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Acariens Nuisibles et leurs Prédateurs

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 206/264
Date de publication : 12/95
Commande no. 95-058
Dernière révision : 12/95
Situation : aucune
Rédacteur : Bernt D. Solymar - conseiller en horticulture/MAAO; Gerald M. Walker - conseiller en lutte antiparasitaire/MAAO

 

Table des matières

  1. Biologie du Tétranyque Rouge du Pommier (TRP)
  2. Biologie du Tétranyque à Deux Points (TDP)
  3. Biologie du Phytopte du Pommier (PP)
  4. Biologie de l'ériophyide du Poirier (L'ÉP)
  5. Biologie du Tétranyque Argenté du Pêcher (TAP)
  6. Influence de la Température sur la Cycle Biologique des Acariens
  7. Effet Des Pyréthrinoïdes sur les Populations D'Acariens
  8. Méthodes de Surveillance des Acariens Nuisibles
  9. Gestion de la Résistance
  10. Biologie des Acariens Prédateurs


En Ontario, les deux principales espèces d'acariens nuisibles pour les arbres fruitiers sont le tétranyque rouge du pommier, Panonychus ulmi (Koch), et le tétranyque à deux points, Tetranychus urticae (Koch). Trois autres espèces d'acariens peuvent également causer des dommages dans les vergers de la province, mais de façon sporadique. Il s'agit du phytopte du pommier, Aculus schlechtendali (Nalepa), un ravageur du pommier, de l'ériophyide du poirier, Epitrimerus pyri (Nalepa), un ravageur du poirier, et du tétranyque argenté du pêcher, Aculus cornutus (Banks), un ravageur du pêcher et d'autres arbres produisant des fruits à noyaux.

Les acariens phytophages, ou espèces nuisibles, provoquent le bronzage des feuilles (figure 1), un accident qui amène une réduction de l'activité photosynthétique ainsi qu'une diminution de la teneur des feuilles en azote. La présence prolongée des acariens finit par miner la santé de l'arbre chez qui on note l'année suivante une réduction de la nouaison et une pousse moins forte. La couleur des fruits, leur concentration en solides solubles, leur fermeté, leur calibre et leur poids s'en trouvent également affectés.

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Biologie du Tétranyque Rouge du Pommier (TRP)

Le TRP est habituellement le plus redouté des acariens nuisibles, surtout pour les pommiers et les pêchers.

Les oeufs du TRP passent normalement l'hiver à l'abri à l'intérieur du branchage tout près du tronc principal et des grosses branches (figure 2). Ces oeufs commencent à éclore à peu près au stade prébouton rose du pommier et durant la pleine floraison du pêcher. Au fur et à mesure que les oeufs éclosent, les jeunes nymphes se déplacent des rameaux vers le feuillage en croissance où elles commencent à se nourrir. Parvenues au stade adulte, les nymphes s'accouplent et pondent une première génération d'« oeufs d'été ». Ces nymphes et les femelles adultes vont de l'orangé foncé au rouge brunâtre. Les mâles sont plus petits que les femelles et sont de couleur paille. La taille de ces acariens varie de 0,15 à 0,40 mm, selon le stade (figures 3, 4 et 5).

Il peut y avoir entre 6 et 8 générations de TRP par année. Les premières générations sont les plus synchrones, mais à partir du milieu de l'été, les générations se chevauchent et tous les stades (oeufs, nymphes, adultes) sont présents en même temps. Les femelles commencent à pondre des oeufs d'hiver vers la fin d'août sur les ramilles et les grosses branches ainsi que dans la cuvette oculaire des fruits.

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Biologie du Tétranyque à Deux Points (TDP)

Le TDP est un ravageur de nombreuses cultures. Il est vert pâle ou jaune paille. On le distingue facilement du TRP par les deux taches foncées qu'il a sur le dos (figure 6). Dans le cas d'infestations graves, ces acariens forment une toile caractéristique sur le revers des feuilles (figure 7). On compte de 3 à 5 générations de TDP par année.

