpréter des données sur la température. 2. Le déboisement Dans les terrains en pente, léclaircissage des haies ou des espaces boisés contribue parfois à réduire le risque de gel en facilitant lécoulement de lair froid vers le bas. Il est préférable de se renseigner auprès dun professionnel avant déclaircir, car il arrive que cela accroisse le risque de gel en contrebas des espaces boisés ou de la haie. En forêt, le risque de gel est plus élevé dans les clairières de petite étendue et il continue daugmenter jusquà ce que la clairière couvre environ un hectare. Toutefois, au-delà dune étendue de quelques hectares, le risque de gel diminue en général car la circulation de lair est rétablie. 3. Les pratiques culturales Choisir les espèces et les variétés de cultures qui auront le temps de mûrir à lintérieur des limites de la période sans gel. Par exemple, quand on cultive du maïs-grain, il faut choisir des hybrides qui atteignent la maturité avant quune gelée meurtrière ne puisse survenir. On peut déjouer le risque de gel de printemps pendant la floraison des fraisiers en optant pour des variétés à floraison tardive ou en retardant lenlèvement des paillis à base de paille. Les pommiers nains sont plus à risque dêtre lésés par le gel que les variétés à haute tige étant donné que, pendant les nuits de gel, les couches dair situées près du sol tendent à être plus froides que les couches supérieures. Il faut semer et récolter les cultures sensibles au gel à lintérieur des limites de la période sans gel dont bénéficie la ferme. Le semis ou la plantation doit être réalisé suffisamment tôt pour que la culture mûrisse avant que narrive une gelée meurtrière à lautomne. Il peut être avantageux de prendre un risque légèrement plus élevé au printemps quà lautomne dans le cas de certaines cultures qui peuvent être resemées si elles sont endommagées par le gel. Il vaut mieux semer à une époque où le risque est relativement faible (par exemple à un moment de lannée où il ne gèle quune fois tous les 10 ans, soit un risque de 10 %) plutôt quà la date moyenne où il gèle 5 fois tous les 10 ans (risque de 50 %). Si lon tient à semer ou à planter avant que tout risque de gel soit écarté au printemps de façon à profiter des marchés lucratifs des primeurs, on doit se limiter à une superficie que lon pourra protéger à laide dune des méthodes directes de protection contre le gel. Il faut connaître le risque de gel de printemps et dautomne dans le champ que lon met en culture. On peut endurcir certaines plantes de manière quelles résistent au gel en exposant les semences ou les jeunes plantules à des conditions de température variables, quoique la plupart des travaux réalisés dans ce domaine sont encore de nature expérimentale. Les plantes de serre sont souvent endurcies par exposition aux conditions du dehors avant dêtre repiquées dans le champ. On a montré que le traitement des semences avec certains produits chimiques augmentait la rusticité de certaines plantes. Lépandage des bonnes doses dengrais peut aussi aider les plantes à maintenir leur résistance. 4. Les pratiques agronomiques Létat du sol influe sur le risque de dégâts causés par le gel sur les organes tant aériens que souterrains des plantes. Ainsi, les sols meubles tendent à être plus froids en surface que les sols compactés parce que la conduction de la chaleur, pendant la nuit, y est plus faible. Il est donc conseillé de ne pas travailler le sol lorsque les bulletins météorologiques annoncent une gelée meurtrière, si les organes des plantes situés près du sol ont besoin de protection. Lhumidité du sol exerce des effets qui se neutralisent. Les sols excessivement humides emmagasinent moins de chaleur pendant la journée étant donné que lévaporation de leau accapare une grande part de lénergie calorifique, ce qui peut réduire la quantité de chaleur qui sera restituée à la culture pendant la nuit. Par contre, des sols excessivement secs sont de médiocres conducteurs thermiques et nont pas la propriété demmagasiner autant de chaleur, doù un risque accru de gel. Un sol tourbeux sec est un mauvais conducteur thermique qui possède une très faible capacité de rétention de la chaleur, de sorte que les températures nocturnes minimales à la surface de ce genre de sol peuvent être considérablement plus basses que sur les sols minéraux. On peut envisager daméliorer les caractéristiques thermiques dun sol tourbeux en lui incorporant de la terre minérale. Les paillis étalés sur le sol augmentent le risque de gel en se comportant comme des isolants. Ils gênent labsorption de la chaleur pendant le jour, mais aussi sa dissipation pendant la nuit. Les paillis peuvent cependant aider à éviter les dommages causés par le gel, à condition quils couvrent complètement les organes de la plante qui craignent le gel. Le fait de retarder lenlèvement des paillis à base de paille au printemps dans les fraisières permet parfois de retarder le stade de la floraison jusquà ce que le danger de gel soit écarté. Par contre, la paille retarde aussi le réchauffement du sol et, si elle est encore sous les fleurs pendant un gel, le risque de dégâts augmente. Les cultures qui tapissent le sol des vergers agissent à la manière dun paillis et peuvent donc