Les TDP adultes, de couleur orangée, hivernent sous l'écorce ou dans les mauvaises herbes au pied des arbres. Au printemps, ils s'entassent souvent sur les dicotylédones, les ronces et les drageons à la base des arbres. Bien que les TDP puissent aussi hiverner sur les arbres, ils sont souvent nombreux, entre le milieu et la fin de l'été, à migrer du sol vers le houppier. En général, les infestations graves de TDP se produisent plus tard que les infestations de TRP. Les TDP peuvent se disperser sur de grandes superficies et d'un verger à l'autre emportés par le vent et les courants d'air.

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Biologie du Phytopte du Pommier (PP)

Le PP, aussi connu sous le nom d'ériophyide du pommier, est rarement la cause de pertes économiques mesurables dans les vergers de pommiers. Il y a toutefois des exceptions. Aussi, est-il parfois nécessaire de recourir à des acaricides. Ces acariens peuvent être utiles en faible nombre car ils constituent une source de nourriture importante pour les acariens prédateurs lorsque les populations de TRP et de TDP sont faibles.

On ne peut observer le PP qu'à l'aide d'une loupe offrant un fort grossissement (16X). D'un beige tirant sur le fauve, le PP est cunéiforme (figure 8). Il passe l'hiver à l'abri sous les écailles des bourgeons, d'où il sort pour se nourrir du feuillage lorsque les bourgeons éclatent au printemps. On en compte un grand nombre de générations chaque année.

Les PP se nourrissent au revers du limbe et ont tendance à s'agglutiner autour de la nervure médiane. Dans les cas inhabituels où l'on dénombre de fortes populations de PP (200 ou plus par feuille), le revers du limbe devient bronze. La feuille prend l'aspect du cuir et présente un enroulement caractéristique.

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Biologie de l'ériophyide du Poirier (L'ÉP)

L'ÉP ressemble beaucoup au PP tant du point de vue de son apparence que de son cycle biologique (figure 9).

L'ÉP commence à se nourrir des premiers tissus verts au moment du débourrement. Comme cet acarien préfère le feuillage tendre, il migre vers des tissus plus succulents à mesure que les feuilles parviennent à maturité. Plus tard dans la saison, il peut aussi s'attaquer aux fleurs, puis aux fruits.
Ce ravageur a parfois des incidences économiques, car sa présence sur les fruits peut les marquer d'un roussissement. La peau du fruit comporte alors des taches brunes, rugueuses près de la cuvette oculaire ou de la cuvette pédonculaire (figure 10). Ce défaut peut empêcher le producteur de vendre ses fruits sur le marché du frais ou sur celui de la transformation.

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Biologie du Tétranyque Argenté du Pêcher (TAP)

La lutte contre le TAP concerne essentiellement le producteur de pêches et de nectarines. Toutefois, le TAP peut aussi, à l'occasion, s'attaquer aux pruniers et aux pruneautiers. Son apparence et son cycle biologique ressemblent beaucoup à ceux du PP. De fortes populations, soit 200 à 300 individus par feuille, peuvent faire virer les feuilles au vert argenté et risquent de détériorer la qualité des fruits.

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Influence de la Température sur la Cycle Biologique des Acariens

Il existe un lien direct entre la température et le cycle biologique des acariens; plus il fait doux, plus les acariens éclosent, parviennent à maturité et se reproduisent rapidement. Le tableau 1 peut servir de guide pour évaluer la croissance des populations de TRP.


Tableau 1. Effet de la température sur le cycle biologique du tétranyque rouge du pommier.
Température diurne moyenne Stade de l'oeuf De l'éclosion au stade adulte Durée totale

Température diurne moyenne

°C

Stade de l'oeuf

jours

De l'éclosion au stade adulte

jours

Durée totale

jours

13

19

19

40

15,5

16

14

30

18

11

10

21

21

8

7

15

24

6

4

10

27

4

3

7

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Effet Des Pyréthrinoïdes sur les Populations D'Acariens

Les populations de TRP ont commencé à s'accroître dans les vergers de pommiers de l'Ontario dans les années 1970 avec l'avènement des pyréthrinoïdes utilisés pour lutter contre les ravageurs résistant aux organophosphorés, entre autres la mineuse marbrée, ennemi du pommier, et la tordeuse orientale du pêcher, ennemi du pêcher. On attribue cette situation d'une part, au fait que les pyréthrinoïdes tuaient également les acariens prédateurs qui avaient l'habitude de maîtriser les populations de TRP, et d'autre part, au fait que les pyréthrinoïdes agissent comme répulsif ou irritant pour éloigner les TRP, sans toutefois les tuer. Ainsi, chez les acariens qui viennent en contact avec des pyréthrinoïdes, il y a diminution de la consommation et des activités de ponte, mais augmentation de la dispersion vers d'autres zones de l'arbre, et souvent vers le pourtour du houppier, où les acariens recommencent à se nourrir et à pondre et souvent à un rythme plus grand, causant ainsi le bronzage et la détérioration des feuilles. Le même phénomène s'observe chez le TDP.

Il est en conséquence fortement recommandé d'éviter d'utiliser des pyréthrinoïdes sur des arbres fruitiers et d'y recourir uniquement au printemps lorsque les populations de ravageurs résistant aux organophosphorés atteignent les seuils à partir desquels ils ont une incidence économique, et dans tous les cas, jamais plus d'une fois par saison.

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Méthodes de Surveillance des Acariens Nuisibles

1. Choix du cultivar:

Parmi les pommiers, les Red Delicious, Empire et Gala ont tendance à supporter les plus fortes populations d'acariens. Il faut donc échantillonner ces cultivars de même que les groupes de pommiers ayant déjà été infestés par les acariens. Dans les vergers de pêchers, échantillonner les cultivars sur lesquels se développent les plus fortes populations d'acariens (c.-à-d. Loring, Babygolds et Redhaven).

2. Échantillonnage:

Pour évaluer les populations de TRP et de TDP, prélever des feuilles et compter au microscope le nombre de TRP et de TDP (oeufs, nymphes et adultes) ainsi que le nombre d'acariens prédateurs qui s'y trouvent (figure 11). Même si les acariens se trouvent normalement en plus grand nombre dans les arbres des zones abritées ou à proximité des routes poussiéreuses, il est important d'échantillonner toutes les parties des groupes d'arbres fruitiers. Prélever des échantillons distincts pour chaque groupe ou zone traitable du verger.

3. Évaluation:

Compter indifféremment tous les TRP et les TDP (déterminer le nombre total d'individus à chaque stade, les deux espèces confondues). Pour les pommiers, faire le décompte à l'aide d'un microscope à dissection offrant un grossissement de 25-40X.

Pour les pêchers, plier la feuille en deux le long de la nervure médiane afin d'évaluer avec précision les populations d'acariens qui s'agglutinent dans le repli formé par la nervure médiane. Dans les groupes de pêchers, on peut évaluer sur le terrain les populations d'acariens en se servant d'une loupe offrant un grossissement de 10-16X.

4. Fréquence:

En juin et juillet, moment où les populations peuvent grossir rapidement, il est particulièrement important d'échantillonner les feuilles chaque semaine. À la mi-juillet, les populations peuvent facilement doubler en 7 à 10 jours.