augmenter le risque de gel. Mais elles peuvent aussi avoir des effets bénéfiques, comme freiner lérosion du sol, ce qui compense pour le facteur risque de gel. Une des façons de protéger les parties souterraines des plantes consiste à augmenter lépaisseur de terre qui les recouvre. Lorsque les plants des pommes de terre sont bien buttés, les tubercules sont moins sujets aux dégâts du gel. Comme les sols secs se refroidissent plus rapidement près de la surface, le fait dapporter de lhumidité peut parfois contribuer à réduire le risque de dommages causés aux tubercules par le gel. Bien que les méthodes agronomiques ne permettent de relever la température que de quelques degrés, la protection quelles procurent, si minime soit-elle, équivaut à retarder les méfaits des gelées dune ou deux semaines, voire plus, et dans certains cas, cela peut faire la différence entre une perte totale de la récolte et des dégâts relativement faibles. Les méthodes indirectes de protection contre le gel dont il a été question ci-dessus valent la peine dêtre prises car, la plupart des années, elles évitent le recours aux méthodes de protection directes, qui sont coûteuses et envisageables uniquement pour des cultures dont la valeur par unité de surface est très élevée. | Haut de la page | Protection Contre Le Gel - Les Méthodes DirectesLa protection directe ou active est celle que lon déploie juste avant et pendant la période de gel quand un avis de gel a été diffusé. Les méthodes directes sont généralement efficaces seulement contre un gel de rayonnement, quand lair est immobile ou presque, et elles conviennent le mieux aux terrains bas qui sont plus rapidement sujets au gel. Quant aux gels dadvection, il est rare que lon puisse en éviter les dégâts. Une protection efficace exige que lon dispose de bonnes prévisions concernant les températures minimales et les conditions des vents à la ferme même. On doit connaître en outre les températures critiques qui causent des dégâts aux cultures. Chaque producteur doit connaître les variations de température nocturne qui se produisent sur ses champs et savoir quels champs sont les plus exposés à un gel, de façon à pouvoir y intervenir en priorité. La protection directe repose sur un concept très simple. Elle vise soit à réduire la perte de chaleur renvoyée par le sol en brassant lair pour stopper linversion de température, soit à apporter de la chaleur pour maintenir la température au-dessus du seuil dangereux. Pour déterminer sil est rentable dinvestir dans le matériel, les appareils et la main-doeuvre nécessaires à la protection directe contre le gel, de multiples facteurs sont à prendre en considération. On peut citer le degré de risque de gel, la durée et lintensité probables du gel, la valeur de la récolte et lefficacité de la méthode à utiliser. Certaines des méthodes directes sont décrites ci-après. 1. Le recouvrement des cultures Cette méthode réduit la perte de chaleur de la surface du sol. Pour cela, les jardiniers amateurs et les maraîchers cultivant des espèces basses sur de petites surfaces peuvent utiliser des matériaux comme la paille, des boîtes, du papier goudronné, du plastique, etc. Le coût de ces matériaux et leur entreposage, le temps et la main-doeuvre nécessaires pour les mettre en place sont les principaux inconvénients de cette méthode quand elle est appliquée à de grandes superficies. On a également, à titre expérimental, utilisé des mousses pour protéger les plantes, mais ces matériaux et les applicateurs sont difficiles à trouver dans le commerce. Certains matériaux sont plus efficaces que dautres pour réduire la perte de chaleur par rayonnement. Contrairement aux matériaux sombres et opaques, le plastique transparent peut laisser passer certains rayons à grandes longueurs dondes. Mais pour ce qui est de réduire les pertes de chaleur par convection, tous les matériaux de recouvrement sont efficaces. Au moment de placer les matériaux, plus particulièrement ceux qui sont minces comme le plastique, il faut veiller à ce quils ne touchent pas les plantes pour limiter la perte de chaleur par conduction, car la température du matériau est généralement inférieure à celle de lair quil emprisonne. Les paillis à base de paille doivent couvrir entièrement les plantes, car le feuillage qui dépasse devient plus sensible aux dégâts dus au gel. Quant aux paillis étalés sous les plantes, ils empêchent la chaleur de séchapper du sol pendant la nuit, doù une température plus basse au niveau des plantes. Les matériaux de recouvrement doivent être retirés pendant le jour car lair quils enferment étant plus humide, le risque de certaines maladies des plantes augmenterait. 2. La formation de fumée ou de brouillard Les nuages et le brouillard sont bien connus pour leur faculté à limiter la perte de chaleur du sol par rayonnement. Dans des essais visant à imiter cette action, on a fait brûler des pneus, des déchets ou des fumigènes dans des chaufferettes pour produire de la fumée et on a vaporisé de leau en très fines gouttelettes pour former un brouillard. Ces méthodes ne sont pas très efficaces parce quil est difficile de maintenir la fumée sur la zone à protéger ou de produire des gouttelettes ayant la dimension optimale pour intercepter le rayonnement à grandes longueurs dondes. Qui plus est, les lois sur la protection de lenvironnement interdisent maintenant le recours à cette méthode quand elle fait appel à la fumée. 