Les méthodes de surveillance, les seuils et les mesures recommandées pour combattre les acariens nuisibles varient au cours de la saison. Le tableau 2 présente des lignes directrices concernant la surveillance, les seuils d'intervention et les produits pour ce qui a trait aux acariens s'attaquant aux pommiers. Ce tableau est aussi valable pour les pêchers, sauf pour les quelques exceptions que voici :

  1. Morestan et Apollo ne sont pas homologués pour l'utilisation sur les pêchers. Pour de l'information à jour sur le moment des applications et le choix des acaricides, consulter la publication 360F, Recommandations pour les cultures fruitières.
  2. Une application annuelle d'huile est une bonne stratégie de lutte intégrée contre les acariens et le puceron vert du pêcher dans les vergers de pêchers. Envisager d'abord ce traitement dans les groupes d'arbres problématiques du verger et là où des pyréthrinoïdes sont utilisés.
  3. S'il y a des décisions à prendre pour lutter contre les acariens, on peut s'attendre à ce que ce soit avant la deuxième pulvérisation contre la tordeuse orientale du pêcher (début juillet) et 3 semaines avant la date de récolte prévue. Respecter le délai de 14 jours entre les traitements à l'Omite et au Kelthane, et la récolte des pêches.
  4. Du début de la saison jusqu'au milieu de l'été, les seuils d'intervention pour les pêchers sont les mêmes que pour les pommiers. Après la récolte, le seuil pour les pêchers se situe à 30 acariens par feuille et ce, jusqu'à la fin septembre, les risques d'infestation étant beaucoup plus faibles vers la fin de la saison, par suite de l'abaissement des températures.

Remarque: Les méthodes de surveillance et les seuils d'intervention n'ont pas été déterminés pour deux des autres espèces d'acariens (PP et TAP). On parvient souvent à en déceler la présence pendant les échantillonnages habituels pour la surveillance des TRP et des TDP ou avec la manifestation des premiers indices d'infestation. Les pulvérisations d'huile sont sans effet contre les PP et les TAP, mais les acaricides appliqués au cours de l'été pour lutter contre les TRP et les TDP sont aussi efficaces contre ces deux espèces.

Pour surveiller l'ÉP, recueillir chaque semaine 25 lambourdes par groupe à compter du débourrement jusqu'au calice. Utiliser un microscope pour déceler la présence d'acariens sous les écailles et dans les zones écailleuses. Effectuer une pulvérisation lorsqu'au moins 20 % des lambourdes sont infestées.

Du stade calice jusqu'à la récolte, prélever sur 25 arbres, deux fruits par arbre (total de 50 fruits) dans un groupe affecté par le roussissement. Un niveau d'infestation de 5 % commande une pulvérisation.

Le Morestan est recommandé comme traitement de préfloraison (également efficace contre le psylle du poirier). On peut utiliser le Kelthane comme acaricide d'été. Le Mitac appliqué contre le psylle du poirier combat également l'ÉP.

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Gestion de la Résistance

La résistance des acariens aux acaricides est un phénomène préoccupant dans les vergers de l'Ontario. La résistance du tétranyque rouge du pommier au Kelthane est un fait certain dans toute la province. On signale également une résistance de cet acarien à l'Omite dans le sud-ouest de l'Ontario.
Comme relativement peu d'acaricides compatibles avec la lutte intégrée sont offerts aux arboriculteurs fruitiers de l'Ontario, la gestion efficace des acariens passe nécessairement par une planification soignée. Pour tirer le meilleur parti possible des produits offerts en recourant le moins souvent possible à un même produit, voici certaines recommandations :

1 Utiliser de l'huile blanche d'été ou du Morestan comme traitement de préfloraison. L'huile est un moyen de défense de première intervention d'abord parce que les risques sont faibles de voir apparaître une résistance à ce produit, ensuite parce que les applications d'huile sont peu dommageables pour les acariens utiles.

2 Appliquer de l'Apollo sur les pommiers du stade calice jusqu'à deux semaines après le calice, mais seulement lorsque le nombre d'acariens dépasse le seuil d'intervention et lorsqu'on n'a pas utilisé d'huile. De préférence, n'utiliser Apollo qu'une fois tous les deux ans ou plus, afin de réduire au minimum les risques d'apparition d'une résistance.

3. Les risques d'accroissement des populations de TRP et de TDP sont plus grands pendant les chaleurs de juillet et d'août. Une utilisation excessive de Kelthane et d'Omite à ces périodes risquerait d'entraîner l'apparition rapide d'une résistance chez les tétranyques. Toujours alterner les acaricides d'été; NE JAMAIS appliquer le même produit deux fois d'affilée. Omite est le plus efficace à des températures plus élevées. Dans la mesure du possible, l'utiliser l'été plutôt que le printemps.

4. La résistance au Kelthane est généralisée, mais peut être décelée par dosage biologique. Communiquer avec un spécialiste de la lutte antiparasitaire pour plus de détails.

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Biologie des Acariens Prédateurs

Avant qu'on ne commence, vers la fin des années 1940, à recourir systématiquement aux produits chimiques pour se débarrasser des insectes nuisibles, les acariens n'infestaient que rarement les cultures fruitières. Leurs ennemis naturels, des acariens utiles pour la plupart ainsi que certains insectes comme la punaise de la molène, réussissaient presque à eux seuls à en contraindre les populations.

Sur 112 vergers de pommiers de l'Ontario ayant fait l'objet d'une étude récente, 75 % renferment encore des populations d'acariens utiles, bien que celles-ci soient faibles dans bien des cas. Afin de protéger les acariens prédateurs, il faut éviter d'utiliser dans les vergers certains pesticides qui sont toxiques pour ces insectes utiles et incompatibles avec l'esprit de la lutte intégrée. Les pyréthrinoïdes, le Benlate, le Zolone et le Carzol sont des exemples de tels pesticides. Un autre pesticide, le Sevin, même lorsqu'il est utilisé à faible dose comme agent d'éclaircissage, est également très toxique pour certaines espèces d'acariens prédateurs importants.

Les trois espèces d'acariens prédateurs les plus courantes dans les vergers de pommiers de l'Ontario sont Balaustium putmani, Zetzellia mali et Amblyseius fallacis.

Balaustium putmani est un gros acarien couvert de duvet rouge clair ou rouge foncé, en forme de tique (figures 12 et 13). Il hiverne au stade de l'oeuf, sous l'écorce. Les nymphes éclosent au début de mai et commencent à se nourrir d'acariens, d'oeufs d'acariens et d'autres petits insectes au corps mou. Elles restent sur les arbres fruitiers pendant toute la saison et sont des prédateurs importants en début de saison.

Zetzellia mali est un acarien jaune citron, en forme de losange (figure 14). Il passe l'hiver à l'abri sous l'écorce et peut être exposé à un taux de mortalité élevé dans certaines parties de la province. Il devient actif au début du printemps. Il se nourrit alors des oeufs d'hiver du tétranyque rouge du pommier et des phytoptes. Il parvient assez bien à maîtriser les populations faibles d'acariens nuisibles.

Amblyseius fallacis est le prédateur d'acariens le plus important en Ontario. C'est un acarien de couleur claire, d'un blanc cassé tirant sur le brun ou sur le rouge selon sa source de nourriture. Cet insecte au corps en forme de larme se déplace extrêmement rapidement (figure 15). Légèrement plus petit que la femelle adulte du tétranyque rouge du pommier, il se nourrit de représentants de tous les stades de développement des trois espèces d'acariens ravageurs du pommier. Il se nourrit également, entre autres, de PP et de grains de pollen. Les femelles adultes hivernent près de la base des arbres ou dans la couverture végétale avoisinante. Elles commencent à être actives au printemps. En juin et juillet, elles pénètrent le houppier où elles se nourrissent des oeufs, des nymphes et des adultes de tétranyques rouges du pommier et d'autres acariens nuisibles (figure 16). On compte de 4 à 6 générations par saison. Amblyseius peut constituer un agent de lutte biologique très efficace pour contraindre les populations d'acariens nuisibles. Des études révèlent qu'un rapport de 1 Amblyseius à 10-15 acariens nuisibles assure une lutte biologique efficace. Pour assurer la surveillance des acariens nuisibles, il faut toujours faire la numération des acariens Amblyseius.