3. Le brassage de lair Pendant les gelées qui se produisent par nuits claires et calmes, la couche dair située près du sol est plus froide que celle qui est au-dessus. Cest le phénomène de linversion de température. On utilise quelquefois des souffleuses à air chaud ou des hélicoptères pour brasser lair et remplacer la couche dair froid qui est au contact de la culture par la couche dair plus chaud qui se trouve plus haut. Cette méthode peut fonctionner quand il y a de larges écarts de températures entre la couche dair près de la surface et celles qui sont en hauteur. Le matériel et la mise en oeuvre coûtent très cher. Le relèvement de la température est de lordre de 1 à 4 degrés Celsius. 4. Laspersion deau La vaporisation deau, à raison dun très faible débit, peut empêcher les dégâts du gel grâce à la chaleur libérée par les gouttelettes en refroidissant et en gelant. On a pu constater que lon pouvait protéger ainsi contre les températures aussi froides que -6 oC des cultures basses de petits fruits et de cucurbitacées, moyennant laspersion de 1,5 à 2,5 mm deau à lheure. Il faut commencer à asperger la culture dès que la gelée sinstalle et maintenir continuellement une pellicule deau jusquà ce que les températures se soient élevées au-dessus du point de congélation (0 oC). Si lon cesse laspersion prématurément, le givre ou la glace qui couvre les feuilles fond en empruntant à celles-ci leur chaleur et il en résultera des dégâts. Laspersion engendre un autre problème si la gelée dure trop longtemps, parce que les plantes doivent être capables de supporter le poids de la glace qui saccumule sur les feuilles et les branches. Il faut savoir combien de temps la température va persister sous le point de congélation quand on utilise cette méthode. En dépit de ces problèmes, la méthode sest avérée efficace pour protéger les cultures basses comme les fraises, les tomates, les haricots, les concombres, les poivrons, les courges ainsi que dautres cucurbitacées et des arbres fruitiers. Il est important de reconnaître que cette méthode ne fait quempêcher la température de la plante de tomber au-dessous de 0 oC. Elle ne réchauffe pas la plante et nélève pas la température de lair de façon appréciable. En outre, il faut que les asperseurs répartissent leau uniformément. Le recours à lirrigation comme méthode de protection des cultures avant la survenue dune gelée ne fait pas lunanimité. Dun côté, lhumidité accrue présente lavantage daugmenter la capacité du sol de stocker la chaleur et daméliorer la conduction de la chaleur à la surface. Mais dun autre côté, elle réduit le réchauffement du sol pendant le jour à cause de lévaporation accrue qui absorbe lénergie calorifique. Lhumidité peut aussi élever la température critique à partir de laquelle les végétaux subissent les méfaits du gel. Ces effets contradictoires empêchent la formulation dune recommandation générale. 5. Le chauffage Cette méthode vise à réchauffer suffisamment la couche dair qui est au contact de la culture, par un apport de chaleur radiative, pour maintenir la température au-dessus du point de congélation. Le chauffage le plus efficace est celui qui est procuré par de nombreuses petites chaufferettes régulièrement espacées dans lensemble du champ à protéger. En effet, les brasiers ou les gros réchauds créent un effet cheminée qui tire lair froid vers le sol et la culture, ce qui risque de refroidir encore plus certaines zones du champ (figure 1).
La méthode du chauffage implique des coûts en combustible élevés - quil sagisse de briquettes, de mazout ou de gaz propane - auxquels sajoutent les frais en capitaux et en main-doeuvre. Elle ne peut donc être mise en oeuvre que pour protéger des cultures ayant une valeur très élevée par unité de surface. La prévention des dégâts du gel par la méthode du chauffage est surtout efficace pour les cultures hautes comme la vigne et les arbres fruitiers. Les meilleurs résultats sobservent quand limmobilité de lair favorise une inversion abrupte de la température. Cette méthode permet despérer une protection contre des gelées pouvant atteindre -4 oC. | Haut de la page | RésuméOn peut protéger les cultures contre les dégâts causés par le gel en choisissant judicieusement le terrain sur lesquelles on les installe et en appliquant certaines méthodes agronomiques et culturales. Cest la protection dite indirecte ou passive. On peut aussi mettre en oeuvre des précautions directes (protection active) lorsquun avis de gelée est émis. La présente fiche passe en revue les diverses méthodes directes ou indirectes de lutte contre le gel. On y définit aussi les termes gel, gelée et gelée meurtrière, et les conditions atmosphériques dans lesquelles les méthodes directes de protection peuvent être mises en oeuvre. La question de la rentabilité de ces méthodes nest pas abordée. Nous remercions le Secrétariat dÉtat pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
| Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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