Depuis 1993, une souche de l'acarien Amblyseius fallacis résistant aux pesticides est offerte sur le marché de l'Ontario. Mise au point par les chercheurs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, cette souche offre un haut niveau de résistance aux organophosphorés (Guthion et Imidan, par exemple) et une résistance moyenne aux pyréthrinoïdes. Cette souche, qui fait actuellement l'objet de lâchers expérimentaux à petite échelle chez des producteurs commerciaux, pourrait fort bien devenir un outil important dans la gestion des acariens nuisibles. Pour plus d'information sur l'achat et les lâchers de ce prédateur dans le verger, communiquer avec un spécialiste de la lutte antiparasitaire.


Tableau 2. Lignes directrices concernant la surveillance, les seuils d'intervention et les antiparasitaires pour ce qui a trait aux acariens s'attaquant aux pommiers.
 

Début de Saison

Calice

Été

Entre la dormance et le prébouton rose

Entre le prébouton rose et le bouton rose avancé

Du calice à 14 jours après le calice

De juin à la mi-juillet

De la mi-juillet à août

Surveillance

Examiner lambourdes et ramilles pour voir si des oeufs d'acariens y ont été déposés avant l'hiver.

Prélever chaque semaine sur 25 arbres bien distancés les uns des autres dans chaque groupe 2 feuilles par arbre (50 feuilles au total). Prélever les feuilles à une longueur de bras à l'intérieur du houppier. Compter indifféremment les TRP et les TDP, et noter le nombre total d'oeufs, de nymphes et d'adultes des deux espèces confondues.

Chaque échantillon doit provenir d'un seul cultivar. Le cultivar Red Delicious a tendance à supporter de plus fortes populations d'acariens. Aussi, doit-il être échantillonné si le verger en contient.

Prêter une attention particulière aux groupes n'ayant fait l'objet d'aucun traitement en début de saison, à ceux qui sont situés dans des zones abritées et à proximité de routes poussiéreuses, mais s'assurer de prélever des échantillons de toutes les parties du groupe.

Seuil et moment d'intervention

Oeufs présents. Du débourrement avancé au prébouton rose.

5-7 acariens actifs par feuille. Moment : lorsque 50 % des oeufs sont éclos.

Oeufs présents. Moment : éclosion des premiers oeufs et avant qu'il n'y ait plus de 3 nymphes par feuille.

7-10 acariens actifs par feuille. Moment : lorsqu'au moins 50 % de la population est au stade nymphal ou dès l'apparition du bronzage des feuilles sur le pourtour du houppier.

10-15 acariens par feuille. Moment : lorsqu'au moins 50 % de la population est au stade nymphal ou dès l'apparition du bronzage des feuilles sur le pourtour du houppier.

Produit

Huile blanche d'été

Morestan (s'il n'y a pas eu de traitement à l'huile)

Apollo

Omite ou Kelthane

 

Remarques sur les produits

• Le meilleur acaricide et le moyen de défense de première intervention dans la gestion des acariens

• Appliquer une solution renfermant 2 % d'huile (60 L d'huile dans 3000 L d'eau/ha). L'huile détruit les oeufs par suffocation, d'où l'importance d'une couverture complète. Appliquer l'huile seule.

Mise en Garde: Ne pas appliquer à moins de 40 heures d'une gelée et ne pas faire plus d'une application par saison.

Avertissement: L'huile peut endommager les arbres de moins de 5 ans et les cultivars sensibles comme Red Delicious, Mutsu et Empire.

• Surtout efficace contre les nymphes.

• Appliquer dans de gros volumes d'eau.

• Appliquer seul, ne pas mélanger en cuve.

•Homologué utilisation en préfloraison seulement

Mise en Garde: Ne pas utiliser à moins de 14 jours d'une application d'huile.

Avertissement: : Risques de roussissement si appliqué dans les 3 jours qui suivent une gelée (ou à l'approche d'une gelée) ou avant une longue période de pluie. Les McIntosh, Empire et Spartan semblent être plus sensibles.

• Efficace contre les oeufs et les nymphes fraîchement écloses.

• Appliquer à raison d'au moins 1100 L d'eau/ha; une couverture totale est indispensable.

• Le produit résiste assez bien à la pluie une fois qu'il a séché sur les feuilles.

Avertissement: Pour éviter l'apparition d'une résistance, n'appliquer qu'une fois par saison et, idéalement, pas plus qu'une fois tous les 2 à 3 ans.

• L'un et l'autre acaricides sont surtout efficaces contre les nymphes.

• Les appliquer tous deux dans de gros volumes d'eau.

• Ne pas mélanger en cuve avec d'autres produits.

• Les deux produits sont à action lente, si bien qu'il faut attendre 7-10 jours après l'application pour juger de leur efficacité.

• Alterner les deux produits; n'utiliser Kelthane qu'une fois tous les 2-3 ans.

• Omite a une efficacité maximale lorsqu'il est appliqué par temps plus doux.

Avertissement: La résistance au Kelthane est généralisée; faire évaluer le verger pour voir si une résistance s'y est développée.

 

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Bronzage des feuilles de pommier
Oeufs de tétranyque rouge du pommier hivernant sous l'écorce.
Femelle adulte de tétranyque rouge du pommier.
Divers stades (oeufs, nymphes, adultes) du tétranyque rouge du pommier.
Figure 1. Bronzage des feuilles de pommier. Figure 2. Oeufs de tétranyque rouge du pommier hivernant sous l'écorce. Figure 3. Femelle adulte de tétranyque rouge du pommier. Figure 4. Divers stades (oeufs, nymphes, adultes) du tétranyque rouge du pommier.
Feuille de pommier révélant une infestation grave par les TRP
Tétranyque à deux points adulte
Colonie de tétranyques à deux points.
Phytoptes du pommier sur une feuille de pommier.
Figure 5. Feuille de pommier révélant une infestation grave par les TRP. Figure 6. Tétranyque à deux points adulte. Figure 7. Colonie de tétranyques à deux points. Figure 8. Phytoptes du pommier sur une feuille de pommier.
Ériophyide du poirier.
Roussissement causé par l'ériophyide du poirier
Recherche d'acariens sur des feuilles au moyen d'un microscope.
Acarien Balaustium, aussi désigné en anglais red velvet mite
Figure 9. Ériophyide du poirier. Figure 10. Roussissement causé par l'ériophyide du poirier. Figure 11. Recherche d'acariens sur des feuilles au moyen d'un microscope. Figure 12. Acarien Balaustium, aussi désigné en anglais red velvet mite.
Taille de l'acarien Balastium par rapport à la main qui le tient
Acarien Zetzellia mali se nourrissant d'oeufs de TRP.
Acarien Amblyseius fallacis, le plus important prédateur d'acariens de l'Ontario
Acarien Amblyseius fallacis se nourrissant de TDP adultes
Figure 13. Taille de l'acarien Balastium par rapport à la main qui le tient. Figure 14. Acarien Zetzellia mali se nourrissant d'oeufs de TRP. Figure 15. Acarien Amblyseius fallacis, le plus important prédateur d'acariens de l'Ontario.
Figure 16. Acarien Amblyseius fallacis se nourrissant de TDP adultes.

Provenance des photos : Agriculture et Agroalimentaire Canada; ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de l'Ontario.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

 

 

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Sans frais : 1 877 424-1300
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Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca